ISBN : 2253121142
Éditeur : LGF (2007)


Note moyenne : 3.81/5 (sur 74 notes) Ajouter à mes livres
Nous sommes en Mayenne, une maison à l'orée d'un village. Dans cette maison, voici Etienne et Fauvette, un vieux couple qui n'a jamais cessé de s'aimer. La maison est silencieuse. Les volets fermés et la porte close. Nuit et jour pourtant, ils sont sept qui en franchiss... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par brigittelascombe, le 11 juillet 2011

    brigittelascombe
    "Nous ne savons renoncer à rien" énonçait Freud.
    "Vivre, c'est perdre" soulignait Henri Comte Sponville.
    Voilà deux réflexions qui ont sans doute hanté, sans qu'il le sache, Lucien dit le Bosco, le héros de cette merveilleuse histoire de veilleuse d'âmes que nous conte Sorj Chalandon.
    Une promesse, deuxième roman de ce journaliste à Libération a obtenu le prix Médicis en 2006.
    Une promesse, La promesse de garder deux âmes vivante, nous parle de transmission, de mémoire vive et de deuil, dans une langue simple et lumineuse à la fois car elle est "émotion".
    La promesse remonte à la génération d'avant, celle de Marie qui allumait la lampe dans le grenier de Ker Ael, amer visible de loin par Eugène, son mari marin amour, jusqu'au jour où, la lampe éteinte, le chemin des vagues s'est endeuillé.
    La promesse a marqué Etienne et Lucien, les fils de Marie.
    La promesse se perpétue à travers le Bosco, marin de rien, marin d'avant, cafetier d'aujourd'hui qui croit aux âmes vives, frêre d'Etienne et enfant adoptif de son couple à la mort de Marie.Alors on trinque dans le café du Bosco, on lève le verre de La promesse, celui de l'amitié.
    Chaine de solidarité pour garder vive la mémoire d'Etienne et de Fauvette, six amis se relaient et "veillent".
    De beaux portraits, sensibles et forts à la fois car ceux qui les ont connus, perpétuent la volonté d'un frêre-fils aimant. Lire un poême, changer les draps, installer un bouquet, faire sonner la cloche, tirer les rideaux, allumer la lumière... c'est la vie tout ça pas vrai?
    Y a Berthevin, dit L'Andouille, depuis la fois où..,
    Y a Blancheterre, l'ancien élève de Fauvette devenu prof.
    Y a Madeleine qui vient nettoyer.
    Y a Paradis, avec ses clefs de Saint Pierre, qui a reçu beaucoup et veut continuer.
    Y a, y a, y a, y a Lucien qui consigne tout à chaque tour de garde.
    Il faudra bien s'arrêter un jour, pourtant, et enterrer les morts.Mais le "nevermore", ce chemin dans la nuit noire où l'on se perd parfois doit s'éclairer d'amour pour que le deuil s'accomplisse.
    Cette histoire merveilleuse est un conte philosophique sur la négation du "nevermore", l'impossibilité d'y échapper mais aussi l'espoir d'un ailleurs plein de vies.
    Et y a surtout le talent de Sorj Chalandon qui nous laisse pénétrer dans son grenier pour contempler la flamme de deux âmes qui vibrent à l'unisson comme la voix de Fauvette, tendre, scintillante comme "une soie frissonante" doublé de l'écho grave et aimant d'Etienne par delà la mort.
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    • Livres 2.00/5
    Par medsine, le 30 janvier 2012

    medsine
    Sept amis dans un village de Mayenne se relaient pour visiter Etienne et Fauvette, admirable couple de petits vieux en fin de parcours. Chacun a son histoire personnelle liée de près ou de loin aux deux pré-gisants. Le roman, court, suit ce fil narratif où l'on passe de l'un à l'autre. Les jours passent et se ressemblent; la promesse qui lie les amis s'effiloche. Il est temps d'oublier, de passer à autre chose.Sorj Chalandon écrit sur la vie après la mort dans le coeur de ceux qui restent. La lutte contre l'oubli est un combat antique mais perdu d'avance, digne de ceux que Milon de Crotone, le plus grand athlète d'Olympie, remportait. Mais même l'homme le plus fort de tous les temps sera vaincu et dévoré par les loups et mangé par l'oubli.La flamme des lampes que les femmes agitaient la nuit sur la plage pour que la mer leur rende leurs maris perdus et un geste de désespérées. Il faut croire aux contes de fées pour s'accrocher à de telles chimères.Deuxième roman que je lis de cet auteur qui m'avait enthousiasmé avec Retour à Kylibegs. Celui-ci est aussi couvert de Laurier (Prix Medicis) mais m'a laissé sur ma faim.1 décembre 2011
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  • Par InColdBlog, le 09 septembre 2010

