> Bernard Hoepffner (Traducteur)

ISBN : 2864245779
Éditeur : Editions Métailié (2006)


Note moyenne : 4.33/5 (sur 3 notes) Ajouter à mes livres
Sur la côte ouest de l'Ecosse, Alasdair Mot exploite la petite ferme familiale, seul après la mort de son père et le départ pour la ville de son frère.
Il vit de la pêche au homard. Il aime profondément la nature sauvage et grandiose qui l'entoure. Mais un couple... > voir plus
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Critiques et avis(2)

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    • Livres 4.00/5
    Par chocobogirl, le 14 avril 2011

    chocobogirl
    Alasdair Moor est un homme qui vit seul depuis de nombreuses années sur une petite île écossaise. Installé dans la ferme familiale, il a vu son père mourir, son frère partir au Canada et les autres habitants quitter le hameau pour trouver une vie meilleure et plus confortable à la ville. Désormais il est seul parmi les maisons abandonnées. Mais Alasdair est un homme simple, à l'esprit un peu lent, qui se contente du strict minimum : il dort sur une paillasse de foin, se chauffe à la cheminée et s'éclaire à la lampe à huile. Il vit de la pêche au homard et sa vie est rythmée par les saisons. Ses seuls compagnons sont les quelques bêtes qui occupent l'étable et lui offrent quelque subsistance alimentaire. Seules les discussions en bord de route avec un voisin lui apportent un peu de chaleur humaine et les nouvelles du village.
    "Le Coeur de l'hiver" est un histoire simple : un homme qui vit depuis toujours sans rien demander à personne, en parfaite harmonie avec la nature, se voit devenir la cible d'une haine féroce de manière parfaitement irraisonnée.
    Alasdair est un taiseux de 45 ans. Sa vie de vieux garçon lui convient et les années passent sans que sa manière de vivre ne se modifie. C'est un travailleur de la mer qui a appris à connaître la Nature, ses bontés et ses colères aussi parfois. La moitié du livre est consacré à sa vie quotidienne, à ces petits gestes de tous les jours et son admiration sans cesse renouvelée pour l'immensité des paysages. La petite île est parfois la proie du vent et des tempêtes mais Alasdair en prend toujours son parti. La vie est ainsi faite. Il va vider ses casiers de homards ou reste à terre à s'occuper de sa vache et ses poules.
    L'autre moitié du roman voit l'arrivée de An Sionnach dans la vie de notre personnage et la tension monte inexorablement. Les violences se multiplient et un acte plus destructeur que les autres entrainera Alasdair dans une spirale de vengeance. C'est un homme intrinsèquement bon qui ne comprend pas le soudain accès de méchanceté de An Sionnach qui semble lui en vouloir pour une raison indéfinie. Cette haine féroce qui va connaître une succession d'actes de plus en plus agressifs va entraîner les deux hommes dans une course poursuite finale à l'issue dramatique.
    Justement un nouvel arrivant fait parler de lui : Ann Sionnach s'est installé avec sa femme à Cragaig mais attire l'antipathie de par une attitude détestable. Alasdair n'epprouve qu'un peu de curiosité pour cet homme qui a choisi de vivre dans ce coin reculé et difficile. Pourtant quand ce dernier s'attaque à sa vie et à ce qui fait son quotidien depuis tant d'années, Alasdair ne pourra rester de marbre...
    Voilà un roman qui renoue avec une forme d'écriture très étudiée, qui prend son temps et n'hésite pas à délayer dans de longues phrases des descriptions précises. Un style qui m'a rappelé avec plaisir nos vieux classiques français et leurs phrases à rallonge qui en a lassé plus d'un mais qui m'a toujours convenu !
    La Nature est ici omniprésente et est un personnage à part entière du roman. On plonge avec délectation dans des paysages grandioses qui se dispute à la majesté de la mer.
    La Nature est instable, les saisons passent et l'hiver qui arrive avec son lot de tempêtes préfigure l'affrontement humain qui se dessine.
    "Le Coeur de l'hiver" est vraiment un magnifique roman qui fait la part belle à la Nature et au portrait d'un homme modeste qui se sent partie intégrante de ce grand Tout.
    La langue est belle, poétique et dure à la fois et entraîne le lecteur dans une ambiance de terre perdue du bout du monde. L'intrigue est mince, l'action presque inexistante. Il faut s'accrocher un peu au début pour s'attacher à cet homme taciturne que rien ne semble atteindre. Pourtant, peu à peu, on se laisse emporter sur cette terre âpre et difficile où les hommes doivent batailler pour survivre.
    J'ai beaucoup aimé ce roman mais pourtant je n'en fait pas un coup de coeur. Car ce qui m'a manqué dans cette histoire, c'est l'explication de cette haine qui va tout entraîner sur son passage. Une haine tenace dont les raisons nous paraissent tellement absurdes et les réactions disproportionnées qu'on se plait à attendre une révélation qui éclairerait tout. Pas d'explications pourtant, on ne connaitra pas les raisons de cet homme aveuglé par la rage et nous devrons nous contenter de son inexplicable folie, aussi incompréhensible soit-elle.
    Un très très beau roman (écrit il y plus de 30 ans !!) que je vous recommande !

