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ISBN : 2266093088
Éditeur : Pocket (1999)

Note moyenne : 3.97/5 (sur 694 notes)
Résumé :
"La guerre de 14, je ne l'ai pas connue. Je veux dire, la tranchée boueuse, l'humidité qui traverse les os, les gros rats noirs au pelage d'hiver qui se faufilent entre les détritus informes, les odeurs mélangées de tabac gris et d'excréments mal enterrés, avec, pour couvrir le tout, un ciel métallique uniforme qui se déverse à intervalles réguliers comme si Dieu n'en finissait plus de s'acharner sur le simple soldat.
C'est cette guerre-là que je n'ai pas con... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (109) Voir plus Ajouter une critique
Macha_Loubrun
Macha_Loubrun11 septembre 2012
  • Livres 4.00/5
J'ai acheté La chambre des officiers dans un vide-grenier cet été et je l'ai lu d'une traite.
Voilà longtemps que je voulais lire ce roman et j'ai beaucoup aimé suivre le long retour à la vie d'Adrien dans « La chambre des officiers ». Marc Dugain nous fait pénétrer avec effroi dans les coulisses de la première guerre mondiale, à travers le sort des « gueules cassées ».
Pas de glaces au mur bien-sûr. Mais beaucoup de gémissements et de mauvaises odeurs. Les chirurgiens font ce qu'ils peuvent, ils tentent de nouvelles expériences pour redonner à ces jeunes hommes un visage moins effrayant. le temps est suspendu mais pendant ce temps la grande boucherie continue, d'autres blessés graves arrivent encore.
Les compagnons d'infortune d'Adrien sont dignes et attachants, l'écriture de Marc Dugain est sobre et efficace pour nous faire partager leur indéfectible amitié, leurs douleurs comme leurs victoires. Et toutes les premières fois. le premier regard dans la glace, le premier regard dans celui de sa femme, de sa mère ou de son enfant, la première sortie….
Mes grands-parents maternels se sont connus avant que mon grand-père parte faire son service militaire pour une durée de trois ans. Ensuite la première guerre mondiale fut déclarée. Mon grand-père fut blessé à plusieurs reprises aux jambes mais à la fin du conflit, ils ont enfin pu se marier. Que ce serait-il passé, au terme de cette belle attente s'il avait été lui aussi une « gueule cassée » ?
Ce livre est bouleversant car le sujet est d'une rare violence mais il est traité avec délicatesse. On sourit, on espère en lisant ce court roman auquel je repense souvent et que j'ai déjà prêté deux fois.
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Eric75
Eric7517 mai 2013
  • Livres 5.00/5
Marc Dugain a bien connu une « gueule cassée » – c'est ainsi que l'on désigne les poilus de la guerre 14-18 atrocement mutilés auxquels il manque des morceaux entiers du visage : nez, yeux, mâchoires… emportés par des éclats d'obus. Cette gueule cassée a marqué son enfance, et pour cause, c'était son grand-père. Ce livre lui est dédié.
Adrien Fournier, le narrateur, est mobilisé dès 1914. Ingénieur des Arts et Métiers, spécialisé en génie civil, le jeune lieutenant est tout désigné pour accomplir une mission de reconnaissance au bord de la Meuse : identifier les endroits propices à la construction d'un pont mobile. Il part donc au petit matin avec deux sous-officiers ; sur le chemin de halage longeant la Meuse, aucune présence allemande n'est à signaler. Tout à coup, un vilain petit morceau de métal jailli de l'explosion d'un obus fait basculer le cours de sa vie. A son réveil, Adrien, totalement défiguré, est devenu une gueule cassée, un monstre.
L'histoire du roman est celle de son parcours, non pas vers la victoire militaire en chantant, mais vers la victoire sur lui-même, sur la souffrance, le désespoir, les illusions perdues et le regard des autres.
Loin du tumulte des batailles, dans sa chambre d'hôpital du Val-de-Grâce, Adrien va devoir surmonter les épreuves, avec l'aide des médecins (qui doivent imaginer des thérapies innovantes, la guerre apportant chaque jour un lot de nouvelles victimes de la boucherie mondialisée), mais surtout grâce au soutien sans relâche de ses camarades d'infortune, Weil, Penanster, et Marguerite, qui parviennent à organiser au fil du temps un formidable système d'entraide psychologique, où l'humour et la dérision prennent le pas sur l'auto-apitoiement. Sous les apparences inhumaines, l'humanité est restée intacte.
