ISBN : 2266093088
Éditeur : Pocket (1999)


Note moyenne : 3.83/5 (sur 127 notes) Ajouter à mes livres
"La guerre de 14, je ne l'ai pas connue. Je veux dire, la tranchée boueuse, l'humidité qui traverse les os, les gros rats noirs au pelage d'hiver qui se faufilent entre les détritus informes, les odeurs mélangées de tabac gris et d'excréments mal enterrés, avec, pour co... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par carre, le 16 avril 2012

    carre
    Marc Dugain dans ce premier roman très remarqué rend un magnifique hommage aux soldats dit "les gueules cassées".
    Adrien F., jeune lieutenant dans le génie voit se terminer dès les premiers jours, cette boucherie ignoble que fut la première guerre mondiale, un éclat d'obus lui arrachant la partie inférieure du visage. Rappatrié sur l'hôpital militaire du Val de Grâce, il va devoir livrer une autre bataille tout aussi éprouvante et terrible, redonné à un sens à sa vie. Entre greffes, soins , Adrien se bat entre désespoir et courage. Un formidable playdoyer pour la reconnaissance de la différence, Une leçon d'amitié (avec ces compagnons de douleurs Pierre, Henri) qui vous serre la gorge, une leçon aussi d' hommes qui malgré l'insupportable retrouve goût à la vie.
    D'un écriture sobre, juste, tout en retenue, Marc Dugain écrit un roman en tout point remarquable.
    Dernier point, regardez l'adaptation ciné de François Dupeyron avec Eric Caravaca, très réussie.
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    Critique de qualité ? (19 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par mariech, le 16 avril 2012

    mariech
    La chambre des officiers est l'endroit où se retrouvent les grands blessés de la face , dans ce lieu où il n'y a aucun miroir , les jeunes gens qui se retouvent ici n'ont plus une apparence humaine et sont donc relégués dans un lieu spécialement concu pour eux .
    Ici malgré tout des amitiés se nouent .
    Livre bouleversant , sans pathos , sur ces vies brisées , beau témoignage sur les premiers pas de la chirurgie réparatrice , sur la capacité de surmonter une épreuve .
    Ce livre est un hommage au grand-père de l'auteur .
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    Critique de qualité ? (19 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par patachinha, le 24 octobre 2009

    patachinha
    J' ai trouvé ce livre assez touchant. Néanmoins je reste un peu déçue, je m' attendais à quelque chose de plus, un récit plus consistant peut- être...
    Le sujet est très intéressant, soit, mais je trouve que les premières pages sont survolées de façon trop superficielle, tout se passe très vite, en quelques pages le narrateur quitte sa ville natale pour la guerre, et plouf se retrouve déjà dans son hopital avec la tête défigurée. De plus les phrases du début sont assez longues, j' ai trouvé celà rébarbatif pour la compréhension. L' histoire tourne principalement autour de ces cinq années où Adrien et ses compagnons vécurent leur vie en suspens. le futur, à quoi bon y penser après tout, mieux vaut profiter de l' instant présent, que de s' entêter à croire qu' un avenir heureux est possible dans ces conditions.
    Plus on avance dans l' histoire, plus les personnages qui font le noyau du roman sont attachants de part leur humanité, en celà ils m' ont fait un peu penser aux personnages d' ensemble c' est tout, ils se redressent également par la théorie des dominos à l' envers... Adrien, Penanster, Weil et Marguerite, trois hommes et une femme, entre autres, qui ont payé de leur chair le service rendu à la patrie...voilà un portrait caractéristique, réel, dur, poignant de ces milliers d' héros qui ne mourrurent pas sur le coup mais par petite dose, par fragments d' une vie abandonnée à la douleur, la pitié, la compassion, le mépris des autres...
    A quoi bon toutes ces luttes? A quoi bon toutes ces souffrances?
    Des hommes qui croyaient que la guerre était finie à jamais, que leur tâche avait du moins servit à enrayer un conflit ultérieur...Et pourtant c' est en spectateurs impuissants qu' ils assistent à la montée d' une guerre surnoise : l' antisémitisme et ses conséquences dévastatrices, l' apogée d' une horreur dont ils avaient peine à imaginer pire que ce qu' ils supportèrent eux- mêmes.
    Un livre intéressant qui apporte un autre regard sur les guerres en général après tout, puisque chacune comporte son lot de "victimes collatérales".
    Ce livre m' a rappelé à l' occasion une peinture d' Otto Dix évoquée même dans le livre, que j' avais trouvée bizarre mais fascinante lorsque j' avais fait mon Tpe.
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    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Yumiko, le 31 mars 2012

