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Critiques sur Retour à Killybegs (49)


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    • Livres 4.00/5
    Par litolff le 05/12/2011


    En commençant "Retour à Killybegs", j'ai immédiatement été plongée dans l'atmosphère de mon enfance, quand tous les jours, les journaux, la radio ou la télévision annonçait que l'IRA avait frappé ou entamait un processus de paix, cette atmosphère de terreur qui entourait l'idée même de l'Irlande, de Belfast, d'armée révolutionnaire.
    Car effectivement, ce livre nous fait pénétrer au coeur de l'Armée Révolutionnaire Irlandaise, cette IRA qui défrayait la chronique quotidiennement, faisant passer ses acteurs pour des dangereux fous furieux ou des héros, c'est selon, et déclenchait les répliques sanglantes des britanniques. C'est donc tout un pan de l'histoire irlandaise que l'auteur rappelle ici, la misère des années noires, le déchirement de l'Irlande en deux pays, l'édification d'une frontière et la création de l'Ulster, l'oppression britannique et la résistance irlandaise, puis plus tard les grèves de la faim et les prisons encombrées de prisonniers qui voulaient se voir reconnaître le statut de prisonniers politiques que les britanniques leur refusaient.
    Et ce qui m'a frappée, c'est d'abord l'extraordinaire solidarité qui unit tous ces soldats de l'Ira, qui pousse un jeune type de 20 ans à continuer une grève de la faim jusqu'à la mort, relayé par un autre jeune type de 20 ans... La solidarité, la fraternité, et soudain au milieu de ces frères, un traître ! Un traître qui, à la veille d'être démasqué, était salué et connu de tous, chéri par sa famille, ses frères d'arme, leurs femmes et leurs enfants, et qui du jour au lendemain, devient l'Ennemi. Je n'ai pas lu les précédents livres de Sorj Chalandon, mais dans Retour à Killybegs, il décortique avec pertinence les ressorts qui transforment un patriote acharné en marionnette des britanniques. Et ce "retournement" permet de revenir sur les motivations de l'IRA, des britanniques et de déjouer tout manichéisme : il n'y a pas de bon ou de mauvais patriote, la cause de l'IRA n'est pas que juste et bonne et les britanniques ne sont pas que des enfoirés : la guerre, c'est sale et les idéaux n'y ont pas leur place...

    critique de qualité ? (24 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par carre le 08/04/2012


    Quatrième lecture de Sorj Chalandon et force est de constater que l'on tient là un écrivain de tout premier ordre.
    Chalandon donne la parole à Tyrone Meehan, considéré comme un héros de la cause irlandaise, respecté de sa femme Sheila et de son fils Jack et qui retourné par les services secrets anglais va trahir pendant vingt cinq ans la cause de l'IRA. Mais bien évidemment la vérité est bien plus complexe.
    Ce qui frappe notre lecture c'est la puissance narrative du roman, chaque mot, chaque phrase, chaque respiration nous aide à comprendre le cheminement de la pensée de Meehan, car s'il a trahi c'est plus par lassitude, par l'horreur de voir de jeunes mômes se laisser mourir de faim, et aussi pour aussi peut-être protéger paradoxalement ces amis, sa famille.
    La plume de Chalandon oscille entre tristesse, rage, nostalgie avec une connaissance de la cause irlandaise remarquable. C'est aussi l'hommage à des hommes et des femmes qui ont payé chèrement la reconnaissance de leur droit. Et Chalandon nous transporte dans cette Irlande avec une force émotionnelle présente à chaque page. Assurément un très grand livre.
    Et en décidant de donner la parole à Tyrone, c'est le pardon que lui offre Chalandon.

    critique de qualité ? (17 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par oops le 23/03/2012