    Lien : http://legrenierdechoco.over-blog.com/article-le-coeur-de-l-hiver-do..
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  • Par keisha, le 02 juin 2011

    keisha
    La bruyère portait le givre comme une poudre de farine étincelante."
    Sur l'île de Cragaig, Alasdair mène une vie solitaire, rude, pêchant le homard, attaché à ses poules, moutons et vache, échangeant parfois quelques nouvelles avec un voisin éloigné. Il occupe la dernière maison d'un village abandonné, ses parents sont décédés, son frère émigré au Canada. Parvenu à quarante cinq ans, rien ne laissait présager que ses jours n'allaient pas continuer à couler ainsi, ni heureux ni malheureux.
    Jusqu'à l'installation dans l'île de An Sionnach, qui, poussé par la jalousie et la haine, commence à détruire les maigres possessions d'Alasdair.

    Évidemment, un tel récit, abrupt, tragique, de la confrontation entre deux hommes si différents, laisse le lecteur quelque peu déconcerté, tel Alasdair.
    "Comment un homme peut-il être jaloux de lui -au point de le haïr? Lui qui a vécu toutes ces années sans réclamer quoi que ce soit au monde. Lui qui n'a jamais eu que son travail à accomplir et, quand il l'avait accompli, une joie qu'il ne pouvait exprimer. Et le plaisir du repos ensuite. Rien de plus. Il n'en a jamais voulu à personne -d'ailleurs il n'a jamais été suffisamment proche de quelqu'un pour éprouver de la rancune. Que savait-il des autres qui aurait pu l'amener à éprouver des sentiments d'envie ou de jalousie?"
    "Pendant des années sa vie avait été faite de paix et de petits plaisirs tirés de la terre et à présent il se sentait exposé à une menace venue de l'extérieur. Et son désir était d'arracher cette menace, de la chasser."
    Dominic Cooper excelle à montrer les sentiments inconscients et sensations d'Alasdair, sa communion totale avec la nature et les éléments, le malaise et le désir face à la femme d'An Sionnach. Beaucoup de descriptions, mais en usant d'une écriture éblouissante, imagée et précise, rude et poétique. On ne s'étonnera pas que j'aie aimé.
    Cooper réussit à faire voir le brouillard, les vagues à l'assaut des rochers, la neige, le soleil levant, bref, ça passe ou ça casse, je sais, mais quand ça passe, quel bonheur!
    Le récit dense est aéré par les dialogues entre Aulay et Alasdair, qui n'ont rien à envier aux échanges entre paysans dans certaines contrées...
    Les premières phrases :
    "Le soleil. Et ce qui plus tôt ce jour d'automne avait été une explosion de chaleur immense et illimitée était à présent une puissance domptée recouvrant d'une mince couche de cuivre les plaines de l'Atlantique. La lumière scintillante ne cessait de progresser vers la mer, kilomètre après kilomètre, atteignait les rochers et les massifs de la côte, se glissait sur les terrasses de la rive et les traversait, grimpait avec force les cinquante derniers mètres de la falaise où l'herbe et les bouleaux nains avaient été écrasés contre la surface de la terre et puis elle plongeait dans les collines tapissées de bruyère...

