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> Jean-Paul Jennequin (Traducteur)
> Anne Capuron (Traducteur)

ISBN : 2756003794
Éditeur : Delcourt (2006)


Note moyenne : 4.19/5 (sur 97 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
C'était comme une horrible partie de chat.
On finit par découvrir qu'il s'agissait d'une nouvelle maladie qui n'affectait que les adolescents. On la surnomma la " peste ado " et " la crève ". Les symptômes en étaient aussi variés qu'imprévisibles. Certains s'en t... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par colimasson, le 11 avril 2012

    colimasson
    Jeune adolescent des seventies vivant dans l'Amérique imaginaire de Charles Burns ? Prenez garde à vos arrières, la crève, aussi appelée « peste ado », se propage à vive allure… Un rapport sexuel avec une personne contaminée, et vous voilà porteur à votre tour de la maladie. Pire, il suffit d'un simple postillon malencontreusement ingurgité pour que le mal se développe…
    Vous voilà contaminé… La déchéance physique se manifeste. Singulière, ses symptômes sauront s'exprimer d'une manière différente pour chaque individu infecté. Chez l'un, la maladie se traduira par l'ouverture d'une petite bouche en bas du cou ; pas maline, celle-ci raconte tout ce que le malade essaie de dissimuler dès lors que le sommeil lui fait perdre le contrôle de lui-même. La maladie affublera l'autre d'une petite queue qui se régénère à la moindre tentative de mutilation ; voici une caractéristique qui vaut bien d'être nommée « Dame Lézard »… Bien qu'impressionnantes, ces marques physiques de la maladie peuvent encore être dissimulées. Malheureusement, pour la plupart, le mal se manifeste par des irruptions cutanées monstrueuses, des boursouflures et autres déformations qui font oublier l'humanité originelle des victimes de la crève.

    Les monstres ne sont presque jamais rejetés de la société. Ils n'ont pas besoin d'attendre que les autres prennent la mesure puisque, la plupart du temps, ils s'en excluent d'eux-mêmes. Ils préfèrent se regrouper dans des villas abandonnées ou dresser des campements dans les grandes forêts qui entourent leur ville pour mener, ensemble, un mode de vie à la mesure de leur monstruosité. Si la maladie surgit au cours de leur existence comme un cheveu sur la soupe, elle ne semble finalement pas déranger davantage ces adolescents qu'une mauvaise note à l'école, un rendez-vous désastreux ou une soirée pourrie. Elle s'inscrit dans la continuité de leur existence morne, voire, elle se présente à eux comme l'évènement à l'origine d'un nouveau départ. Ce peut être l'occasion de se retirer d'un quotidien confortable mais aseptisé, et de rejoindre l'idéal utopique d'une vie en communauté, proche de la nature. Mais après quelques semaines de camping, l'ennui et les mauvaises habitudes se rappliquent comme dans le passé et les monstres retournent dans le confort moderne des villas qu'ils parasitent en quelques jours. Ils regardent la télé, mangent et se torchent la gueule jusqu'à l'os pour se donner du courage dans l'éventualité de (peut-être ?) baiser. L'insouciance domine, à moins qu'il ne s'agisse de désespoir. La maladie semble n'effrayer personne. Elle consiste seulement à séparer la population en deux clans distincts. Elle est aussi prétexte à l'épanouissement du style de Charles Burns, tout en glauque et en difformité. Dans un style lourd, uniquement fait de noir et de blanc, de grands paysages surréalistes apparaissent parfois avant de se recentrer sur les portraits hideux des pestiférés. Pas de grandes réflexions dans le texte, rien qui ne pourrait laisser penser que la crève saurait induire un changement dans les mentalités de la population. de bout en bout, on reste dans le quotidien crasse.

    Alors, pestiféré ? Plusieurs solutions s'offrent à vous : avoir le bonheur de se faire assassiner par un autre malade qui désire vous libérer de votre situation ; avoir le courage de prendre le flingue pour en finir par soi-même ; enfin, se replier loin des autres, et attendre, attendre…
    Rien de réjouissant, mais Charles Burns réussit à amener ce constat en restant cohérent d'un bout à l'autre des six tomes qui constituent cette série et à préserver le style inimitable qui est le sien…