Marc Dugain, dans ce roman court et poignant, accomplit une prouesse d'écrivain. La chambre des officiers est un roman qui prend aux tripes, bouleversant, que j'ai trouvé d'une force incroyable mais aussi d'une grande pudeur. Hymne à l'instinct de survie, à la volonté et au courage, hommage à une génération sacrifiée, aux héros ordinaires partis inconscients et la fleur au fusil faire cette guerre, dont nous allons bientôt commémorer le centenaire, La chambre des officiers est un livre à lire ou à relire.
Le livre a obtenu le Prix des libraires et le Prix des Deux Magots en 1999 ; le film de François Dupeyron adapté du roman a obtenu deux César en 2002.
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Under_The_Moon
Under_The_Moon20 juin 2016
  • Livres 5.00/5
En 1914, le lieutenant Adrien Fournier est un beau jeune homme de 24 ans qui s'apprête à partir pour contribuer à l'effort de guerre et défendre la patrie.
Il ne verra pas ou très peu la guerre. Malheureusement pour lui, il fera partie des centaines de milliers de jeunes hommes qui en voulant accomplir leur devoir patriotique sont revenus dans un état qui n'était ni vraiment celui des vivants ni celui des morts.
Marc Dugain nous raconte le terrible quotidien d'Adrien Fournier qui restera à l'hôpital du Val-de-Grâce de 1914 à 1919 pour que les médecins tentent de reconstruire son visage. Entré dans la guerre en jeune homme, il en sortira en gueule cassée.
Ce court roman constitue (pour moi) une excellente surprise ! Il a d'abord le sujet, assez original : faire parler une gueule cassée - un thème aussi vite effleuré, aussi vite oublié lorsque j'étais en cours d'histoire. Tout le long de ces 170 pages, l'action se déroule dans des espaces fermés (principalement l'hôpital et le bordel). Des endroits qui ne constituent pas nécessairement des cocons, mais qui protègent les personnages du monde extérieur et de leurs regards ahuris et embarrassés. On le comprend bien dans les quelques scènes qui ont lieu dans la rue. La rue, si elle n'est pas vue depuis la fenêtre de l'hôpital est un lieu angoissant où l'on s'expose au yeux du monde qui lui a continué de fonctionner.
C'est surtout un roman très émouvant dans lequel on sent la profonde empathie de l'auteur pour son sujet - son propre grand-père ayant été une gueule cassée. Et bien que le sujet ne prête pas à rire, il y a malgré tout beaucoup d'humour dans cette histoire, beaucoup d'ironie notamment (l'ironie étant pas définition un regard oblique). Cet humour fait bien sûr écho aux magnifiques scènes et jeux de regard et de silence qui sont décrits.
Au-delà même de l'histoire de cette convalescence, le point de vue du personnage sur l'évolution de la France des années 1920 à 1940 était très intéressant aussi. le tout est servie par une écriture très simple mais efficace.
Je me demande bien pourquoi j'ai attendu si longtemps pour lire ce roman ! Au -delà de l'aspect littéraire et de cette touchante mise en scène de la vulnérabilité et de l'absurdité, La chambre des officiers est un hommage pudique mais sincère à tous ces jeunes hommes défigurés pour la patrie pour laquelle cette dernière s'est montrée bien ingrate.

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zwyns
zwyns13 mars 2016
  • Livres 3.00/5
Août 14,Adrien Fournier,comme des centaines de milliers de jeunes gens,est mobilisé pour une guerre qui devrait être courte et victorieuse.
Il s'empresse de rejoindre la gare de rassemblement et de départ pour les grands abattoirs à venir.
Fournier,jeune officier,à qui la vie sourit va passer ses derniers moments de bonheur dans les bras d'une femme de conscrit.
Arrivé dans son unité de génie,proche du front qui se dessine,est rapidement envoyé en reconnaissance avec deux de ses camarades.
Une embuscade,les trois hommes sont abattus.Fournier,grièvement blessé va être immédiatement envoyé au Val de Grâce,hôpital spécialisé dans la chirurgie réparatrice du visage.
Adrien a en effet eu la moitié inférieure de la mâchoire arrachée.
Dans la chambre des officiers,il va faire la connaissance de deux compagnons d'infortune.Une amitié indéfectible va naître.Bienvenue au club des Gueules Cassées.
Roman émouvant que celui de Marc Dugain,qui nous raconte le destin de ces jeunes hommes promis à une vie de réussite sociale et à un bonheur familial,et qui vont vivre un enfer quotidien.
