> Clément Baude (Traducteur)

ISBN : 2253129453
Éditeur : Le Livre de Poche (2010)


Note moyenne : 3.79/5 (sur 80 notes) Ajouter à mes livres
Venise, 1882. La belle et impétueuse Lou Salomé aborde le Dr Breuer, ancêtre de la psychanalyse et mentor du jeune Sigmund Freud. Elle vient solliciter son aide pour son ami, Friedrich Nietzsche. Le philosophe, malgré la parution du Gai Savoir et de Humain, trop humain,... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par caro64, le 04 juillet 2010

    caro64
    Imaginez une rencontre au sommet entre le philosophe Friedrich Nietzsche , le célèbre docteur viennois Joseph Breuer et son jeune ami le docteur Freud – les deux pères de la psychanalyse – et Lou Salomé, Muse sublime, intelligente et libre... la passion de Nietzsche.
    Nous sommes dans les années 1880 à Vienne et Irvin Yalom nous fait vivre la naissance en direct de la psychanalyse.
    Tout commence par ce fameux rendez-vous où Lou Salomé arrive à convaincre le docteur Breuer de soigner Nietzsche à ses dépens. Ce qui semble a priori contraire à la théorie de psychanalyse – soigner un malade contre son gré -, le docteur Breuer va le tenter. Il faut dire qu'on ne peut rien refuser à cette si flamboyante et si convaincante Lou … Et Nietzsche a de si violentes migraines que rencontrer l'éminent docteur ne peut que le soulager. Il accepte donc de lui parler de ses douleurs physiques mais en fait Breuer essayera de soigner ses douleurs psychiques. le médecin doit alors imaginer une toute nouvelle méthode de traitement, fondée sur la célèbre "cure par la parole" ainsi qu' un stratagème déconcertant : devenir le patient de Nietzsche en feignant une crise de désespoir similaire à celle du philosophe.
    S'engage alors entre les deux hommes une longue conversation absolument captivante. D'une intelligence sans pareille, les dialogues enlevés sont ponctués d'extraits d'"Ainsi parlait zarathoustra", "Humain, trop humain" et du "Le gai savoir", de la pensée philosophique de Nietzsche, mais aussi de ce qu'il aurait pu penser de la psychanalyse. C'est là que le livre est passionnant. La relation entre Joseph et Friedrich n'a jamais existé, et pourtant leurs échanges semblent parfaitement cohérents et réels ! On a l'impression d'assister à l'élaboration de la théorie psychanalytique, où le médecin passe subrepticement au statut de patient, et où se tisse un lien ambigu entre les deux. On découvre ainsi la pensée nietzschéenne de manière ludique, originale et divertissante. Les thèmes principaux, le couple, la mort, la fuite du temps, sont abordés avec talent et tout en subtilité...
    Ce livre érudit se lit très facilement… à travers l'écriture simple, précise et efficace d'Irvin Yalom, tout est parfaitement limpide. Je me suis laissée emporter par le rythme soutenu de ce huis clos sans la moindre difficulté, ni ennui. Nul besoin d'être féru de psychanalyse pour se laisser prendre. Il y a une sorte de suspense, on se demande à chaque instant ce qui va se passer et on ne lâche pas. C'est émouvant, ça nous interroge, nous bouscule, nous renvoie à nos propres faiblesses.
    J'ai passé un très agréable moment à lire ce roman, j'appréciais de m'asseoir chaque jour en compagnie de ses personnages. Et même si je ne vais pas plonger dans les profondeurs de la philosophie "nietzschienne", je sais que je vais approfondir cette lecture par quelques documentaires. J'ai également envie de lire les autres titres d'Irvin Yalom dont "Mensonges sur le divan".
    A la fin du livre, dans la postface et une note de l'auteur, Irvin Yalom explique comment il a eu l'idée de ce livre. Il dit également que des contacts avaient été établis entre ces deux hommes mais ils n'avaient pas abouti. Il a donc essayé d'imaginer ce qu'aurait pu être leur rencontre et cela a donné naissance à ce livre.
    Un livre audacieux et passionnant à découvrir !

    "Et Nietzsche a pleuré" vient de remporter le Prix "Saint-Maur en poche" du meilleur roman en juin 2010.
    Un film a été tiré de ce livre en 2007, avec le même titre : "When Nietzsche wept".
    Pour ceux et celles qui ont lu ce roman, vous pouvez voir la séquence finale en Vidéo, ci-joint.


