Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures Inscription classique

> Jean-Paul Jennequin (Traducteur)
> Anne Capuron (Traducteur)

ISBN : 2756003794
Éditeur : Delcourt (2006)


Note moyenne : 4.07/5 (sur 139 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
C'était comme une horrible partie de chat.
On finit par découvrir qu'il s'agissait d'une nouvelle maladie qui n'affectait que les adolescents. On la surnomma la "peste ado" et "la crève". Les symptômes en étaient aussi variés qu'imprévisibles. Certains s'en tirai... > voir plus
Ajouter une citation Ajouter une critique

> voir toutes (23)

Critiques, analyses et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 4.00/5
    Par Coriolis, le 23 août 2014

    Coriolis
    Keith, Rob, Chris, Eliza, Dave et bien d'autres vécurent les années 70 avec la même frénésie. Adolescents perdus dans le tumulte psychédélique de cette période, ils expérimentèrent un Jimi Hendrix au sommet de son art et connurent les débuts prometteurs d'un Bowie androgyne et efficace à souhait. Ils étaient de simples ados portant un regard critique sur leur monde et affamés de découvertes. L'alcool, les drogues et le sexe leur apportaient matière à calmer un peu leur agitation. Tout aurait pu continuer ainsi. Chacun aurait pu s'adonner à mille et un débordements pour mieux se ranger ensuite et devenir de parfaits citoyens et de parfaits adultes… C'était sans compter sur la crève, une MST redoutable, un fléau dévastateur provoquant des malformations physiques irrémédiables. Les perspectives d'avenir des malades s'étiolent à mesure que le temps s'écoule… Ils tentent de conserver un semblant de leur vie antérieure, masquent les changements physiques qu'ils subissent, dissimulent la maladie à leurs proches…Tôt ou tard, il leur faudra regagner le monde des rebuts et grossir la troupe des exilés volontaires. En pleine forêt, les plus atteints survivent dans des conditions plus que misérables pendant que les non infectés continuent à aller au lycée, à fantasmer sur leurs voisins de table et dîner le soir avec leurs parents. Et pendant que la crève se propage, tisse insidieusement sa toile, la vie poursuit son cour imperturbable et sans pitié pour les parias.
    Charles Burns signe avec Black Hole une œuvre puissamment addictive. Au-delà d'une histoire sombre, riche en rebondissements et hypnotique, cette intégrale est avant tout une analyse efficace de l'adolescence et de ses tourments. Portée par un dessin soigné et délicat, Black Hole subjugue et s'étoffe au fil des tomes. le lecteur se voit emporté au fil des pages dans une époque révolue où la liesse propre à la jeunesse se voit juguler par les dégâts d'une crève implacable et froide. En six albums, l'auteur réussit à élaborer un scénario mêlant onirisme et quotidien où psychologie et profondeur des personnages sont abouties. Querelles amoureuses, goût de l'interdit et produits illicites rythment cette course effrénée au plaisir où la crève part déjà en grande gagnante...
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 20         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par colimasson, le 11 avril 2012

    colimasson
    Jeune adolescent des seventies vivant dans l'Amérique imaginaire de Charles Burns ? Prenez garde à vos arrières, la crève, aussi appelée « peste ado », se propage à vive allure… Un rapport sexuel avec une personne contaminée, et vous voilà porteur à votre tour de la maladie. Pire, il suffit d'un simple postillon malencontreusement ingurgité pour que le mal se développe…
    Vous voilà contaminé… La déchéance physique se manifeste. Singulière, ses symptômes sauront s'exprimer d'une manière différente pour chaque individu infecté. Chez l'un, la maladie se traduira par l'ouverture d'une petite bouche en bas du cou ; pas maline, celle-ci raconte tout ce que le malade essaie de dissimuler dès lors que le sommeil lui fait perdre le contrôle de lui-même. La maladie affublera l'autre d'une petite queue qui se régénère à la moindre tentative de mutilation ; voici une caractéristique qui vaut bien d'être nommée « Dame Lézard »… Bien qu'impressionnantes, ces marques physiques de la maladie peuvent encore être dissimulées. Malheureusement, pour la plupart, le mal se manifeste par des irruptions cutanées monstrueuses, des boursouflures et autres déformations qui font oublier l'humanité originelle des victimes de la crève.

