ISBN : 2070776522
Éditeur : Gallimard (2007)


Note moyenne : 3.53/5 (sur 87 notes) Ajouter à mes livres
Au mois d'août de l'an 2000, un sous-marin nucléaire russe s'abîme dans des profondeurs accessibles de la mer de Barents. Vania Altman ferait partie des derniers survivants. Dans un port du cercle polaire, la famille Altman retient son souffle : elle risque une nouvelle... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par caro64, le 16 avril 2012

    caro64
    Le 12 août 2000, le Koursk, sous-marin atomique russe, sombre en mer de Barents alors qu'il effectuait des manœuvres ordinaires. Aucun des 118 marins ne survivra. Après des mois d'enquête, Marc Dugain nous livre un roman au cœur de ce drame russe. Mais cet évènement n'est qu'un prétexte à dérouler l'histoire de la Russie, de Staline à Poutine, ses dérives et ses jeux de pouvoir. Dugain fait revivre l'ambiance de terreur des années soviétiques, il fait parler les morts. Si vous aimez les petites histoires dans la grande Histoire, les récits bien bâtis, le verbe modeste qui n'exclut pas les belles formules, lisez "Une exécution ordinaire".
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    Critique de qualité ? (17 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Woland, le 14 décembre 2007

    Woland
    Le titre de ce roman ne prend tout son sens qu'à sa fin. Jusque là, le lecteur est un peu déstabilisé car le seul reproche que je ferai à ce livre, c'est sa construction hésitante. Marc Dugain nous avait habitués à mieux.
    Le narrateur principal, qui nous jette dès le début, avec sa mère, dans le bureau d'un Staline vieillissant, s'appelle Pavel Altman. Par son grand-père maternel, il est juif et il vit dans la Russie de Poutine, là où se réveille l'anti-judaïsme. Mais disons que sa judéité n'est pas pour lui le point le plus important, loin s'en faut - alors que sa fille, Anna, captivée par le mirage israélien, finira par obtenir son visa pour la Palestine.
    Le but poursuivi par Pavel est de convaincre le lecteur que, de Staline à Poutine, pratiquement rien n'a changé en Russie. Sauf qu'y règne désormais une mafia toute puissante et qui a accès à tous les niveaux de la société. Et que, pour lui survivre, le plus modeste des particuliers doit savoir, à l'occasion, se transformer en tueur sans état d'âme.
    Pour ce faire, il dépeint donc sa mère, urologue qui avait des talents de guérisseuse et que Staline prend comme médecin personnel mais secret lorsque commencent les procès des années 50 contre les médecins juifs. Sur l'ordre paranoïaque du Vojd, elle fera croire à son mari que, lorsque les miliciens viennent la chercher à n'importe quelle heure de la nuit, c'est pour la mener à son amant, membre influent du Parti. A son travail, elle ne pourra pas non plus dire où elle se rend lorsqu'elle s'absente et deviendra l'objet d'une enquête menée par le KGB. On torturera même son mari pour obtenir des renseignements sur les rendez-vous secrets de sa femme ... La folie rusée de Staline est ici décrite avec un talent qui vous glace le sang.
    Mais Staline meurt et la mère de Pavel retrouvera son mari, non sans avoir croisé, dans la datcha de "l'homme d'acier", le cuisinier de celui-ci lorsqu'il vient annoncer la naissance de son petit-fils, Vladimir Vladimirovitch Plotov.
    Là, l'histoire bifurque sur deux militaires qui discutent justement de ce Vladimir Plotov, devenu entre temps agent de renseignements.
    Puis, on revient à la narration de Pavel, à sa vie familiale, aux problèmes de santé de sa femme (qui souffre de problèmes de mémoire), à sa fille, Anna, journaliste dans une station de télévision de la Russie d'après-le Mur et puis à son fils, Vania, qui était sous-marinier.
    Et peu à peu, on comprend que Vania est mort dans le naufrage de l'"Oskar", un sous-marin nucléaire disparu en période de grandes manoeuvres sans que l'on sache exactement ce qui avait provoqué l'explosion première, cause de sa chute dans la mer de Barents.
    Par la suite, on retrouvera les deux militaires, un peu plus vieux et plus gradés, parlant toujours de ce Plotov devenu le successeur de Boris Eltsine. Et Plotov lui-même interdisant qu'on accepte l'aide de sous-mariniers britanniques pour sauver les vingt-trois hommes qui auraient pu l'être dans l'épave de l'"Oskar." Une exécution ordinaire, par raison d'Etat, pour que le prestige de la Russie ne soit pas une fois de plus mis à mal.
    C'est un roman qui se lit bien et qui a vraiment de très beaux moments - le paragraphe final est d'un cynisme et d'une tristesse exemplaires. La personnalité de Staline est superbement rendue - à mon sens. Celle de Plotov-Poutine aussi mais le parallèle évident avec Staline me semble moins bien trouvé. Quoi qu'il en soit, le récit manque - à mon avis - de cette unité que l'on peut apprécier dans "La malédiction d'Edgar."
    Ce qui ne m'empêchera pas de lire le prochain Dugain. ;o)
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    • Livres 5.00/5
    Par lolie77, le 25 avril 2012