    Lien : http://www.youtube.com/watch?v=22L7vhqZalM
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    Critique de qualité ? (17 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Jemlyre, le 07 juin 2010

    Jemlyre
    Dans un style simple, accessible et concis, l'auteur aborde en mettant en scène ses personnages, des sujets variés et graves pour certains.
    Les chapitres sont bien découpés, ce qui en rend la lecture aisée et agréable.
    Il s'agit certes d'un roman, mais que sait-on en fin de compte de la naissance de la psychothérapie ? (Je ne spécifie pas: psychanalyse, dont on voit l'embryon se développer dans les échanges entre Freud et Breuer).
    Qui a inspiré qui ? Il est bien décrit que Nietzsche s'est vraisemblablement intéressé dans ses écrits à la « compréhension de soi ».
    A travers le dialogue entre le philosophe et le médecin, nous découvrons d'abord la part humaine (trop humaine...) de chacun d'eux et nous nous rendons compte de la complexité de la relation médecin-patient. Cette par humaine m'a d'ailleurs beaucoup touchée.
    Nietzsche auquel la notion de pouvoir dans la relation est chère, a du mal à demander de l'aide. Ce n'est qu'en se voyant octroyer le rôle de soignant qu'il pourra s'ouvrir petit à petit à son thérapeute.
    Il est de notoriété que dans une relation psychothérapeutique chacun est soignant et soigné en même temps.
    Le passage où l'on discute de l'opportunité ou pas de dire toute la « vérité » au patient m'a particulièrement intéressée. Les médecins y sont régulièrement confrontés et il n'est pas facile de dire ce qu'il convient de faire ou pas.
    Et le symptôme que révèle-t-il ? Choisit-on inconsciemment sa maladie ? Ceci est bien admis dans les situations où le patient en souffrance psychologique, développe des symptômes physiques.
    Parfois, la difficulté de l'élaboration psychique fait que le mal être s'exprime via le corps.
    « le symptôme n'est rien d'autre qu'un messager, chargé d'annoncer que l'angoisse est en train de monter depuis les tréfonds de l'âme » p.373.
    Notez d'ailleurs ce qui déclenche la dernière crise de migraine de Nietzsche dans le livre...
    La notion d'angoisse utile, abordée par Nietzsche est également très intéressante. Certains peuvent être paralysés par l'angoisse et d'autres peuvent en faire un moteur. Faut-il donc toujours combattre l'angoisse qui de toute façon quel qu'en soit la forme est inhérente à notre nature humaine ?
    L'avidité pour certains plaisirs permet-elle de « sédater » nos angoisses métaphysiques ?

    Une bonne partie du roman est consacrée à une analyse des relations amoureuses, de l'attirance sexuelle et du libre choix de son existence.
    A noter l'idée de Nietzsche qui veut que l'on ne songe à faire des enfants que quand on est prêt à être créateur. C'est à dire à créer une version améliorée de soi et non pas une copie conforme. Ceci pourrait faire l'objet d'un long débat !
    Par ailleurs, il souligne également la nécessité de se connaître soi-même avant de se mettre en couple. Il faudrait veiller à être un "je" avant de penser à être un "nous"...
    L'attirance de Breuer pour Bertha est admirablement décortiquée et démontre à quel point, alors que nous nous arrêtons souvent à une explication superficielle de l'attirance physique, celle-ci est beaucoup plus complexe et fait référence à beaucoup d'événements inconscients.
    Son soulagement après la séance d'hypnose qui peut sembler très rapide, me fait penser que les entrevues avec Nietzsche ont quand même été très bénéfiques et ont permis de mieux cerner la problématique.
    C'est en définitive la combinaison des deux thérapies qui a permis à Breuer de retrouver un peu de sérénité.
    Sans oublier l'effet valorisant de ces séances sur la personne de Nietzsche qui résistera longtemps avant de confier ce qu'il porte comme souffrance.
    Quant à la répétition des événements, je crois que nous avons tendance à répéter certains comportements dans certaines situations particulières car nous obéissons à des schémas inconscients, mais la façon dont cela est présenté par Nietzsche dans le roman reste un peu vague et peu saisissable pour moi.
    A mon avis, chaque lecteur peut se sentir concerné de près ou de loin par certains aspects de ce livre. Certains pourraient même vivre cette lecture comme une véritable thérapie.
    Ce roman, que je quitte à regret, m'a donné envie de me pencher plus sérieusement sur la pensée de Nietzsche qui me semble être plus que digne d'intérêt.
    Je lirai prochainement « Mensonges sur le divan » !
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Eric75019, le 25 août 2011

