> Pierre Ménard (Traducteur)

ISBN : 2207260127
Éditeur : Editions Denoël (2009)


Note moyenne : 3.43/5 (sur 287 notes) Ajouter à mes livres
Que se passerait-il outre-Manche si, par le plus grand des hasards, Sa Majesté la Reine se découvrait une passion pour la lecture ? Si, tout d'un coup, plus rien n'arrêtait son insatiable soif de livres, au point qu'elle en vienne à négliger ses engagements royaux ? > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 1.00/5
    Par Litterature_et_Chocolat, le 09 février 2012

    Litterature_et_Chocolat
    God save the readers!
    Le bon peuple britannique s'inquiète : sa Majesté s'est découvert une nouvelle passion et s'adonne entièrement à la lecture. A tel point qu'elle en vient à considérer sa royale charge avec plus de légèreté et de détachement qu'il ne sied. Même ses entrevues stratégiques avec le Premier Ministre se transforment en réunions de club de lecture. Bref, si la lecture est devenue le piment des journées de sa Seigneurie, elle soulève les plus vives préoccupations dans l'entourage de cette dernière et mettrait en péril la monarchie.
    Diable! La lecture comme contre-pouvoir faisant vaciller l'Angleterre royale, on en redemande! A quelles lectures subversives, voire perverses, la Reine peut-elle bien s'adonner, qui la détournent de ses devoirs immémoriaux? On anticipe avec délice la légèreté de ton britannique teintée de cette autodérision que les anglais manient avec tant de bonheur.
    Las! L'intérêt ainsi éveillé retombe comme un soufflet. Alan Bennett ne creuse pas son sujet – c'est le cas de le dire : ni la Reine, ni l'histoire n'acquièrent une réelle consistance. Impossible de comprendre ce qui déclenche ce subit et incontrôlable engouement chez la Reine. S'installe une décevante frustration chez les bibliophiles qui se réjouissaient de voir l'objet de leur passion disséqué avec enthousiasme, analysé dans ses moindres recoins. L'intérêt de la Reine pour la littérature reste un mystère opaque et le roman ne suscite pas une débordante envie de se plonger dans les livres que cite l'auteur.
    Quant à la verve britannique, cet humour si particulier et délectable, on en trouve quelques traces qui ne feront pas date. A croire que sa Majesté, contrairement aux communs de ses mortels sujets, n'est pas née avec la répartie qui caractérise son peuple. On glanera bien au fil des pages une liste à la Prévert des lectures qu'Alan Bennett prête à la Reine, si cela présentait un quelconque intérêt.

    Lien : http://litteratureetchocolat.wordpress.com/2012/02/09/la-reine-des-l..
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    Critique de qualité ? (9 votes positifs)
  • Par asphodele85, le 22 janvier 2012

    asphodele85
    Oh My God ! La reine d'Angleterre, maintenant âgée de 80 ans a une nouvelle passion dévorante et incompatible avec sa charge : la lecture ! Ses conseiller, premier ministre et autre “filtre” qui la coupent du monde vont bien essayer de tout faire pour l'en détourner, que ce soit en lui cachant ses livres, en sabotant les colis qui en contiennent, en virant un tabellion fraîchement embauché qui partageait sa passion, rien n'y fera !
    Au-delà de la satire très drôle que nous fait Alan Bennett, dans cette fiction, de la monarchie anglaise, de son rôle surtout et du regard indulgent qu'il pose sur la Reine, la décrivant comme privée de tout libre arbitre, confinée dans l'étiquette et le devoir, nous avons une étude très intéressante, qui va aller crescendo de ce que peut être le goût de lire jusqu'à la passion. “- Un passe-temps ? dit la reine. Les livres sont tout sauf un passe-temps. Ils sont là pour vous parler d'autres vies, d'autres mondes.” Mais aussi cette phrase qui en dit long sur le rôle qu'elle a et sur sa vie tout court : “Je dois constamment afficher mon humanité, mais j'ai rarement l'occasion de l'exercer pour de bon. Il y a des gens autour de moi pour le faire à ma place.” Eloquent non ?
    En effet la Reine lisait “comme tout le monde et par devoir” avant que ses chiens n'aboient après le bibliobus qui s'arrête tous les mercredis dans l'arrière-cour du Palais. Gênée, elle va se sentir obligée d'emprunter un livre et fait la connaissance de Norman, un “rouquin efflanqué” qui travaille aux cuisines. Jusque là, elle demande conseil pour ses lectures. Et continue son “devoir”, ayant ignoré toute sa vie la notion de plaisir. Qu'elle a décidé de rattraper : ” (…) je suppose que vous voulez dire que je ne dois pas quitter la balle des yeux. Ma foi c'est ce que j'ai fait pendant plus de cinquante ans et j'estime avoir désormais le droit de jeter de temps à autre un coup d'oeil en dehors du terrain”. (à son premier conseiller qui lui demande de rester concentrée !).
    Puis, au fil des semaines, le bibliobus ne passant plus, elle va rechercher Norman aux cuisines et en faire son tabellion privé, chargé de noter et de lui choisir ses lectures : il est bien plus que cela, puisqu'ils font “lecture commune” ensemble dans la même religiosité (même si lui est plus porté sur la littérature gay !).
    Les voyages officiels l'ennuient à mourir empiétant sur ce temps qu'elle n'a pas et qu'elle voudrait consacrer à la lecture. Puis Norman, évincé (par le Protocole) et pour des raisons qu'on lui cache, elle va commander elle-même ses livres, commencer à les annoter, à laisser des critiques au passage, elle regrette le temps où elle aurait pu connaître des écrivains de ses contemporains, hélas morts ! Son intérêt pour les livres, alors qu'elle a parcouru le vaste monde de long en large, qu'elle connaît la plupart des capitales, jusqu'au PIB de certains états, apportent à sa vie une dimension solitaire certes, mais dont elle ressort heureuse. Elle écrira dans son carnet : “ L'une des recettes du bonheur consiste à se moquer des prérogatives. (…) Précepte que ma position ne m'a guère permis d'exercer”.
    Mais toujours partagée entre plaisir, devoir et réflexion sur ce dernier, la fin nous réserve une surprise… dont je ne vous parlerai pas ! Je ne peux que conseiller ce petit livre (122 pages) lu en deux heures de temps à ceux qui ne comprennent pas ce qui nous pousse à lire encore et toujours, pourquoi la lecture est (ou devient) une passion, ce qu'elle génère parfois quand elle est poussée à son paroxysme. Et l'humour anglais en prime, ça ne se refuse pas…. “Elle comprit alors (comme elle le nota le lendemain) que, parmi d'autres attraits, la lecture fonctionnait au fond comme un muscle qu'elle avait fini par exercer. Elle pouvait à présent lire ce roman sans difficultés…”

