> Anny Amberni (Traducteur)

ISBN : 2757821946
Éditeur : Points (2011)


Note moyenne : 3.92/5 (sur 12 notes) Ajouter à mes livres

En 1954, dans une petite ville de Géorgie, éclate un drame racial d'une extrême violence. Parcequ'il ne parvient pas à se faire rembourser, Paris Trout, un usurier, s'en prend à une famille noirequi lui doit de l'argent. Poursuivi par... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

Critiques et avis(4)

> Ajouter une critique

    • Livres 4.00/5
    Par ph_hugot, le 20 avril 2011

    ph_hugot
    En 1954, à Cotton Point, bourgade de Géorgie, où la ségrégation raciale bat son plein, Paris Trout, commerçant et notable de la ville, a pris pour habitude de prêter aux noirs du coin. Mais lorsqu'il ne récupère pas son argent dans les délais, Paris Trout peut réagir violemment. C'est ce qui va se passer lorsque Henry Ray, un jeune noir demande qui lui acheté à crédit une voiture, la lui rend sans le payer, au motif que celle-ci a été endommagée par un chauffard. Paris Trout décide alors de se faire régler sa dette en allant faire une virée chez Henry Ray, et cette visite se transformera rapidement en carnage, Trout ayant pris une arme avec lui. Rosie Sayers, jeune noire de 14 ans, succombera vite de ses blessures, et Mary McNutt, la mère d'Harry va se retrouver grièvement blessée.

    Dès les premières pages de ce roman, et en fait, dès le nom de son personnage principal, Paris Trout, cette histoire me semblait étrangement familière. Après une rapide recherche, je me suis aperçu que ce roman, écrit en 1988, avait fait l'objet d'une adaptation cinématographique en 1991 avec le grand Denis Hopper dans le rôle de Trout, film que j'avais vu lors de sa diffusion sur Canal plus, il y a près de 20 ans. Sans jamais l'avoir revu depuis, ce film m'est donc resté en mémoire aussi longtemps. Certainement, car c'était une des premières fois qu'une intrigue me captivait autant, alors même que le personnage principal, monstrueux au possible, ne suscitait aucune empathie possible.
    Le livre à l'origine du projet reprend évidemment la trame du film, et le personnage de Paris Trout n'est pas plus sympathique, loin de là,.
    A l'instar du film, le tour de force de ce roman est de parvenir à passionner tout en suivant les faits et gestes de ce Paris Trout, qui commet des actes totalement répréhensibles et immoraux en toute impunité. Cependant, et contrairement au souvenir que j'ai du film, le roman élargit largement les points de vue en racontant plusieurs chapitres selon les voix des personnages autour de Trout, que ce soit d'abord la petite victime de Trout (premier chapitre d'une force incroyable), sa femme, ou son avocat. Lorsque ce procédé est bien maitrisé, c'est souvent jouissif, et ici, force est de constater que ces différentes approches apportent un vrai plus à l'histoire car la psychologie de ces proches de Trout est très subtilement décrite, entre répulsion et attrait.
    Si Trout ne va jamais démontrer aucune once d'humanité, les autres protagonistes auront également des comportements souvent ambivalents, et c'est cette noirceur, dans certains mots ou certains gestes qui, s'ils désarçonnent le lecteur, ne le laisse jamais indifférent. Sans doute, la fin du livre, qui s'enlise quelque peu dans des processus judiciaires un peu complexes, me semble un peu plus faible que le reste, mais en tant que peinture au scalpel d'un microcosme américain qui a existé il ya à peine 50 ans, Cotton Point est absolument saisissant.


    Lien : http://filou49.canalblog.com/
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par mimipinson, le 14 juillet 2011

