ISBN : 2207260739
Éditeur : Denoël (2008)


Note moyenne : 2.53/5 (sur 17 notes) Ajouter à mes livres
"Aujourd'hui je suis plus vieille que toi alors que j'avais neuf ans de moins que vous... " Ainsi commence La Fausse Veuve. Tutoyant et vouvoyant dans la même phrase son amant disparu, l'héroïne lui raconte, et nous raconte, dix ans après, l'histoire qui leur a été volé... > voir plus
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Critiques et avis

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  • Par sylvie, le 21 septembre 2008

    sylvie
    J'ai emporté ce livre dans mes valises estivales avec "Le scaphandre et le papillon" que je n'avais pas lu, mais dont j'avais vu quelques temps auparavant l'adaptation cinématographique.
    Je savais de quoi il était question quand j'ai commencé ma lecture et j'étais traversée par les questionnements que je partage avec beaucoup de blogueuses : que vient faire"roman" au centre de cette magnifique couverture ?
    Mais on peut comprendre l'embarra de l'éditeur : entre auto-fiction, récit de vie, correspondance... quel est le mot qui aurait été le plus juste pour qualifier ce récit de deuil tragique et difficile ?
    "Récit de vie" aurait été plus juste à mon sens, puisqu'on trouve dans ce livre le travail d'une femme en souffrance qui essai de mettre des mots sur le silence de la grande douleur.
    Elle déroule le fil des émotions et des souvenirs que le deuil réveille et tente d'y mettre de l'ordre.
    J'ai apprécié une écriture sincère et sans fards. Celle qui ne se dérobe pas devant le cru, ni devant la violence de certaines rancœurs qu'elle déverse en flots ...
    Ce texte est donc très humain et très contemporain. Il ne se cache ni derrière les bons sentiments ni derrière les belles phrases.
    Il est courageux, puisqu'il va jusqu'au bout de la traversée, et optimiste, car à l'issue de ce combat intime, nous découvrons une nouvelle possibilité de bonheur pour la narratrice.
    Mais attention, ce livre met aussi son lecteur très mal à l'aise, et j'ai trouvé de nombreux billets qui sont de cet avis.
    Je pense pour ma part que cette gêne vient de la posture très paradoxale de l'auteur :
    Elle nous dit que la médiatisation de son histoire intime, falsifiée ou mal traduite par le film, a ravivé sa douleur et l'a replongée dans la dépression, en même temps qu'elle semble suggérer que cette surexposition est à l'origine du texte qui nous est donné à lire.
    des liens ici : http://sylvie-lectures.blogspot.com/2008/09/la-fausse-veuve-florence-ben-sadoun.html
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par mimienco, le 23 juin 2009

    mimienco
    4ème de couverture: Aujourd'hui je suis plus vieille que toi alors que j'avais neuf ans de moins que vous...» Ainsi commence La Fausse Veuve. Tutoyant et vouvoyant dans la même phrase son amant disparu, l'héroïne lui raconte, et nous raconte, dix ans après, l'histoire qui leur a été volée. Ce que furent leur amour, leurs moments de bonheur, et aussi le désespoir, leurs muets tête-à-tête à l'hôpital quand, victime d'un grave accident cérébral, il s'écroule, et se réveille paralysé et privé de parole. Face au drame du «locked-in syndrome», face à la destinée légendaire d'un personnage que les médias se sont approprié, une femme n'oublie pas qu'il était un homme...
    Mon opinion: très bien. J'ai beaucoup aimé ce roman. L'histoire est assez simple: une femme est la maîtresse d'un homme qui, suite à un accident devient paralysé, tombe dans le coma et finit par mourir. Cette femme aime cet homme (qui a quitté sa femme pour vivre avec elle) mais aux yeux des autres (famille, médecin...) elle n'est rien, ou rein d'autre que la maîtresse; celle qui n'a pas de considération, celle dont on ne se préoccupe pas et qui a pour seul statut celui de La Fausse Veuve. " "Alors, la place d'une veuve est-elle proportionnelle au nombre d'années partagées avec le mort ? Sûrement. Est-ce qu'une maîtresse qui a passé plus de temps avec son amant dans un lit sans parler souffre moins qu'une femme dont l'amour s'est tristement usé au fil des années entre les infos, les couches, les impôts, les dîners de famille, les engueulades pour un rien et les tromperies pour un tout ? Pas sûr. Trois ans contre dix ? Qui gagne. Je perds. Je suis La Fausse Veuve."
    L'auteur nous raconte alors les sentiments qu'elle éprouve (colère, tristesse, frustration...) face à la santé de "son homme", à l'indifférence des autres, à la position délicate dans laquelle elle se trouve. S'entremêlent alors des souvenirs d'enfance, d'adulte, de femme, d'amour avec son compagnon... Même si la structure du roman peut paraître confuse et fait penser à des lettres écrites par la narratrice à son amant, elle reflète, je pense, la tourmente dans laquelle on doit se retrouver face à cette situation. le jeu avec le tu et le vous donne une touche particulière à ce roman... Cet alternance renforce ce côté tourmenté du roman servi par une plume que j'ai beaucoup appréciée.
    Bref un roman intense qui traite d'un sujet difficile (faisant écho au roman le Scaphandre et le Papillon) dans lequel les sentiments sont explorés avec une grande sensibilité, servie par écriture fine qui ne manque pas d'humour.

