ISBN : 2253015598
Éditeur : Le Livre de Poche (1977)


Note moyenne : 3.77/5 (sur 93 notes) Ajouter à mes livres
Livre-cri, livre-coup, d'une sincérité violente, impudique et sans concession, ce récit ne ressemble à aucun autre. Ce n'est pas le première fois qu'une femme raconte une crise intime, mais jamais on n'avait osé employer comme elle le fait « les mots pour le dire », le... > voir plus
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Critiques et avis

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  • Par michelayala, le 23 avril 2012

    michelayala
    Un anonyme a écrit: «Le lundi est à l'origine de tous les maux». Moi, j'aurais plutôt terminé cette même phrase par «mots».Même intonation, même esthétique, sens largement différent. Une incitation à commencer la semaine en réservant la même fête aux mots, et à tant de livres qui les renferment tel chaque puzzle de littérature.
    «Les Mots Pour Le Dire» est un roman de Marie CARDINALE.
    Les troubles psychosomatiques profonds, la démarche d'un psychanalyste, les plaies et meurtrissures de l'esprit sont autant d'états trouvant origine et remède dans les mots, la parole, l'attitude et le recul dans le temps.
    Trouvant son origine dans une relation fille-mère, douloureuse, mal orientée, injuste, ce roman nous livre un tableau désolant de détresse et de mal-être d'une jeune femme qui, coûte que coûte, prendra le chemin de la lente et difficile reconstruction de son être.
    Véritable cri de l'âme, ce roman restitue tout: le talent, la puissance, la formidable envie de vivre.
    Vous inciter à lire ce roman me paraît une évidence. Attention, on ne sort pas forcément indemne de nos lectures; cette chose-là, je l'ai enfin comprise
    «La porte fermée dans mon dos. Devant moi l'impasse, la rue, ville, le pays, la terre et un goût de vivre et de construire gros comme elle». Évidemment, cet extrait se passe de commentaire.
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    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 03 juin 2011

    brigittelascombe
    Dans une ambiance d'Afrique du nord, Marie Cardinal revient après une psychanalyse sur son propre passé traumatisant et sur sa relation avec sa mère, pour évacuer ses maux grace à l'écriture. Son ouvrage "La clef sur la porte" est du même style.
    Après avoir survécu à un avortement raté de sa génitrice, après une enfance sans amour auprès d'une femme en deuil de sa petite soeur et fort occupée à nettoyer le tombeau, après avoir frolé la psychose et avoir été abrutie de médicaments, l'auteur dont le corps seul parlait par des saignements perpétuels(ressentis comme une chose à part ) s'est adressée à un psychanalyste pour retrouver sa propre individualité selon le concept 'd'individuation' cher à Carl Jung.
    Un livre émouvant qui bouleverse par la souffrance vécue.
    Jusqu'ici tout semble s'arranger. Ce qui me choque c'est la haine ressentie à l'encontre de sa mère malade et vieillissante, le pardon impossible après thérapie ou tout au moins l'acceptation du fait que l'on fait comme on peut avec le poids de son propre passé et surtout le décés par la suite de l'auteur d'un cancer de l'utérus. Etait elle vraiment guérie de ses maux et Les Mots pour le dire auront ils suffi? J'en doute.
    Ce livre qui a été un best seller dans les années 70 à l'époque du commencement de la vulgarisation de la psychanalyse le serait il aujourd'hui? Sans doute encore.
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    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par quiliravivra, le 19 août 2011

    quiliravivra
    Témoignage-cri d'une sincérité violente mélant autobiographie et récit d'une longue cure anaytique (elle a duré 7 ans).
    Une dépression nerveuse a en effet laissé l'auteure aux prises avec de terribles déréglements et l'a conduite au bord de la folie et du suicide.
    L'analyse lui permet de retracer les étapes douloureuses de sa vie : les traumatismes de son enfance, de son adolescence dans une Algérie en guerre .................jusqu'à l'ultime souvenir longtemps refoulé et qui sera le déclic de sa guérison.
    C'est au travers des mots, en se les réappropriant, en les exorcisant qu'elle va pouvoir se retrouver elle-même et trouver le chemin de la guérison.
    Un livre qui m'a beaucoup marqué.
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    • Livres 5.00/5
    Par clarinette, le 27 juillet 2008

    clarinette
    Le très beau témoignage d'une femme souffrant de symptômes physiques et psychiques sauvée par la psychanalyse. Une des lectures qui m'ont le plus marquées au cours de ces dix dernières années. Un moment très fort...
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    • Livres 5.00/5
    Par femond, le 25 septembre 2011

    femond
    Un livre que l'on ne peut pas oublier, une fois refermé.
    Un témoignage bouleversant et réellement optimiste.d'une psychanalyse réussie.
    On dit que les mots peuvent guérir des maux et ce n'est pas ici un simple jeu de mots;
    Un livre de référence...pour moi.
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Citations et extraits

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  • Par clarinette, le 27 juillet 2008