    InColdBlog
    Une promesse, c'est l'histoire de gens simples, de petits riens : une horloge suisse, une grille de mots croisés, un timbre rouge, un bougeoir en forme de chat assis, une toile cirée aux coquelicots.
    C'est avant tout une histoire d'amour et d'amitié. L'amour indéfectible d'Etienne et Fauvette, le vieux couple de Ker Ael, la villa située à l'entrée de ce petit bourg de Mayenne.
    Voilà un bien joli roman dont l'humanité et la poésie m'ont touché, quand bien même on voit rapidement là où il va nous mener. Peu importe, l'essentiel n'est pas de deviner que cache exactement cette promesse (même si La promesse dont il est question dans le titre n'est pas celle que l'on croit). Toute la force d'Une promesse tient dans la révélation progressive du parcours de ces dix personnes d'un même village, de ce qui les relie chacune à Etienne et Fauvette, et ce pourquoi, tous, ont accepté de remplir leur promesse, comme un hommage rendu à ce couple d'anciens.
    Il y a dans ce livre de beaux passages sur l'enfance, notamment sur les séances de lecture à la bibliothèque municipale du village.
    Au rythme de la petite pendule suisse de Fauvette, Une promesse traite subtilement de l'absence et de l'oubli, du déni de la mort et du deuil. Combien de temps peut-on s'entêter à refuser d'accepter le départ d'êtres chers, à faire comme s'ils étaient toujours parmi nous ? Retarder le moment du deuil ne rend-il pas finalement l'absence des disparus plus douloureuse encore ? Malgré leur défection, les amis du Bosco vont lui prouver que deuil ne signifie pas nécessairement oubli, puisque Etienne et Fauvette restent à jamais vivants dans leurs souvenirs. «Ainsi aurons-nous vécu plus longtemps que la mort" dit Etienne à sa femme Fauvette».

    Lien : http://www.incoldblog.fr/?index/oeuvres/Une%20promesse
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    • Livres 4.00/5
    Par Delaetitia, le 16 février 2008

    Delaetitia
    Un village quelque part en Mayenne, une maison où tout paraît paisible, un bar où se retrouvent autour du verre de promesse des amis sincères. Ce sont 274 pages de tendresse, d'instants sacrés et cette promesse qui emplit les pages du roman et le cœur des protagonistes. J'ai poussé avec un respect teinté de curiosité, la porte du café puis celle de Ker-Ael où je me suis installée à la table aux coquelicots, écoutant et observant au rythme lent et triste ce récit, partageant l'intimité et les pensées de ces personnages simples et vrais. C'est une histoire touchante toute en émotions retenues et bouleversante comme je l'ai découvert en tournant chaque page. C'est une histoire d'amour dont le cœur est Fauvette et Etienne, une amitié partagée par six compagnons généreux et fidèles. Lucien dit le Bosco, affligé par le deuil demande à ces derniers de veiller sur les âmes d'Etienne son frère et de Fauvette sa belle-sœur et ainsi, tromper un temps la mort. Chaque jour, l'un d'eux poussera la porte de Ker-Ael, sonnera la cloche, ouvrira les volets et les portes, fleurira et éclairera la maison, lira de la poésie… Entre légende et refus de la mort, les mois s'écouleront au gré journalier des visites jusqu'au jour où la réalité les rattrapera !
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    • Livres 2.00/5
    Par janemar, le 09 novembre 2011

