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Anny Amberni (Traducteur)
ISBN : 2757821946
Éditeur : Points (2011)

Note moyenne : 3.93/5 (sur 68 notes)
Résumé :

En 1954, dans une petite ville de Géorgie, éclate un drame racial d'une extrême violence. Parcequ'il ne parvient pas à se faire rembourser, Paris Trout, un usurier, s'en prend à une famille noirequi lui doit de l'argent. Poursuivi par la Justice pour l'assassinat d'une adolescente, Paris Trouts'obstine à nier l'évidence : il n'a fait, selon lui, qu'user de son droit à la légitime défense.

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Critiques, Analyses & Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
lehane-fan
lehane-fan06 septembre 2012
  • Livres 4.00/5
Cotton Point où l'histoire d'un aveuglement primaire - avec de vrais morceaux de racisme dedans – poussé à l'extrême !
Paris Trout – cherchez pas la contrepètrie , y en a pas - sait gérer son commerce . Préteur blanc aussi rusé que persuasif en cas de retard dans les remboursements mensuels indexés sur le cours de la barbe à papa en milieu océanique , camoulox ! , il ne possède qu'un seul et unique véritable petit défaut en affaires , celui de placer ces dernières au-dessus des lois ! Une seule règle prévaut et ce n'est pas celle des longs palabres stériles . Tel Stallone dans Judge Dredd , «  I'm the law «  n'aurait pas détonné plus que cela dans la bouche fétide de ce presque débonnaire négociant . La première erreur d'Henry Ray , jeune noir néo travailleur paléo sans emmerdes de niveau stratosphérique , avoir voulu acheter une tire chez Paris Trout – toujours pas de contrepétrie...Deuxième boulette impardonnable, avoir voulu rouler ce dernier dans la farine de blé noir , la galette s'annonce salée !
Usé , l'usurier décide d'user de son bon droit en allant réclamer son dû chez la famille Ray . le bruit immédiatement perceptible que l'on a pu déceler chez les Ray : bang ! Par deux fois la poudre a parlé  , le son du colt vibrionné , laissant deux corps sur le carreau ! Paris Trout – cherchez pas...bon , faites comme vous voulez – vient encore de prouver , si besoin était , qu'il fallait pas déconner avec l'oseille , surtout la sienne...
Midwest , années 50 . le climat social est encore très loin d'être apaisé . Les tensions raciales , à défaut d'être ouvertement frontales , perdurent dans un quotidien électrique .
Pete Dexter , une fois de plus , focalise son histoire sur les petites gens et leur lot dévastateur d'immondes mesquineries souvent teintées d'une bêtise crasse abyssale, ale , ale , ale ! Si l'histoire en elle-même ne casse pas trois pattes à un homéo , elle prend une nouvelle fois sa source en l'humain que Dexter décrit froidement et sans complaisance ! Une galerie de portraits au cordeau ! Une ambiance sulfureuse dans un monde de privilèges raciaux assumés haut et fort ! Blanc , bien ; noir , pas de bol , same player shoot again . Une plume simple , intimiste et terriblement porteuse ! le gars sait écrire et le prouve une nouvelle fois avec ce conte de la bêtise ordinaire !
En porte étendard d'une sauvagerie inique pleinement légitimée par la couleur de sa peau , Paris Trout ! Personnage haut en couleur , si je puis dire , qui jamais ne se départit de son prétendu bon droit au prétexte qu'une dette est une dette et que rien ni personne ne saurait y échapper , dut-il le payer de sa vie . Personnage froid , hypnotique , totalement ancré dans SA réalité , il écoeure autant qu'il fascine en persistant dans son déni ! Un polar dérangeant , immoral et cynique qui saura vous révolter au plus haut point , le coeur étreint par une salutaire et inextinguible soif d'équité mais , que là , pour la révolte , ben va falloir attendre , y a la roue de la fortune qui commence !
Récit prenant d'une époque misérable aux moeurs douteuses et ségrégationistes , ce bouquin vous en claque une sèchement et le pire , c'est que vous en redemandez !! Ça tombe plutôt pas mal , je compte sur Paperboy pour remettre le couvert . Vas-y Pete , fais-moi mal...
Cotton Point : jeu , set et match !
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LUKE59
LUKE5913 septembre 2012
  • Livres 4.00/5
Scène de racisme ordinaire dans une petite bourgade du sud des Etats-Unis au début des années 50 : Paris Trout, notable, épicier - banquier- usurier de son état , va abattre froidement une adolescente noire en représailles de créances impayées par un membre de sa famille.Contre toute attente, ce sinistre personnage va échapper au pénitencier en raison de l' indulgence d' autorités corrompues ( juges, avocats , policiers...) . l'' auteur dresse là un tableau aussi impitoyable qu' édifiant de cette époque peu glorieuse de l' histoire de son pays.Je retiendrai de ce récit la personnalité très dérangeante de Paris Trout - lequel apparaît au fil du récit , froid, brutal, borné, raciste, pervers, impulsif, retors et en fin de compte paranoïaque - ainsi que le descriptif psychologique minutieux de chacun des protagonistes du récit. Même si on ne peut pas vraiment qualifier ce roman de policier , en l' absence de mystère quant au meurtre initial, le dénouement réserve au lecteur un final inattendu que je ne dévoilerai pas.
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Rodin_Marcel
Rodin_Marcel05 mai 2015
  • Livres 3.00/5
Dexter Pete - "Cotton Point" traduction Anny Amberni – Points, 2011 (ISBN 978-2757821947) -