    Irlande, en 2006, après avoir avoué à ses compatriotes sa trahison,Tyrone retourne dans la maison de son père à Killybegs, il sait qu'on ne le laissera pas en vie longtemps, il confesse donc sur un journal le pourquoi de sa trahison. Il raconte l'enfance, la violence du père, les brimades, son admiration pour l'Armée Révolutionnaire Irlandaise, son engagement, l'acte irrémédiable, la solidarité des frères d'armes, la prison, puis le désarroi et la solitude du traître. Antoine le luthier français avait révélé la double identité de son ami Tyrone Meehan grande figure de l'IRA dans « Mon traître ». L'auteur Sorj Chalandon grand reporter de guerre y racontait comment son ami Denis Donaldson a avait trahi sa patrie. Dans « Retour à Killybegs » l'auteur revient sur le parcours de Tyrone Meehan pour tenter d'analyser les circonstances qui l'ont conduit à se vendre aux Britanniques pendant plus de vingt ans. Un roman tragique sans parti pris qui revient sur les années noires de l'Irlande du Nord dont l'auteur a été témoin. L'auteur décrit avec justesse l'état de conscience par lequel passe Tyrone Mehan, quelque soit les situations le lecteur reçoit tout le ressenti du traître, on passe par toutes les émotions, un art dans lequel l'écrivain excelle. Et même si l' imposture relatée laisse un certain malaise, une fois le livre refermé on se dit mais qui sommes nous pour juger ?


    Lien : http://ma-bouquinerie.blogspot.com

    critique de qualité ? (17 votes positifs)



    • Livres 2.00/5
    Par kathy le 08/04/2012


    Killybegs, Irlande, 24 décembre 2006.
    Tyrone Meehan est de retour dans sa maison natale. Il sait qu'il va mourir car, militant engagé et figure héroïque de l'Armée républicaine irlandaise (IRA), il a été un agent double à la solde du Royaume-Uni.
    Il entame ici la confession de sa trahison en convoquant ses souvenirs : ceux de l'enfance, de la prison, des privations, de la grève de la faim, de la mort de Bobby Sands.

    A travers les paroles de Tyrone, Sorj Chalandon nous livre un drame à la fois, éminemment personnel et collectif.
    Drame personnel : via la confession de Tyrone, on sent que l'auteur, cherche, sinon à réhabiliter, du moins à comprendre, comment Tyrone -en filigrane, son ami, Denis Donaldson, républicain convaincu-, a pu trahir son camp, l'IRA, pendant près de 20 ans.
    Drame collectif : l'auteur, journaliste/reporter, qui a couvert de nombreux conflits (Liban, Tchad, Guerre du Golfe, Irlande,..) paraît avoir pris fait et cause pour la cause des catholiques irlandais malmenés, qui ne demandaient que « des logements décents, un travail, un partage équitable du pouvoir, bref ne plus être des citoyens de second rang mais avoir les mêmes droits que les protestants ».

    Au final, une confession, où l'auteur/journaliste cherche à comprendre, et espère, avec Retour à Killybegs, «partager le drame du traître» afin de pourvoir, enfin, tourner la page.

    J'adore le style et l'écriture de Sorj Chalandon. C'est précis, rythmé, intense.
    Cependant, autant j'avais adoré « La légende de nos pères », autant là, je n'ai pas réussi à être happée par l'histoire de Tyrone.

    critique de qualité ? (12 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par joedi le 05/04/2012


    Wouaaah ! Quelle écriture !!! Il faut un sacré talent pour aborder un thème grave tel que l'IRA. Sorj Chalandon que je découvre avec ce roman fait partie des Grands. Heureuse, qu'après le journalisme, il ait écrit des romans, des thèmes sérieux mais bourrés de sentiments, sans en faire trop, et tellement humain.

    critique de qualité ? (11 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par chocobogirl le 09/01/2012


    Eirinn go Brach ! L'Irlande pour toujours !

    C'est à travers la force de ces mots que Tyrone Meehan a grandit. Dans la petite ville de Killybegs. C'est aussi à Killybegs qu'il viendra attendre la mort et nous livrer son ultime vérité.

    2006. Tyrone vient se réfugier dans la maison de son enfance. Il a trahi les siens et goûte désormais à la solitude. Une solitude qui le renvoie à lui-même, à son père, à ses amis de l'IRA, à sa vie passée. A ses choix, à ses erreurs.
    Dans une narration alternant l'engagement des premiers temps et les derniers jours de traître, l'homme se confie.
    Il y a le père tout d'abord. Violent, amer, avec sa guerre perdue contre les britanniques et la séparation de l'Irlande en deux en 1921. Il ne lui reste que la boisson et les coups. Et cette haine viscérale contre les anglais qu'il transmettra à son fils.
    A sa mort, la famille part pour Belfast. Là, on s'y bat contre l'Allemagne, au contraire de l'Irlande libre. Les irlandais, les catholiques sont brimés, repoussés dans des ghettos miséreux. A 16 ans, Tyrone choisit l'IRA.
    Il devient un fianna puis un membre actif de l'organisation. Très vite, il découvre la prison. Ce qui l'érigera en héros sera aussi sa perte.
    Comment un homme aussi engagé envers son Irlande, aussi respecté par l'IRA est-il devenu un traître ?

