> Pierre Ménard (Traducteur)

ISBN : 2207108678
Éditeur : Denoël (2010)


Note moyenne : 3.17/5 (sur 53 notes) Ajouter à mes livres
Rentrant d'une soirée à l'opéra, les Ransome trouvent leur appartement dévalisé. De la fourrure de madame au rouleau de papier hygiénique, de l'argenterie au porte-savon, trente-deux ans de mariage se sont volatilisés. Même à moquette y est passée ! Mrs Ransome s'effond... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par Lune, le 27 janvier 2012

    Lune
    Alan Bennett campe un couple britannique de la vieille Angleterre, ce so british qui amuse tellement le continent. Il nous promène dans tous les clichés de leur duo petit-bourgeois à l'esprit étriqué qui s'épanouit dans un appartement cossu. Celui-ci, par un subterfuge que je ne dévoilerai pas, disparaît, entraînant dans son sillage une remise en question chez Mrs Ransome et un « dérangement » des habitudes chez Mr Ransome. Il réapparaîtra plus tard dans le roman.
    C'est à ce moment que nous sentirons une rupture dans le ton. de la causticité du début, des rebondissements humoristiques bien britanniques, nous passerons à un soupçon de gravité aboutissant à une fin couleur rose de la morale qui adoucit voire sauve le néant des deux vies parallèles, sans histoires particulières si ce n'est des jardins secrets qu'ils croient inavouables.
    « Petit »monde où les sentiments sont camouflés, où l'importance des choses est déplacée sur des objets domestiques, des habitudes, des conforts qui recouvrent de leur inutilité l'essence même de la vie.
    La relation aux autres est évoquée : la crainte de l'autre, de sa différence, de ses différences.
    Pauvres vies bafouées, on le devine, par tant de servitudes sociales, morales, éducatives et qui se régénéreront sans vraiment prendre conscience profondément de ce qui se passe en elles.
    La fin le montre.
    Livre délicieux qui transforme notre sourire du début en une légère gravité.
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    Critique de qualité ? (13 votes positifs)
  • Par Aela, le 23 octobre 2011

    Aela
    Un récit très court, mais bien percutant! ("The clothes they stood up in")
    Mr et Mme Ransome, l'archétype du couple britannique bien coincé dans les convenances et les traditions, fait la douloureuse expérience d'un cambriolage. Ils retrouvent, en revenant de l'opéra, leur appartement complètement vidé..
    Tout a disparu, même la moquette!
    Madame Ransome, d'abord complètement effondrée, va devoir s'adapter à cette situation inattendue: affronter les inspecteurs de police plus ou moins grossiers, répondre aux questions de la conseillère-psychologue de la police..
    Cette "mauvaise" expérience va être l'occasion pour ce couple "étriqué" de retrouver et d'inventer un nouveau rapport à la vie et ... un nouveau mode de fonctionnement du couple.
    Un très beau récit, court, incisif et très drôle.. qui égratigne sans vergogne le snobisme anglais sous toutes ses formes..
    Un moment jubilatoire...
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    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par ph_hugot, le 21 février 2012

