ISBN : 2205067028
Éditeur : Dargaud (2011)


Note moyenne : 3.56/5 (sur 9 notes) Ajouter à mes livres

Qu est-ce que le cinéma ? Quel effet nous fait-il ? Pourquoi aimons-nous le cinéma ? Autantde questions auxquelles Blutch répond à sa manière profonde, humble et réfl échie, puisantdans sa prodigieuse culture et surtout dans... > voir plus
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Critiques et avis(3)

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    • Livres 4.00/5
    Par colimasson, le 07 janvier 2012

    colimasson


    On pense se retrouver avec un livre qui démonte le cinéma et qui crache sur ses plus vilains défauts, et voilà qu'on se retrouve au contraire à lire une ode d'amour au cinéma ! Si Blutch a envie d'en finir avec le cinéma, ce n'est pas par aversion pour cet art mais par excès d'amour et de passion, emportement qui le pousse parfois jusqu'au dégoût et qui exaspère au plus haut point son entourage…
    Imprégné de cinéma jusqu'au plus profond de lui-même, Blutch aimerait en finir pour retrouver ce qui serait sa véritable personnalité si elle n'était pas recouverte du fard de la comédie et de la tragédie. Toutefois, on doute que Blutch ne reste encore lui-même s'il ne possède plus cette passion qui vire parfois à la folie. Dans un dialogue qui tend très souvent au monologue parfois un peu autiste, Blutch flotte dans un autre monde, celui du cinéma. Bien qu'ancré dans le monde réel qui est le commun de tous les mortels, il lui donne une dimension supplémentaire et tout évènement de sa vie personnelle peut faire référence à une scène qu'il a vue, à une anecdote sur un film ou un acteur qu'il a entendu ou à des images qui reviennent à lui sous forme de flashs muets.

    Le cinéma imprègne l'art de Blutch et se transpose en format graphique sous la forme d'expérimentations les plus diverses. Les chapitres se succèdent mais ne se ressemblent pas. Les tonalités de couleur changent, le rythme accélère ou diminue, le flot des paroles devient torrentiel avant de se réduire, un peu plus loin, comme peau de chagrin. Si cet album de Blutch était un film, on en sortirait remué, le cerveau secoué et les mirettes asséchées.

    Au-delà de cet aspect esthétique, les réflexions de Blutch, accompagnées d'un savoir érudit, livrent les aspects originaux d'une pensée qui s'est construite depuis des années en référence au cinéma. Loin d'être soumis à une passion née de la dernière pluie, Blutch parvient à prendre suffisamment de recul pour louer les mérites d'un art enchanteur sans se laisser dépasser par ses aspects les plus grossiers voire vulgaires. Les hommes (et femmes) de cinéma sont des esclaves qui vouent leur vie à l'existence d'une pratique qui n'a d'autre but que le plaisir immédiat de quelques spectateurs, pas toujours reconnaissants des sacrifices que l'on effectue pour eux. Ils apparaissent divins, s'emparent des apparences les plus multiples et des caractères les plus bigarrés, et lorsqu'ils atteignent la perfection de leur art, ils façonnent le cerveau de leurs admirateurs jusqu'à les rendre semblables à Blutch ; humanoïdes mêlant rêve et réalité dans la confection d'une existence qui se situe entre ces deux univers.

    Reste l'aspect générationnel de ce livre qui fait obstacle à la bonne compréhension des propos de Blutch. Son enthousiasme est débordant, c'est évident, mais pas forcément contagieux, surtout pour les personnes de mon espèce qui n'ont pas connu le cinéma de la même façon et au cours de la même période que Blutch. Non pas que les films d'une époque ne concernent qu'un type de public d'un certain âge (quoique cela peut jouer), mais surtout parce que la réception à un type d'art diffère d'une génération à une autre, suivant son évolution. Incontestablement, le rapport au cinéma de Blutch est différent du mien : son enthousiasme est plus intact et se ressent forcément à la lecture de cet album. Devant la passion qui anime Blutch, je reste admirative, devant son érudition, j'éprouve du respect, mais je contemple cela de loin, comme un engouement que je peux comprendre mais que je ne partage pas pour autant…


