> Françoise Cartano (Traducteur)

ISBN : 2226137033
Éditeur : Albin Michel (2003)


Note moyenne : 3.6/5 (sur 5 notes) Ajouter à mes livres
Il est des écritures magiques, qui transportent le lecteur parfois très loin sans que rien se passe vraiment : quelques amis et voisins réunis au fin fond de la campagne irlandaise, des mariages, des dîners après la moisson, des soirées au pub, des envies de quitter cet... > voir plus
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Critiques et avis(2)

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    • Livres 4.00/5
    Par Woland, le 04 septembre 2009

    Woland
    That They May Face The Rising Sun
    Traduction : Françoise Cartano
    Extraits
    Personnages
    J'ai lu quelque part que ce roman au titre si poétique était le plus optimiste, le moins désenchanté de son auteur - peut-être le plus apaisé. Et c'est vrai que le rythme en est lent, paresseusement bercé par le cycle des saisons (une année entière en fait), au coeur d'une Nature comme oubliée, près d'un lac dont l'un des personnages-phare, Jamesie, aime beaucoup à faire le tour.
    McGahern met à profit de cette existence si calme, troublée seulement par les grandes ventes de bétail annuelles ou le retour d'un exilé à la terre qui l'a vu naître, pour nous dresser le portrait d'une Irlande rurale à prédominance catholique où chacun connaît son voisin, le critique quand il le faut et le soutient de même mais où, aussi, personne ne renie les racines communes.
    Depuis les Ruttledge - lui est du coin mais son épouse vient des USA - simplement préoccupés de vivre la vie dont ils rêvaient alors qu'ils se traînaient encore de métro en métro, jusqu'à Jimmie Joe McKiernan, ancien membre de l'IRA et tenancier de bistrot, en passant par l'attachant Bill Evans, l'excentrique Jamesie et son épouse, Mary sans oublier l'oncle de Ruttledge, surnommé "le Shah" et le hautain et déstabilisant Patrick Ryan, tous sentent qu'ils appartiennent à une même espèce, à un même pays. Pour le meilleur comme pour le pire.
    Et tous se retrouveront donc, à l'issue du roman, autour de la dépouille de Johnny, le frère de Jamesie, revenu mourir au pays et qui sera, selon l'ancienne coutume, inhumé la tête tournée vers l'est afin que, au jour de son réveil, il puisse voir le soleil se lever avec lui.
    "Pour qu'ils soient face au soleil levant" est un livre qui se lit comme on déguste un bon whisky (ou une crème de whisky Wink ), devant un bon feu bien chaud, à l'heure où les souvenirs et la nostalgie se sont installés avec la nuit. le chat ronronne dans un coin, le chien dort sur le tapis, la pendule tictaque dans les ténèbres du couloir, dehors, le silence s'est fait et le lecteur, livré à sa Mémoire, tend l'oreille pour percevoir, dans le lointain, le pas feutré du Temps qui passe.
    Un beau récit, subtil, parfois déroutant, à ne réserver cependant, je pense, qu'aux inconditionnels de l'Irlande et de la Celtie en général. ;o)
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par HT, le 16 novembre 2011