    En plus court: j'ai beaucoup aimé! Lisez le!!
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    • Livres 3.00/5
    Par LiliGalipette, le 03 juillet 2009

    LiliGalipette
    Roman de Florence Ben Sadoun.
    La narratrice raconte sa position de maîtresse, au chevet de l'homme qu'elle aime. Elle n'est personne, n'a aucun droit sur ce corps presque mort que tout le monde s'approprie: médecins, infirmières et journalistes. Seule face au drame du "locked-in syndrome", elle dit sa détresse de vivre un amour muet et sans contact. Elle se rappelle leurs souvenirs, leurs étreintes, leurs codes et leur bonheur avant l'accident. Elle refuse de ne voir en lui qu'un malade, qu'un corps branché à des machines. Pour elle, il est d'abord un homme, celui qui l'a aimée, qui a quitté femme et enfants pour la rejoindre. Mais cette grande décision est annulée par l'accident. Elle redevient la clandestine, celle qui se cache, qui n'a pas le droit d'être là, qui doit se contenter de ce qui reste. Entre "vous" et "tu", elle cherche ses mots pour tout dire, pour sauver l'amour malgré l'absence de contact.
    J'ai aimé le sujet, mais la narration est parfois un peu pénible. le passage du vouvoiement au tutoiement dans la même phrase est pénible. Je me suis perdue dans le récit. Certaines phrases sont obscures, juste des évocations qui ne ramènent à rien et ne sont pas plus développées. Néanmoins, je reconnais le tour de force de parler du corps en évitant les lieux communs de la maladie et de la mort. L'auteure sait peser ses mots. Son livre m'a rappelé le très poignant film le scaphandre et le papillon, de Julian Schnabel avec Mathieu Amalric et Emmanuelle Seignier. le point de vue change: ce n'est pas le malade qui cherche à sortir de sa coquille de silence et d'immobilité, mais celle qui l'aime et qui le regarde qui tente de le rejoindre au coeur de sa solitude muette.
    Un grand merci aux éditions denoel et au site chezlesfilles de m'avoir offert et fait découvrir ce livre.
    http://www.denoel.fr/Denoel/ http://www.chez-les-filles.com/
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  • Par Ori, le 21 septembre 2008

    Ori
    La Fausse Veuve de Florence Ben Sadoun, Denoël
    Une femme raconte sa vie, ses sentiments après l'attaque cérébrale de son "ami". Ce dernier perd l'usage de la parole, il ne pourra plus communiquer qu'avec des clignements d'yeux, puis sombrera peu à peu dans le coma. le drame de cette femme est double, puisqu'en plus de devoir supporter la maladie qui détruit celui qu'elle aime, elle ne reçoit la considération d'aucun médecin, et tout le monde semble la réléguer au rang de "l'autre femme", celle que cet homme a rejoint, en quittant femme et enfants.
    Ce livre est une histoire vécue, genre que je n'apprécie pas vraiment, en général. Ici, pourtant la peinture des sentiments douloureux de cette femme m'a semblé réussie. Cette femme m'a émue par son combat pour se remettre de son chagrin, ses pensées m'ont touchée, et j'ai trouvé des passages très beaux, notamment le passage sur la photographie des voix.
    Malheureusement, j'ai retrouvé le côté trash de l'histoire vécue, l'auteure semble parfois déraper quand elle déverse son fiel sur les personnes qui lui ont fait du mal, et c'est bien dommage. D'ailleurs, l'écriture dérape elle aussi parfois, quand l'auteure se met à citer des mots totalement incongrus par rapport au reste du style "raconter sa life", "en live", pitié!!!
    Un avis mitigé donc, mais pas si négatif pour un genre que je suis loin d'apprécier.
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    • Livres 2.00/5
    Par clarinette, le 01 septembre 2008