    Lien : http://colimasson.over-blog.com/article-black-hole-1993-2004-de-char..
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    • Livres 5.00/5
    Par orhal, le 29 août 2007

    orhal
    du noir et du blanc.
    Mais surtout du noir pour cet ouvrage dérangeant, hors du temps et de l'espace. On y voit évoluer des adolescents embourbés dans leurs désirs. Jusque là, rien de très nouveau. Oui mais voilà, une nouvelle maladie sexuellement transmissible vient compliquer la donne. Ce virus déchire les chairs, transformant ses porteurs en monstres défigurés. Rejetés par la société, ces jeunes sont tiraillés entre leurs hormones échauffées et la peur de muter. Des excroissances de chairs poussent sur certains, d'autres muent comme des reptiles et d'autres encore voient une nouvelle bouche se former sur leur cou. Les plus visiblement touchés choisissent de se réfugier dans la forêt. Ceux qui ont la chance de pouvoir cacher leurs plaies essaient de conserver une vie normale. Ils essaient de faire la fête à grands coups de drogues et d'alcool. Mais tout les ramène au sexe, à la culpabilité, aux conséquences effroyables. le désir, tournant à l'obsession, est trop souvent plus fort que la crainte. Et personne pour les aider, les adultes sont étrangement absents du récit.
    L'auteur ne lâche pas ses personnages, il les traque, les dissèque en même temps que la maladie les envahit. L'amour qui essaie de naître tourne au glauque d'une situation inextricable, où on a honte, où on se cache. le propos n'est pourtant pas misérabiliste. L'oeil de Burns reste neutre, tout en étant légèrement voyeur. L'intimité surréaliste de ces jeunes est sulfureuse, sexuée, affamée et glauque. L'ambiance malsaine colle à la peau du lecteur, tant elle est forte et inédite.
    On a l'impression de lire une nouvelle sortie tout droit de la Quatrième Dimension. Et pourtant... Impossible de ne pas faire de parallèle avec le SIDA, qui castre encore bons nombres d'élans aujourd'hui. Cette peste qui continue son massacre. le rappeler n'a rien de superflu.
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    • Livres 5.00/5
    Par Shool, le 09 février 2013

    Shool
    J'ai lu mon premier Charles BURNS, et c'est une expérience que je tiens à partager avec vous.
    Dans Black Hole, on entre dans une Amérique complètement barrée et flippante.
    Les ados sont frappés d'une maladie un peu particuliére. Par transmission sexuelle ou par la salive, il peuvent être toucher. COmmence alors le jeu du chat. Mais quand on est chat, on le reste. La meute ne fait qu'augmenter.
    Le chat, c'est cette maladie qu'on pourrait bêtement comparée au Sida, mais qui propose des symptômes différents. Décuplés. le chat est composé de différents degrés. Seulement ont juste quelques boutons, d'autres deviennent horriblement monstrueux. Une petite communauté rejetée par la société a décidé de vivre dans les bois, dans des tentes, et de se défoncer et boire à longueur de journée; et de nuit.
    Keith, grand tombeur, va dominer l'histoire et avoir plusieurs relations clefs. Nous n'intégrerons pas seulement son esprit, mais aussi celui de plusieurs jeunes. Qu'ils soient atteint ou non de l'épidémie à fuir.
    Au milieu d'un monde monstrueux ou la maladie est montrée du doigt, les jeunes passent leur temps raides, que ce soit avec la fumette, l'alcool, ou les drogues dures.
    Evidement, Charles BURNS propose des illustrations toutes différentes suivant les esprits, les imaginaires, la réalité et l'hallucination.
    L'excitation et le sexe sont parties intégrante de cet ouvrage, mais tout reste dans la beauté de l'horreur.
    A travers un scènario tout a fait singulier l'auteur retrace des angoisses communes liées à un âge tout particulier.
    Cette BD est un hymne à la vie et au libre arbitre. Choisissez donc votre camp.

    B.D. disponible aux éditions Delcourt depuis Novembre 2006 !
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  • Par trust_me, le 20 février 2013

    trust_me
    Chris et Keith sont deux lycéens vivant dans la région de Seattle au beau milieu des années 70. Tous deux vont contracter une MST qui fait des ravages parmi la jeunesse locale. La Crève (c'est le nom de cette maladie) provoque des mutations physiques aussi aléatoires qu'incontrôlables et transforment ceux qu'elle contamine en abominables freaks. Pour ne pas subir la vindicte de la population qui les rejette, les malades se réfugient en forêt et vivent en groupe, condamnés à la marginalité. D'abord bien décidés à cacher leur situation, Chris et Keith vont peu à peu sombrer à leur tour, incapables de gérer les conséquences physiques et morales engendrées par la Crève.