    Yumiko
    Je n'aurais probablement jamais lu ce livre s'il ne faisait pas partie d'un challenge. La guerre de 14-18 n'a jamais été un thème qui m'attirait, même si j'ai lu quelques livres historiques sur le sujet. Ayant vu beaucoup d'avis positifs sur ce roman, je me suis dit pourquoi pas.
    Adrien est mobilisé dès les premiers jours de la guerre. Alors qu'il part pour une mission de reconnaissance, un éclat d'obus le blesse grièvement et le défigure complètement. Arrivé au Val-de-Grâce où sont traités les cas lourds comme le sien, il va plonger dans les coulisses de la guerre et découvrir l'autre face du conflit…
    A travers ses yeux, le lecteur découvre les douleurs, les opérations, les prémices de la chirurgie esthétique et de la reconstruction faciale. Ces hommes défigurés, sans identités, qui essaient de se reconstruire et de vivre (ou de survivre) malgré le traumatisme. Comment ne pas être horrifié en lisant les descriptions de ces visages qui n'en sont plus vraiment et de leur douleur tant physiques que psychologiques, et en même temps s'émerveiller par le travaille effectué par les chirurgiens alors que cette médecine réparatrice n'en était qu'à ses balbutiements.
    Ce livre est fort, touchant, prenant, horrifiant. Pour ce qui ne connaissent rien aux « Gueules cassées » comme ont été nommés ces survivants, je vous conseille de vous plonger dans ce récit et dans la vie d'Adrien. Et si des descriptions ne vous suffisent pas pour vous imaginer toute l'horreur de cette guerre, une simple recherche sur internet vous permettra de combler cette lacune. Par contre, âmes sensibles s'abstenir, ces photos peuvent choquer et ne sont pas à mettre entre toutes les mains!
    Le style de l'auteur fait honneur au sujet et au récit et nous offre un texte fort et juste. Bien que certains passages aient un peu moins capturé mon intérêt et que le livre soit moins consistant que je l'espérais, je l'ai lu très rapidement et j'ai découvert avec beaucoup d'émotions la vie hospitalière et la reconstruction de ces hommes et femmes si touchants.
    A lire si ce thème vous intéresse et que vous souhaitez en apprendre davantage sans ouvrir un livre d'histoire.

    Lien : http://yumiko.ch/?p=2780
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    Critique de qualité ? (11 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Ellcrys, le 18 mai 2010

    Ellcrys
    Voici un roman bouleversant. Ce roman mêlant douleur et horreur est un magnifique témoignage pour tous ces hommes, ces "gueules cassées" (ce terme me fait mal) qui, au-delà de défendre leur patrie, on perdu leur identité afin que l'on conserve la nôtre.
    La guerre de 14-18 fut une guerre d'horreur, de douleur et, cette horreur, cette inhumanité nous la retrouvons dans les pages de ce livre très bien écrit.
    Très vite l'oeuvre de Marc Dugain m'a aspirée dans l'Histoire, ouvrant mes yeux sur le malheur qui s'est abattu sur ces hommes, braves.
    Lire cet ouvrage fut douloureux mais je pense réellement que nous devrions tous le lire. Et puis, Marc Dugain nous montre la force et le courage de ces hommes, qui même dans la terreur et l'épouvante, ils faisaient appel à l'humour (certains passages m'ont fait sourire) pour remonter le moral des nouveaux blessés.
    Marc Dugain nous livre ici, un roman passionnant, cruel, réel et attachant ; car on s'attache à ces hommes qui ont été envoyés dans l'enfer des tranchées, dans l'enfer d'une guerre qui s'est révélée être une horrible boucherie.
    Un livre devoir de mémoire que je suis contente d'avoir lu.
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Citations et extraits

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  • Par Peggy, le 22 mars 2009

    Je suis réveillé quelques heures plus tard par une douleur si forte et si diffuse que je suis incapable d'en localiser l'origine précise. Mes pieds bougent. Les deux. Les mains aussi. Chacun de mes yeux perce la semi-obscurité. Je suis entier. Avec ma langue, je fais le tour de ma bouche. En bas, elle vient s'appuyer sur les gencives de la machoire inférieure : les dents ont été pulvérisées. Les hauteurs, elles, s'annoncent comme un couloir sans fin ; ma langue ne rencontre pas d'obstacle et lorsqu'elle vient toucher les sinus, je décide d'interrompre cette première visite. C'est tout ce vide qui me fait souffrir.
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  • Par ides60, le 01 juillet 2010

    car moi, le mutilé de la face, je ne vieillirai pas. La guerre m'a fait vieillard à vingt-quatre ans. Je n'ai pas eu le courage de me suicider. J'ai eu le courage de ne pas me suicider. La rancoeur, l'aigreur menacent. Je fais face à l'ennemi intérieur.
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  • Par kaliedamghan, le 06 février 2011

    Trois balles pour trois bonnes raisons de mourir. J'appuie le canon sous mon oreille, le seul endroit indolore de ma tête. C'est une étrange sensation de se sentir à sa propre merci. Un moment privilégié pour réaliser à quel point l'existence se déroule dans la peur de la fin.
    Ce n'est ni l'image de ma mère, ni celle de ma soeur ou de mon grand-père qui m'empêchent d'appuyer sur la détente ; c'est simplement l'idée que je suis en train de terminer un travail commencé par les Allemands.
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    Citation de qualité ? (5 votes positifs)
  • Par nicolopoulos, le 15 avril 2012

    Nous vivions dans le présent... et dans la douleur, qui s'invite sans gêne à tout moment du jour et de la nuit, joue, simule des sorties définitives pour revenir s'imposer avec une violence qui surprend chaque fois...
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  • Par Nanne, le 19 mai 2008

    Nous éprouvions ce sentiment d'extrême liberté qui est l'apanage de ceux qui sont débarrassés de leur image et ont retirés, du voisinage de la mort et de la cohabitation quotidienne avec la souffrance, cette distance avec ce qui rend l'homme si petit et si étriqué.
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