> Anouk Neuhoff (Traducteur)

ISBN : 2710331640
Éditeur : Quai Voltaire (2010)


Note moyenne : 4.13/5 (sur 176 notes) Ajouter à mes livres
"La foudre m'a frappée toute ma vie. Mais une seule fois pour de vrai".

Dans les années 1810, à Lyme Regis, sur la côte du Dorset battue par les vents, Mary Anning découvre ses premiers fossiles et se passionne pour ces "prodigieuses créatures" dont l'ex... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Ikebukuro, le 14 novembre 2011

    Ikebukuro
    Ce livre est sûrement l'un de mes coups de cœur de cette année. J'aime beaucoup les livres de Tracy Chevalier d'habitude, La Jeune Fille à la perle ou La vierge bleue par exemple, mais ils ne me laissent pas forcément une trace de lecture impérissable, contrairement à celui-ci. J'ai aimé avant tout l'atmosphère qui se dégage de ce roman, il faut dire que je suis une grande fan de Jane Austen, et j'ai retrouvé dans Prodigieuses créatures ce qui me plaît tant chez la romancière anglaise : des personnages féminins au caractère bien trempé qui luttent contre leur condition, qui tentent de surpasser les préjugés d'une époque où la femme avait peu de solutions en dehors du mariage pour s'en sortir et vivre par elle-même, la campagne anglaise et l'ambiance des petits villages… L'histoire nous retrace la vie de personnages ayant réellement existés, ces deux femmes pionnières en leur temps de la condition féminine dans un monde scientifique exclusivement réservé aux hommes, ont bouleversé par leur trouvailles la logique même de la théorie de l'évolution telle qu'elle était expliquée à l'époque. Il faut dire que les sciences naturelles étaient pleines de théories fantaisistes et complètement parasitées par la religion et par l'idée que si Dieu avait créé des créatures, il ne pouvait pas les avoir détruites et faites disparaître…
    Ce roman m'a littéralement enchantée, j'ai aimé l'écriture, le style, l'histoire, les personnages… le fait que l'intrigue s'étale sur plusieurs années et que l'on puisse suivre l'évolution de Mary, de l'enfant avec ses peurs, son émerveillement devant ses "curios", à la jeune fille et à ses premiers émois amoureux, jusqu'à la femme qu'elle va devenir avec ce caractère absolu et entier qui la rend si attachante. J'ai aussi particulièrement aimé retrouver cette côte si sauvage du Dorset et ce village de Lyme Regis qui fut déjà le cadre d'un roman de John Fowles et ensuite d'un film éponyme que j'aime beaucoup "Sarah, la maîtresse du lieutenant français". C'est un village charmant et pittoresque mais on imagine sans peine cette côte en hiver, battue par les vents avec ce bout de plage qui disparaît au gré des marées et la difficulté à aller chercher dans le froid et les embruns, ces fossiles qui aideront la famille de Mary à gagner un peu d'argent.
    C'est un roman d'amours contrariées, d'amitiés féminines mises à mal, de jalousie, de lutte pour trouver sa place en tant que femme à cette époque, de pardon aussi… bref tous les ingrédients sont réunis pour faire de ce roman un petit bijou d'émotions et de plaisir de lecture.
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    Critique de qualité ? (14 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par caro64, le 24 juillet 2011