    mimipinson
    Si à la lecture du premier chapitre vous pensez avoir tout vu, et prétendez avoir une idée de ce que sera l'atmosphère de ce livre, et bien, vous vous trompez lourdement…Il ne s'agit que d'une mise en bouche d'un voyage qui va vous emmener au plus profond de l'âme humaine…
    Ce roman est plus noir que noir, glauque, répugnant, révoltant, scotchant. Il aurait pu me faire fuir dès les premières pages, moi qui d'ordinaire ne suis une adepte de ce genre d'étalage… Et pourtant, j'ai aimé ce livre ; dès les premières pages je m'y suis accrochée, et l'ai lu avec l'appétit qui fait les coups de cœur.
    Pete Dexter dont je découvre l'existence, et la prose, nous assure un voyage épique dans l'Amérique profonde, celle des années 50 , en Géorgie ; le sud raciste, ségrégationniste, misogyne, et élitiste ; le sud indécrottable ; le sud répugnant.
    Avec une écriture incisive, directe, sans décorum inutile, Pete Dexter nous convainc immédiatement, et nous brosse à la perfection la psychologie de nos divers personnages.
    Ce ceux d'ailleurs eux qui donnent leurs noms à chacune des parties qui constituent ce roman.
    9 parties, 6 personnages ; certains reviendront donc plus souvent.
    Trout, l'horreur absolue. Il n'a qu'une loi…la sienne « Paris Trout avait, à sa manière des principes. » Un type que je ne voudrais même pas qu'il croise mon pire ennemi. ; Un pervers, manipulateur, dénué du moindre sens moral, et du moindre sentiment humain, calculateur.
    Hanna, son épouse et quoi s'en mordra les doigts ; une victime impuissante, qui lutte malgré tout autant que faire ce peut.
    Comment ne pas parler de Rosie, victime elle aussi ; la sacrifiée ; coupable d'être noire, pauvre, délaissée par sa propre famille, et, de se trouver au mauvais endroit, u mauvais moment, en face de la mauvaise personne.
    Pete Dexter brosse parfaitement cette société sudiste, corporatiste, où ses membres restent entre soi, mais dont malgré tout on perçoit l'humanité.
    Que dire de cette justice dont l'auteur nous montre les perversions, et les travers ?


    Lien : http://leblogdemimipinson.blogspot.com/2011/07/cotton-point.html
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (0 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par PierreF, le 25 mai 2011

    PierreF
    Ce roman est un roman noir, très noir. Ne cherchez pas une once de pitié ou de dégoût envers les protagonistes de cette histoire. Pete Dexter se veut extrêmement précis dans ses descriptions, analytique dans les situations, et complet dans les psychologies des personnages. Il ne se gêne pas pour faire un portrait au vitriol d'un personnage abominable et ignoble, et si vous pensez que le début du livre résumé ci-dessus est déjà dégueulasse, ce n'est rien par rapport à la suite de l'histoire.
    Pete Dexter ne juge pas ses personnages, mais il les place au centre de l'intrigue, construisant son roman en chapitres donnant le point de vue de chacun : Rosie la petite fille noire de 14 ans assassinée, Hanna la femme de Trout victime de son mari, Harry Seagraves l'avocat de Trout et Carl Bonner l'avocat représentant Hanna pour sa demande de divorce. Chacun a ses motivations propres et n'est (excusez le jeu de mots) ni blanc ni noir. Chaque psychologie est bien construite, complexe, réaliste, horrible parfois, avec des motivations cartésiennes dans un monde qui change.
    Car c'est une démonstration éclatante que nous fait Pete Dexter : L'abolition de l'esclavage puis l'égalité entre Blancs et Noirs va changer la société et les règles qui la régissent mais les gens, eux, doivent changer leur mentalité, ce qui est plus long. Et puis, les riches ont plusieurs moyens de s'en sortir, sachant que Trout est un personnage qui a su se rendre indispensable car gérant le seul commerce de proximité qui fait vivre la ville. Ce Cotton Point se révèle un excellent roman qui amène de nombreuses réflexions.

    Lien : http://black-novel.over-blog.com/article-cotton-point-de-pete-dexter..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Beatrice64, le 27 février 2011

    Beatrice64
    Cotton Point. le Sud de Faulkner. le racisme ordinaire dans les années 50. Une ambiance tendue à l'extrême, entre 4 personnages liés par le meurtre d'une adolescente noire. La haine et la folie intimement liées. On est littéralement happés par l'écriture, dès le début (une épidémie de rage, un renard, la chaleur, une adolescente apeurée), une écriture sous tension, qui rend palpable cette ambiance de violence latente, mais omniprésente. Un roman très fort, un grand écrivain.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (0 votes positifs)

> voir toutes (2)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par ph_hugot, le 20 avril 2011

    Rosie Sayers vivait depuis trois jours avec MARY Mac Nutt lorsque Henry Ray revient avec la voiture.Elle ne lui avait jamais adressé la parole, attendant qu'il commence.
    Citation de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par mimipinson, le 14 juillet 2011

    Paris Trout avait, à sa manière des principes.
    Citation de qualité ? (1 votes positifs)






Acheter sur Amazon

Faire découvrir Cotton Point par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (23)

> voir plus

Quiz