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> Pierre Ménard (Traducteur)

ISBN : 2207260127
Éditeur : Denoël (2009)


Note moyenne : 3.43/5 (sur 734 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Que se passerait-il outre-Manche si Sa Majesté la Reine se découvrait une passion pour la lecture ? Si, tout d'un coup, rien n'arrêtait son insatiable soif de livres, au point qu'elle en vienne à négliger ses engagements royaux ?
C'est à cette drôle de fiction ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 2.00/5
    Par Marple, le 13 mai 2013

    Marple
    Déjà 173 critiques qui décrivent un livre délicieux, très original et/ou jubilatoire... vais-je être la 174è ? Non, tout simplement parce que je n'ai pas aimé ce petit roman qui m'a semblé bien long malgré ses 122 pages...
    En fait, il m'a fait penser à 'Petits suicides entre amis', salué par beaucoup pour son côté loufoque et iconoclaste, et que j'avais juste trouvé absurde et vain. Là, c'est pareil : alors même que les thèmes abordés, comme le pouvoir de la lecture, la place de la passion dans la vie ou la différence entre personnalité et image donnée, sont intéressants, Alan Bennett réussit l'exploit de (me) les rendre ennuyeux... Ajoutons à ça une histoire qui tient en une phrase (la reine découvre incidemment le plaisir de la lecture, ce qui la conduit progressivement à négliger ses devoirs et entraîne une profonde remise en question) et un humour british dont je n'ai pas trouvé trace (ou alors il était trop british pour que je le comprenne...).
    Bref, un roman qui ne m'a pas séduite, peut-être parce que j'en attendais trop suite aux 173 critiques sus-citées... ou alors simplement parce que je suis un peu trop psychorigide ascendant sérieuse pour apprécier les livres si décalés.
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    • Livres 4.00/5
    Par Junie, le 17 août 2013

    Junie
    Petit livre offert par mon libraire, que j'ai suçoté sur la plage (le bouquin, pas le libraire) avec délices.
    Introduite dans les coulisses de Buckingham sur les pas de Norman, qui fait la plonge aux cuisines, j'ai partagé l'intimité des pensées de la Reine qui sort de sa profonde léthargie intellectuelle, morale et affective, en prenant des bains de littérature. Retrouvant un peu d'humanité grâce à son page qui les lui tourne (les pages) Elizabeth apprend à laisser tomber le protocole, les défilés en carrosse, oublie sa progéniture et ses affreux clébards, fait moisir le premier ministre dans l'antichambre pour se livrer à une orgie de romans. Elle comprend que la lecture est un acte de résistance solitaire, que rencontrer les auteurs ne sert à rien, que chaque livre nous aide à mieux nous connaitre.
    Bref, Elizabeth, je te kiffe et tu viens prendre le thé quand tu veux.
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    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette, le 29 mars 2014

    LiliGalipette
    Il suffit parfois d'un simple bibliobus pour changer toute une existence. Tous les lecteurs qui attendent le passage du merveilleux véhicule comprennent cela. Mais il est des lecteurs qui s'ignorent et à qui il faut une franche rencontre avec les livres. C'est ce qui arrive à Elizabeth II quand elle croise le bibliobus de Westminster. « Lire n'était pas agir. Et elle était une femme d'action. » (p. 12) Mais on peut être reine et aimer lire, même si cela s'apprend, et tant pis pour le protocole et les obligations royales ! Conseillée par Norman, son tabellion personnel qu'elle a débauché des cuisines de Buckingham, la reine lit avec avidité et bonheur. Hélas, cette passion tardive n'est pas du goût de Sir Kevin, son secrétaire particulier, ni de celui du premier ministre ou de son époux. « Lire, c'est se retirer. […] Se rendre indisponible. […] / On lit pour son plaisir, dit la reine. Il ne s'agit pas d'un devoir public. / Peut-être cela serait-il préférable, rétorqua Sir Kevin. » (p. 49) Et si l'ivresse de lecture de la reine menaçait le royaume et le pays tout entier ? Pauvre Elizabeth II, elle connaît les affres de tout lecteur dérangé et arraché aux pages délicieuses qu'il voudrait continuer de tourner.
    En quelque cent pages, Alan Bennett propose une satire absolutely fabulous de la monarchie et des obligations qu'elle impose à ses représentants. Mince, à la fin, laissez la reine lire tout son saoul ! L'humour fait mouche à chaque fois et j'ai pouffé à de nombreuses reprises devant les dialogues savoureux concoctés par l'auteur. « Ce n'est pas une romancière très populaire, Madame. / Je me demande bien pourquoi. Je l'ai pourtant anoblie. » (p. 14) Même si j'ai passé un excellent moment avec ce texte, je m'interroge : la lecture demande une disponibilité certaine de la part de ceux qui la pratiquent, mais je doute qu'elle soit incompatible avec le quotidien. Certes, la routine de sa gracieuse majesté est un tantinet plus formelle que mon métro-boulot-dodo, mais il faut savoir raison garder. Quand la lecture happe son sujet au point de le soustraire à la réalité, elle ne met plus cette dernière en perspective, mais prétend prendre sa place, ce qui est au mieux contre-productif, au pire très dangereux.
    Mais oubliez mes tentatives de réflexion et ouvrez sans attendre le petit roman d'Alan Bennett !
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    • Livres 5.00/5
    Par Syl, le 13 avril 2013

