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> Pierre Ménard (Traducteur)

ISBN : 2207260127
Éditeur : Denoël (2009)


Note moyenne : 3.43/5 (sur 493 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Que se passerait-il outre-Manche si Sa Majesté la Reine se découvrait une passion pour la lecture ? Si, tout d'un coup, rien n'arrêtait son insatiable soif de livres, au point qu'elle en vienne à négliger ses engagements royaux ?
C'est à cette drôle de fiction ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 2.00/5
    Par Marple, le 13 mai 2013

    Marple
    Déjà 173 critiques qui décrivent un livre délicieux, très original et/ou jubilatoire... vais-je être la 174è ? Non, tout simplement parce que je n'ai pas aimé ce petit roman qui m'a semblé bien long malgré ses 122 pages...
    En fait, il m'a fait penser à 'Petits suicides entre amis', salué par beaucoup pour son côté loufoque et iconoclaste, et que j'avais juste trouvé absurde et vain. Là, c'est pareil : alors même que les thèmes abordés, comme le pouvoir de la lecture, la place de la passion dans la vie ou la différence entre personnalité et image donnée, sont intéressants, Alan Bennett réussit l'exploit de (me) les rendre ennuyeux... Ajoutons à ça une histoire qui tient en une phrase (la reine découvre incidemment le plaisir de la lecture, ce qui la conduit progressivement à négliger ses devoirs et entraîne une profonde remise en question) et un humour british dont je n'ai pas trouvé trace (ou alors il était trop british pour que je le comprenne...).
    Bref, un roman qui ne m'a pas séduite, peut-être parce que j'en attendais trop suite aux 173 critiques sus-citées... ou alors simplement parce que je suis un peu trop psychorigide ascendant sérieuse pour apprécier les livres si décalés.
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    • Livres 5.00/5
    Par Syl, le 13 avril 2013