    Les monstres ne sont presque jamais rejetés de la société. Ils n'ont pas besoin d'attendre que les autres prennent la mesure puisque, la plupart du temps, ils s'en excluent d'eux-mêmes. Ils préfèrent se regrouper dans des villas abandonnées ou dresser des campements dans les grandes forêts qui entourent leur ville pour mener, ensemble, un mode de vie à la mesure de leur monstruosité. Si la maladie surgit au cours de leur existence comme un cheveu sur la soupe, elle ne semble finalement pas déranger davantage ces adolescents qu'une mauvaise note à l'école, un rendez-vous désastreux ou une soirée pourrie. Elle s'inscrit dans la continuité de leur existence morne, voire, elle se présente à eux comme l'évènement à l'origine d'un nouveau départ. Ce peut être l'occasion de se retirer d'un quotidien confortable mais aseptisé, et de rejoindre l'idéal utopique d'une vie en communauté, proche de la nature. Mais après quelques semaines de camping, l'ennui et les mauvaises habitudes se rappliquent comme dans le passé et les monstres retournent dans le confort moderne des villas qu'ils parasitent en quelques jours. Ils regardent la télé, mangent et se torchent la gueule jusqu'à l'os pour se donner du courage dans l'éventualité de (peut-être ?) baiser. L'insouciance domine, à moins qu'il ne s'agisse de désespoir. La maladie semble n'effrayer personne. Elle consiste seulement à séparer la population en deux clans distincts. Elle est aussi prétexte à l'épanouissement du style de Charles Burns, tout en glauque et en difformité. Dans un style lourd, uniquement fait de noir et de blanc, de grands paysages surréalistes apparaissent parfois avant de se recentrer sur les portraits hideux des pestiférés. Pas de grandes réflexions dans le texte, rien qui ne pourrait laisser penser que la crève saurait induire un changement dans les mentalités de la population. de bout en bout, on reste dans le quotidien crasse.

    Alors, pestiféré ? Plusieurs solutions s'offrent à vous : avoir le bonheur de se faire assassiner par un autre malade qui désire vous libérer de votre situation ; avoir le courage de prendre le flingue pour en finir par soi-même ; enfin, se replier loin des autres, et attendre, attendre…
    Rien de réjouissant, mais Charles Burns réussit à amener ce constat en restant cohérent d'un bout à l'autre des six tomes qui constituent cette série et à préserver le style inimitable qui est le sien…

    Lien : http://colimasson.over-blog.com/article-black-hole-1993-2004-de-char..
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          1 15         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par kris334, le 25 juillet 2014

    kris334
    Black Hole, c'est un trou noir, un trou sans fond, qui aspire toute joie et vous laisse groggy, halluciné.
    Black Hole c'est un roman graphique, d'une infinie noirceur, mais somptueusement mis en images.
    Les dessins, très sombres, sont parfaitement clairs et réalistes. le trait reconnaissable entre tous de Charles Burns, dépeint ici la vie des jeunes lycéens des années 70 dans une ville au nord des Etats-Unis, en bord d'océan. On se glisse le soir dans les bois pour fumer et boire des bières tout en flirtant. D'autres encore, expérimentent des drogues.
    Mais un danger rôde, un danger invisible : une maladie qui se transmet par les sécrétions corporels. (ça vous rappelle quelque chose...?)
    Et cette maladie, quand on l'attrape, on mute... On se transforme en monstre de foire. Certains comme Chris, se mettent à muer, d'autres comme Rob, ont une bouche en plus, d'autres encore ont une queue, ou d'autres appendices incongrus...
    Alors votre vie n'est plus la même, vous ne pouvez plus supporter le regard des autres, et vous rejoignez les autres parias dans les bois, ceux-là même qui vous faisaient peur quelques mois auparavant, deviennent vos seuls repères dans ce chaos qu'est devenu votre vie...
    Il y a aussi la folie, la haine, et quand même beaucoup d'amour dans l'histoire de ces destins croisés. Une lueur d'espoir peut-être au bout du trou noir...?
    Charles Burns nous livre sa vision d'une jeunesse américaine : sauvage et sombre. Et cette maladie, c'est cette espèce de stigmatisation exercée sur les gamins "pas comme les autres", impopulaires... C'est ce qui fait péter les plombs des gamins de Columbine et d'autres lycées... C'est le "freak" qui ne rentre pas dans les standards acceptables et qui est montré du doigt. Et en sous-entendu, si tu fréquentes des freaks, tu risques d'en devenir un...
    Un Grand Roman Graphique Noir.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 13         Page de la critique