    Syl
    Imaginez, une petite femme proche des quatre-vingt ans, dans un tailleur en tweed maronnasse (le bleu, le rose et le jaune sont pour les sorties), les chaussures plates, les cheveux amidonnés… elle se précipite derrière ses petits trésors, des toutous qui s'en vont en jappant et bavant dans les couloirs qui mènent vers les cuisines du palais. Cette délégation, très peu ordinaire, débouche dans la rue et sur le bibliobus de la commune de Westminster. Elle, c'est Elisabeth II d'Angleterre and Co.
    Sa Majesté fait alors la connaissance du chauffeur-bibliothécaire, Mr Hutchings, et d'un commis de cuisine, Norman Seakins. Par courtoisie et pour ne pas paraître dédaigneuse, elle parcourt du regard les rayonnages ambulants et saisit un livre…
    … La semaine suivante, pour fuir une de ses obligations de souveraine, elle prend le prétexte de le rapporter et retrouve le jeune Norman et Mr Hutchings.
    « - Comment l'avez-vous trouvé, Madame ? demanda Mr Hutchings.
    – le livre de dame Ivy ? Un peu sec. Et tous les personnages s'expriment de la même façon, l'aviez-vous remarqué ?
    – A dire la vérité, Madame, je n'ai jamais pu dépasser les premières pages. Jusqu'où Votre Majesté est-elle allée ?
    – Oh, jusqu'au bout. Une fois que je commence un livre, je le termine. C'est ainsi qu'on était élevé jadis : qu'il s'agisse des livres, des tartines beurrées ou de la purée de pommes de terre, il fallait toujours finir ce qu'il y avait dans son assiette. Ma philosophie n'a jamais varié sur ce point. »
    Une petite discussion s'engage sur certains auteurs de sa connaissance. Elle repart quelques instants après avec un second roman.
    Ainsi s'amorce la nouvelle lubie de la reine. Proust, les soeurs Brontë, Nancy Mitford… romans, poèmes, essais, art… Elle lit, elle note des passages, des résumés, ses ressentis, elle commence à faire des LAL (listes à lire), envoie son nouveau clerc Norman, nouvellement débauché des cuisines pour l'assister dans sa découverte littéraire, chercher les bouquins… Elle traîne partout un livre, deux livres… un qu'elle lit, l'autre qu'elle offre… Elle devient livrophage et s'empresse de faire partager ce plaisir.
    « - Vous avez entendu parler du site d'Ur, je suppose ?
    Ce n'était apparemment pas le cas. Aussi, avant qu'il ne reparte, la reine lui passa deux ou trois livres qui devaient lui permettre de combler cette lacune. La semaine suivante, elle lui demanda s'il les avait lus (ce qu'il s'était bien gardé de faire).
    – Ils étaient très instructifs, Madame, répondit le Premier ministre.
    – Dans ce cas, je vais vous en passer d'autres. Je trouve ce sujet fascinant. (…)
    Sir Kevin finit par recevoir un coup de fil du conseiller particulier.
    – Mon patron m'informe que votre patronne commence à lui casser les pieds, attaqua celui-ci.
    – Vraiment ?
    – Oui, elle n'arrête pas de lui prêter des livres. C'est parfaitement déplacé.
    – Sa Majesté adore la lecture.
    – Personnellement, j'adore me faire sucer la b..e. Mais je ne demande pas au Premier ministre de me rendre ce service. Vous avez une idée, Kevin ?
    – Je parlerai à sa Majesté.
    – Excellente initiative, Kevin. Et dites-lui de nous lâcher la grappe. »
    La reine étonne son monde, puis très vite énerve. Elle dérange le protocole et agace les gens qui l'entourent, de son valet de pied, en passant par son secrétaire particulier Sir Kevin, le Premier ministre, son duc de mari, jusqu'à ses chiens qui jalousent avec rage le dernier passe temps de leur maîtresse.
    « - (…) La reine lit. Les gens n'ont pas besoin d'en savoir plus. J'imagine leur réaction, dans leur grande majorité : « Et alors ? La belle affaire. »
    – Lire, c'est se retirer, dit sir Kevin. Se rendre indisponible. La chose serait peut-être moins préoccupante si cette recherche relevait d'une démarche moins… égoïste.
    – Egoïste ?
    – Peut-être aurais-je dû parler de solipsisme.
    – Peut-être auriez-vous dû, en effet.
    Sir Kevin se jeta à l'eau.
    – Si nous étions en mesure de raccrocher vos lectures à un projet plus vaste – l'instruction de la nation tout entière, par exemple, ou la promotion de la lecture au sein de la jeunesse…
    – On lit pour son plaisir, dit la reine. Il ne s'agit pas d'un devoir public. »
    Cette escapade entre des pages est plus qu'un divertissement, c'est une survie. La reine lit et s'évade. Serait-ce une trahison envers la couronne ?
    La panique désorganise les services, des directives sont prises et vont à l'encontre des désirs de la reine. Les livres deviennent une menace ! Que va-t-il se passer ?
    I wish you good readings your Majesty !
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    • Livres 3.00/5
    Par sylou83, le 18 décembre 2014