    janemar
    CHALANDON SORJ
    PROMESSE
    Deuxième livre lu de Chalandon cette année. Dans un autre registre, l'histoire de l'amitié et de la fidélité à des copains disparus… Une maison dont les habitants Etienne et Fauvette sont morts. le frère d'Etienne et ses copains du village où ils sont nés ou vécus, font La promesse d'animer de faire vivre la maison, pour éloigner la mort des âmes…
    Beaucoup de poésie, d'amitié et de fraternité et aussi un soupçon de spiritisme à la limite du mystère.. Une trame de narration mêlant les histoires aujourd'hui et hier, l'enfance et l'âge adulte, les parents et les enfants, la Bretagne et la Mayenne. Et ce qui n'enlève rien des vers De Musset, triste bien sûr puisque la mort est là, mais interdiction d'oublier les défunts pour que la mémoire garde vivantes leurs âmes…
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Citations et extraits

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  • Par Mouna, le 12 décembre 2008

    Le bosco ouvre la lucarne du grenier. Il ferme les yeux. Il respire l'humide. Il sent dans ses cheveux comme trois doigts de vent frais. Il regarde vers l'ouest. Il regarde les toits, les arbres, le ciel qui traîne. Il n'a jamais pensé qu'on pouvait aussi regarder le silence, qu'on pouvait voir le calme et la paix comme on regarde un lac. Il tient la veilleuse devant lui, à bout de bras. Il la présente au ciel. L'ampoule grésille. La clarté se tord comme un feu tourmenté. Il lève le socle de bois, l'embrasse, tend les bras au-dessus du vide et ferme les yeux. - A vous, dit-il en lâchant la veilleuse. Et puis il reste là. Bras tendus, les yeux clos, les mains vides. Et puis il reste là, dans le silence gris. Et puis il reste là, écoutant battre le cœur du vieux tilleul. Et puis, il reste là, attendant un bruit de verre brisé qui ne viendra jamais.
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  • Par Seraphita, le 26 avril 2009

    Et marchant à la mort il meurt à chaque pas.
    Il meurt dans ses amis, dans son fils, dans son père.
    Il meurt dans ce qu’il pleure et dans ce qu’il espère
    Et sans parler des corps qu’il faut ensevelir
    Qu’est-ce donc oublier, si ce n’est pas mourir.
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  • Par krol-franca, le 28 décembre 2010

    Elle a ouvert le livre au milieu, au hasard. Elle aime surprendre les phrases sans qu'elles s'y attendent. Les phrases qui paressent, qui pensent qu'elles ont le temps. Qu'il y a tant et tant de pages avant elles, qu'elles peuvent sommeiller à l'ombre des mots clos.
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  • Par chanig55, le 21 mars 2008

    "Il regardait un à un ces enfants de la terre, il les aimait, il en était. Pour eux, il tournait chaque page comme on ouvre un rideau et quand il était temps, lorsqu'il était trop soir, ou qu'il allait pleuvoir, ou qu'il fallait rentrer, il murmurait un mot, un dernier,comme une voix qui s'éteint d'avoir été brûlante."
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  • Par InColdBlog, le 09 septembre 2010

    "Elle a raison. Il le sait. Ils doivent s’enlacer fort, se tenir par les yeux, se protéger, ils doivent ne jamais se quitter du cœur.»" "«Il a regardé sa Fauvette, elle a regardé son vieil homme. Ni l’un ni l’autre n’ont pu tendre la main. Ils se sont pris des yeux, longtemps, sans ciller, sans rien voir que le pâle de l’autre, tellement, qu’une larme s’est faufilée et chez elle et chez lui. Une larme qui a coulé sur leurs deux peaux qui n’en faisaient plus qu’une."
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Vidéo de Sorj Chalandon

Sorj Chalandon - Retour à Killybegs (bande annonce) .
Couronné par le Grand Prix du roman de l'Académie française 2011 Sorj Chalandon nous présente 'Retour à Killybegs' un roman captivant sur la guerre de libération de l?Irlande du Nord, qui fut aussi une guerre civile.Retrouvez l'intégralité de cette interview sur notre chaîne Dailymotion et sur le site de la Communauté Orange du Livre www.orange.fr/prixorangedulivre








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