> Henri Godard (Préfacier, etc.)

ISBN : 2070393313
Éditeur : Gallimard (1995)


Note moyenne : 3.73/5 (sur 22 notes) Ajouter à mes livres
Cette éditions est la première qui réunisse en un seul volume et sous le même titre, conformément à l'intention initiale de Céline, les deux parties de Féerie pour une autre fois. Depuis leur édition originale, respectivement en 1952 et 1954, et jusqu'à la publication, ... > voir plus
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Critiques et avis(4)

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  • Par Aficionado, le 07 novembre 2009

    Aficionado
    Rares sont les auteurs de la trempe de Céline qui ont pondu de pareil monument étranger difforme, tors, profond à n'en déceler le fond, hérissé, vallonné, bouillant, bruyant. Ici, Féerie pour une autre fois révèle Céline au summum de son Art. Folkloriquement parlant, l'homme se porte bien lorsqu'il imagine, très certainement au mieux. Face au réalité, quelque complication s'immisce gentiment. Céline, Louis-Ferdinand Céline, lui, Louis Destouches est un grand dans le second domaine, très grand, LE grand. Il vous cloue imaginairement devant la véracité humaine métaphysique… il vous la rive, fond, fusionne à la conscience. Les situations peintes, énoncées, décortiquées, détaillées par ses « héros » et personnages rendent transparentes les natures, les profondes métaphysiques. « C'est des filigranes la vie, ce qu'est écrit net c'est pas grand-chose, c'est la transparence qui compte », je ne croyais pas tant mieux tomber, dans Féerie pour une autre fois, pour illustrer toute son œuvre, sa philosophie et ses aspirations psychologiques. Il y a de quoi vous en aliéner, vous biaiser, en vous ouvrant, écarquillant les yeux, seulement. Gare ! les hommes ont peur des vérités, c'est vérifié, la nouvelle est séculaire, ancrée, fossile, génétique. Ils fuient, mentent, esquivent, alibigent, pretextent, contrecarrent à qui mieux mieux, déjouent, évitent, détournent. le bal de l'égoïsme ratiocinant, conscientisé est né. À trop manger de Céline, c'est la surdose, vraiment. Overdose de perversion humaine. Il vous la sert avec humour dans Féerie. Son petit jeu de radotage excessif est drolatique. le langage néologistique prolifère et cela divertie, empêche de s'ennuyer. Il a ce pouvoir transcendantal de fasciner celui qui veut se détourner de la vérité, la contourner pertinemment, puis de le ronger de l'intérieur par l'objet de son faux-fuyant. Tellement il reçut, engrangea, essuya vingt, trente, quarante sortes et variétés de haine à coup de flagelle, d'autoputréfaction infligée, d'angoisse et de calomnie, qu'il put être devin et représentant haut la main, haut la "branlée d'une vie" en tous ses termes, et le sera toujours grâce à ce style intemporel, ce don pour saisir et décrire l'ontologique et le psychologique précis plus que le superficiel grossier – et futile. le contexte spatio-temporel peut être bâclé, car cela sert la description de l'homme et de ses caractères bien spécifiques. Écrivit-il alors en haine humaine caustique, encre de laquelle il fut l'exclusif possesseur. Les autres écrivains n'écrivent que des euphémismes à ses côtés ou bien mentent-ils, fictionnent-ils alors ; il fut exhaustif en persécution pour des siècles. Lorsqu'il nous dit : « il faut avoir payé pour pouvoir écrire », dans une de ses interviews, il utilise la formule idoine qui se suffit à elle-même, il a tout compris. le reflet de cette citation est visible tout au long de Féerie, il a décidé de payer et le fait comprendre! Vous n'avez qu'à le lire, vous verrez. Forcez la main comme pour beaucoup de chose, mettez le train en marche, suivez son rythme à lui. Gare encore ! vous allez vous aliéner pour quelques heures, mois, années, qui sais… Ah ! le docteur Destouches n'est pas dans l'hyperbole, ah ! nenni-da, dans la justesse pure, le fil au funambule derviche, fakir, mitraillé, les plantes sur des lames de rasoir qu'il avance, écrit, car c'est sa plume qui avance, avec l'engagement de son entier être derrière. C'est une quintessence de Vrai, du sang qui parle. Très uniquement vérace, ce que vous avez devant les yeux, certes un peu caché à l'absence d'effort, parfois, dans le fin fond des hommes, là, devant, partout, demain, hier, toujours ! Il traduit de la nature à même le papier, puis il fignole beaucoup par raffinement, coquetterie. Son style nonpareil est envoûtant. La sienne est fourbie, de nature, puis, avec son incroyable talent, il y va comme ça, force de travail, lectures, ratures, relectures, écrémage, élagage. Il a compris ! bon Dieu ! Lisez ! Lisez ! Lisez Féerie!
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    • Livres 5.00/5
    Par Tibere, le 12 avril 2012

