> Jean-Paul Jennequin (Traducteur)
> Anne Capuron (Traducteur)

ISBN : 2756003794
Éditeur : Delcourt (2006)


Note moyenne : 4.2/5 (sur 45 notes) Ajouter à mes livres
C'était comme une horrible partie de chat.
On finit par découvrir qu'il s'agissait d'une nouvelle maladie qui n'affectait que les adolescents. On la surnomma la " peste ado " et " la crève ". Les symptômes en étaient aussi variés qu'imprévisibles. Certains s'en t... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

> voir toutes (9)

Critiques et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 5.00/5
    Par colimasson, le 11 avril 2012

    colimasson
    Jeune adolescent des seventies vivant dans l'Amérique imaginaire de Charles Burns ? Prenez garde à vos arrières, la crève, aussi appelée « peste ado », se propage à vive allure… Un rapport sexuel avec une personne contaminée, et vous voilà porteur à votre tour de la maladie. Pire, il suffit d'un simple postillon malencontreusement ingurgité pour que le mal se développe…
    Vous voilà contaminé… La déchéance physique se manifeste. Singulière, ses symptômes sauront s'exprimer d'une manière différente pour chaque individu infecté. Chez l'un, la maladie se traduira par l'ouverture d'une petite bouche en bas du cou ; pas maline, celle-ci raconte tout ce que le malade essaie de dissimuler dès lors que le sommeil lui fait perdre le contrôle de lui-même. La maladie affublera l'autre d'une petite queue qui se régénère à la moindre tentative de mutilation ; voici une caractéristique qui vaut bien d'être nommée « Dame Lézard »… Bien qu'impressionnantes, ces marques physiques de la maladie peuvent encore être dissimulées. Malheureusement, pour la plupart, le mal se manifeste par des irruptions cutanées monstrueuses, des boursouflures et autres déformations qui font oublier l'humanité originelle des victimes de la crève.

    Les monstres ne sont presque jamais rejetés de la société. Ils n'ont pas besoin d'attendre que les autres prennent la mesure puisque, la plupart du temps, ils s'en excluent d'eux-mêmes. Ils préfèrent se regrouper dans des villas abandonnées ou dresser des campements dans les grandes forêts qui entourent leur ville pour mener, ensemble, un mode de vie à la mesure de leur monstruosité. Si la maladie surgit au cours de leur existence comme un cheveu sur la soupe, elle ne semble finalement pas déranger davantage ces adolescents qu'une mauvaise note à l'école, un rendez-vous désastreux ou une soirée pourrie. Elle s'inscrit dans la continuité de leur existence morne, voire, elle se présente à eux comme l'évènement à l'origine d'un nouveau départ. Ce peut être l'occasion de se retirer d'un quotidien confortable mais aseptisé, et de rejoindre l'idéal utopique d'une vie en communauté, proche de la nature. Mais après quelques semaines de camping, l'ennui et les mauvaises habitudes se rappliquent comme dans le passé et les monstres retournent dans le confort moderne des villas qu'ils parasitent en quelques jours. Ils regardent la télé, mangent et se torchent la gueule jusqu'à l'os pour se donner du courage dans l'éventualité de (peut-être ?) baiser. L'insouciance domine, à moins qu'il ne s'agisse de désespoir. La maladie semble n'effrayer personne. Elle consiste seulement à séparer la population en deux clans distincts. Elle est aussi prétexte à l'épanouissement du style de Charles Burns, tout en glauque et en difformité. Dans un style lourd, uniquement fait de noir et de blanc, de grands paysages surréalistes apparaissent parfois avant de se recentrer sur les portraits hideux des pestiférés. Pas de grandes réflexions dans le texte, rien qui ne pourrait laisser penser que la crève saurait induire un changement dans les mentalités de la population. de bout en bout, on reste dans le quotidien crasse.

    Alors, pestiféré ? Plusieurs solutions s'offrent à vous : avoir le bonheur de se faire assassiner par un autre malade qui désire vous libérer de votre situation ; avoir le courage de prendre le flingue pour en finir par soi-même ; enfin, se replier loin des autres, et attendre, attendre…
    Rien de réjouissant, mais Charles Burns réussit à amener ce constat en restant cohérent d'un bout à l'autre des six tomes qui constituent cette série et à préserver le style inimitable qui est le sien…

    Lien : http://colimasson.over-blog.com/article-black-hole-1993-2004-de-char..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (11 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par orhal, le 29 août 2007

    orhal
    du noir et du blanc.
    Mais surtout du noir pour cet ouvrage dérangeant, hors du temps et de l'espace. On y voit évoluer des adolescents embourbés dans leurs désirs. Jusque là, rien de très nouveau. Oui mais voilà, une nouvelle maladie sexuellement transmissible vient compliquer la donne. Ce virus déchire les chairs, transformant ses porteurs en monstres défigurés. Rejetés par la société, ces jeunes sont tiraillés entre leurs hormones échauffées et la peur de muter. Des excroissances de chairs poussent sur certains, d'autres muent comme des reptiles et d'autres encore voient une nouvelle bouche se former sur leur cou. Les plus visiblement touchés choisissent de se réfugier dans la forêt. Ceux qui ont la chance de pouvoir cacher leurs plaies essaient de conserver une vie normale. Ils essaient de faire la fête à grands coups de drogues et d'alcool. Mais tout les ramène au sexe, à la culpabilité, aux conséquences effroyables. le désir, tournant à l'obsession, est trop souvent plus fort que la crainte. Et personne pour les aider, les adultes sont étrangement absents du récit.
    L'auteur ne lâche pas ses personnages, il les traque, les dissèque en même temps que la maladie les envahit. L'amour qui essaie de naître tourne au glauque d'une situation inextricable, où on a honte, où on se cache. le propos n'est pourtant pas misérabiliste. L'oeil de Burns reste neutre, tout en étant légèrement voyeur. L'intimité surréaliste de ces jeunes est sulfureuse, sexuée, affamée et glauque. L'ambiance malsaine colle à la peau du lecteur, tant elle est forte et inédite.
    On a l'impression de lire une nouvelle sortie tout droit de la Quatrième Dimension. Et pourtant... Impossible de ne pas faire de parallèle avec le SIDA, qui castre encore bons nombres d'élans aujourd'hui. Cette peste qui continue son massacre. le rappeler n'a rien de superflu.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
  • Par kbd, le 04 décembre 2010