    A l'heure dite j'étais au fond de l'impasse, toute empaquetée de serviettes, de coton, engoncée dans des sortes de couches que je m'étais fabriquées. J'ai attendu un peu parce que j'étais arrivée en avance. La personne avant moi est sortie. Comme la veille j'ai entendu les ouvertures et les fermetures des deux portes. Enfin je suis entrée et j'ai dit tout de suite :
    « Docteur, je suis exsangue. »
    Je me souviens très bien avoir employé ce mot parce que je le trouvais beau. Je me souviens aussi que je voulais avoir un visage et une attitude pathétiques. Le docteur m’a répondu doucement et calmement :
    « Ce sont des troubles psychosomatiques, cela ne m’intéresse pas. Parlez-moi d’autre chose. »
    Il y avait là ce divan que je ne voulais pas employer. Je voulais rester debout et me battre. Les mots que cet homme venait de prononcer m’avaient giflée en pleine face, jamais je n’avais rien encaissé de si violent. En pleine figure ! Mon sang ne l’intéressait pas ! Alors tout était détruit ! J’en étais suffoquée, foudroyée. Il ne voulais pas que je parle de mon sang ! Mais de quoi d’autre voulait-il que je parle ? de quoi ? En dehors de mon sang il n’y avait que la peur, rien d’autre, et je ne pouvais pas en parler, je ne pouvais même pas y penser.
    Je me suis effondrée et j’ai pleuré.
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  • Par clarinette, le 27 juillet 2008

    Moi qui n’avais pas pu pleurer depuis si longtemps moi qui cherchais en vain depuis tant de mois le soulagement des larmes, voilà qu’elles coulaient enfin par grosses gouttes qui détendaient mon dos, mon torse, mes épaules. J’ai pleuré pendant longtemps. Je me vautrais dans cet orage, je le laissais prendre mes bras, ma nuque, mes poings serrés, mes jambes repliées sur mon ventre. Depuis combien de temps n’avais-je pas éprouvé le doux calme du chagrin ? Depuis combien de temps n’avais-je pas laissé mon visage barboter dans la tendresse des larmes mêlées d’un peu de salive et de morve ? Depuis combien de temps n’avais-je pas senti couler la gentille liqueur tiède de la peine ?
    J’étais bien là, comme un enfant repu dans son berceau, les lèvres encore pleine de lait, envahi par la torpeur de la digestion, protégé par le regard de sa mère. J’étais allongée sur le dos, des tout mon long, obéissante, confiante. Je me suis mise à parler de mon angoisse et j’ai deviné que j’allais en parler longtemps, pendant des années. J’ai senti dans le fin fond de moi que j’allais peut-être trouver le moyen de tuer la chose.
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  • Par mandarine43, le 27 janvier 2012

    Parler, parler, parler, parler.
    "Parlez, dites tout ce qui vous passe par la tête, essayez de ne pas faire de tri, de ne pas réfléchir, essayez de ne pas arranger vos phrases. Tout est important, chaque mot."
    C'était le seul remède qu'il me donnait et je m'en gavais. Peut-être que c'était ça l'arme contre la chose : ce flot de mots, ce maelström de mots, cette masse de mots, cet ouragan de mots ! Les mots charriaient la méfiance, la peur, l'incompréhension, la rigueur, la volonté, l'ordre, la loi, la discipline et aussi la tendresse, la douceur, l'amour, la chaleur, la liberté.
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  • Par mandarine43, le 29 janvier 2012

    [ A propos de sa mère : ]
    Au cimetière, son enfant n'était donc plus que la grande plaque de marbre blanc. Au cours des discours qu'elle tenait à la pierre, il lui arrivait de l'embrasser avec une tendresse extrême. Dans ces instants j'aurais aimé être la pierre et, par extension, être morte. Ainsi m'aimerait-elle peut-être autant que cette petite fille que je n'avais jamais connue et à laquelle je ressemblais, paraît-il, si peu. Je me voyais allongée parmi les fleurs, ravissante, inerte, morte, et elle me couvrant de baisers.
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  • Par mandarine43, le 28 janvier 2012

    Je n'en pouvais plus. En sortant de ces séances j'allais me soûler la gueule, me soûler à mort. Quand une femme emploie l'expression "se soûler la gueule", cela fait vulgaire et bas, pour un homme c'est moins vulgaire et cela sonne fort et triste. Une femme ça se grise, ça s'enivre, au pire ça boit. Je refuse d'employer ces mièvreries hypocrites. Je me soûlais : je me détruisais, je me perdais, je me méprisais, je me haïssais.
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Ah vous écrivez : émission du 18 août 1978
Quatre invités au sommaire de ce magazine littéraire de Bernard PIVOT: Roger BLONDEL pour "Les fontaines pétrifiantes" André ROLLIN pour "Cortège dans la ville" Jacques ALMIRA pour "Le passage du désir Marie CARDINAL pour "Une Vie Pour Deux"








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