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> Anny Amberni (Traducteur)

ISBN : 2757821946
Éditeur : Points (2011)


Note moyenne : 3.8/5 (sur 49 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :

En 1954, dans une petite ville de Géorgie, éclate un drame racial d'une extrême violence. Parcequ'il ne parvient pas à se faire rembourser, Paris Trout, un usurier, s'en prend à une famille noirequi lui doit de l'argent. Poursuivi par... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par lehane-fan, le 06 septembre 2012

    lehane-fan
    Cotton Point où l'histoire d'un aveuglement primaire - avec de vrais morceaux de racisme dedans – poussé à l'extrême !
    Paris Trout – cherchez pas la contrepètrie , y en a pas - sait gérer son commerce . Préteur blanc aussi rusé que persuasif en cas de retard dans les remboursements mensuels indexés sur le cours de la barbe à papa en milieu océanique , camoulox ! , il ne possède qu'un seul et unique véritable petit défaut en affaires , celui de placer ces dernières au-dessus des lois ! Une seule règle prévaut et ce n'est pas celle des longs palabres stériles . Tel Stallone dans Judge Dredd , «  I'm the law «  n'aurait pas détonné plus que cela dans la bouche fétide de ce presque débonnaire négociant . La première erreur d'Henry Ray , jeune noir néo travailleur paléo sans emmerdes de niveau stratosphérique , avoir voulu acheter une tire chez Paris Trout – toujours pas de contrepétrie...Deuxième boulette impardonnable, avoir voulu rouler ce dernier dans la farine de blé noir , la galette s'annonce salée !
    Usé , l'usurier décide d'user de son bon droit en allant réclamer son dû chez la famille Ray . le bruit immédiatement perceptible que l'on a pu déceler chez les Ray : bang ! Par deux fois la poudre a parlé  , le son du colt vibrionné , laissant deux corps sur le carreau ! Paris Trout – cherchez pas...bon , faites comme vous voulez – vient encore de prouver , si besoin était , qu'il fallait pas déconner avec l'oseille , surtout la sienne...
    Midwest , années 50 . le climat social est encore très loin d'être apaisé . Les tensions raciales , à défaut d'être ouvertement frontales , perdurent dans un quotidien électrique .
    Pete Dexter , une fois de plus , focalise son histoire sur les petites gens et leur lot dévastateur d'immondes mesquineries souvent teintées d'une bêtise crasse abyssale, ale , ale , ale ! Si l'histoire en elle-même ne casse pas trois pattes à un homéo , elle prend une nouvelle fois sa source en l'humain que Dexter décrit froidement et sans complaisance ! Une galerie de portraits au cordeau ! Une ambiance sulfureuse dans un monde de privilèges raciaux assumés haut et fort ! Blanc , bien ; noir , pas de bol , same player shoot again . Une plume simple , intimiste et terriblement porteuse ! le gars sait écrire et le prouve une nouvelle fois avec ce conte de la bêtise ordinaire !
    En porte étendard d'une sauvagerie inique pleinement légitimée par la couleur de sa peau , Paris Trout ! Personnage haut en couleur , si je puis dire , qui jamais ne se départit de son prétendu bon droit au prétexte qu'une dette est une dette et que rien ni personne ne saurait y échapper , dut-il le payer de sa vie . Personnage froid , hypnotique , totalement ancré dans SA réalité , il écoeure autant qu'il fascine en persistant dans son déni ! Un polar dérangeant , immoral et cynique qui saura vous révolter au plus haut point , le coeur étreint par une salutaire et inextinguible soif d'équité mais , que là , pour la révolte , ben va falloir attendre , y a la roue de la fortune qui commence !
    Récit prenant d'une époque misérable aux mœurs douteuses et ségrégationistes , ce bouquin vous en claque une sèchement et le pire , c'est que vous en redemandez !! Ça tombe plutôt pas mal , je compte sur Paperboy pour remettre le couvert . Vas-y Pete , fais-moi mal...
    Cotton Point : jeu , set et match !
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    • Livres 4.00/5
    Par LUKE59, le 13 septembre 2012