    ph_hugot
    Voilà un court roman qu'on peut qualifier de totalement "british" ,et dans le fond et dans la forme. L'auteur n'est autre qu'Alan Benett, connu en France pour un roman écrit aprés celui ci mais paru aprés, La Reine des lectrices, qui façonnait, de façon bien entendu totalement fantasmagorique l'image de la reine mère en une grande consommatrice de livres. L'ouvrage avait connu un très grand succès d'estime, mais n'étant pas fana de la royauté, j'avais passé mon tour et m'étais dit que j'attendrais le prochain roman de Sir Benett.
    Dans La mise à nu des époux Ransome, qui vient tout juste de sortir en poche, l'auteur abandonne les joyaux de la couronne pour égratigner ce coup ci l'image de la « middle class » anglaise à travers le portrait truculent d'un couple de bourgeois typiquement anglais, les époux Ransome en question.
    Ces époux Ransome mènent une vie paisible, orchestrée, sans extravagance, rythmée d'habitudes bourgeoises et discrètes, lorsqu'un soir, rentrant de l'opéra, tout bascule. Ils ont été cambriolés. Totalement ! Il ne reste plus rien, meubles, vêtements, tables basses, casseroles, tringles à rideaux, prises électriques, rouleau de papier toilette, absolument tout a disparu ! Et les voici donc contraint de revoir leur quotidien, allant jusqu'à pousser la porte de l'épicier voisin pour quelques objets de premières necessité, chose qu'ils n'avaient encore jamais faite, et acte qui les confrontent soudain au monde alentour !
    Alors que son époux, avoué de profession, rationalise le désastre et reprend progressivement le cours de sa méticuleuse existence, Mrs Ransome se doit de reconstituer le cadre de leur home sweet home. Elle s'aperçoit que la disparition de leur mobilier lui apparaît en fait comme un soulagement. L'effacement de leur cadre de vie lui ouvre en effet des horizons nouveaux : elle entreprend l'exploration de magasins où elle n'aurait jamais mis les pieds auparavant; sacrilège, elle achète un fauteuil à bascule en rotin qui lui procure la douceur d'un confort inattendu, et d'autres incongruités pour la bourgoise coincée, qu'elle était jusqu'au bout des ongles avant cet évenement.bennet
    Alan Bennett (voir photo à droite), grâce à sa maitrise totale et un humour terriblement grinçant, nous livre ici une réflexion toujours savoureuse sur la manière dont la routine régit notre vie. Et, à travers ce constat, il nous dépeint également, et surtout, le quotidien de deux personnes mal assorties dont le mariage semble fonctionner grâce à ce équilibre précaire, prêt à s'effondrer à tout instant.
    Saupoudrée de petites remarques innocentes et d'observations parfois plus profondes et existentielles, cette satire est finalement moins lègère qu'elle en l'air, car elle s'octroit la liberté de stigmatiser notre propre hypocrisie face à notre acceptation d'une vie qui ne nous séduit pas mais que nous n'avons pas le courage de modifier.
    Un ouvrage trés court qu'on lit en une soirée, mais qui nous fait passer à coup sûr un trés agréable moment de lecture, à conseiller à coup sûr!!!

    Lien : http://www.baz-art.org/archives/2012/02/16/23336829.html
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    • Livres 3.00/5
    Par Ness, le 19 mars 2011

    Ness
    A leur retour de l'opéra, les époux Ransome retrouvent leur appartement entièrement vide. Les cambrioleurs leur ont tout prit de la chaine hifi en passant à la moquette. Cet événement, assez banal à en croire leurs connaissances, va complètement modifier leur vie. Mrs Ransome jusque là fade et entièrement soumise à son époux va petit à petit sortir de son snobisme pour s'ouvrir au monde par l'intermédiaire de l'épicier pakistanais et des émissions télé. Mr Ransome est quant à lui l'archétype même du conservateur anglais.
    Très vite, le vol qu'ils ont subis va se révéler salvateur tout du moins pour elle. Les Ransome font rire bien malgré eux. Mais ils ne font pas rire autant qu'a pu le faire
    La Reine des lectrices. Bien que l'on retrouve dans ce roman tous les ingrédients qui ont fait le succès de
    La Reine des lectrices, la sauce ne prend pas. Ces époux sont trop insipides et coincés dans leur non-dits.
    Il faut toutefois noté qu'Alan Bennett ne ménage pas ses personnages et qu'il est plutôt incisif avec la charmante bourgeoisie anglaise.
    Toutefois, l'écriture est pertinente et fait mouche à chaque fois. On ne peut que sourire aux mésaventures de ce couple un peu frigide.
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    • Livres 3.00/5
    Par litolff, le 21 avril 2011

    litolff
    Presque une nouvelle, ce très court roman, bien que publié en 2010, a été écrit 10 ans avant La Reine des lectrices.
    Tout commence comme une mauvaise plaisanterie : en revenant d'une soirée à l'opéra, Mr et Mrs Ransome, trouvent leur appartement vide. Pas cambriolé, pas dévalisé, vidé : tout, absolument tout a disparu…
    La vacuité de leur appartement va entrainer chez eux des réactions différentes : Mr Ransome, caricature de l'anglais rigide, n'a de cesse de retrouver sa propriété, ses biens et sa vie d'avant... Mrs Ransome, qui se doute que sa vie conjugale n'est pas ce qu'elle devrait être, décide de vivre pleinement cette parenthèse qui s'offre à elle en bravant ses préjugés...
    Un pastiche social amusant et caustique qui égratigne sans vergogne le couple et la bourgeoisie britannique coincée.
    A noter, la performance du traducteur pour la pertinence des jeux de mots !
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Citations et extraits