A une époque,où la chirurgie réparatrice était balbutiante,ils vont devoir subir le regard des autres,les moqueries,le rejet de la société.Nombre d'entre eux vont se suicider.Les autres vont affronter une vie de proscrits,de lépreux.
Un grand roman de Dugain,qui nous met en face d'une réalité oubliée.Un véritable réquisitoire contre la guerre et ses horreurs.
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Marple
Marple07 mai 2016
  • Livres 3.00/5
Premier roman de Marc Dugain, La chambre des officiers parle des gueules cassées, ces soldats défigurés par des obus, de la guerre, de l'amitié, du désespoir, de la reconstruction, du courage, de la douleur, de la vie.
Avec une justesse, une pudeur et un (quasi) optimisme étonnants et remarquables. Mais sans émotion, ou plutôt sans que les émotions qu'il dépeint fassent naitre une émotion chez moi. On ne peut l'accuser d'indifférence, puisque c'est son propre grand-père, également gueule cassée, qui lui a inspiré ce livre. le problème vient peut-être de moi...
Il n'en reste pas moins que, dépouillé de ses émotions, ce roman se transforme en un reportage sur les ravages de la guerre et sur l'importance des autres dans un processus de résilience. Intéressant, certes, voire même passionnant. Mais pas non plus bouleversant...
Challenge PAL, challenge Atout Prix 6/xx et challenge Petits plaisirs 23/xx
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Citations & extraits (58) Voir plus Ajouter une citation
Under_The_MoonUnder_The_Moon19 juin 2016
Nous avons croisé quantité de jeunes et jolies femmes qui n'ont connu de nous que nos poses sur le bassin, l'odeur fétide exhalée par les blessures de l'intérieur, les expressions simiesques de nos traits déformés, de ces visages qui rient, déchirés par l'acier, au paroxysme de la souffrance.
Certains s'en sont pris à Dieu de les avoir élus pour témoigner de cette destruction de l'identité, d'autres s'en sont remis à lui pour renflouer leur âme naufragée. Nous avons tous maudit l'Allemand et tous avons été convaincus de notre utilité.
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Under_The_MoonUnder_The_Moon19 juin 2016
Les gens défigurés ont ceci de particulier qu'on les remarque, qu'on ne voit qu'eux, et que, dans le même temps, on ne les voit pas.
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Under_The_MoonUnder_The_Moon19 juin 2016
On renvoie chez eux des types au visage vaguement rafistolé, superposition d'escalopes de veaux couturées, greffons animés d'une bonne volonté changeante, et il n'est que la position des yeux pour nous convaincre que leurs visages ne sont pas à l'envers.
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Under_The_MoonUnder_The_Moon19 juin 2016
Tu sais ce que c'est, l'amour, pour des gens comme nous. C'est comme si on nous attrapait par l'intestin et qu'on nous le déroule jusqu'au bout. [...] Tu es comme un soldat pendant l'offensive Nivelle, tu n'as aucune chance.
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Eric75Eric7517 mai 2013
- Voyons voir. Destruction maxillo-faciale. Notez, mon vieux ! Béance totale des parties situées du sommet du menton jusqu'à la moitié du nez, avec destruction totale du maxillaire supérieur et du palais, décloisonnant l'espace entre la bouche et les sinus. Destruction partielle de la langue. Apparition des organes de l'arrière-gorge qui ne sont plus protégés. Infection généralisée des tissus meurtris par apparition de pus.
Il poursuit :
- Sérions les problèmes ! Risque de gangrène par infection des parties meurtries. Risque d'infection des voies aériennes et régions pulmonaires par manque de protection. Risque d'anémie par difficulté d'alimenter le blessé par les voies buccales et nasales. Conclusion, Charpot : vous me dégagez ce bougre à l'arrière. Direction Val-de-Grâce. A ma connaissance, il n'y a que là qu'on puisse faire quelque chose pour lui. Si la gangrène ne s'y met pas. En attendant, nettoyez les plaies. Faites-lui un ordre de transport par wagon sanitaire. Pas de transport fluvial, ce serait trop long. Essayez de l'alimenter une fois avant le départ, par sonde nasale. Gardez-lui les sangles. Surtout s'il est conscient au moment de le nourrir. Il risque de souffrir.
- Rien d'autre, major ?
- Rien d'autre, Charpot. En attendant, ne le laissez pas là. Ses plaies dégagent une telle puanteur qu'il va faire tomber ceux qui tiennent encore debout.
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