    HT
    Une année sur les bords d'un lac dans le Nord-Ouest de l'Irlande. Quelques maisons éparses sur les rives sont habitées, d'autres, abandonnées depuis longtemps, s'écroulent. La ville est à plusieurs kilomètres. le récit est centré sur les Ruttledge, un couple revenu s'installer au pays depuis plusieurs années. Autour d'eux gravite une galerie de personnages : un couple de fermiers et amis proches, un oncle riche et taiseux, un vieux valet de ferme exploité par ses patrons, un voisin prédateur de femmes, un maçon qui laisse le travail toujours à moitié fait. Les détails qui font les saisons sont décrits par petites touches, régulièrement. La couleur des eaux du lac, le bruit des oiseaux, les feuilles des arbres. Il ne se passe pas grand chose, autour du lac. Et si c'était ça, le bonheur?
    Cette lecture est déconcertante, l'auteur réussit à nous coller à son texte malgré un manque d'action flagrant. le fil narratif est très ténu, et pourtant, il nous tient. On se prend, comme les personnages, à attendre les nouvelles apportées par les voisins, à s'inquiéter des caprices du temps sur les récoltes, tous les évènements qui marquent une année dans ce coin reculé de l'Irlande.
    Le point de vue narratif m'a semblé un peu maladroit au début, le narrateur ne nous apporte aucun élément de compréhension du contexte, hors des conversations entre personnages. On ne sait pas où on est, quelle est l'époque, qui sont ces gens. le procédé est un peu lourd au début du roman car les personnages sont obligés de livrer une grosse quantité d'information quant au contexte, dans une conversation de tous les jours, ce qui n'est pas naturel. Une fois la période d'introduction passée, la narration fonctionne de manière beaucoup plus fluide.
    Au final un roman à conseiller à des lecteurs patients, qui ont envie de découvrir le monde surprenant et apaisant de John McGahern.
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)

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Citations et extraits

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  • Par Woland, le 04 septembre 2009

    [...] ... - "Bill Evans est l'unique personne que nous ayons croisée la première fois que nous sommes venus du côté du lac," dit Ruttledge.

    - Je me souviens de la tempête," dit Kate [son épouse]. Nous étions dans la voiture du Shah [oncle de Ruttledge] et nous suivions la petite Ford rouge toute cabossée de Jimmie Joe McKiernan. Les vagues passaient par dessus la digue du lac, inondaient le pare-brise, obstruaient les vitres. On entendait seulement la violence. La route était éclaboussée d'écume et le Shah se tordait de rire derrière le volant tandis que la voiture roulait d'ornière en ornière. "Si vous avez décidé de vous couper du reste du monde, cette voie royale vaut bien toutes les douves." Quand il rit de cette façon, on n'entend pratiquement pas un son. Il se secoue simplement sur place, comme une grosse masse gélatineuse. Il se croyait dans une folle chasse au trésor.

    - Nous avions passé la journée entière à voir des endroits. Des maisons vides, des maisons tombant en ruines, une maison sur la montagne, au plancher recouvert de pièges à rats, des pavillons neufs pleins d'enfants. Des rêves en lambeaux, avec un panneau "A VENDRE" devant le portail.

    - Et les gamins par terre qui nous regardaient. Où allaient-ils partir, tous ?

    - En Angleterre. A la ville. ... [...]
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  • Par Woland, le 04 septembre 2009

    [...] ... Alors qu'ils rangeaient les outils avant d'aller au village sacrifier au rituel du verre des fossoyeurs, Ruttledge interrogea Patrick Ryan : "Cela fait-il une grande différence que la tête [du mort] soit placée à l'ouest ?

    - Cela change tout," dit-il, "ou alors rien du tout.

    - De quelle façon ?

    - Vous devriez le savoir, mon cher," dit-il en savourant une si totale maîtrise du cimetière que même la présence de John Quinn [voisin unanimement peu apprécié] passait inaperçue. "Vous avez fréquenté l'école assez longtemps, si j'en crois la rumeur.

    - Le monde est plein de choses que j'ignore," dit Ruttledge.

    - Il s'endort la tête à l'ouest ... pour que, à son réveil, il se lève face au soleil." Regardant un visage après l'autre et se redressant de toute sa hauteur, Patrick Ryan tendit un bras théâtral vers l'est. "Nous croyons à la résurrection des morts."

    L'ombre portée de l'abbaye allait maintenant au-delà de la tombe ouverte, mais la rosace, à l'ouest, vibrait de lumière, envoyant par vagues successives des découpages de lumière vers cette partie du ciel où se levait le soleil.

    - "Vous n'avez jamais oublié, Patrick", dit Jamesie tandis que Ruttledge s'inclinait. ... [...]
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John Mc Gahern
Interview de l'écrivain irlandais John Mc GAHERN.








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