    • Livres 4.00/5
    Par Yggdrasil, le 21 février 2014

    Yggdrasil
    Banlieue de Seattle, David Bowie enchante les jeunes dans la peau d'un félin vivant dans une ville en décomposition. Mais cette année-là une autre vague emporte la jeunesse locale, la "crève", une maladie ignoble, survenue de nulle part et qui se répand dans les milieux estudiantins. Une M.S.T. qui va transformer radicalement l'avenir de Chris, Dave, Keith et Rob.
    Cours de biologie, face à l'inamovible séance de dissection de notre batracien, Keith jouit enfin de la chance de sa vie, il fait binôme avec la belle Chris, celle qui emplit ses rêves. Mais l'espoir vire au cauchemar, Keith se laisse surprendre par une sombre vision et perd connaissance. Entre drogue et alcool ses pensées s'emplissent de Chris.
    A l'extérieur de la ville un monde interlope d'exclus composé des malades défigurés se forme, toujours plus nombreux. Une bande de "monstres" vivant de rapines ou d'offrandes de leurs congénères moins atteints. Des marginaux qui se réunissent la nuit, s'enivrent de sexe et d'alcool marquant le passage délicat de la puberté, l'arrivée dans le monde des adultes.
    Un univers qui aux premiers abords apparaît sombre, pessimiste voire terrifiant, mais qui met en exergue les interrogations et les difficultés des adolescents: abandon du confort et de la chaleur du cocon familial et du monde de l'enfance, passage dans un autre univers, un autre corps, problème de conscience. Charles Burns nous livre une série étrange, qui peut dérouter et même déranger certains lecteurs, sur l'existence et ses différents stades.

    Lien : http://pmasq.wordpress.com/2014/02/21/black-hole/
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          1 16         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par orhal, le 29 août 2007

    orhal
    du noir et du blanc.
    Mais surtout du noir pour cet ouvrage dérangeant, hors du temps et de l'espace. On y voit évoluer des adolescents embourbés dans leurs désirs. Jusque là, rien de très nouveau. Oui mais voilà, une nouvelle maladie sexuellement transmissible vient compliquer la donne. Ce virus déchire les chairs, transformant ses porteurs en monstres défigurés. Rejetés par la société, ces jeunes sont tiraillés entre leurs hormones échauffées et la peur de muter. Des excroissances de chairs poussent sur certains, d'autres muent comme des reptiles et d'autres encore voient une nouvelle bouche se former sur leur cou. Les plus visiblement touchés choisissent de se réfugier dans la forêt. Ceux qui ont la chance de pouvoir cacher leurs plaies essaient de conserver une vie normale. Ils essaient de faire la fête à grands coups de drogues et d'alcool. Mais tout les ramène au sexe, à la culpabilité, aux conséquences effroyables. le désir, tournant à l'obsession, est trop souvent plus fort que la crainte. Et personne pour les aider, les adultes sont étrangement absents du récit.
    L'auteur ne lâche pas ses personnages, il les traque, les dissèque en même temps que la maladie les envahit. L'amour qui essaie de naître tourne au glauque d'une situation inextricable, où on a honte, où on se cache. le propos n'est pourtant pas misérabiliste. L'oeil de Burns reste neutre, tout en étant légèrement voyeur. L'intimité surréaliste de ces jeunes est sulfureuse, sexuée, affamée et glauque. L'ambiance malsaine colle à la peau du lecteur, tant elle est forte et inédite.
    On a l'impression de lire une nouvelle sortie tout droit de la Quatrième Dimension. Et pourtant... Impossible de ne pas faire de parallèle avec le SIDA, qui castre encore bons nombres d'élans aujourd'hui. Cette peste qui continue son massacre. le rappeler n'a rien de superflu.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 8         Page de la critique

> voir toutes (4)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

> voir toutes (8)

Videos de Charles Burns

>Ajouter une vidéo
Vidéo de Charles Burns


Trois de fils de Ludovic Debeurme Octobre 2013 sur France Inter
Extrait sonore de l'émission "Addiction" sur France Culture le 19 novembre 2010. Toxic de Charles Burns édité par les Éditions Cornélius le 21 octobre 2010.








Sur Amazon
à partir de :
22,00 € (neuf)
20,00 € (occasion)

   

Faire découvrir Black Hole, Tomes 1 à 6 : L'Intégrale par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Quiz