    Nous avions découvert Tyrone Meehan dans Mon traitre où un petit français nous confiait son admiration et sa souffrance devant la traîtrise de Tyrone. Aujourd'hui, dans Retour à Killybegs, c'est à son tour de prendre la parole.
    Un récit qui nous plonge véritablement dans l'histoire de l'Irlande que nous allons suivre à travers les années et le personnage de Tyrone qui fait corps avec son pays. Une histoire tourmentée, violente qui nous emmène de la guerre civile dans les rues irlandaises à la résistance dans les prisons anglaises sous forme de grèves de la faim et de la propreté. Une vie difficile donc où l'engagement politique se présente comme une évidence. le récit a presque valeur documentaire. le lecteur vibre à l'unisson des protagonistes, comprend la complexité de cette guerre où rien n'est simple que ce soit pendant ou après.
    Pourtant cet engagement, cette vie consacrée à cette cause n'empêche pas les erreurs, les secrets. Tout cela est lourd, fatiguant pour les hommes.

    Et Tyrone porte un fardeau au fond de son cœur. Un fardeau qui a fait de lui le héros respecté. Celui qui ne trahirait pas. Et pourtant... Chaque homme a sa faiblesse. Tyrone s'est laissé entraîné, malgré lui, à collaborer avec les britanniques, tout en se persuadant qu'il ne trahissait pas.

    Quel roman que celui-là ! Sorj a écrit ici un roman extrêmement fort qui va au-delà d'un simple version romancée d'une expérience personnelle. Dans Mon traître, l'auteur réussissait déjà avec brio à réinterpréter avec ampleur son expérience de la traîtrise. Ici, il touche à l'art absolu du roman. Se mettant dans la peau du traître, de SON traître, Sorj donne la parole à celui qui l'a blessé, imaginant, interprétant les pensées de cet autre, tentant par là-même de le comprendre et pourquoi pas de l'absoudre. Quoi de plus difficile que de donner à voir un "ennemi" ? Cet homme qui a trahi devient sous sa plume un être très humain, une grande figure paternelle avec ses contradictions et ses failles. Un homme que l'on peut haïr et aimer à la fois. L'auteur y dresse le parcours d'un homme, de ce qui l'a fait et ce qui l'a défait. Un personnage complexe pris dans le tourbillon de l'Histoire, à la fois victime et coupable.

    Son écriture est toujours d'une grande pureté, subtile, légère qui ne s'encombre pas de "trop de mots" tout en dégageant une grande force. Une écriture rythmée qui sait parfois se passer de verbes, qui ponctue de manière très intelligente la phrase en la stoppant, la reprenant.

    Mais au-delà de tout ça, Retour à Killybegs est un hommage à la fois pudique et fort à une amitié perdue, au père protecteur qui tout en faillant reste d'une certaine manière admirable. Un roman où l'auteur tente d'offrir de manière juste et non manichéenne son Irlande qu'il aime tant et qu'il refuse d'oublier. Un roman où Sorj nous donne sa propre douleur, tentant par là-même d'en atténuer la force en l'enterrant dans un magnifique cercueil de papier. Un grand roman assurément.


