> Henri Thomas (Préfacier, etc.)
> Jean-Louis Lalanne (Éditeur scientifique)

ISBN : 2070318311
Éditeur : Gallimard (1973)


Note moyenne : 4/5 (sur 24 notes) Ajouter à mes livres
Date de publication du livre: 1873

Unique recueil de poèmes de Tristan Corbière, publié à compte d'auteur et qui passa inaperçu. Corbière, qui ne connut aucun succès de son vivant, sera révélé de manière posthume par Verlaine, qui lui consacre un chapitre... > voir plus
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Critiques et avis(5)

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    • Livres 5.00/5
    Par Ys, le 09 mai 2012

    Ys
    Le plus grand coup de foudre de mes années de fac, dans lequel je replonge avec un plaisir jamais abîmé. Et pourtant la poésie ne me touche que rarement. Mais ce verbe heurté, cette ironie mordante, ce cynisme sans espoir, ce mélange de rire et de hantises, de beauté et d'insolence, cette manière de déconstruire la langue et à peu près tout le reste, en tissant au passage des vers si percutants... J'adore.
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    • Livres 4.00/5
    Par vincentf, le 01 juillet 2010

    vincentf
    Poésie hachée, drolatique, jeux de mots et chansons marines, qu'est-ce donc que tout cela ? Corbière se situe à ce moment critique où l'on tue une poésie de l'intérieur pour mieux la métamorphoser. Parfois ça marche, parfois ça ne marche pas. Il y a du Baudelaire dans Corbière, mais du Baudelaire saucissonné par une ponctuation envahissante, qui l'empêche de déployer son lyrisme pour lui préférer la saccade, la brisure, les aboiements des chiens aimés et les planches craquantes des vieux bateaux.
    La rupture avec le souffle romantique est faite. le télégramme devient poème, "télégramme sacré" dans lequel de nombreuses voix prennent la parole, histoire de briser un peu plus encore la monodie du poète lyrique solitaire, dont le discours devient multiple parce que regardé de l'intérieur avec ironie ou cynisme, comme si le fait même d'être poète était une malédiction qui tombait sur quelques loupés, qui rêvent d'être "chien de fille publique" ou "fou, mais pas à moitié" mais qui ne restent que poètes, gens de lettres qui forment bien leurs lettres mais pour rien. Corbière vide la poésie pour l'enrichir. Parfois ça marche, parfois ça ne marche pas.
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    • Livres 5.00/5
    Par Sharon, le 21 mars 2012

    Sharon
    Les Amours jaunes est un recueil méconnu, qui avait pourtant toute l'admiration de Paul Verlaine. Tristan Corbière joue avec les mots, joue avec son propre destin (il se sait condamner), nous montre la vie des marins, celle qu'il aurait voulu vivre et dont la maladie l'a privée. Corbière avait toujours le petit mort pour rire, et savait que les poètes ne pesaient pas lourds.
    Un recueil à redécouvrir.
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  • Par iris, le 15 janvier 2009

    iris
    De la poésie grinçante aux allures de farce de potache écrite par un ado cynique en mal d'amour, mais incroyablement doué pour le sarcasme.
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    • Livres 4.00/5
    Par letendard, le 27 mai 2011

    letendard
    S'il est un poète maudit, c'est bien Tristan Corbière. Mort à 30 ans (1845-1875) dans sa Bretagne natale, incomparablement seul, incomparablement inconnu...

    Lien : http://www.denecessitevertu.fr/2011/04/23/tristan-corbiere-vous-avez..
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Citations et extraits

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  • Par hesperie, le 16 août 2011

    Tristan Corbière – Ça ?


    What ?...

    Shakespeare

    Des essais ? — Allons donc, je n’ai pas essayé !
    Étude ? — Fainéant je n’ai jamais pillé.
    Volume ? — Trop broché pour être relié...
    De la copie ? — Hélas non, ce n’est pas payé !

    Un poëme ? — Merci, mais j’ai lavé ma lyre.
    Un livre ? — ... Un livre, encor, est une chose à lire !...
    Des papiers ? — Non, non, Dieu merci, c’est cousu !
    Album ? — Ce n’est pas blanc, et c’est trop décousu.

    Bouts-rimés ? — Par quel bout ?... Et ce n’est pas joli !
    Un ouvrage ? — Ce n’est poli ni repoli.
    Chansons ? — Je voudrais bien, ô ma petite Muse !...
    Passe-temps ? — Vous croyez, alors, que ça m’amuse ?

    — Vers ?... vous avez flué des vers... — Non, c’est heurté.
    — Ah, vous avez couru l’Originalité ?...
    — Non... c’est une drôlesse assez drôle, — de rue —
    Qui court encor, sitôt qu’elle se sent courue.

