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ISBN : 2266093088
Éditeur : Pocket (1999)


Note moyenne : 4/5 (sur 407 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
"La guerre de 14, je ne l'ai pas connue. Je veux dire, la tranchée boueuse, l'humidité qui traverse les os, les gros rats noirs au pelage d'hiver qui se faufilent entre les détritus informes, les odeurs mélangées de tabac gris et d'excréments mal enterrés, avec, pour co... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par MachaLoubrun, le 11 septembre 2012

    MachaLoubrun
    J'ai acheté La chambre des officiers dans un vide-grenier cet été et je l'ai lu d'une traite.
    Voilà longtemps que je voulais lire ce roman et j'ai beaucoup aimé suivre le long retour à la vie d'Adrien dans « La chambre des officiers ». Marc Dugain nous fait pénétrer avec effroi dans les coulisses de la première guerre mondiale, à travers le sort des « gueules cassées ».
    Pas de glaces au mur bien-sûr. Mais beaucoup de gémissements et de mauvaises odeurs. Les chirurgiens font ce qu'ils peuvent, ils tentent de nouvelles expériences pour redonner à ces jeunes hommes un visage moins effrayant. le temps est suspendu mais pendant ce temps la grande boucherie continue, d'autres blessés graves arrivent encore.
    Les compagnons d'infortune d'Adrien sont dignes et attachants, l'écriture de Marc Dugain est sobre et efficace pour nous faire partager leur indéfectible amitié, leurs douleurs comme leurs victoires. Et toutes les premières fois. le premier regard dans la glace, le premier regard dans celui de sa femme, de sa mère ou de son enfant, la première sortie….
    Mes grands-parents maternels se sont connus avant que mon grand-père parte faire son service militaire pour une durée de trois ans. Ensuite la première guerre mondiale fut déclarée. Mon grand-père fut blessé à plusieurs reprises aux jambes mais à la fin du conflit, ils ont enfin pu se marier. Que ce serait-il passé, au terme de cette belle attente s'il avait été lui aussi une « gueule cassée » ?
    Ce livre est bouleversant car le sujet est d'une rare violence mais il est traité avec délicatesse. On sourit, on espère en lisant ce court roman auquel je repense souvent et que j'ai déjà prêté deux fois.
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    • Livres 5.00/5
    Par Eric75, le 17 mai 2013

    Eric75
    Marc Dugain a bien connu une « gueule cassée » – c'est ainsi que l'on désigne les poilus de la guerre 14-18 atrocement mutilés auxquels il manque des morceaux entiers du visage : nez, yeux, mâchoires… emportés par des éclats d'obus. Cette gueule cassée a marqué son enfance, et pour cause, c'était son grand-père. Ce livre lui est dédié.
    Adrien Fournier, le narrateur, est mobilisé dès 1914. Ingénieur des Arts et Métiers, spécialisé en génie civil, le jeune lieutenant est tout désigné pour accomplir une mission de reconnaissance au bord de la Meuse : identifier les endroits propices à la construction d'un pont mobile. Il part donc au petit matin avec deux sous-officiers ; sur le chemin de halage longeant la Meuse, aucune présence allemande n'est à signaler. Tout à coup, un vilain petit morceau de métal jailli de l'explosion d'un obus fait basculer le cours de sa vie. A son réveil, Adrien, totalement défiguré, est devenu une gueule cassée, un monstre.
    L'histoire du roman est celle de son parcours, non pas vers la victoire militaire en chantant, mais vers la victoire sur lui-même, sur la souffrance, le désespoir, les illusions perdues et le regard des autres.
    Loin du tumulte des batailles, dans sa chambre d'hôpital du Val-de-Grâce, Adrien va devoir surmonter les épreuves, avec l'aide des médecins (qui doivent imaginer des thérapies innovantes, la guerre apportant chaque jour un lot de nouvelles victimes de la boucherie mondialisée), mais surtout grâce au soutien sans relâche de ses camarades d'infortune, Weil, Penanster, et Marguerite, qui parviennent à organiser au fil du temps un formidable système d'entraide psychologique, où l'humour et la dérision prennent le pas sur l'auto-apitoiement. Sous les apparences inhumaines, l'humanité est restée intacte.
    Marc Dugain, dans ce roman court et poignant, accomplit une prouesse d'écrivain. La chambre des officiers est un roman qui prend aux tripes, bouleversant, que j'ai trouvé d'une force incroyable mais aussi d'une grande pudeur. Hymne à l'instinct de survie, à la volonté et au courage, hommage à une génération sacrifiée, aux héros ordinaires partis inconscients et la fleur au fusil faire cette guerre, dont nous allons bientôt commémorer le centenaire, La chambre des officiers est un livre à lire ou à relire.
    Le livre a obtenu le Prix des libraires et le Prix des Deux Magots en 1999 ; le film de François Dupeyron adapté du roman a obtenu deux César en 2002.
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    • Livres 4.00/5
    Par Thorp, le 14 juillet 2012