    Lien : http://legrenierdechoco.over-blog.com/article-retour-a-killybegs-sor..

    critique de qualité ? (11 votes positifs)



    • Livres 3.00/5
    Par ygounin le 07/04/2012


    Tyrone Meehan appartient à l'IRA. Mais, piégé par les Britanniques, il est devenu depuis vingt ans leur "agent double". Lorsque sa trahison est révélée, il revient à Killybegs, sa ville natale, en République d'Irlande, et écrit ses confessions en attendant la mort inéluctable.50 années de lutte défilent, depuis les batailles en rangs serrés dans les rues de Belfast jusqu'aux grèves de la faim dans les prisons britanniques (magistralement filmées par Steve McQueen dans Hunger)

    Sorj Chalandon revisite les thèmes de "Mon traître" où l'histoire était raconté par Antoine, un luthier français, double autobiographique à peine dissimulé de l'auteur. Ici l'histoire est raconté du point de vue du "traître". La violence d'un père haineux. le départ pour Belfast. Les premiers pas dans l'organisation. La maturité. La prison. Et le piège qui se referme. La honte de la trahison. le soulagement de l'aveu. La sérénité enfin face à la mort qui s'approche.
    Un excellent roman qui na pas usurpé le Grand prix du Roman de l'Académie française

    critique de qualité ? (10 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par spleen le 03/03/2012


    Jolie surprise avec ce roman , moi qui y allait un peu à reculons vu mes déceptions récentes ...
    D'emblée on est happé par l'atmosphère particulière .
    L'histoire est narrée par Tyrone Meehan devenu vieux et attendant ses assassins en "punition" de sa trahison, il veut raconter sa vérité.
    l est difficile de comprendre ce combat quand on n'est pas plongé dans la sphère irlandaise; comment des hommes si proches ont pu s'entre-tuer, c'est le propre de tous les conflits ethniques, politiques ou religieux, mais celui-ci particulièrement par sa violence .
    Ce que j'ai ressenti de façon viscérale à travers ces pages, c'est la souffrance d'un homme , il n'y a pas de vie en dehors du combat et le destin ou la fatalité s'abat sur lui inéluctablement sans qu'il puisse s'y opposer, c'est beau et tragique .
    Mon seul regret: ne pas avoir lu le livre précèdent , Mon traître !


    Lien : http://lejournaldelouloune.over-blog.com/article-retour-a-killybegs-..

    critique de qualité ? (10 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par Tomie le 24/05/2012


    C'était hier, nous pouvions voir de brefs reportages à la télévision mais les médias ne se scandalisaient pas vraiment de ce qui se passait dans un pays si proche denous. Et personne ne blamait les Britaniques... Et je ne me souviens pas d'adultes s'inquiéter de tout ça
    Une guerre civile, une guerre de trop, et des vies gâchées. Les enfants de l'IRA berçés depuis l'enfance dans cet idéal ne pouvaient que continuer à combattre, comme les enfants palestiniens ne peuvent pas connaitre la paix... Quelle bêtise humaine

    critique de qualité ? (9 votes positifs)



    • Livres 3.00/5
    Par Chouchane le 16/01/2012


    L'histoire est faite par les hommes et les hommes sont faibles. Tyrone Meehan qui a tout pour devenir un héros irlandais va se transformer en traître pour cacher ses fautes. Dans ce roman, Sorj Chalandon revient sur les pas de « Mon traître », cet irlandais qu'il a connu, cru et aimé comme un père. C'est cet homme qui, au crépuscule de sa vie, va raconter son histoire et à travers celle-ci celle de l'Irlande et du dénouement du conflit sanglant entre les protestants et les catholiques, entre l'Irlande et l'Angleterre. Loin de juger, Chalandon donne une parole à cet homme pour qu'il puisse expliquer : croit-il œuvrer pour la paix où est-il pris au piège par les britanniques ? A travers ce conflit sanglant, on retrouve l'intransigeance meurtrière de Margaret Thatcher qui laisse mourir de faim des jeunes irlandais dont le plus célèbre d'entre eux Bobby Sand. A l'aube de la construction de l'Europe, on découvre des prisons britanniques qui pratiquent tortures et assassinats. C'était hier et les britanniques ne sortent pas grandi par cette partie de leur histoire contemporaine où Thatcher a les mains pleines de sang . On espère n'avoir jamais à trahir car la vie intime de cet homme est une prison, un piège mortel. Il vit avec ses morts et sans espoir de rédemption. le récit n'est pas écrit pour lyncher un homme, il nous donne à entendre une parole, celle d'un homme devenu misérable par faiblesse et si on ne partage rien avec lui on accepte néanmoins de ne pas le juger.

    critique de qualité ? (9 votes positifs)






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