Précisions préliminaires : ce roman a une histoire éditoriale bizarre. D'après les mentions portées sur les pages de garde, l'original états-unisien a été publié en 1988 sous le titre "Paris Trout" ; la traduction en français a tout d'abord été publiée chez Denoël en 1991, puis rééditée chez L'Olivier en 1998 pour aboutir à une re-publication aux éditions de l'Olivier en 2010 dans la collection "Points" ; il est tout de même plutôt étrange de constater que ce roman fait partie d'une sélection destinée à décerner le "prix du meilleur polar des lecteurs de Points" pour 2011 alors que l'original date de 1988…

Le romancier fait preuve d'une grande originalité d'écriture, d'intrigue et même de thématique, ce qui est plutôt rare dans la littérature policière états-unisienne : ici, pas d'enquêteur consommant des hectolitres d'alcool sans dormir pendant des semaines entières tout en tombant les pin-ups en série, pas de gangster terrrrribles entouré d'une troupe d'hommes de main à la gueule patibulaire. le lecteur a tout de même droit à la scène du procès, qui fascine tant les états-unisiens au point d'être un incontournable cliché même dans les séries les plus vulgaires, mais on le lui pardonne car il ne s'y étend pas.

Ce roman "Cotton Point" n'a d'autre suspens que d'exposer les réactions de chacun des personnages principaux face à un crime raciste commis en 1954, dans une petite ville de Géorgie. En effet, pour recouvrer la dette contractée par le fils aîné de la famille (noire) Ray-Sayers, l'usurier (blanc) Paris Trout n'hésite pas – en représailles – à abattre la fille et une femme noire venue à son secours, car il s'estime dans son bon droit.
Tout le roman tourne ensuite autour des réactions, des attitudes, des décisions que vont prendre les responsables de la petite ville, ainsi que l'épouse de Paris Trout, et l'avocat Seagraves, parfaitement conscient de ce qui s'est réellement passé mais qui va tenter de déguiser les faits pour atténuer la culpabilité de son client.