    Thorp
    Pour le lieutenant de génie Adrien Fournier, la grande guerre a été brève. Première sortie pour imaginer un pont mobile sur la Meuse, « puis on coupe la lumière ». S'ensuivent cinq années à l'hôpital du Val-de-Grâce en guise de sas de réhabilitation humaine, dans la chambre sans miroirs des officiers défigurés (« Dans cette grande salle sans glaces, chacun d'entre nous devient le miroir de l'autre »).
    L'écriture juste de Dugain, à la fois incisive et sensible, excelle pour nous immerger dans cette longue parenthèse de vie, entre états semi conscients du début, opérations, pensées avec en filigrane Clémence, camaraderies naissantes, et retour progressif à la société avec le regard des autres. L'angle fourni par cette antichambre singularise ce court roman, que l'on peut qualifier de récit de guerre ou d'hymne à la vie, selon ses propres facultés à voir les bouteilles à moitié vide ou à moitié pleine.
    A noter qu'il n'est pas dépourvu d'humour, mais il est à éviter si vous cherchez une lecture d'été pétillante. Dans ce cas je vous conseillerai plutôt « Avenue des Géants », dernier opus du même Marc Dugain, récit vivifiant, optimiste et… non c'est pas vrai, je plaisante !!!
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    • Livres 4.00/5
    Par carre, le 16 avril 2012

    carre
    Marc Dugain dans ce premier roman très remarqué rend un magnifique hommage aux soldats dit "les gueules cassées".
    Adrien F., jeune lieutenant dans le génie voit se terminer dès les premiers jours, cette boucherie ignoble que fut la première guerre mondiale, un éclat d'obus lui arrachant la partie inférieure du visage. Rappatrié sur l'hôpital militaire du Val de Grâce, il va devoir livrer une autre bataille tout aussi éprouvante et terrible, redonné à un sens à sa vie. Entre greffes, soins , Adrien se bat entre désespoir et courage. Un formidable playdoyer pour la reconnaissance de la différence, Une leçon d'amitié (avec ces compagnons de douleurs Pierre, Henri) qui vous serre la gorge, une leçon aussi d' hommes qui malgré l'insupportable retrouve goût à la vie.
    D'un écriture sobre, juste, tout en retenue, Marc Dugain écrit un roman en tout point remarquable.
    Dernier point, regardez l'adaptation ciné de François Dupeyron avec Eric Caravaca, très réussie.
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    • Livres 5.00/5
    Par mimipinson, le 12 juin 2012

    mimipinson
    « Car moi, le mutilé de la face, je ne vieillirai pas. La guerre m'a fait vieillir à vingt-quatre ans. Je n'ai pas eu le courage de me suicider. J'ai eu le courage de ne pas me suicider. La rancœur, l'aigreur menacent. Je fais face à l'ennemi intérieur. »
    Dans ce premier roman, Marc Dugain évoque ici un sujet mal connu, rarement évoqué, et qui tombe dans l'oubli avec les années. Il s'inspire largement de sa petite enfance passée au côté d'un grand-père lui-même « gueule cassée », pour nous parler du destin d'Adrien, jeune officier, grièvement blessé dès sa mobilisation lors de la première guerre mondiale.
    C'est Adrien qui nous parle des cinq années passées à être soigné, réparé ; cinq années pour renaitre à la vie, cinq années pour redevenir homme, cinq années non pas pour oublier, mais pour se questionner, se souvenir, mais reconstruire avant tout ; et ce avec les difficultés que le retour à la vie civile impliquent.
    Ce texte court m'a beaucoup touchée autant par son réalisme, que par la volonté de ne pas trop en montrer. le destin de cet homme au mental fort et gai, au caractère pudique et confiant en la vie est mis en lumière avec sensibilité, une simplicité émouvante. Et dans cette noirceur, dans ce malheur, l'humour n'est pas absent.
    Marc Dugain, évoque également en filigrane le destin, lui aussi oublié de ces femmes de l'ombre qui ont mis toute leur âme dans l'accompagnement des soldats, souvent au prix de lourds sacrifices.