    clarinette
    Cette lecture m'a laissé une impression mitigée. L'auteur s'adresse à Jean-Dominique Bauby, tantôt en le tutoyant tantôt en le vouvoyant, je n'ai pas compris pourquoi et ça m'a agacée. Elle règle ses comptes avec le milieu hospitalier, le personnel de l'hôpital de Berck (le "Vomi" !), qu'elle décrit comme des gens déshumanisés surtout intéressés par la célébrité du grand homme. Et puis surtout elle tente de reprendre sa place, celle de la dernière femme que Bauby a aimée et qui l'a aimé. Celle qui a été mise à l'écart puisqu'elle n'était pas la veuve "officielle".
    Florence Ben Sadoun a une belle écriture, mais un peu décousue et un peu trop stylisée à mon goût. J'ai trouvé qu'elle abusait des effets de phrases, des métaphores... J'ai eu le sentiment qu'elle vidait son sac et se déchargeait de son amertume. Je n'ai pas détesté lire ce livre. Mes passages préférés sont ceux où elle parle de son enfance. Mais je n'ai pas vraiment été touchée, je n'ai ressenti d'émotion qu'à de rares moments.
    http://leslecturesdeclarinette.over-blog.com/article-22166196.html
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Citations et extraits

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  • Par sylvie, le 21 septembre 2008

    C’est dingue, toutes ces femmes autour de lui, il paraît qu’il avait beaucoup d’humour ? Quel drame horrible ! Et tu as vu le dévouement extraordinaire de sa femme ? » Sa femme ? Laquelle ? Je pleure, me cache derrière mes lunettes de vue qui grossissent l’effet des larmes. Ce sont des larmes de perte, perte de mon histoire intime, des larmes de braise sur mon deuil réactivé, des larmes mouillées de tristesse infinie, qui coulent toutes seules hors de moi. Qui a le droit de nous déposséder de notre histoire en émiettant notre intimité autour d’un club sandwich ? Qui gagne quoi et surtout combien en falsifiant la réalité ? Quand on ne comprend pas du tout ce qui se passe, ce qui se trame par en dessous, il faut toujours penser à un seul mobile, l’argent.
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  • Par liliba, le 27 décembre 2008

    "De notre histoire d'amour qui a commencé dans les affres de l'interdit, sur notre lieu de travail, où nous nous parlions avec des noms de code, où chacun des gestes et des rencontres était balisé, où tu nous avais imposé un vous professionnel pour ne pas éveiller les soupçons et aussi parce que ton Vous avait une connotation érotique indécelable pendant les réunions de travail après nos déjeuners coquins. Comment passe-t-on du secret à l'universel sinon en disant Tu à son amant devenu fiancé ? Mais toi c'est comme si un Tu pouvait te tuer. Hier pourtant c'est vous qui me demandiez en me faisant de l'oeil :
    - Dites-moi TU !"
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  • Par clarinette, le 01 septembre 2008

    A partir du moment où j'entre dans votre chambre, je suis accrochée à votre regard comme Bernard à son Ermite. Il est vif, beau, intelligent et unique. Ils ne vous ont laissé qu'un oeil pour faire valoir que vous êtes là et pour vous défendre. L'autre, il l'ont cousu. Pour toujours. Sauvagement, sans anesthésie. Je n'ai pas compris tout de suite que c'était pour toujours, mais j'ai pleuré beaucoup ce jour-là. Vous ne m'avez plus jamais regardée avec vos deux yeux, plus jamais caressée même du regard.
    Je t'appartiens à ce premier clin d'oeil et ne fais plus jamais le moindre geste sans vous quitter des yeux, en restant le plus possible dans le champ étroit de votre vision. Ce fil qui nous unit et qui te relie surtout à la vie est d'une puissance insoupçonnable. Vous m'accrochez avec votre oeil aussi violemment que vous pouviez me prendre dans un lit. Quand tu me disait fermement "Ne bougez plus !
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  • Par sylvie, le 21 septembre 2008

    Tu es rangé quelque part. Je ne sais pas très bien où, mais en tous cas tu n’es plus posté sur mon épaule, à surveiller qui me touche, qui je touche. Planqué dans les circonvolutions de l’imparfait, bien au chaud, comme disent les enfants, tu ne fais plus de ravages dans mon présent, ni le jour ni la nuit, et d’ailleurs je ne te donne pas forcément de futur.
    Mon avenir, mes demain appartiennent à quelqu’un d’autre. D’ailleurs vous auriez plutôt été un futur à conjuguer en hébreu, une temporalité qui n’existe pas dans cette langue où demain se conjugue à l’inaccompli.
    Comme nous.
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  • Par liliba, le 27 décembre 2008

    "Alors, la place d'une veuve est-elle proportionnelle au nombre d'années partagées avec le mort ?
    Sûrement.
    Est-ce qu'une maîtresse qui a passé plus de temps avec son amant dans un lit sans parler souffre moins qu'une femme dont l'amour s'est tristement usé au fil des années entre les infos, les couches, les impôts, les dîners de famille, les engueulades pour un rien et les tromperies pour un tout ?
    Pas sûr.
    Trois ans contre dix ? Qui gagne.
    Je perds. Je suis la fausse veuve."
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