ISBN : 2266093088
Éditeur : Pocket (1999)


Note moyenne : 3.84/5 (sur 107 notes) Ajouter à mes livres
"La guerre de 14, je ne l'ai pas connue. Je veux dire, la tranchée boueuse, l'humidité qui traverse les os, les gros rats noirs au pelage d'hiver qui se faufilent entre les détritus informes, les odeurs mélangées de tabac gris et d'excréments mal enterrés, avec, pour co... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Ellcrys, le 18 mai 2010

    Ellcrys
    Voici un roman bouleversant. Ce roman mêlant douleur et horreur est un magnifique témoignage pour tous ces hommes, ces "gueules cassées" (ce terme me fait mal) qui, au-delà de défendre leur patrie, on perdu leur identité afin que l'on conserve la nôtre.
    La guerre de 14-18 fut une guerre d'horreur, de douleur et, cette horreur, cette inhumanité nous la retrouvons dans les pages de ce livre très bien écrit.
    Très vite l'oeuvre de Marc Dugain m'a aspirée dans l'Histoire, ouvrant mes yeux sur le malheur qui s'est abattu sur ces hommes, braves.
    Lire cet ouvrage fut douloureux mais je pense réellement que nous devrions tous le lire. Et puis, Marc Dugain nous montre la force et le courage de ces hommes, qui même dans la terreur et l'épouvante, ils faisaient appel à l'humour (certains passages m'ont fait sourire) pour remonter le moral des nouveaux blessés.
    Marc Dugain nous livre ici, un roman passionnant, cruel, réel et attachant ; car on s'attache à ces hommes qui ont été envoyés dans l'enfer des tranchées, dans l'enfer d'une guerre qui s'est révélée être une horrible boucherie.
    Un livre devoir de mémoire que je suis contente d'avoir lu.
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    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par patachinha, le 24 octobre 2009

    patachinha
    J' ai trouvé ce livre assez touchant. Néanmoins je reste un peu déçue, je m' attendais à quelque chose de plus, un récit plus consistant peut- être...
    Le sujet est très intéressant, soit, mais je trouve que les premières pages sont survolées de façon trop superficielle, tout se passe très vite, en quelques pages le narrateur quitte sa ville natale pour la guerre, et plouf se retrouve déjà dans son hopital avec la tête défigurée. De plus les phrases du début sont assez longues, j' ai trouvé celà rébarbatif pour la compréhension. L' histoire tourne principalement autour de ces cinq années où Adrien et ses compagnons vécurent leur vie en suspens. le futur, à quoi bon y penser après tout, mieux vaut profiter de l' instant présent, que de s' entêter à croire qu' un avenir heureux est possible dans ces conditions.
    Plus on avance dans l' histoire, plus les personnages qui font le noyau du roman sont attachants de part leur humanité, en celà ils m' ont fait un peu penser aux personnages d' ensemble c' est tout, ils se redressent également par la théorie des dominos à l' envers... Adrien, Penanster, Weil et Marguerite, trois hommes et une femme, entre autres, qui ont payé de leur chair le service rendu à la patrie...voilà un portrait caractéristique, réel, dur, poignant de ces milliers d' héros qui ne mourrurent pas sur le coup mais par petite dose, par fragments d' une vie abandonnée à la douleur, la pitié, la compassion, le mépris des autres...
    A quoi bon toutes ces luttes? A quoi bon toutes ces souffrances?
    Des hommes qui croyaient que la guerre était finie à jamais, que leur tâche avait du moins servit à enrayer un conflit ultérieur...Et pourtant c' est en spectateurs impuissants qu' ils assistent à la montée d' une guerre surnoise : l' antisémitisme et ses conséquences dévastatrices, l' apogée d' une horreur dont ils avaient peine à imaginer pire que ce qu' ils supportèrent eux- mêmes.
    Un livre intéressant qui apporte un autre regard sur les guerres en général après tout, puisque chacune comporte son lot de "victimes collatérales".
    Ce livre m' a rappelé à l' occasion une peinture d' Otto Dix évoquée même dans le livre, que j' avais trouvée bizarre mais fascinante lorsque j' avais fait mon Tpe.
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Nanne, le 19 mai 2008

    Nanne
    Lorsque Adrien croise le regard de Clémence sur ce quai de gare bondé de soldats en partance pour le front, il est très loin de s'imaginer qu'il vit ses ultimes instants d'homme jeune, attirant et bien fait de sa personne. Adrien n'a pas fait la guerre. C'est pourtant à cause d'elle que sa vie va être bouleversée.
    Jeune ingénieur officier du Génie, tout juste sorti des Arts et Métiers, Adrien est mobilisé dès 1914. Il est chargé de détecter des sites pour mettre en place des ponts mobiles sur la Meuse. Ce sera sa seule expérience du front. Un éclat d'obus lui arrachera la partie inférieure du visage, le dévisageant définitivement. "Une détonation part tout près. Un sifflement d'un quart de seconde [...]. Je sens comme une hache qui vient s'enfoncer sous la base de mon nez. Puis on coupe la lumière".
    Adrien est envoyé à l'hôpital militaire du Val de Grâce où il va devoir livrer une autre bataille, tout aussi éprouvante bien que différente de l'autre, celle de s'accepter comme une Gueule Cassée. Il inaugure une pièce spéciale, consacrée aux officiers mutilés de la face : La chambre des officiers. Cette salle commune, qui sera son univers pour cinq ans, se remplit petit à petit, au fil des combats et de leurs violences, de blessés estropiés à jamais.
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    • Livres 4.00/5
    Par Peggy, le 22 mars 2009