    caro64
    "La chasse aux fossiles a cet effet sur les gens : elle brise les règles. Sur la plage, un valet d'écurie peut s'adresser à une dame comme il n'oserait jamais le faire ailleurs." Et Mary Anning, une adolescente d'origine très modeste, ne sachant ni lire ni écrire, peut partager sa passion pour ces "Prodigieuses créatures", ainsi qu'on nommait les fossiles au début du xixe siècle, avec Elisabeth Philpot, 25 ans, petite bourgeoise londonienne qui vient de s'installer à Lyme Regis, sur la côte du Dorset, au sud de l'Angleterre. Malgré leur différence sociale, les deux jeunes femmes vont se lier d'amitié, explorant inlassablement les plages des environs, riches en spécimens de toutes sortes. Jusqu'au jour où Mary extrait de la pierre un squelette d'ichtyosaure : une découverte fondamentale, qui remet en question toutes les théories sur la création du monde. de quoi irriter la communauté scientifique de l'époque, exclusivement masculine et crispée sur ses préjugés, prompte à tenir la jeune paysanne analphabète à distance. Mais elle ne s'en laissera pas conter...
    Après la jeune fille à la perle, inspiré par le célèbre tableau de Vermeer, Tracy Chevalier reste fascinée par les figures du passé et signe là un roman qui fait revivre la véritable Mary Anning (1799-1847), devenue une célèbre paléontologue britannique. Dans un style qui rappelle celui de Jane Austen, la romancière d'origine américaine lui rend un bel hommage. Mais je reste mitigée… On reconnaît la plume douce, calme et poétique de Tracy Chevalier . Ce roman est intéressant pour différents points de vue, il décrit la position de la femme au début du 19ème siècle, et met en scène les idées, parfois farfelues, de la communauté scientifique et pourtant il manque quelque chose… Tout semble un peu survolé, reste le sentiment d'un récit qui n'est pas allé au bout des choses. Un bon moment de lecture quand même !
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    Critique de qualité ? (16 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par MelWaouMan, le 13 octobre 2011

    MelWaouMan
    Une histoire originale, une écriture fluide et intelligente, Tracy Chevalier signe de nouveau un roman d'une grande finesse et d'une incroyable sensibilité. Elle avait déjà prouvé son talent grâce à la jeune fille à la perle qui figurait comme l'un de mes coups de cœur littéraire, elle le démontre à nouveau avec Prodigieuses créatures, un roman sur l'histoire de deux femmes fascinées par les mystères des fossiles. Son style rappelle Jane Austen mais la comparaison ne s'arrête pas là (L'auteur raconte d'ailleurs une anecdote sur Jane Austen à la fin du roman dans le Post-scriptum). Elle évoque la condition féminine au XIXème siècle dans une Angleterre encore dominée par une société masculine. Des femmes aux caractères bien trempés qui ne se contentent pas de rester assise dans leur demeure et qui n'hésitent pas à se salir les mains.
    Prodigieuses créatures raconte une rencontre entre deux femmes, Mary Anning, venant d'un milieu modeste et dont la famille a connu de nombreux drames, et Elizabeth Philpot, une londonienne venue s'installer avec ses deux sœurs Louise et Margaret, à Lyme Regis, sur la côte du Dorset. Les deux femmes commencent à s'apprécier grâce à leur passion commune : les fossiles. Elles parcourent, pendant des heures, les longues plages de Lyme Regis, à la recherche de « curios » en tout genre, jusqu'à ce que Mary découvre un fossile gigantesque. Ces découvertes vont remettre en question les théories sur la création du monde, une phase importante de l'histoire. Ces incroyables fossiles vont certes régirent l'histoire mais Prodigieuses créatures, c'est aussi l'histoire d'une jeune femme qui va murir et qui va s'enticher d'hommes parfois malhonnêtes et d'une vieille fille, intelligente et acerbe qui désespère de ne pas attirer l'attention du genre masculin. le colonel Birch va entraîner une rivalité entre les deux femmes en quête d'amour, leur amitié va être secouée mais elles resteront deux femmes savantes unis face aux hommes qui ne croient pas en leurs capacités intellectuelles.
    J'ai aimé la sensibilité que dégageait ce bouquin. L'amitié entre Mary et Elizabeth est très sincère et émouvante, les deux femmes sont attachantes par leur caractère fort. Ce sont des femmes courageuses qui s'opposent à leur condition sociale et qui veulent que leur statut change. Elles sont intelligentes et souhaitent que leurs découvertes soient reconnues par les hommes. Ce roman évoque parfaitement l'ambiance qui régnait dans cette Angleterre du XIXème siècle. Etant une adepte de l'écrivain Jane Austen, j'ai apprécié de retomber dans ce romantisme anglais. L'histoire est originale et n'est pas inintéressante comme on peut le penser au premier abord. En effet, les livres sur des chasseuses de fossiles restent peu courants.
    Néanmoins, ce roman ne pas autant plu que la jeune fille à la perle. La chronologie m'a un peu perturbée, l'histoire n'est pas vraiment régulière. L'auteur peut passer plusieurs mois d'une ligne à une autre, ou même plusieurs années. Mary Anning est un personnage intéressant qui m'a tout de même agacée à certains moments, une jeune fille qui entre dans l'adolescence et qui est parfois violente dans ses humeurs. Cependant, n'ayant pas eu l'occasion de lire beaucoup, ma lecture a été un peu hachée, c'est-à-dire que j'ai pris pas mal de temps pour lire ce roman ce qui a rendu mon jugement plus péjoratif que nécessaire. J'aime lire un roman en quelques jours mais lire une vingtaine de page par jour ou tout les deux jours, rend la lecture moins passionnante.