    LUKE59
    Scène de racisme ordinaire dans une petite bourgade du sud des Etats-Unis au début des années 50 : Paris Trout, notable, épicier - banquier- usurier de son état , va abattre froidement une adolescente noire en représailles de créances impayées par un membre de sa famille.Contre toute attente, ce sinistre personnage va échapper au pénitencier en raison de l' indulgence d' autorités corrompues ( juges, avocats , policiers...) . l'' auteur dresse là un tableau aussi impitoyable qu' édifiant de cette époque peu glorieuse de l' histoire de son pays.Je retiendrai de ce récit la personnalité très dérangeante de Paris Trout - lequel apparaît au fil du récit , froid, brutal, borné, raciste, pervers, impulsif, retors et en fin de compte paranoïaque - ainsi que le descriptif psychologique minutieux de chacun des protagonistes du récit. Même si on ne peut pas vraiment qualifier ce roman de policier , en l' absence de mystère quant au meurtre initial, le dénouement réserve au lecteur un final inattendu que je ne dévoilerai pas.
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    • Livres 4.00/5
    Par Thyuig, le 18 août 2014

    Thyuig
    A Cotton Point, Géorgie, on n'a pas pour habitude de s'emmerder avec les recouvrements de dettes, surtout quand c'est des négros qui jouent à se sentir plus d'importance qu'ils n'en ont réellement.
    Et Paris Trout est le dernier homme de Cotton Point à emmerder sur le sujet. Ce qu'on lui doit, on lui doit. Point. Ce petit merdeux d'Henry Ray, il faut qu'il paye ! Il a signé ! C'est bien la preuve qu'il doit lâcher son fric, que Paris Trout est dans son droit !
    Paris Trout.
    Rien que le nom fait à la fois rigoler et frissonner.
    Car vous le savez, Paris Trout, tout juste soixante balais, va attraper un 45 à son magasin, va y insérer un chargeur plein et bordel, il va venir récupérer son dû. Il a signé ! Il doit payer !
    Les années 50, Cotton Point, Géorgie, une ville américaine de plus où la peau d'un Noir ne vaudra jamais celle d'un Blanc. Mais il y a plus encore dans ce roman, il y a une sensibilité exacerbée, il y a ces rapports homme-femme dans le couple marié à une époque où la femme se mue en être libre et n'accepte plus la contrainte.
    Pete Dexter réussitindubitablement ici un grand roman noir. Et puis ce nom, Paris Trout.
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    • Livres 4.00/5
    Par ph_hugot, le 20 avril 2011

    ph_hugot
    En 1954, à Cotton Point, bourgade de Géorgie, où la ségrégation raciale bat son plein, Paris Trout, commerçant et notable de la ville, a pris pour habitude de prêter aux noirs du coin. Mais lorsqu'il ne récupère pas son argent dans les délais, Paris Trout peut réagir violemment. C'est ce qui va se passer lorsque Henry Ray, un jeune noir demande qui lui acheté à crédit une voiture, la lui rend sans le payer, au motif que celle-ci a été endommagée par un chauffard. Paris Trout décide alors de se faire régler sa dette en allant faire une virée chez Henry Ray, et cette visite se transformera rapidement en carnage, Trout ayant pris une arme avec lui. Rosie Sayers, jeune noire de 14 ans, succombera vite de ses blessures, et Mary McNutt, la mère d'Harry va se retrouver grièvement blessée.

    Dès les premières pages de ce roman, et en fait, dès le nom de son personnage principal, Paris Trout, cette histoire me semblait étrangement familière. Après une rapide recherche, je me suis aperçu que ce roman, écrit en 1988, avait fait l'objet d'une adaptation cinématographique en 1991 avec le grand Denis Hopper dans le rôle de Trout, film que j'avais vu lors de sa diffusion sur Canal plus, il y a près de 20 ans. Sans jamais l'avoir revu depuis, ce film m'est donc resté en mémoire aussi longtemps. Certainement, car c'était une des premières fois qu'une intrigue me captivait autant, alors même que le personnage principal, monstrueux au possible, ne suscitait aucune empathie possible.
    Le livre à l'origine du projet reprend évidemment la trame du film, et le personnage de Paris Trout n'est pas plus sympathique, loin de là,.
    A l'instar du film, le tour de force de ce roman est de parvenir à passionner tout en suivant les faits et gestes de ce Paris Trout, qui commet des actes totalement répréhensibles et immoraux en toute impunité. Cependant, et contrairement au souvenir que j'ai du film, le roman élargit largement les points de vue en racontant plusieurs chapitres selon les voix des personnages autour de Trout, que ce soit d'abord la petite victime de Trout (premier chapitre d'une force incroyable), sa femme, ou son avocat. Lorsque ce procédé est bien maitrisé, c'est souvent jouissif, et ici, force est de constater que ces différentes approches apportent un vrai plus à l'histoire car la psychologie de ces proches de Trout est très subtilement décrite, entre répulsion et attrait.
    Si Trout ne va jamais démontrer aucune once d'humanité, les autres protagonistes auront également des comportements souvent ambivalents, et c'est cette noirceur, dans certains mots ou certains gestes qui, s'ils désarçonnent le lecteur, ne le laisse jamais indifférent. Sans doute, la fin du livre, qui s'enlise quelque peu dans des processus judiciaires un peu complexes, me semble un peu plus faible que le reste, mais en tant que peinture au scalpel d'un microcosme américain qui a existé il ya à peine 50 ans, Cotton Point est absolument saisissant.