    Lien : http://leslecturesdasphodele.wordpress.com
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    Critique de qualité ? (9 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par caro64, le 25 juin 2010

    caro64
    Quand la reine d'Angleterre découvre, grâce à un bibliobus, la passion de la lecture, c'est tout le protocole royal qui se trouve chamboulé.
    Humour sarcastique, histoire distrayante avec des pages très agréable sur le plaisir de la lecture - l'auteur parle très bien de la passion dévorante qu'elle peut provoquer. D'ailleurs, chaque lectrice compulsive se reconnaîtra aisément dans les comportements et les habitudes de la reine, comme par exemple noter sur une liste les livres qu'elle souhaite lire. La phrase suivante trouvera aussi écho auprès de nombreux lecteurs : "Elle découvrait également que chaque livre l'entraînait vers d'autres livres, que les portes ne cessaient de s'ouvrir, quels que soient les chemins empruntés, et que les journées n'étaient pas assez longues pour lire autant qu'elle l'aurait voulu."
    Ce court roman original se lit très vite, d'une traite. C'est léger, c'est drôle, la fin est vraiment trés inattendue et réussie. Dommage que le rythme soutenu de la première partie retombe un peu dans la seconde, on ressent un léger sentiment de piétinement. Un bon moment de lecture, mais à mon avis éminemment oubliable… Divertissant !
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    Critique de qualité ? (13 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par artemis, le 16 juillet 2009

    artemis
    Un petit livre impertinent, amusant et original qui se laisse lire avec plaisir !
    Ce n'est pas pour moi la découverte l'année, mais j'ai apprécié de livre qui met en scène la Reine d'Angleterre dans une situation inattendue. J'ai aussi aimé la découverte du Bibliobus par la Reine, la personnalité du jeune homme qui devient son confident de lecture et l'initie à la lecture de manière plutôt inhabituelle. Voir la Reine, cette personne qui semble si lointaine et hors du commun, se prendre de passion pour la lecture, partagée par tant d'entre nous, est vraiment amusant. La Reine, face à la lecture, devient un "sujet" comme les autres ! J'ai adoré le début du livre où sa Majesté prend de plus en plus d'intérêt à choisir ses livres, et où son obsession de bouquiner grandit... le reste devient ennuyeux, et elle a tant de responsabilités et d'obligations, quand trouver le temps de lire ? Cette nouvelle activité est d'ailleurs très mal vue par ses conseillers et ses proches !
    J'ai trouvé cependant qu'en général, les personnages secondaires manquaient un peu de subtilité.
    Court, j'ai pourtant trouvé à ce roman des longueurs.
    Il serait cependant dommage de passer à côté de cette histoire amusante, qui se double d'une réflexion sur la lecture (et l'écriture), sur les différences de comportement par rapport à un bouquin, sur la manière dont se développe ou peut se freiner l'intérêt pour la lecture.
    Ce livre m'a donné envie de découvrir d'autres romans d'Alan Bennett, cet auteur britannique que je ne connaissais que de nom : impertinent, original, audacieux : comment résister ?
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    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
  • Par sylvie, le 28 mai 2009