    kbd
    Charles Burns fait partie des figures de proue de la BD américaine alternative. Maître incontesté du noir et blanc, il commence sa carrière avec le comics El Borbah, un détective privé aux allures de catcheurs mexicains évoluant dans un monde où la monstruosité est presque une norme. Il est très vite publié dans la revue Raw tenue par Art Spielgelman (auteur du fort peu connu Maus). Mais c'est à la fin des années 90 que la série Black Hole va le consacrer comme un auteur de renommée internationale.
    Dans une bourgade américaine des années 70, un syndrome étrange frappe les adolescents. Cette maladie sexuellement transmissible surnommée la « crève » ne donne pas de fièvres, ni même envie de vomir. Elle a juste l'inconvénient de déformer les corps. Cette mutation transforme certains adolescents en véritables monstres et très vite cette différence fait naître l'angoisse, l'exclusion, le ressentiment et la violence.

    Lien : http://k.bd.over-blog.com/article-black-hole-59107065.html
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Gregor, le 24 octobre 2011

    Gregor
    Une oeuvre écrite pendant 10 ans. Des trouvailles dramaturgiques mêlées sans complexe à des dessins fantastiques décapants. Cette histoire est si dark, comme naturellement. Les créations incisives de Burns exaltent nos attentes fantasmagoriques, explorent toutes les confusions adolescentes, se penchent sur des abîmes de cauchemar captivantes. On en redemande. Dans ce cheminement insolite d'une jeunesse où banalité et étrangeté s'imbriquent avec tant de réalisme, Burns entraîne le lecteur vers une monstruosité destructrice, inavouable, complexe. Son trait épais fait merveille et sert à point une restitution pleine de noir incessant. Un graphisme qui continue de fasciner aujourd'hui.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par ChezLo, le 13 novembre 2010

    ChezLo
    J'ai d'abord cru que j'empruntais à la bibliothèque une bande dessinée de Daniel Clowes. En fait non.
    Un trait épais assez "comics". Mais très vite, avec Black Hole, on se trouve face à un OVNI, on se trouve englué dans des cases très sombres, en noir et blanc mais surtout en noir. Et puis le scenario, on croirait qu'il n'a ni queue ni tête - mais l'expression ici n'est pas appropriée, à cause de l'histoire des transformations physiques justement, mais aussi parce la progression dans le récit apporte une certaine cohérence....
    Au final, je ne saurais donner un avis clair : je n'ai ni très aimé, ni détesté…..
    J'ai aimé une certaine virtuosité des dessins, le mélange irréel / réel parfois très fluide, assez naturel pour le lecteur. Et puis par contre le fait de ne pas bien pouvoir suivre de progression logique pour une éventuelle mutation physique des personnages m'a parfois gênée, sans parler des planches parfois physiquement insoutenables,
    Mais cela dit, il y a indéniablement dans cette bande dessinée une réussite quant à ce qui est retranscrit de l'adolescence et de ses malaises, de la naissance sexuelle et des dangers de cette inconnue, et puis aussi évidemment, le spectre morbide du SIDA qui allait sévir lors de la décennie d'après.


    Lien : http://chezlorraine.blogspot.com/2010/11/black-hole.html
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (2 votes positifs)

> voir toutes (2)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par Gregor, le 18 septembre 2011

    - Je ne comprends pas. Pourquoi faut-il que ça se passe comme ça ? Pourquoi faut-il que je subisse toute cette merde ?
    Citation de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par Gregor, le 04 septembre 2011

    - Je ne devrais pas être comme ça. J'ai l'air normal mais je ne le suis pas. Je suis un monstre.
    Citation de qualité ? (0 votes positifs)

> voir toutes (7)

Videos de Charles Burns

>Ajouter une vidéo
Vidéo de Charles Burns


TOXIC de Charles Burns - Éditions Cornélius - novembre 2010 Mediapart
Extrait de Mediapart le 15 novembre 2010. TOXIC de Charles Burns édité par les Éditions Cornélius le 21 octobre 2010. Explorant dans ce dyptique sa fascination pour Hergé et William Burroughs, Charles Burns, pour sa première bande dessinée en couleurs, réussit un objet obscur et limpide à la fois, perdant le lecteur dans les méandres d'un univers instable et fascinant éclairé par la rigueur graphique qu'on avait pu apprécier dans Black Hole. Avec TOXIC, Burns signe un manifeste punk et poétique, un rêve sombre et captivant.








Acheter sur Amazon

Faire découvrir Black Hole, Tomes 1 à 6 : L'Intégrale par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (74)

> voir plus

Quiz