    Lien : http://colimasson.over-blog.com/article-pour-en-finir-avec-le-cinema..
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    • Livres 3.00/5
    Par OliZ, le 24 novembre 2011

    OliZ
    Qu'est-ce que le cinéma ? Quel effet nous fait-il ? Pourquoi l'aimons-nous ? Autant de questions auxquelles Blutch répond à sa manière – profonde, humble et réfléchie – puisant dans sa prodigieuse culture et, surtout, dans sa très grande science de raconteur de bande dessinée.
    Blutch a décidé de parler de son art préféré – où, quand le Neuvième art rencontre le Septième art !
    Dans ce livre aux multiples bichromies, tantôt jaune-blanc, vert-blanc, bleu-blanc, violet-blanc, ce sont autant de "nouvelles" misent bout à bout et donc avec chacune sa couleur.
    C'est bien fait et graphiquement c'est superbe, même, c'est saisissant par moment !
    Un dessin dense et expressif. Blutch évoque une relation complexe, entre amour et répulsion, entre critique et admiration vis à vis du cinéma, des ses acteurs comme Burt Lancaster, Jean Gabin, Michel Piccoli, Luchino Visconti, Claudia Cardinale, Kirk Douglas, Godard, Catherine Deneuve, ou de ses films comme Tarzan, Psychose, le voyeur, French Cancan, ...
    Nous avons entre les mains une bande dessinée qui ressemble à un art graphique. Un recueil d'histoires, dont certaines prennent la forme de cadavre exquis dessinés – fragments de la vie de l'artiste en sept vignettes !
    Blutch veut-il en finir avec le cinéma ? C'est sans compter son amour immodéré pour la chose !
    Parfois énigmatique, Blutch nous conduit dans son imaginaire de cinéphile. Bien évidemment pour prendre plaisir, il faut le comprendre, quoique ... Cette lecture n'est pas forcement compliquée, j'avais peur quelle le soit ... Cette lecture va sans doute plus attirer les quarantenaire voir cinquantenaire. Disons que les personnes qui ont passés des heures dans les cinémas Art et Essai se retrouveront ... !
    Rêverie et fantasme sur l'autre art de la narration par l'image, cet album est vraiment captivant.
    Blutch se présente comme étant le narrateur de cet album, un album ou il nous raconte l'impact qu'a eu le cinéma sur sa vie, dans sa culture, comment il perçoit ce qu'est le cinéma ...
    Bien que cela puisse demander un effort de lecture, c'est un exercice de style réussi.
    Son oeil exercé et son crayon maîtrisé font de cette bd un bel hommage au ciné de grande qualité.
    Au final, j'attends la prochaine séance du cinéma de Blutch avec impatience

    Lien : http://alamagie-des-yeux-doli.over-blog.com/article-pour-en-finir-av..
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  • Par kathy, le 04 octobre 2011

    kathy
    Je découvre un auteur de bd : Blutch
    Blutch nous présente un livre qui est à la fois, un traité de cinéma illustré et une bd autobiographique ; livre dans lequel il se met en scène en cinéphile nostalgique de ses émois adolescents, et légèrement débordé par la présence de ses héros sortis de l'écran.
    Pour plus d'info connectez-vous sur France Inter, "L'humeur vagabonde" par Kathleen Evin, émission du 4 octobre à 20h00.
    Le lien : http://www.franceinter.fr/emission-l-humeur-vagabonde-blutch


    Lien : http://www.franceinter.fr/emission-l-humeur-vagabonde-blutch
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Critiques presse (7)