    Eric75019
    Ce livre étrange et inclassable constitue un véritable tour de force. Irvin D. Yalom parvient à réunir dans une seule et même aventure : Joseph Breuer, Friedrich Nietzsche, Sigmund Freud, Paul Rée, Lou Salomé et Bertha Pappenheim (alias Anna O.), tous ont réellement existé en cette fin du XIXème siècle et tous sont acteurs de la fameuse confrontation Breuer/Nietzsche (l'un soigne l'autre et réciproquement)… qui n'a jamais existé !
    Et pourtant tout s'articule à merveille, s'ancre dans la réalité des petites anecdotes et des faits historiques puisés dans la vie de chacun (la fameuse photo de 1882 montrant Lou Salomé dans une charrette fouettant Paul Rée et Friedrich Nietzsche existe bien, Breuer, puis Freud ont bien soigné Bertha Pappenheim, Nietzsche tombe en dépression en 1881, Bertha Pappenheim fait un séjour au sanatorium Bellevue de Kreuzlingen en Suisse etc.). Les meilleurs mensonges étant toujours enjolivés de faits réels, tout parait donc ici extraordinairement vrai et crédible, et, ce qui est essentiel, l'ambition pédagogique du roman est occultée par un style non rébarbatif, flirtant avec la comédie de mœurs et l'humour potache, alors que l'on n'assiste à rien de moins que la naissance de la psychanalyse et de la pensée nietzschéenne.
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    Critique de qualité ? (14 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Fisheye, le 03 août 2011

    Fisheye
    Derrière un des titres les plus effroyables de toute la littérature contemporaine, se cache un livre extraordinaire, fondé sur le principe énoncé par André Gide : "L'histoire est un roman qui a été ; le roman est de l'histoire qui aurait pu être".
    Le génie de Yalom est d'avoir senti les lignes de forces qui sous-tendent la naissance complexe de la psychanalyse, et d'avoir su inventer une fiction pour les éclairer de façon claire et fidèle. On peut donc bafouer la réalité sans la trahir !
    Le roman raconte, avec un brio et un sens du dialogue impressionnants, la rencontre fictive entre Nietzsche et Breuer, qui fut un temps le mentor du jeune Freud. Trois personnages hors du commun, qui tous ont un rapport évident avec l'invention de la psychanalyse, invention que le rusé Sigmund s'appropriera pourtant avec une mauvaise foi à toute épreuve.
    Yalom d'ailleurs ne se place pas en contempteur ou en juge, il se contente de remettre les pendules à l'heure. A Nietzsche revient le mérite d'avoir compris l'importance de l'inconscient dans l'économie psychique des hommes, à Freud d'avoir su relier cette présence inquiétante à la naissance du refoulement et des névroses qui l'accompagnent, et à Breuer d'avoir imaginé que la parole pouvait guérir. En s'influençant les uns les autres, ils offrent au lecteur l'impressionnant spectacle de la naissance d'une théorie révolutionnaire, qui marquera pour longtemps le rapport des hommes occidentaux envers leur propre étrangeté.
    Loin du froid exposé didactique et poussif, Yalom s'amuse à inventer une histoire riche en rebondissements, un véritable roman policier sans mort et sans coupable, pour plonger au centre du mystère le plus impénétrable qui soit : le cerveau humain. On suit, haletant, la quête désespérée que mènent ces trois hommes exceptionnels, armés d'un outil à la fois solide et terriblement fragile : la lucidité.
    Hymne à la philosophie à coup de marteau et à l'introspection psychologique sans compromis, jonglant joyeusement avec les concepts nietzschéens et freudiens sans jamais se prendre les pieds dans le tapis, "Et Nietzsche a pleuré" est un joyau d'intelligence à dévorer de toute urgence !
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    • Livres 3.00/5
    Par aaahhh, le 30 avril 2012