    Lien : http://leblogdemimipinson.blogspot.fr/2012/06/la-chambre-des-officie..
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Citations et extraits

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  • Par Eric75, le 17 mai 2013

    - Voyons voir. Destruction maxillo-faciale. Notez, mon vieux ! Béance totale des parties situées du sommet du menton jusqu'à la moitié du nez, avec destruction totale du maxillaire supérieur et du palais, décloisonnant l'espace entre la bouche et les sinus. Destruction partielle de la langue. Apparition des organes de l'arrière-gorge qui ne sont plus protégés. Infection généralisée des tissus meurtris par apparition de pus.
    Il poursuit :
    - Sérions les problèmes ! Risque de gangrène par infection des parties meurtries. Risque d'infection des voies aériennes et régions pulmonaires par manque de protection. Risque d'anémie par difficulté d'alimenter le blessé par les voies buccales et nasales. Conclusion, Charpot : vous me dégagez ce bougre à l'arrière. Direction Val-de-Grâce. A ma connaissance, il n'y a que là qu'on puisse faire quelque chose pour lui. Si la gangrène ne s'y met pas. En attendant, nettoyez les plaies. Faites-lui un ordre de transport par wagon sanitaire. Pas de transport fluvial, ce serait trop long. Essayez de l'alimenter une fois avant le départ, par sonde nasale. Gardez-lui les sangles. Surtout s'il est conscient au moment de le nourrir. Il risque de souffrir.
    - Rien d'autre, major ?
    - Rien d'autre, Charpot. En attendant, ne le laissez pas là. Ses plaies dégagent une telle puanteur qu'il va faire tomber ceux qui tiennent encore debout.
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  • Par Peggy, le 22 mars 2009

    Je suis réveillé quelques heures plus tard par une douleur si forte et si diffuse que je suis incapable d'en localiser l'origine précise. Mes pieds bougent. Les deux. Les mains aussi. Chacun de mes yeux perce la semi-obscurité. Je suis entier. Avec ma langue, je fais le tour de ma bouche. En bas, elle vient s'appuyer sur les gencives de la machoire inférieure : les dents ont été pulvérisées. Les hauteurs, elles, s'annoncent comme un couloir sans fin ; ma langue ne rencontre pas d'obstacle et lorsqu'elle vient toucher les sinus, je décide d'interrompre cette première visite. C'est tout ce vide qui me fait souffrir.
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  • Par ides60, le 01 juillet 2010

    car moi, le mutilé de la face, je ne vieillirai pas. La guerre m'a fait vieillard à vingt-quatre ans. Je n'ai pas eu le courage de me suicider. J'ai eu le courage de ne pas me suicider. La rancoeur, l'aigreur menacent. Je fais face à l'ennemi intérieur.

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  • Par mimipinson, le 12 juin 2012

    « Car moi, le mutilé de la face, je ne vieillirai pas. La guerre m’a fait vieillir à vingt-quatre ans. Je n’ai pas eu le courage de me suicider. J’ai eu le courage de ne pas me suicider. La rancœur, l’aigreur menacent. Je fais face à l’ennemi intérieur. »

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  • Par kaliedamghan, le 06 février 2011

    Trois balles pour trois bonnes raisons de mourir. J'appuie le canon sous mon oreille, le seul endroit indolore de ma tête. C'est une étrange sensation de se sentir à sa propre merci. Un moment privilégié pour réaliser à quel point l'existence se déroule dans la peur de la fin.
    Ce n'est ni l'image de ma mère, ni celle de ma soeur ou de mon grand-père qui m'empêchent d'appuyer sur la détente ; c'est simplement l'idée que je suis en train de terminer un travail commencé par les Allemands.
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