    lolie77
    L'histoire se déroule pendant l'époque de l'URSS (sous Staline) et après la chute du monde soviétique (sous Poutine). le destin d'une famille qui se mêle sans le vouloir et sans le provoquer aux hautes autorités de l'État. Au départ, les drames des arrestations dans la Russie Soviétique, ensuite le naufrage du sous-marin dans la mer Baltique, loin de tout, isolé. Ce roman est une fiction, Poutine n'est pas désigné comme tel, mais le naufrage du sous-marin ayant, malheureusement, bien eu lieu, et la description faite par l'auteur est évidente font clairement apparaitre le chef d'État, ex-membre du KGB.
    Ce livre n'est pas fait pour être gai. il n'enchante pas, mais il pose des vraies questions, amène des vérités cachées. Et elles sont assourdissantes. Que s'est-il vraiment passé?Pourquoi ces réactions?
    J'ai tout bonnement adoré ce lire. Il mêle tout ce que j'aime, l'histoire contemporaine russe, de la politique, sous le couvert d'une saga familiale.
    C'est un véritable coup de cœur.
    J'ai été subjugué, et le terme est juste et pas trop fort, par le style d'écriture. J'ai réussi à saisir l'ambiance, la tonalité, la gravité de chaque scène. J'ai été émue par l'histoire de cette famille qui n'a rien demandé à personne, mais qui est au cœur d'un monde sournois, vicieux.
    L'auteur est extrêmement doué pour le choix des mots, des périphrases. Toute l'intensité est dans les mots et dans les conversations entre les personnages. J'ai noté des dizaines de citations pertinentes pour l'histoire, la géopolitique et pour les sentiments des personnages (et du lecteur).Des citations qui marquent, et facile à comprendre. Chaque mot est pesé, et à sa place. Pas une fois, j'ai trouvé une scène bancale, inadéquate ou hors contexte. C'est écrit d'une main de maître!
    Je n'ai jamais été touchée par un texte, par le choix des mots et la proportion qui leur a été donné par l'auteur. Cette fois, c'est fait, et c'est bouleversant.
    Je viens de découvrir qu'un film a été fait par l'auteur lui-même... retrouver ces personnages et voir l'adaptation qui en a été faite, c'est risqué... Mais certain, sans aucun doute!
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    • Livres 4.00/5
    Par Missbouquin, le 05 septembre 2011