    Syl
    Imaginez, une petite femme proche des quatre-vingt ans, dans un tailleur en tweed maronnasse (le bleu, le rose et le jaune sont pour les sorties), les chaussures plates, les cheveux amidonnés… elle se précipite derrière ses petits trésors, des toutous qui s'en vont en jappant et bavant dans les couloirs qui mènent vers les cuisines du palais. Cette délégation, très peu ordinaire, débouche dans la rue et sur le bibliobus de la commune de Westminster. Elle, c'est Elisabeth II d'Angleterre and Co.
    Sa Majesté fait alors la connaissance du chauffeur-bibliothécaire, Mr Hutchings, et d'un commis de cuisine, Norman Seakins. Par courtoisie et pour ne pas paraître dédaigneuse, elle parcourt du regard les rayonnages ambulants et saisit un livre…
    … La semaine suivante, pour fuir une de ses obligations de souveraine, elle prend le prétexte de le rapporter et retrouve le jeune Norman et Mr Hutchings.
    « - Comment l'avez-vous trouvé, Madame ? demanda Mr Hutchings.
    – le livre de dame Ivy ? Un peu sec. Et tous les personnages s'expriment de la même façon, l'aviez-vous remarqué ?
    – A dire la vérité, Madame, je n'ai jamais pu dépasser les premières pages. Jusqu'où Votre Majesté est-elle allée ?
    – Oh, jusqu'au bout. Une fois que je commence un livre, je le termine. C'est ainsi qu'on était élevé jadis : qu'il s'agisse des livres, des tartines beurrées ou de la purée de pommes de terre, il fallait toujours finir ce qu'il y avait dans son assiette. Ma philosophie n'a jamais varié sur ce point. »
    Une petite discussion s'engage sur certains auteurs de sa connaissance. Elle repart quelques instants après avec un second roman.
    Ainsi s'amorce la nouvelle lubie de la reine. Proust, les soeurs Brontë, Nancy Mitford… romans, poèmes, essais, art… Elle lit, elle note des passages, des résumés, ses ressentis, elle commence à faire des LAL (listes à lire), envoie son nouveau clerc Norman, nouvellement débauché des cuisines pour l'assister dans sa découverte littéraire, chercher les bouquins… Elle traîne partout un livre, deux livres… un qu'elle lit, l'autre qu'elle offre… Elle devient livrophage et s'empresse de faire partager ce plaisir.
    « - Vous avez entendu parler du site d'Ur, je suppose ?
    Ce n'était apparemment pas le cas. Aussi, avant qu'il ne reparte, la reine lui passa deux ou trois livres qui devaient lui permettre de combler cette lacune. La semaine suivante, elle lui demanda s'il les avait lus (ce qu'il s'était bien gardé de faire).
    – Ils étaient très instructifs, Madame, répondit le Premier ministre.
    – Dans ce cas, je vais vous en passer d'autres. Je trouve ce sujet fascinant. (…)
    Sir Kevin finit par recevoir un coup de fil du conseiller particulier.
    – Mon patron m'informe que votre patronne commence à lui casser les pieds, attaqua celui-ci.
    – Vraiment ?
    – Oui, elle n'arrête pas de lui prêter des livres. C'est parfaitement déplacé.
    – Sa Majesté adore la lecture.
    – Personnellement, j'adore me faire sucer la b..e. Mais je ne demande pas au Premier ministre de me rendre ce service. Vous avez une idée, Kevin ?
    – Je parlerai à sa Majesté.
    – Excellente initiative, Kevin. Et dites-lui de nous lâcher la grappe. »
    La reine étonne son monde, puis très vite énerve. Elle dérange le protocole et agace les gens qui l'entourent, de son valet de pied, en passant par son secrétaire particulier Sir Kevin, le Premier ministre, son duc de mari, jusqu'à ses chiens qui jalousent avec rage le dernier passe temps de leur maîtresse.
    « - (…) La reine lit. Les gens n'ont pas besoin d'en savoir plus. J'imagine leur réaction, dans leur grande majorité : « Et alors ? La belle affaire. »
    – Lire, c'est se retirer, dit sir Kevin. Se rendre indisponible. La chose serait peut-être moins préoccupante si cette recherche relevait d'une démarche moins… égoïste.
    – Egoïste ?
    – Peut-être aurais-je dû parler de solipsisme.
    – Peut-être auriez-vous dû, en effet.
    Sir Kevin se jeta à l'eau.
    – Si nous étions en mesure de raccrocher vos lectures à un projet plus vaste – l'instruction de la nation tout entière, par exemple, ou la promotion de la lecture au sein de la jeunesse…
    – On lit pour son plaisir, dit la reine. Il ne s'agit pas d'un devoir public. »
    Cette escapade entre des pages est plus qu'un divertissement, c'est une survie. La reine lit et s'évade. Serait-ce une trahison envers la couronne ?
    La panique désorganise les services, des directives sont prises et vont à l'encontre des désirs de la reine. Les livres deviennent une menace ! Que va-t-il se passer ?
    I wish you good readings your Majesty !
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    • Livres 4.00/5
    Par soleil23, le 07 mai 2013

    soleil23
    Ce roman est un petit bijou (122 pages).
    Eh, oui la lecture s'attrape comme un virus et quand la Reine du Royaume Uni est touchée par ce mal "qui ne fait que du bien" tout le protocole s'en trouve chamboulé.
    Sa Majesté est embarquée dans la lecture de romans, qui plus est, empruntés au Bibliobus. Elle trouve le premier fastidieux, le second prenant et le troisième intéressant. La liste des livre s'allonge et de la découverte à l'habitude puis à la passion et enfin à l'obsession.
    Sommes-nous tous passionnés ou obsédés sur Babelio ?
    Une question à méditer !
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  • Par kuroineko, le 25 janvier 2013

    kuroineko
    Lu sur les conseils de mon libraire, ce très court roman se dévore dans la foulée.
    Un beau soir, par hasard, Sa Majesté se retrouve dans un bibliobus et décide, puisqu'elle est là, d'emprunter un livre. Commence pour elle comme une nouvelle vie, de lectrice assoiffée. Sa passion prend peu à peu le pas sur ses obligations de reine.
    On suit avec grand bonheur ses tribulations, les péripéties conséquentes à son goût aussi nouveau qu'immodéré pour les livres. Certaines scènes sont particulièrement drôles, notamment quand elle demande à ses sujets lambda, au détour d'une visite officielle, ce qu'ils pensent des qualités littéraires de Jane Austen.
    Un petit livre jubilatoire mené tambour battant par Alan Bennett.
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    • Livres 4.00/5
    Par zazy, le 29 septembre 2012