    aaahhh
    Réinventer les débuts de la psychanalyse, ça c'est une idée originale! Et faire se rencontrer deux grandes figures comme Nietzsche et Breuer et imaginer les fruits qu'auraient pu porter les conversations de ces deux grands hommes, il fallait y penser!
    Malheureusement, si j'ai trouvé le concept de base intéressant et appétissant, j'ai été déçue par le résultat, et avec moi, le soufflé n'a pas pris...
    Certes je suis contente d'avoir pu me plonger dans l'ambiance de Vienne à la fin du 19ème siècle, et surtout d'avoir pu apprendre certaines choses sur Nietzsche dont je ne connais que peu la vie et la philosophie, mais pour ce qui est de l'intrigue, je n'ai pas été prise du tout! A vrai dire je me suis ennuyée pendant la majeure partie du livre et c'est sans plaisir que j'ai quand-même tenu jusqu'à la fin...
    En fait, j'ai trouvé la trame de l'histoire bien plate, et quitte à ne pas être portée par la fiction, je crois que j'aurais encore préféré lire la réalité et suivre la vraie naissance de la psychanalyse, qui était je pense, encore plus porteuse de passion et d'intérêt que la version imaginée par Yalom...
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Citations et extraits

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  • Par caro64, le 04 juillet 2010

    - Mais je vous donne ma parole que je ne vous ai rien dissimulé de votre état de santé. Et vous ? Je vous rappelle que nous avons scellé un pacte d'honnêteté mutuelle. Dites-moi : que me cachez-vous ?
    - Certainement rien de mon état de santé, répondit Nietzsche. Mais je cache le plus grand nombre possible de mes pensées que je ne veux pas voir partagées ! Vous parliez d'une conversation où rien ne serait caché : cela s'appelle l'enfer, si je ne m'abuse. Se dévoiler devant quelqu'un est le prélude à la trahison, et la trahison engendre la maladie, n'est-ce pas ?
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  • Par laDameduCDI, le 05 septembre 2010

    Friedrich, ce qui me plaît à présent, c'est l'idée d'avoir accompli mon devoir à l'égard des autres.
    - Votre devoir ? Mais comment le devoir pourrait-il primer sur l'amour que l'on se porte, ou que l'on porte à sa propre quête d'une liberté sans conditions ? Si vous ne vous êtes pas trouvé vous-même, alors le "devoir" n'est qu'un doux euphémisme pour signifier l'utilisation des autres à seule fin de mieux grandir soi-même. [...]
    Mieux vaut, Josef, et de loin, avoir le courage de changer ses convictions. Le devoir et la fidélité sont des mensonges, des masques derrière lesquels on se cache. La délivrance exige d'opposer un "non" sacré, y compris au devoir envers les autres.
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  • Par Eric75019, le 25 août 2011

    De même que les os, les muscles et les viscères et les vaisseaux sanguins sont entourés d'une peau qui rend la vue de l'homme supportable, les émotions et les passions de l'âme sont de même enrobées dans la vanité : c'est la peau de l'âme.
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  • Par caro64, le 02 juillet 2010

    Vivez pleinement la vie !
L’horreur de la mort disparaît dès lors que l’on meurt en ayant vécu jusqu’au bout !
Si vous ne vivez pas au bon moment, alors vous ne mourrez pas au bon moment non plus.
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  • Par caro64, le 04 juillet 2010

    Niezsche parcourut de nouveau ses notes et lut à voix haute : "Il faut porter du chaos en soi pour accoucher d'une étoile qui danse".
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Et Nietzsche a pleuré d'Irvin Yalom au Livre de Poche .
Venise, 1882. La belle et impétueuse Lou Salomé somme le Dr Breuer de rencontrer Friedrich Nietzsche. Encore inconnu du grand public, le philosophe traverse une crise profonde due à ses relations orageuses avec Lou Salomé et à l?échec de leur ménage à trois avec Paul Rée. Friedrich Nietzsche ou le désespoir d?un philosophe. le Dr Breuer, l?un des fondateurs de la psychanalyse. Un pacte secret, orchestré par Lou Salomé, sous le regard du jeune Sigmund Freud. Tout est là pour une magistrale partie d?échecs entre un patient extraordinaire et son talentueux médecin. Mais qui est le maître ? Qui est l?élève ? Qui soigne qui ? Et c?est à une nouvelle naissance de la psychanalyse, intense, drôle et machiavélique, que nous convie Irvin Yalom."Comment pouvait-on vivre jusque-là sans connaître les livres du docteur Irvin D. Yalom ? On se le demande. Ce n?est pas tous les jours que les livres de psychothérapie se lisent comme des romans" - Geneviève Delaisi de Parseval, Libération








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