    Tibere
    Féérie pour une autre fois… Plus je repense à ce livre, plus je jubile intérieurement… Et pourtant ! Qu'est ce qu'il fut difficile à lire, surtout la première partie ! Céline y raconte son enfermement en prison, au Danemark, juste après la guerre, tandis que la France se livrait avec une joie maniaque à l'épuration et que les résistants se découvraient garçons coiffeurs pour ces mesdames… Cela dit, c'est du Céline. N'espérez pas un récit linéaire, une sorte de journal racontant les faits et les événements qui se sont déroulés durant cette détention. Rien de cela ! Au contraire. On reçoit dans la gueule une marmite pleine de souvenirs, de haines, de critiques. On sent bien que Céline veut nous révolter, nous faire dire « Putain, ce vieux con, il me gonfle ! Il avait raison Malraux ! »… Sa petite mélodie intérieure nous tâte, nous rend fou, mais surtout, nous fait vivre… Et on se fait transporter dans ce Paris qui prend conscience que l'envahisseur allemand se fait rétamé sévère. Tous les collaborateurs de la petite semaine retournent leurs vestes. Tous les amis de Ferdinand commencent à sentir que le docteur Destouches est encombrant. Sa famille éloignée vient chez lui…. On inspecte les meubles, on observe le futur cadavre Céline... Puis on part ailleurs… Au grès des souvenirs… Jusqu'au retour aux années 40… la butte Montmartre… Et Jules… Ah celui là ! Un peintre cul de jatte qui veut modeler Lili, la femme de Céline… le Jules trahis Céline, en faisant courir de sales rumeurs sur lui… Puis arrive la seconde partie, Normance… Et là. C'est l'extase à chaque page. Céline transforme un bombardement nocturne de la RAF anglaise sur Paris en une véritable odyssée homérique ! Tout le monde s'engueule, se vomit dessus, pendant que l'appartement où réside Céline, Lili et son chat tombe en ruine comme si c'était Pompéi. Et pour Céline, tout cela est un coup de cet infâme Jules, perché en haut du moulin de la Galette, guidant les avions avec sa canne, un vrai chef d'orchestre ! Les engueulades entre ceux hommes sont aussi grotesques, violentes, ridicules mais tellement drôles ! Céline hallucine fortement dans cet épisode. Car au fond, la réalité est déjà remplacée par cette féerie. La situation cauchemardesque se transforme en une sorte de parodie gargantuesque, aussi grosse que Normance justement ! Une mythologie à elle toute seule cette seconde partie !
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    • Livres 3.00/5
    Par zauze, le 29 janvier 2009

    zauze
    Je crois que j'en ai jamais autant chié pour finir un livre...
    On est facilement dérouté par un Céline qui radote, qui éructe, qui hallucine et s'esclaffe, ce qui ma foi est habituel dans son oeuvre, mais là où on distinguait encore un fil directeur, une intrigue dans les autres livres, ici ce n'est plus que de ça qu'il s'agit, à nous de nous démerder pour deviner où il nous emmène au fil de pages très denses au langage ardu.
    Reste ce langage justement, d'une maîtrise absolue et si particulière.
    Féérie, c'est le roman de Céline qui réduit son art à sa forme, le fond important peu.
    Je ne serais pas fasciné par le gugusse j'aurais détesté...
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    • Livres 3.00/5
    Par laurentgui, le 29 avril 2012

    laurentgui
    Le roman de Céline qui m'a le moins emballé à ce jour. Je n'ai retrouvé ni les ambiances de voyage au bout de la nuit ou Mort à crédit, ni celles de la trilogie relatant l'exil de l'auteur au travers de l'Allemagne en déroute. Répétitions à n'en plus finir, le délire, le sentiment que rien ne se passe, rien de vrai. Bref, déçu, en dehors du style évidemment toujours efficace et la fin qui m'a un peu plus plu.
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Citations et extraits

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  • Par Tibere, le 15 mars 2012

    J'accepte vos critiques, vos insultes, mais à la condition expresse que vous soyez pas de ces gens qu'empruntent, resquillent, parpillent les livres ! peste de l'espèce ! si vous l'avez foiredempoigné au "prêtez-le-moi-je-vous-le-rendrai" ça serait mieux de vous taire... bien sûr, les moeurs sont avec vous !... on peut affirmer tranquillement qu'un livre ça s'achète plus, ça se vole... c'est même une sorte de "point d'honneur" de plus jamais acheter un livre. Pas un sur vingt qui vous a lu qui vous a payé ! c'est pas triste ? allez demander question jambon si une tranche peut faire vingt personnes ? si un fauteuil au cinéma tient quarante fesses ?... bonjour à vous, pauvre pillé ! écrivaineux ! encore le pire du pire peut-être c'est le mépris qu'ils ont que c'est gratuit !... la façon qu'ils abîment votre œuvre, la détestent, s'en torchent, comprennent balle, sautent fourguer ce qu'il en reste au Quai... vous me direz : y a un remède ! y a qu'à noyer les prêteurs ! emprunteurs avec ! que ceux qu'on douillé grimacent !... soit ! l'épicier trouve tout naturel qu'on lui chine un peu son hareng... mais allez lui secouer ? la Police !... moi, là, que j'aille débagouler, clowner pour rien, c'est pas l'horreur ? qu'ai tant payé !... de penser qu'on m'artiche, je blêmis, je suffoque pire qu'entre les poignes de l'ogre !... je coagule sang cœur nerfs... Muse dilapideuse salope, marre !
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  • Par Nicohk06, le 13 avril 2010

    « Et puis Bébert, autre innocent, mon chat... Vous direz un chat c'est une peau! Pas du tout! Un chat, c'est l'ensorcellement même, le tact en ondes... c'est tout en "brrt", "brrt" de paroles... Bébert en "brrt" il causait, positivement. Il vous répondait aux questions... »
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  • Par Tibere, le 15 mars 2012

    Jamais, en quelque circonstance, j’ai pu me résigner à la mort… j’ai jamais pu abandonner rien… la mort pour moi personnelle, serait une aubaine, je serais bien content, mais la mort des autres me vexe… dans le fond du tréfonds de tout c’est pour ça qu’on peut pas me piffrer, qu’on s’acharne à me trouver mille crimes, parce que je râle à la mort des autres… même les centenaires qui cassent leurs pipes jamais j’ai été d’accord !...
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