    Lien : http://ladycolette.wordpress.com/2011/10/06/prodigieuses-creatures/
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    Critique de qualité ? (13 votes positifs)
  • Par Fantine, le 30 juillet 2010

    Fantine
    Dans l'Angleterre de début du 19eme siècle, l'auteur trace le portrait d'une société figée dans ses préjugés grâce à l'amitié entre deux femmes totalement différentes.
    En effet, tout les oppose : leur âge, leurs caractères, et, surtout leur condition sociale (l'une est issue du monde ouvrier tandis que l'autre évolue dans le milieu de la "petite" bourgeoisie, et, les deux mondes ne se mélangent pas - on retrouve le même schéma avec la "haute" bourgeoisie et la noblesse - par peur de mésalliance et/ou hypocrisie), mais, elles ont en commun leur dynamisme, leur curiosité et ouverture d'esprit, leur intelligence, et, plus particuliérement leur passion commune pour la recherche des fossiles.
    C'est aussi l'occasion pour l'auteur de décrire la vie quotidienne d'une famille d'ouvrier avec ses joies, sa lutte pour survivre lorsque l'argent fait défaut ainsi que celle de la petite bougeoisie au travers l'histoire des trois soeurs Pilpot, restées vieilles filles un peu contre leur grè après le mariage de leur frère.
    On découvre, également, le monde scientifique, quelque peu machiste car essentiellement masculin. Ce milieu scientifique est à la fois composé par de véritables scientifiques, oeuvrant pour la science et ses découvertes, même si ceux çi sont sûrs d'eux mêmes, de leur(s)
    théorie(s) une fois qu'elle a été établie et reconnue par leurs confrères (mais certains d'entre eux acceptent, malgré tout de se remettre en question lorsqu'ils ont la preuve qu'ils ont tort) ainsi que par de pseudo scientifiques qui se servent de la science pour gagner un maximun d'argent, augmentant ainsi leur profit.
    Malgré tout, ils ont énormément de mal à accepter dans leurs rangs des femmes, et, qu'elles montrent leur intelligence.
    Le théme récurrent de la condition des femmes est, également, évoquée dans ce roman.
    Mary Anning (1799 - 1847) et Elizabeth Pilpot (1780 - 1857) ont, toutes les deux, réellement existé. Piassonnées, littéralement fascinées par les fossiles, et notamment par les fossiles marins, elles ont passé leur vie à arpenter les plages de la petite ville où elles habitaient à "chasser", à collectionner les fossiles.
    Par leurs découvertes - surtout celles de Mary Anning - on peut dire qu'elles ont contribué à la naissance de la paléontologie telle qu'on la connait maintenant.
    Pour la petite histoire, c'est Mary Anning qui est à l'origine de la decouverte, en 1821, d'un squelette d'un plesiosaure (fossile marin).
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    • Livres 5.00/5
    Par Ness, le 19 mars 2011

    Ness
    Mary Anning et Elizabeth Philpot ne sont pas des femmes comme les autres. Tout d'abord elles vivent en Angleterre sous l'ère victorienne et ensuite elles sont des chasseuses de fossiles. Elles vivent en dehors des normes établit. Elizabeth vieille fille issue de la bourgeoisie londonienne et Mary de condition inférieure vont se lier d'amitié sur une plage de Lyme au lieu de la découverte d'ossements préhistorique.
    Chacune à leur façon, elles vont marquer l'Histoire part leurs découvertes scientifiques. Mary sera d'ailleurs, la première femme admise à la Société de Géographie de Londres.

