Claire Castillon, je l'ai découverte par "insectes", ses nouvelles décapantes sur les relations mère-fille. J'avais aimé la façon qu'elle avait de mettre des mots sur ce qu'on se refuse d'admettre, ces ptites pensées refoulées, ces tabous, ces peurs. Des mots crus parfois.
Alors je me suis ennuyée ferme pendant le premier tiers du roman. Je les attendais, les pensées tordues, dans la tête de la vieille fille névrosée! Et elle, elle se contentait d'être une secrétaire exemplaire, de caresser son chat Brutus et d'être gentille avec maman au téléphone... Juste assez pour nous enliser, nous lecteurs, qu'on l'éprouve, cette vie étriquée et ennuyeuse!
J'étais sur le point d'abdiquer, quand une petite phrase m'a incitée à la persévérance. Et puis peu à peu j'ai senti la pauvre Cécile Valette entrer dans un délire fantasmatique comme on en rêvait. A tel point qu'on ne sait plus trop ce qu'elle pense et ce qu'elle dit vraiment, ce qu'elle imagine et ce qu'elle fait dans le concret. C'est un petit délire à savourer comme on l'espérait sous la plume de la jeune Castillon!