  • BullesEtOnomatopees , le 25 janvier 2012
    Touchant mais sacrément hermétique pour les non-cinéphiles.
    Lire la critique sur le site : BullesEtOnomatopees
  • Lexpress , le 11 octobre 2011
    Blutch gratte de son trait magnifique les images qui ont imprimé son enfance et recouvre d'ombres nostalgiques des scènes mythiques connues de tous. L'hommage est plein de souffle et d'une rare élégance.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • LaLibreBelgique , le 27 septembre 2011
    Pour apprécier cette ode au Septième art et au deuxième degré, reconnaissons qu’il faut en connaître un petit rayon, de préférence au format hexagonal. Car Blutch veut surtout en finir avec une certaine vision du cinéma : la politique des auteurs (lui préfère les acteurs), la cinéphilie Rive Gauche (évidemment : on va au cinoche entre mâles célibataires - machistes, les cinéphiles ?), les chapelles.
    Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
  • Du9 , le 23 septembre 2011
    La force du livre n’est surtout pas d’être nostalgique ou référentiel. Blutch n’en finit pas avec le cinéma, mais avec son cinéma, celui qui l’a illusionné et motivé par l’image.
    Lire la critique sur le site : Du9
  • Telerama , le 21 septembre 2011
    […] mêlant le dérisoire et le fantastique, l'ironie et la déclaration d'amour, Blutch porte à ébullition une cinéphilie fervente et totalement libre de ses mouvements (d'humeur).
    Lire la critique sur le site : Telerama
  • BoDoi , le 13 septembre 2011
    Déclaration d’amour absolu d’un grand pudique, ce bel album donne, à travers une voix féminine, une charmante définition du cinéma.
    Lire la critique sur le site : BoDoi
  • Sceneario , le 09 septembre 2011
    Je suis assez mitigé parce que je suis loin de partager l'orientation que prend en partie l'album. Il n'empêche que cet album se lit d'une traite, qu'il amène des réflexions intéressantes et que c'est graphiquement sublime.
    Lire la critique sur le site : Sceneario

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Citations et extraits

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  • Par OliZ, le 24 novembre 2011

    Ha Ha ! si le cinéma c'est de l'art, l'élevage intensif, l'industrie métallurgique, le forage pétrolier - ou pire encore, le journalisme - c'est aussi de l'art ... puisqu'en somme, il s'agit bien, ici et ailleurs, de la même chose : faire du rendement.

    Le cinéma c'est la même supercherie suprême. La bourgeoisie industrielle qui avance masquée.
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  • Par colimasson, le 07 janvier 2012

    - Acteur de cinéma ! … Qu’est-ce que c’est qu’ce genre ? … C’est quoi ces manières de s’exhiber ? De passer sa vie à poil ?
    - C’est ma contribution à l’histoire de l’art, fiston…
    - Quel est cet art où les hommes se font aligner et polir les dents ? Où les durs se font poudrer pour masquer leur couperose ? Où les cow-boys se font épiler la poitrine et frisotter les mèches ?
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  • Par OliZ, le 24 novembre 2011

    Mais voyons, Michel Piccoli, c'est l'Histoire de France! ... Un tel artiste, on ne le regarde pas jouer impunément. Que ça lui plaise ou non, l'acteur de cinéma ne s'appartient pas complètement ... Il ne vit pas uniquement devant nous, spectateurs, il vit également pour nous. Il nous envoie des messages de film en film, nous renseignant sur nous mêmes.
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  • Par colimasson, le 07 janvier 2012

    - Tu verras, quand tu devras te lever tous les matins pour aller à l’usine !...
    - Je t’aime bien papa, mais ce qui m’attend moi est infiniment plus passionnant que tout ce que tu as pu concevoir dans ta vie... Je suis d’une autre trempe.
    - Dieu du ciel ! Qui a pu te mettre de pareilles idées en tête, mon garçon ?
    - Burt Lancaster, papa.
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  • Par colimasson, le 07 janvier 2012

    La difficulté vient de ce que la poésie suggère des choses absentes, évoque davantage que ce que vous voyez. Et le danger au cinéma, c’est qu’en utilisant une caméra, vous voyez tout, tout est là. Ce qu’il faut faire, c’est arriver à évoquer, à faire affleurer des choses qui en fait ne sont pas visibles. A opérer un enchantement.
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Videos de Blutch

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Vidéo de  Blutch

Concert de dessins de Blutch en ouverture de la Conférence de Presse du 37e Festival international de la bande dessinée d'Angoulême (Auditorium du Louvre -Paris), le 4 décembre 2009.








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