    Lien : http://en-lisant-en-voyageant.over-blog.com/article-le-coeur-de-l-hi..
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Citations et extraits

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  • Par chocobogirl, le 14 avril 2011

    Pendant la nuit, la neige fut accompagné d'un vent violent. De sorte qu'au lever du jour, on pouvait voir les visages aux fenêtres, observant avec anxiété une scène de désolation blanche tandis que la neige, poussée par le vent, balayait le pays. A présent le vent rugissait et gémissait, secouait les buissons et la bruyère, fouettait la neige, déjà à terre, la soulevait en tourbillons et en geyser ; et toujours d'autres renforts venaient du nord, de la mer. Sous la brutalité de cette attaque, la campagne prenait une autre forme. A mesure que la neige était chassée des crêtes exposées et qu'elle s'entassait en petites congères dans les creux et les recoins, les contours anciens se modifiaient lentement. Les creux autrefois visibles disparurent ; une déclivité de bruyère noire nouée devenait gris poudré, puis gris blanc avant de se transformer en un moule de blanc pur, ponctué d'épaisses tiges noires.Les petites excroissances rocheuses qui d'habitude passaient innaperçues prenaient tout à coup une importance inconnue parce que leurs facettes verticales ne retenant pas la neige demeuraient comme des points anguleux au milieu des champs de douceur.
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  • Par chocobogirl, le 14 avril 2011

    En contrebas se trouvaient les deux terrasses surplombant la grève, là où la famille de son grand-père avait fait pousser l'orge pour son whisky. Grandes marches vertes contre les collines brunes et la mer hyaline, elles étaient à présent en friche, les sillons dans l'herbe disparaissaient rapidement sous la fougère qui proliférait. C'était là que broutaient les moutons d'Achateny, tels des poux à fourrure éparpillés le long de la côte, leurs bêlement pathétiques se mêlant aux folles menaces des goélands marins, des goélands argents et des corneilles mantelées qui plongeaient, s'élevaient et tournoyaient au-dessus du littoral. Au-delà, les grands donjons crénelés des rochers noirs contrastaient avec les langues de terre et les récifs qui mouchetaient le léger ressac et que la marée était en train de recouvrir.
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  • Par chocobogirl, le 14 avril 2011

    Alasdair avait l'impression que sa vie venait d'être mise en déroute. Il sentait que la routine quotidienne des années avait été détruite par l'arrivée de cet étrange insensé qui paraissait ne connaître ni la peur ni le bon sens. Il se sentait injustement attaqué et harcelé; il voyait même commencer une vie dont la ruse et le secret seraient des composantes importantes. Lui, Alasdair Mor ! lui qui n'avait jamais rien caché à personne durant toutes ses années à Cragaig. Devoir ainsi commencer à se cacher et à surveiller, à attendre et à se protéger dans une guerre dure, locale... Et ainsi dans les méandres fiévreux de son esprit épuisé et tendu, les sourcils d'Alasdair se multiplièrent et proliférèrent.
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Video de Dominic Cooper

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Dominic Cooper : Vers l'Aube
Depuis la fondation Deutsch de la Meurthe à la Cité Internationale Universitaire de Paris, Olivier BARROT présente le livre de l'écossais Dominic COOPER "Vers l'Aube", traduit de l'anglais par Cécile SCHWALLER et publié aux éditions Métailié.L'interview de l'auteur par Olivier BARROT alterne avec des images de l'Ecosse.








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