    sylou83
    C'est un joli succès de librairie que se taille, depuis sa parution, cet hiver, La Reine des lectrices, la drolatique fable du dramaturge anglais Alan Bennett. Il imagine Sa Majesté succombant tout à coup au démon de la lecture - et la face de la royauté, de l'Angleterre, du monde peut-être, eût pu en être changée... Tout ça parce que les chiens de la reine, lâchés ce jour-là comme chaque jour dans les jardins de Buckingham, au lieu de revenir vers le palais, s'enfuirent jusqu'à un bibliobus garé dans une des cours intérieures. La reine les rattrapa, entra dans le véhicule, emprunta un volume - un roman de l'acide Ivy Compton-Burnett. Il n'en fallut pas davantage. A Compton-Burnett succédèrent Nancy Mitford, E.M. Forster, Dickens, Robert Frost, bientôt Proust, Genet, Henry James...
    Avec eux, la reine « découvrait que chaque livre l'entraînait vers d'autres livres, que les portes ne cessaient de s'ouvrir, quels que soient les chemins empruntés, et que les journées n'étaient pas assez longues pour lire autant qu'elle l'aurait voulu ». Elle découvrait aussi que « les livres ne se souciaient pas de leurs lecteurs, ni même de savoir s'ils étaient lus. Tout le monde était égal devant eux, y compris elle ». Elle perdit le goût pour toute autre activité, en vint à négliger l'étiquette au profit de son nouveau vice et d'une vie intérieure inédite... Jalonné de dialogues et de scènes cocasses, ce récit d'une métamorphose a valeur de satire et de conte moral, autant que de plaidoyer pour la lecture.


    Le 09/05/2009 - Mise à jour le 18/09/2013 à 17h07
    Nathalie Crom - Telerama n° 3095

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Citations et extraits

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  • Par sylou83, le 18 décembre 2014

    Ce fut seulement au bout d'un an de cette pratique qu'elle se risqua,non sans hésitation, à noter de temps à autre une réflexion de son cru. Je perçois la littérature comme une immense contrée, inscrivit-elle un jour : je me suis mise en route vers ses confins les plus extrêmes, en sachant que je ne les atteindrai jamais."

    P.52

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  • Par sylou83, le 18 décembre 2014

    la reine « découvrait que chaque livre l'entraînait vers d'autres livres, que les portes ne cessaient de s'ouvrir, quels que soient les chemins empruntés, et que les journées n'étaient pas assez longues pour lire autant qu'elle l'aurait voulu ». Elle découvrait aussi que « les livres ne se souciaient pas de leurs lecteurs, ni même de savoir s'ils étaient lus. Tout le monde était égal devant eux, y compris elle ». Elle perdit le goût pour toute autre activité, en vint à négliger l'étiquette au profit de son nouveau vice et d'une vie intérieure inédite...
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  • Par pattypp7, le 06 décembre 2014

    Cet attrait pour la lecture, songeait-elle, tenait au caractère altier et presque indifférent de la littérature. Les livres ne se souciaient pas de leurs lecteurs, ni même de savoir s'ils étaient lus. Tout le monde était égal devant eux, y compris elle. La littérature est une communauté, les lettres sont une république.

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  • Par pattypp7, le 06 décembre 2014

    Les livres sont tout sauf un passe-temps. Ils sont là pour vous parler d'autres vies, d'autres mondes.

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  • Par liliba, le 15 décembre 2009

    Elle découvrait également que chaque livre l'entraînait vers d'autres livres, que les portes ne cessaient de s'ouvrir, quels que soient les chemins empruntés, et que les journées n'étaient pas assez longues pour lire autant qu'elle l'aurait voulu."



    "Cet attrait pour la lecture, songeait-ellesongeait-elle, tenait au caractère altier et presque indifférent de la littérature. Les livres ne se souciaient pas de leurs lecteurs, ni même de savoir s'ils étaient lus. Tout le monde était égal devant eux, y compris elle. (...) La lecture provoquait un sentiment du même ordre. Il y avait en elle quelque chose d'anonyme, de partagé, de commun. Ayant mené une existence à part, elle se rendait compte à présent qu'elle désirait ardemment éprouver un tel sentiment : elle pouvait parcourir toutes ces pages, l'espace contenu entre les couvertures de tous ces livres, sans qu'on la reconnaisse."

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