    Outre le coté scientifique, c'est également la condition féminine sous l'ère victorienne que Tracy Chevalier a su mettre en avant dans ce très bon roman. Tout en finesse et subtilité, l'auteur a dévoile uns à uns les différents pans de la vie de ces femmes extraordinaires.
    L'écriture est d'ailleurs tellement bien menée qu' à certains moments, j'ai eu l'impression, moi aussi d'être sur cette plage à la recherche de fossiles.

    Prodigieuses créatures est un magnifique roman et c'est sans attendre que je vais me plonger dans la lecture d'autres ouvrages de cet auteur que j'ai prit plaisir à découvrir.
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Citations et extraits

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  • Par BMR, le 21 septembre 2010

    [...] Nous étions à peine instalées à Morley Cottage qu'il devint évident que les fossiles allaient devenir ma passion. Je devais en effet m'en trouver une : j'avais vingt-cinq ans, peu de chances de me marier un jour, et besoin d'un passe-temps pour occuper mes journées. Il est parfois extrêmement assommant d'être une dame.

    [...] Je me mis à hanter les plages de plus en plus fréquemment, même si, à l'époque, rares étaient les femmes qui s'intéressaient aux fossiles.

    [...] On ne saurait nier que les fossiles constituent un plaisir insolite. Tout le monde ne les apprécie pas car ce sont des restes de créatures défuntes.
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  • Par MissAlfie, le 22 février 2011

    A Lyme, les Henley étaient ce qui se rapprochait le plus de la gentry, mais lord Henley avait encore de la boue sur ses bottes et de la crasse sous ses ongles. Il détenait une collection de fossiles, et quand il découvrit que je m'intéressais au sujet, il fit asseoir à son côté au dîner pour que nous puissions bavarder. Tout d'abord enchantée, je m'aperçus au bout de quelques minutes que lors Helney ne connaissait rien aux fossiles, si ce n'est qu'ils pouvaient être collectionnés et qu'ils le faisaient paraître intelligent et raffiné. C'était le genre d'homme à en imposer par ses pieds plutôt que par sa tête. J'essayais de le faire parler en lui demandant ce qu'était à son avis une ammonite. Lord Henley gloussa, puis avala une grande lampée de vin. "On ne vous l'a donc pas dit, Miss Philpot ? Mais enfin, ce sont des lombrics !" Il reposa bruyamment son verre, afin qu'un domestique s'empresse de lui remplir à nouveau.
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  • Par caro64, le 24 juillet 2011

    À mes yeux, ils ne ressemblaient pas à des serpents, ni à aucun animal que je connaissais. Avançant sur le rocher plat, je progressai avec précaution pour éviter de marcher sur les créatures, même si, de toute évidence, elles avaient péri depuis belle lurette, et n’étaient non plus tant des corps matériels que des esquisses dans la pierre. Il était difficile de les imaginer sous une forme vivante. Elles avaient un aspect permanent, comme si elles avaient toujours été incrustées dans la roche. Si nous habitons ici, me dis-je, je pourrai venir admirer ces créatures quand bon me semblera. Et rechercher sur la plage de plus petites pierres-serpents, ainsi que d’autres fossiles. Ce n’était pas si mal. Pour moi, c’était suffisant.
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  • Par Poulp, le 20 mai 2010

    - Ses yeux sont plutôt grands pour un crocodile, hasardai-je. Ne trouvez-vous pas Lord Henley ? […]
    - C’est simple Miss Philpot. Il s’agit là d’un des premiers modèles créés par Dieu et Il a dut décider de donner aux suivants des yeux plus petits. […]
    - Voulez-vous dire que Dieu l’a mis au rebut ?
    - Je veux dire que Dieu désirait une version plus réussie – le crocodile que nous connaissons aujourd’hui -, et qu’Il a renoncé à cet exemplaire là.
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  • Par anyuka, le 05 juin 2010

    Le nom de Mary ne sera jamais consigné dans les revues ou les ouvrages scientifiques : il sera oublié. C'est ainsi. Une vie de femme est toujours un bon compromis.
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