    — Du chic pur ? — Eh qui me donnera des ficelles !
    — Du haut vol ? Du haut mal ? — Pas de râle, ni d’ailes !
    — Chose à mettre à la porte ? — ... Ou dans une maison
    De tolérance. — Ou bien de correction ? — Mais non !

    — Bon, ce n’est pas classique ? — À peine est-ce français !
    — Amateur ? — Ai-je l’air d’un monsieur à succès ?
    Est-ce vieux ? — Ça n’a pas quarante ans de service...
    Est-ce jeune ? — Avec l’âge, on guérit de ce vice.

    ... ÇA c’est naïvement une impudente pose ;
    C’est, ou ce n’est pas ça : rien ou quelque chose...
    — Un chef-d’œuvre ? — Il se peut : je n’en ai jamais fait.
    — Mais, est-ce du huron, du Gagne, ou du Musset ?

    — C’est du... mais j’ai mis là mon humble nom d’auteur,
    Et mon enfant n’a pas même un titre menteur.
    C’est un coup de raccroc, juste ou faux, par hasard...
    L’Art ne me connaît pas. Je ne connais pas l’Art.

    Préfecture de police, 20 mai 1873.
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  • Par iris, le 15 janvier 2009

    Sonnet à Sir Bob

    Chien de femme légère, braque anglais pur sang

    Beau chien, quand je te vois caresser ta maitresse,
    Je grogne malgré moi - Pourquoi? - Tu n'en sais rien...
    - Ah c'est que moi, vois-tu - jamais je ne caresse,
    Je n'ai pas de maîtresse,et...ne suis pas beau chien.

    - Bob! Bob! - oh le fier nom à hurler d'allegresse!...
    Si je m'appellais Bob...Elle dit Bob si bien!...
    Mais moi je ne suis pas pur sang. - Par maladresse,
    On m'a fait braque aussi...mâtiné de chrétien.

    -Oh Bob!nous changerons, à la métampsychose:
    Prends mon sonnet, moi ta sonnette à faveur rose;
    Toi ma peau, moi ton poil- avec puces ou non...

    Et je serai sir Bob - son seul amour fidèle!
    Je mordrai les roquets, elle me mordrait, Elle!...
    Et j'aurai le collier portant son petit nom.

    British channel.- 15 may
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  • Par Sharon, le 13 mars 2011

    Petit mort pour rire.

    Va vite, léger peigneur de comètes !
    Les herbes au vent seront tes cheveux ;
    De ton oeil béant jailliront les feux
    Follets, prisonniers dans les pauvres têtes...
    Les fleurs de tombeau qu'on nomme Amourettes
    Foisonneront plein ton rire terreux...
    Et les myosotis, ces fleurs d'oubliettes...
    Ne fais pas le lourd ; cercueils de poètes
    Pour les croque-morts sont de simples jeux,
    Boîtes à violon qui sonnent le creux...
    Ils te croiront mort-Les bourgeois sont bêtes-
    Va vite, léger peigneur de comètes !
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  • Par Mirliton, le 19 avril 2012

    RONDEL

    Il fait noir, enfant, voleur d’étincelles !
    Il n’est plus de nuits, il n’est plus de jours ;
    Dors... en attendant venir toutes celles
    Qui disaient : Jamais ! Qui disaient : Toujours !

    Entends-tu leurs pas ?... Ils ne sont pas lourds :
    Oh ! les pieds légers ! – l’Amour a des ailes...
    Il fait noir, enfant, voleur d’étincelles !

    Entends-tu leurs voix ?... Les caveaux sont sourds.
    Dors : Il pèse peu, ton faix d’immortelles :
    Ils ne viendront pas, tes amis les ours,
    Jeter leur pavé sur tes demoiselles...
    Il fait noir, enfant, voleur d’étincelles !
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  • Par Orphea, le 23 octobre 2011

    Le crapaud

    Un chant dans une nuit sans air…
    – La lune plaque en métal clair
    Les découpures du vert sombre.

    … Un chant ; comme un écho, tout vif
    Enterré, là, sous le massif…
    – Ça se tait : Viens, c’est là, dans l’ombre…

    – Un crapaud ! – Pourquoi cette peur,
    Près de moi, ton soldat fidèle !
    Vois-le, poète tondu, sans aile,
    Rossignol de la boue… – Horreur !

    …– Il chante. – Horreur !! – Horreur pourquoi ?
    Vois-tu pas son œil de lumière…
    Non : il s’en va, froid, sous sa pierre.

    Bonsoir – ce crapaud-là c’est moi.
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