    zazy
    God saves the Queen, the books, ou The books save the Queen, ou The Queen saves the books???….
    On ne peut savoir les dégâts que peuvent causer sur la royauté britannique de sales cabots royaux aboyant devant …. Un bibliobus. Pour la première fois de sa vie, Sa Majesté monte dans un antre livresque mobile !! de paroles en paroles, elle lie connaissance avec Norman Seakins et repart avec un LIVRE d'Ivy Compton-Burnett !!! Ne serait-ce point ce que l'on nomme « l'effet papillon » ? Car la suite pourrait être dévastatrice pour la royauté britannique. L'horrible piège se referme sur la reine……….. Elle devient une lectrice assidue et, avec Seakins qu'elle sort des cuisines pour en faire son tabellion particulier, elle va dévorer bouquins sur bouquins et en discuter.
    Qu'il y a-t-il de grave me direz-vous ? Rien……. Sauf que le protocole s'en trouve bouleversé. Sa Majesté ne posent pour la même sempiternelle question aux personnes qu'elle reçoit « Il n'est pas impossible que Sa Majesté vous demande si vous avez fait un long trajet pour venir jusqu'ici. Préparez-vous donc à lui répondre que vous êtes venus en voiture ou en train, selon le cas. » Mais : « Que lisez-vous en ce moment ». My god !!!!.
    Ainsi, lorsque le premier ministre et son épouse viennent passer, comme l'exige l'étiquette, quelques jours de vacances à Balmoral…. Pas de problème, la reine ne change rien à son habitude et s'enferme dans ses appartements pour lire !!! Et tout est à l'avenant ; les visites protocolaires, les voyages deviennent autant obstacles à sa boulimie de lecture. Astucieuse, elle trouve toutes les ruses possibles pour pouvoir continuer de lire tout en saluant ses sujets de son carrosse.
    Puis vient le moment où, après le brusque départ de Norman Seakins, elle se rend compte que lire ne lui suffit plus « Ne pouvant plus discuter avec Norman, la reine s'aperçut qu'elle s'entretenait désormais davantage avec elle-même et notait de plus en plus souvent ses réflexions, de sorte que le nombre de ses carnets ne tarda pas à se multiplier, comme celui des sujets qu'elle y abordait. « L'une des recettes du bonheur consiste à se moquer des prérogatives. » Après avoir inscrit cette phrase, elle adjoignit un astérisque et ajouta en bas de page : « Précepte que ma position ne m'a guère permis d'exercer. » »
    Ainsi elle nota une nuit : « on n'écrit pas pour rapporter sa vie dans les livres, mais pour la découvrir » jolie réflexion.
    Un jour, elle décide d'organiser une soirée où seraient invités des auteurs ; quel désastre, elle se retrouve au milieu d'une cour bruyante, volubile et cancanière à déambuler seule, entre des groupes, mais 50 années d'aplomb et de maîtrise de soi, ne lui ont pas permis de briser la glace.« Elle en tira la conclusion qu'il valait mieux rencontrer les auteurs dans les pages de leurs livres, puisqu'ils vivaient sans doute autant dans l'imagination de leurs lecteurs que leurs personnages. La plupart n'avaient d'ailleurs pas l'air de trouver qu'on leur faisait une faveur particulière en lisant leurs ouvrages, estimant au contraire que c'étaient eux qui en faisaient une au public, en les écrivant ».

    La reine philosophe sur son statut lors d'une rencontre qu'elle organisa avec tous ses collaborateurs, actuels et anciens et cela donne une analyse sur la royauté teintée d'ironie.
    « Il a fallu tendre une main gantée de blanc pour en serrer d'autres qui étaient couvertes de sang et soutenir d'aimables conversations avec des individus qui avaient participé à des massacres d'enfants. Il a fallu patauger dans les tripes et les excréments. Je me suis souvent dit que pour une reine, le seul équipement vraiment indispensable serait une paire de cuissardes »
    « On me crédite généralement d'uns solide bon sens, ce qui est une autre façon de dire que je n'ai guère d'atouts. En conséquence de quoi, je me suis vue contrainte, sur les instances de mes divers gouvernements, d'entériner –ne serait-ce que de manière passive- des décisions que je considérais comme mauvaises et souvent même indignes. Ce qui m'a parfois donné le sentiment de tenir le même rôle qu'une bougie parfumée, destinée à chasser les relents de la politique –La monarchie n'étant pour de nos jours qu'un vague déodorant, au service du gouvernement ».
    Oui vraiment Monsieur Bennett, vous m'avez enchantée, amusée avec votre bouquin, avec votre réflexion sur le pouvoir de la lecture et des livres. J'espère qu'en des temps futurs votre livre ne sera pas voué aux gémonies pour cause d'incitation à la liberté… de lire !!! Car le livre est une porte ouverte sur la réflexion, la culture et l'intelligence, donc sur l'indépendance.
    J'ai aimé le ton badin et sérieux de ce livre. L'humour anglais dans ce que je préfère ; la dérision, l'absurde, la subversion et une dose d'amour. Et puis….. Sa Majesté est une femme comme les autres dans sa passion de la lecture. Merci Mimi pour ce délicieux moment de lecture, mais pas que.