    Black Hole est un roman graphique fleuve d'une richesse incroyable. Charles Burns y décrit, sous couvert d'un récit à dominante horrifique, l'enfer de l'adolescence : transformation des corps, éveil du désir, peur de l'avenir, violence des rapports sociaux, rien n'est épargné à ces jeunes lycéens en perdition. Sans doute pas un hasard si le récit se déroule pendant les années 70. Burns veut tirer un trait définitif sur le Flower Power de la décennie précédente. le monde n'est pas paix et amour, les jeunes n'ont aucune perspective et les drogues sont souvent le point de départ de mauvais trips où les éléphants roses sont remplacés par d'insupportables cauchemars. Malgré ce nihilisme assumé, Black Hole garde une incontestable part de poésie. Une forme de romantisme à l'ancienne, noir, désespéré, crépusculaire. le dessinateur a lui-même qualifié son œuvre de « romance d'horreur ». C'est incontestablement la définition la plus juste.

    La force du récit tient aussi pour beaucoup dans le trait glacé de Burns. Un noir et blanc d'une vertigineuse profondeur qui vous plonge au cœur des tourments de ces ados attachants. le découpage est pourtant simplissime mais les figures torturées, souvent montrées en gros plan, et le traitement hallucinatoire de certaines scènes ont quelque chose de fascinant. Une espèce d'attirance malsaine, presque morbide, qui hypnotise.

    Lien : http://litterature-a-blog.blogspot.fr/2013/02/black-hole-charles-bur..
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    • Livres 2.00/5
    Par liratouva2, le 06 juin 2012

    liratouva2
    Black Hole est une BD culte, américaine, en noir et blanc, qui a reçu le prix de la meilleure série au Festival de la bande dessinée d'Angoulême, en 2006.
    Comme je n'ai pas réussi à suivre totalement l'histoire, mon résumé sera des plus courts. Il s'agit d'une bande de jeunes lycéens de la banlieue de Seattle, dans les années 70, à la vie très libre. Études, drogues, amours, emploi du temps, liens familiaux, habitations, tout est remis en question par tous. Certains sont atteints d'une étrange maladie qui transforme leurs corps, les rendant monstrueux. C'est une MST appelée La Crève mais qui m'a très vite fait penser au sida des années 80. A cause de leurs métamorphoses corporelles, les jeunes se cachent dans les forêts voisines et deviennent marginaux, dormant le jour, vivant la nuit, devant faire face à des événements et des rencontres étranges qui les effraient.
    Tout d'abord j'ai eu du mal à comprendre l'histoire. Je ne reconnaissais pas les personnages et les changements d'apparence me semblaient aléatoires. Je ne leur trouvais aucun sens si ce n'est l'habitude de fumer et de prendre des drogues. La bouche dans le cou de l'un d'entre eux me déconcertait tout particulièrement ainsi que la queue de «La reine des lézards»
    Peu à peu, j'ai décroché, ne trouvant aucun intérêt à l'intrigue, m'interrompant souvent dans ma lecture, sans motivation pour la reprendre ensuite, d'autant plus que les dessins, que les spécialistes s'accordent à trouver très réussis, me déplaisent et m'angoissent, me dépriment même. Je déteste ça. Si je lis, c'est pour embellir ma vie par pour la plomber. Alors, je n'ai pas terminé Black Hole. Tant pis pour moi qui n'ai pas su apprécier une œuvre aussi admirée.
    C'est que je fais partie du troupeau des non spécialistes du 9ème art que je n'ai découvert que récemment. Je n'ai pas baigné dans les BD dès mon enfance et bien sûr, ça me manque. J'aurais beau vouloir rattraper mon retard, impossible! Ce sera toujours trop tard! (...)

    Lien : http://liratouva2.blogspot.fr/2012/06/black-hole-de-charles-burns-ma..
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TOXIC de Charles Burns - Éditions Cornélius - novembre 2010 Mediapart
Extrait de Mediapart le 15 novembre 2010. TOXIC de Charles Burns édité par les Éditions Cornélius le 21 octobre 2010. Explorant dans ce dyptique sa fascination pour Hergé et William Burroughs, Charles Burns, pour sa première bande dessinée en couleurs, réussit un objet obscur et limpide à la fois, perdant le lecteur dans les méandres d'un univers instable et fascinant éclairé par la rigueur graphique qu'on avait pu apprécier dans Black Hole. Avec TOXIC, Burns signe un manifeste punk et poétique, un rêve sombre et captivant.








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