    Peggy
    C'est très étonnant, mais en lisant ce roman (que j'ai lu d'une traite, à l'occasion d'un long voyage en train), on n'a pas vraiment l'impression de lire un roman, plutôt un journal, une chronique de la guerre de 14, vécue de l'intérieur et de l'extérieur en même temps...
    C'est une histoire très belle, très bien écrite, très juste aussi dans la façon de raconter, sans pudeur, les choses qui passent dans l'esprit de toutes ces "gueules cassées" de la Grande Guerre (la der des Der, mais bien sûr...) à leur retour à la vie civile, avec tout ce que cela suppose d'humiliations à venir... où comment la petite histoire de chacun rejoint la Grande (la cérémonie d'armistice du 11 Novembre par exemple).
    En terminant ce roman, j'ai presque eu du regret, de ne plus l'écouter raconter, Adrien, sa belle histoire de vie quotidienne...
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Sly, le 04 juillet 2010

    Sly
    Un bon livre, mais je pense que j'ai préféré le film. Peut-être est-ce parce que je l'ai lu après.
    L'auteur n'a pas cherché à faire de détour et c'est dans les premières pages que s'installe le thème principal. J'ai aimé cette solidarité qui les a poussés à s'entraider, elles, les personnes aux visages défigurés. Un livre intéressant qui nous plonge dans la vie de ces blessés, mutilés, défigurés par la guerre de 14-18 et qui nous décrit d'une très belle façon leur combat de tous les jours pour s'accepter tel qu'ils sont et leur combat afin de retrouver l'amour malgré leur nouvelle condition. Ce n'ait pas une lecture déprimante qui vous attend. Même si le sujet de l'histoire est tragique, l'auteur a su construire ces phrases de façon à ce que ces passages censés être dur ou triste nous prêtes à sourire.
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)

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Citations et extraits

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  • Par Peggy, le 22 mars 2009

    Je suis réveillé quelques heures plus tard par une douleur si forte et si diffuse que je suis incapable d'en localiser l'origine précise. Mes pieds bougent. Les deux. Les mains aussi. Chacun de mes yeux perce la semi-obscurité. Je suis entier. Avec ma langue, je fais le tour de ma bouche. En bas, elle vient s'appuyer sur les gencives de la machoire inférieure : les dents ont été pulvérisées. Les hauteurs, elles, s'annoncent comme un couloir sans fin ; ma langue ne rencontre pas d'obstacle et lorsqu'elle vient toucher les sinus, je décide d'interrompre cette première visite. C'est tout ce vide qui me fait souffrir.
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  • Par ides60, le 01 juillet 2010

    car moi, le mutilé de la face, je ne vieillirai pas. La guerre m'a fait vieillard à vingt-quatre ans. Je n'ai pas eu le courage de me suicider. J'ai eu le courage de ne pas me suicider. La rancoeur, l'aigreur menacent. Je fais face à l'ennemi intérieur.
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  • Par kaliedamghan, le 06 février 2011

    Trois balles pour trois bonnes raisons de mourir. J'appuie le canon sous mon oreille, le seul endroit indolore de ma tête. C'est une étrange sensation de se sentir à sa propre merci. Un moment privilégié pour réaliser à quel point l'existence se déroule dans la peur de la fin.
    Ce n'est ni l'image de ma mère, ni celle de ma soeur ou de mon grand-père qui m'empêchent d'appuyer sur la détente ; c'est simplement l'idée que je suis en train de terminer un travail commencé par les Allemands.
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  • Par Nanne, le 19 mai 2008

    Nous éprouvions ce sentiment d'extrême liberté qui est l'apanage de ceux qui sont débarrassés de leur image et ont retirés, du voisinage de la mort et de la cohabitation quotidienne avec la souffrance, cette distance avec ce qui rend l'homme si petit et si étriqué.
    Citation de qualité ? (5 votes positifs)
  • Par Wal, le 13 avril 2011

    En ce genre d'occasion, notre petite communauté dégageait une joie de vivre qui surprenait ceux qui avaient toute leur bouche pour rire. Nous buvions, mangeons et fumions plus que de raison. Mais surtout, nous éprouvions ce sentiment d'extrême liberté qui est l'apanage de ceux qui sont débarrassés de leur image et qui ont retiré, du voisinage de la mort et de la cohabitation quotidienne avec la souffrance, cette distance avec ce qui rend l'homme si petit et si étriqué.
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"La province allemande en 1945" : Première partie de l'entretien de Marc du gain pour l'émission Interlignes à l'occasion de la publication de "L'Insomnie des étoiles". Retrouvez l'intégralité de l'interview sur www.interlignes.tv et sur application Ipad.








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