    Lien : http://filou49.canalblog.com/
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    • Livres 5.00/5
    Par mimipinson, le 14 juillet 2011

    mimipinson
    Si à la lecture du premier chapitre vous pensez avoir tout vu, et prétendez avoir une idée de ce que sera l'atmosphère de ce livre, et bien, vous vous trompez lourdement…Il ne s'agit que d'une mise en bouche d'un voyage qui va vous emmener au plus profond de l'âme humaine…
    Ce roman est plus noir que noir, glauque, répugnant, révoltant, scotchant. Il aurait pu me faire fuir dès les premières pages, moi qui d'ordinaire ne suis une adepte de ce genre d'étalage… Et pourtant, j'ai aimé ce livre ; dès les premières pages je m'y suis accrochée, et l'ai lu avec l'appétit qui fait les coups de cœur.
    Pete Dexter dont je découvre l'existence, et la prose, nous assure un voyage épique dans l'Amérique profonde, celle des années 50 , en Géorgie ; le sud raciste, ségrégationniste, misogyne, et élitiste ; le sud indécrottable ; le sud répugnant.
    Avec une écriture incisive, directe, sans décorum inutile, Pete Dexter nous convainc immédiatement, et nous brosse à la perfection la psychologie de nos divers personnages.
    Ce ceux d'ailleurs eux qui donnent leurs noms à chacune des parties qui constituent ce roman.
    9 parties, 6 personnages ; certains reviendront donc plus souvent.
    Trout, l'horreur absolue. Il n'a qu'une loi…la sienne « Paris Trout avait, à sa manière des principes. » Un type que je ne voudrais même pas qu'il croise mon pire ennemi. ; Un pervers, manipulateur, dénué du moindre sens moral, et du moindre sentiment humain, calculateur.
    Hanna, son épouse et quoi s'en mordra les doigts ; une victime impuissante, qui lutte malgré tout autant que faire ce peut.
    Comment ne pas parler de Rosie, victime elle aussi ; la sacrifiée ; coupable d'être noire, pauvre, délaissée par sa propre famille, et, de se trouver au mauvais endroit, u mauvais moment, en face de la mauvaise personne.
    Pete Dexter brosse parfaitement cette société sudiste, corporatiste, où ses membres restent entre soi, mais dont malgré tout on perçoit l'humanité.
    Que dire de cette justice dont l'auteur nous montre les perversions, et les travers ?


    Lien : http://leblogdemimipinson.blogspot.com/2011/07/cotton-point.html
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Citations et extraits

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  • Par Thyuig, le 17 août 2014

    - Le problème, avec Henry Ray, finit-elle par dire, c'est d'une part son sang, et d'autre part qu'il se croit davantage qu'il n'est.
    Rosie ne comprenait pas, elle n'était même pas sûre que cette femme s'adressait à elle.
    - Il y a des gens comme ça qui tendent le cou pour se grandir, dit Miss Mary. Ils arrivent à nous tromper, toi, moi, et même parfois à se tromper eux-mêmes, mais un jour quelque chose arrive et ils tentent d'un seul coup de s'accrocher à ce qu'ils prétendent être. (Elle ferma les yeux pour mieux voir des choses qui n'étaient pas de ce monde.) Henry Ray est incapable de regarder les autres et de les comprendre, parce qu'il ne sait pas de quoi il a l'air lui-même.
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  • Par LUKE59, le 13 septembre 2012

    Les élèves soldats avaient toujours l' air pressé, on aurait dit que le temps leur mangeait le corps. Elle se dit qu' elle préférerait ne rien savoir de l' heure plutôt que se sentir dévorée par elle.(p21)

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  • Par ph_hugot, le 20 avril 2011

    Rosie Sayers vivait depuis trois jours avec MARY Mac Nutt lorsque Henry Ray revient avec la voiture.Elle ne lui avait jamais adressé la parole, attendant qu'il commence.

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  • Par LUKE59, le 13 septembre 2012

    Seagraves n' avait pas gardé un souvenir très précis du garçon. Il se rappelait seulement .../....qu' il lui avait toujours paru extrêmement poli, comme quelqu' un qui veut tirer quelque chose de vous.( p99)

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  • Par mimipinson, le 14 juillet 2011

    Paris Trout avait, à sa manière des principes.

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