    sylvie
    Je crois bien avoir eu le sourire d'un bout à l'autre de cette jolie fable qui ose prendre des tours de farces à la mode british...
    Nous voilà plongés dans l'intimité de la reine d'Angleterre, qui semble en manquer cruellement... Ses chiens l'amènent sans ménagement jusqu'au bibliobus qui stationne dans une des cours reculée du Palais...
    Par convenance, elle va saluer le bibliothécaire et se sent obligée d'emprunter un livre... C'est là qu'elle rencontre son mentor en littérature, un employé des cuisines à qui elle demande conseil pour ses premiers pas de lectrice...
    Ce dernier va jouer si bien le jeu que petit à petit, il devient son Tabellion particulier ( "Officier chargé de conserver les actes notariés. Par extension : celui qui écrit sous la dictée ou recopie des manuscrits; assistant littéraire."), pendant que la reine est toute à sa joie de se découvrir Opsimath : ("Qui apprend sur le tard, à la fin de sa vie").
    Ce nouveau couple insolite et charmant nous mène par le bout du nez, de livres en livres, tout le long d'un parcours initiatique royal qui se termine par une vraie révolution sans manquer de chambouler la cour et son protocole....
    De la découverte de la littérature à la pratique intensive de la lecture en passant par la prise de notes pour arriver au désir d'écrire... Voilà le chemin semé d'embûches qu'emprunte notre très haut personnage, avec voracité, plaisir, et opiniâtreté.
    des liens sur le blog

    Lien : http://sylvie-lectures.blogspot.com/2009/05/la-reine-des-lectrices-a..
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Citations et extraits

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  • Par Litterature_et_Chocolat, le 09 février 2012

    Si on lui avait demandé : “les livres ont-ils enrichi votre vie?”, elle se serait sentie obligée de répondre: “Oui, sans l’ombre d’un doute” – tout en ajoutant avec la même conviction qu’ils l’avaient également vidée de tout sens. Avant de se lancer dans ces lectures, elle était une femme droite et sûre d’elle, sachant où résidait son devoir et bien décidée à l’accomplir, dans la mesure de ses moyens. Maintenant, elle se sentait trop souvent partagée. Lire n’était pas agir, c’était depuis toujours le problème.
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  • Par LecottagedeMyrtille, le 28 janvier 2012

    - Ce n'est pas une romancière très populaire, Madame.
    - Je me demande bien pourquoi ? Je l'ai pourtant anoblie.
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  • Par liliba, le 15 décembre 2009

    Elle découvrait également que chaque livre l'entraînait vers d'autres livres, que les portes ne cessaient de s'ouvrir, quels que soient les chemins empruntés, et que les journées n'étaient pas assez longues pour lire autant qu'elle l'aurait voulu."



    "Cet attrait pour la lecture, songeait-ellesongeait-elle, tenait au caractère altier et presque indifférent de la littérature. Les livres ne se souciaient pas de leurs lecteurs, ni même de savoir s'ils étaient lus. Tout le monde était égal devant eux, y compris elle. (...) La lecture provoquait un sentiment du même ordre. Il y avait en elle quelque chose d'anonyme, de partagé, de commun. Ayant mené une existence à part, elle se rendait compte à présent qu'elle désirait ardemment éprouver un tel sentiment : elle pouvait parcourir toutes ces pages, l'espace contenu entre les couvertures de tous ces livres, sans qu'on la reconnaisse."

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  • Par sylvie, le 28 mai 2009

    Cet attrait pour la lecture, songeait-elle, tenait au caractère altier et presque indifférent de la littérature. Les livres ne se souciaient pas de leurs lecteurs, ni même de savoir s'ils étaient lus. Tout le monde était égal devant eux, y compris elle. La littérature est une communauté, les lettres sont une république... ...Les livres ne varient pas. Tous les lecteurs sont égaux... ...La lecture... Il y avait en elle quelque chose d'anonyme, de partagé, de commun... ...Elle pouvait parcourir toutes ces pages, l'espace contenu entre les couvertures de tous ces livres, sans qu'on la reconnaisse
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  • Par caro64, le 25 juin 2010

    - Un passe-temps ? dit la reine. Les livres sont tout sauf un passe-temps. Ils sont là pour vous parler d'autres vies, d'autres mondes. Loin de vouloir passer le temps, sir Kevin, j'aimerai au contraire en avoir davantage à ma disposition. Si j'avais envie de passer le temps, j'irai en Nouvelle-Zélande.
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