    Lien : http://zazymut.over-blog.com/article-alan-bennet-la-reine-des-lectri..
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Citations et extraits

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  • Par liliba, le 15 décembre 2009

    Elle découvrait également que chaque livre l'entraînait vers d'autres livres, que les portes ne cessaient de s'ouvrir, quels que soient les chemins empruntés, et que les journées n'étaient pas assez longues pour lire autant qu'elle l'aurait voulu."



    "Cet attrait pour la lecture, songeait-ellesongeait-elle, tenait au caractère altier et presque indifférent de la littérature. Les livres ne se souciaient pas de leurs lecteurs, ni même de savoir s'ils étaient lus. Tout le monde était égal devant eux, y compris elle. (...) La lecture provoquait un sentiment du même ordre. Il y avait en elle quelque chose d'anonyme, de partagé, de commun. Ayant mené une existence à part, elle se rendait compte à présent qu'elle désirait ardemment éprouver un tel sentiment : elle pouvait parcourir toutes ces pages, l'espace contenu entre les couvertures de tous ces livres, sans qu'on la reconnaisse."

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  • Par sylvie, le 28 mai 2009

    Cet attrait pour la lecture, songeait-elle, tenait au caractère altier et presque indifférent de la littérature. Les livres ne se souciaient pas de leurs lecteurs, ni même de savoir s'ils étaient lus. Tout le monde était égal devant eux, y compris elle. La littérature est une communauté, les lettres sont une république... ...Les livres ne varient pas. Tous les lecteurs sont égaux... ...La lecture... Il y avait en elle quelque chose d'anonyme, de partagé, de commun... ...Elle pouvait parcourir toutes ces pages, l'espace contenu entre les couvertures de tous ces livres, sans qu'on la reconnaisse
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  • Par caro64, le 25 juin 2010

    - Un passe-temps ? dit la reine. Les livres sont tout sauf un passe-temps. Ils sont là pour vous parler d'autres vies, d'autres mondes. Loin de vouloir passer le temps, sir Kevin, j'aimerai au contraire en avoir davantage à ma disposition. Si j'avais envie de passer le temps, j'irai en Nouvelle-Zélande.

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  • Par Litterature_et_Chocolat, le 09 février 2012

    Si on lui avait demandé : “les livres ont-ils enrichi votre vie?”, elle se serait sentie obligée de répondre: “Oui, sans l’ombre d’un doute” – tout en ajoutant avec la même conviction qu’ils l’avaient également vidée de tout sens. Avant de se lancer dans ces lectures, elle était une femme droite et sûre d’elle, sachant où résidait son devoir et bien décidée à l’accomplir, dans la mesure de ses moyens. Maintenant, elle se sentait trop souvent partagée. Lire n’était pas agir, c’était depuis toujours le problème.
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  • Par Syl, le 13 avril 2013

    « - Comment l’avez-vous trouvé, Madame ? demanda Mr Hutchings.
    – Le livre de dame Ivy ? Un peu sec. Et tous les personnages s’expriment de la même façon, l’aviez-vous remarqué ?
    – A dire la vérité, Madame, je n’ai jamais pu dépasser les premières pages. Jusqu’où Votre Majesté est-elle allée ?
    – Oh, jusqu’au bout. Une fois que je commence un livre, je le termine. C’est ainsi qu’on était élevé jadis : qu’il s’agisse des livres, des tartines beurrées ou de la purée de pommes de terre, il fallait toujours finir ce qu’il y avait dans son assiette. Ma philosophie n’a jamais varié sur ce point. »
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