Un bon roman, qui semble malheureusement toujours d'actualité au vu des informations récentes en provenance des Etats-Unis.
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Godefroid
Godefroid22 novembre 2015
  • Livres 5.00/5
Cotton Point, Géorgie, 1954. Petite ville rurale avec ses notables (maire, shérif, avocat vedette, juge…) et ses bas quartiers faits de masures branlantes habitées par la population noire du secteur. le gros commerçant du coin, c'est Paris Trout, un type sec et taciturne, obsédé par ses biens et par les armes, usurier à l'occasion. Paris vend à un jeune noir nommé Henry Ray une voiture, à crédit. Celui-ci l'accidente (pas de sa faute) et la rapporte à Paris afin que l'assurance qu'il a payée soit sollicitée pour la remettre en état. Paris ne l'entend pas ainsi. Accompagné d'un ancien flic brutal, il se rend au domicile du jeune pour obtenir un engagement à rembourser. Henry Ray n'est pas là, mais Paris Trout veut donner une leçon à ces gens pour qu'ils comprennent bien qu'une dette envers lui se rembourse quoi qu'il arrive. Bref, il tire 4 balles sur Miss Mary, la mère du jeune, et autant dans la petite Rosie Sayers, une pauvre gamine qui n'a connu que la maltraitance et qui venait tout juste d'être recueillie par Miss Mary. Rosie meurt, Mary se rétablit. le crime est ignoble, mais Paris Trout risque bien de s'en sortir sans trop de problème grâce à son avocat "de famille", le célèbre Harry Seagraves.
Portrait d'un bonhomme immonde mais peut-être pas si exceptionnel, portait d'une ville assise sur ses petites traditions (qu'on ne bouscule pas comme ça), portraits de quelques notables qui font l'opinion et la justice, et récit méthodique d'une vie sociale asphyxiante, Cotton Point offre de multiples facettes. le style de Dexter est minimal et intelligent, et l'auteur sait habilement susciter l'émotion lors de scènes paroxystiques avec l'économie de moyen qui le caractérise (le meurtre de Rosie Sayers est particulièrement insupportable). Bref, Cotton Point chamboule, mais le plus important est qu'il révèle l'impasse dans laquelle se fourvoie une société raciste fonctionnant aux passe-droits et au clientélisme, une société dans laquelle les quelques hommes intelligents qui retrouvent en eux un fond d'honnêteté n'ont pas d'autre refuge que leur flasque de whisky. Formidablement noir. Adapté au cinéma sous le titre "Rage".
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Thyuig
Thyuig18 août 2014
  • Livres 4.00/5
A Cotton Point, Géorgie, on n'a pas pour habitude de s'emmerder avec les recouvrements de dettes, surtout quand c'est des négros qui jouent à se sentir plus d'importance qu'ils n'en ont réellement.
Et Paris Trout est le dernier homme de Cotton Point à emmerder sur le sujet. Ce qu'on lui doit, on lui doit. Point. Ce petit merdeux d'Henry Ray, il faut qu'il paye ! Il a signé ! C'est bien la preuve qu'il doit lâcher son fric, que Paris Trout est dans son droit !
Paris Trout.
Rien que le nom fait à la fois rigoler et frissonner.
Car vous le savez, Paris Trout, tout juste soixante balais, va attraper un 45 à son magasin, va y insérer un chargeur plein et bordel, il va venir récupérer son dû. Il a signé ! Il doit payer !
Les années 50, Cotton Point, Géorgie, une ville américaine de plus où la peau d'un Noir ne vaudra jamais celle d'un Blanc. Mais il y a plus encore dans ce roman, il y a une sensibilité exacerbée, il y a ces rapports homme-femme dans le couple marié à une époque où la femme se mue en être libre et n'accepte plus la contrainte.
Pete Dexter réussitindubitablement ici un grand roman noir. Et puis ce nom, Paris Trout.
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Citations & extraits (5) Ajouter une citation
ThyuigThyuig17 août 2014
- Le problème, avec Henry Ray, finit-elle par dire, c'est d'une part son sang, et d'autre part qu'il se croit davantage qu'il n'est.
Rosie ne comprenait pas, elle n'était même pas sûre que cette femme s'adressait à elle.
- Il y a des gens comme ça qui tendent le cou pour se grandir, dit Miss Mary. Ils arrivent à nous tromper, toi, moi, et même parfois à se tromper eux-mêmes, mais un jour quelque chose arrive et ils tentent d'un seul coup de s'accrocher à ce qu'ils prétendent être. (Elle ferma les yeux pour mieux voir des choses qui n'étaient pas de ce monde.) Henry Ray est incapable de regarder les autres et de les comprendre, parce qu'il ne sait pas de quoi il a l'air lui-même.
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LUKE59LUKE5913 septembre 2012
Les élèves soldats avaient toujours l' air pressé, on aurait dit que le temps leur mangeait le corps. Elle se dit qu' elle préférerait ne rien savoir de l' heure plutôt que se sentir dévorée par elle.(p21)
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LUKE59LUKE5913 septembre 2012
Seagraves n' avait pas gardé un souvenir très précis du garçon. Il se rappelait seulement .../....qu' il lui avait toujours paru extrêmement poli, comme quelqu' un qui veut tirer quelque chose de vous.( p99)
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BazartBazart20 avril 2011
Rosie Sayers vivait depuis trois jours avec MARY Mac Nutt lorsque Henry Ray revient avec la voiture.Elle ne lui avait jamais adressé la parole, attendant qu'il commence.
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mimipinsonmimipinson14 juillet 2011
Paris Trout avait, à sa manière des principes.
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