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  • Par bpitch, le 18 mai 2012

    - On se croirait dans un hôtel, franchement, se plaignait Mrs Ransome
    - J'aimerais que tu te dispenses un jour de tous ces "franchement", répondait Mr Ransome. Ils n'ajoutent rien au sens de tes phrases.
    Il subissait assez ce qu'il appelait "ce jargon informe" dans le cadre de son travail. Le moins qu'il puisse exiger, lui semblait-il, était qu'on s'exprime sous son propre toit dans un anglais correct. C'est ainsi que Mrs Ransome, qui en temps ordinaire avait fort peu de choses à dire, parlait désormais de moins en moins souvent.
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  • Par bpitch, le 18 mai 2012

    - Ils se chargent des livraisons, étrangement, dit-elle.
    - Tu veux dire, rétorqua Mr Ransome, que tu t'étonnes qu'ils le fassent. (Il était coutumier de ce genre de remarque). Telle que l'as formulée, ta phrase signifie qu'ils ont une étrange façon de faire leurs livraisons. (Ce qui, du reste, était sans doute exact.)
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  • Par lema, le 09 juillet 2010

    Ils continuèrent donc d'écouter en silence les rires qui se prolongeaient, presque sans interruption; puis, au bout de trois ou quatre minutes, ils s'estompèrent, s'espacèrent et l'un des deux - impossible de deviner lequel - se changea peu à peu en une sorte de halètement essouflé, qui se tranforma à son tour en un grognement assourdi; un long cri retentit ensuite, prolongé par une série d'exclamations saccadées, etouffées, aussi graves et appliquées que les premières étaient joyeuses. A un moment donné, le micro se rapprocha pour mieux capter un son si moite, si mouillé qu'il paraissait à peine humain.
    - On dirait de la crème en train de bouillir, dit Mrs Ransome, tout en sachant fort bien que ce n'était pas le cas: la préparation de la crème anglaise demande rarement des efforts aussi intenses que ceux qui étaient apparemment déployés ici; et a-t-on jamais entendu de la crème émettre des gémissements pressants, ou les cuisinières pousser de longs cris plaintifs lorsque la crème monte et commence à déborder de la casserole?
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  • Par NadinePestourie, le 24 novembre 2010

    Ils possédaient un vaisselier complet, un service à thé, des serviettes et des nappes assorties. Ils avaient des assiettes à dessert, des verres et des plats à gâteaux à ne plus savoir qu'en faire. Des dessous-de-plat pour le service, des dessous de verre pour l'apéritif, des chemins de table pour le dîner. Des serviettes pour les invités et des torchons assortis pour l'évier, ainsi que pour la salle de bain et les W.-C. Ils avaient des couteaux à dessert, des couteaux à poisson et des kyrielles d'autres couteaux, ainsi que de minuscules truelles en ivoire et argent dont Mrs Ransome n'avait jamais très bien compris la fonction. Et pour couronner le tout, une énorme ménagère munie de plusieurs tiroirs, qui recelaient suffisamment de couteaux, de cuillères et de fourchettes pour une tablée de douze personnes. Mr et Mrs Ransome ne recevaient jamais douze personnes à dîner. Ils ne donnaient d'ailleurs jamais de réceptions. Ils utilisaient fort peu les serviettes du service, parce qu'ils n'avaient jamais d'invités. Ils s'étaient coltiné tout ce bazar pendant leurs trente-deux ans de mariage sans que Mrs Ransome en comprenne jamais la raison - et à présent ils en étaient débarrassés. Sans savoir exactement pourquoi, alors qu'elle rinçait leurs deux tasses dans l'évier, Mrs Ransome se mit brusquement à chanter
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  • Par Aela, le 23 octobre 2011

    Ils connaissaient à peine leurs voisins et leur adressaient rarement la parole. Il leur arrivait parfois de croiser des gens dans l'ascenseur, les deux camps se contentant alors d'échanger des sourires prudents. Un jour ils avaient invité les nouveaux locataires de leur palier à venir boire un sherry, mais l'homme selon ses propres dires, "était un fan de variétés". Quant à sa femme, elle avait été réceptionniste dans un cabinet dentaire et possédait une maison en multipropriété au Portugal. Bref, l'un dans l'autre, la soirée avait été épouvantable et ils n'avaient jamais renouvelé l'expérience...
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