    Missbouquin
    L'auteur : Né au Sénégal en 1957, il publie son premier roman en 1998, La chambre des officiers. Depuis, il a traité des thèmes extrêmement variés, et a été récompensé par le Prix des Libraires, le Prix des Deux-Magots, le Grand Prix RTL-Lire. de plus, deux de ses livres ont été adaptés au cinéma, dont celui que je vous présente ici ...
    Le livre : Ce livre est composé de sept histoires au cours desquelles l'auteur retrace une partie de l'histoire de l'URSS et de la Russie au XXe siècle, à travers trois générations d'une famille. En effet, à partir de l'histoire de l'urologue et de Staline (qui a été reprise par le film du même nom), il nous conduit jusqu'aux portes du XXIe siècle avec la catastrophe du sous-marin Koursk K-141 qui coula en 2000. L'alternance des voix (la mère du narrateur, des officiers staliniens, le marin coincé dans le sous-marin, etc.) donne une profondeur essentielle au récit, qui n'est ainsi pas répétitif mais continuellement enrichi; et rajoute à l'élégance et à la fluidité de la plume de l'auteur.
    Ce que j'en pense :
    Les nouvelles sont toutes très intéressantes, elles se complètent et permettent de cerner la manière dont fonctionnait la société russe à l'époque. Par exemple, on prend conscience de la terreur psychologique qui régnait sous le stalinisme, de la lourdeur bureaucratique sous les successeurs de Staline, mais également le peu d'améliorations de la vie quotidienne après la chute de l'URSS. En effet, on a l'impression que la société russe n'a pas changé en 2000 par rapport aux années 1950 : les libertés d'expression et d'opinion ne sont toujours pas acquises; des logements sont occupés par plusieurs familles, qui n'ont pas forcément toutes les commodités; les politiques musellent les voix individuelles; etc.
    J'ai pour ma part été bouleversée par l'histoire du sous-marin qui a sombré, que je ne connaissais pas. Pour une fois je vous conseille l'article de Wikipédia qui expose très clairement les thèses et les contre-thèses que l'on voit apparaître dans le livre sur les raisons de son naufrage. de plus, Marc Dugain a réussi le pari de nous intéresser à cet accident lointain en plongeant dans la douleur même d'une famille d'un des marins disparus. Certes, cela joue peut-être un peu trop sur la corde sensible des lecteurs, un peu facilement, mais sans trop insister, et il montre d'ailleurs bien que ce n'est pas le cœur du sujet.
    Au final c'est un livre très riche, qui montre une réelle maîtrise de son sujet par l'auteur, et qui nous entraîne efficacement dans les méandres de la société russe."Dans notre pays, on craint autant la parole des morts que celle des vivants, et on lui attache une importance telle qu'un mort n'est enterré que s'il n'a vraiment plus rien à dire."

    Lien : http://missbouquinaix.wordpress.com/
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    • Livres 4.00/5
    Par carre, le 11 février 2012

    carre
    Grande épopée de la Russie contemporaine, l'on se rend compte que la paranoia Stalinienne est encore bien présente dans les esprits en ce début du vingt et unième siècle. Un sous-marin vient de connaitre un grave incident, aucun survivant ne remontera à la surface. Tiré de la catastrophe du Koursk,
    Dugain montre que le secret prédomine bien au delà des vies humaines. Un récit parfaitement rythmé que l'auteur de "La malédiction d'Edgar" mène de main de maitre. Son récit montrant jusqu'ou peut mener l'absurde et ou ces gouvernants sont bien loin d'avoir fermer la porte au dictatisme. Glaçant et passionnant.
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Citations et extraits

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  • Par Pchabannes, le 08 janvier 2009

    (de mes années d’enseignement) Il reste toutefois celui des conseils de classe, en fin d’année, à l’époque soviétique, quand le chef d’établissement demandait de majorer les notes, pour que le maximum de nos élèves passent dans la classe supérieure et que le lycée remplisse les objectifs assignés par le plan. p 219
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  • Par carre, le 11 février 2012

    La terreur requiert un dosage subtil, sinon nous sommes obligés de tuer beaucoup trop de monde, et je le répétais encore ce matin au Politburo, elle doit être perçue comme un phénomène irrationnel du point de vue des ses victimes, mais elle est un phénomène quasi scientifique du point de vue de ceux qui l'infligent, sinon, c'est n'importe quoi.

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    Citation de qualité ? (4 votes positifs)
  • Par lolie77, le 21 avril 2012

    Depuis la Révolution, j'ai fait arrêter, déporter, parfois exécuter beaucoup d'épouses de mes principaux collaborateurs qui l'ont bien compris, car ils savaient que je ne faisais pas cela pour leur nuire. Bien au contraire, je voulais les affranchir du risque de voir leur jugement altéré par des conjoints qui ne peuvent avoir le sens de l’État comme eux.
    Citation de qualité ? (3 votes positifs)
  • Par Pchabannes, le 08 janvier 2009

    J’ai vu qu’ils (les américains) n’avaient au fond aucune indulgence pour la subversion. Ils se contentaient de la récupérer, d’en faire un marché. Qu’importe qu’un chanteur avec une guitare vomisse sur l’Amérique devant un parterre de dizaines de jeunes ébouriffés. En quelques mois on le transforme en produit et le contestataire finit en bienfaiteur d’une association caritative. p 130
    Citation de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par alicejo, le 10 mai 2010

    La marine n'était pas encore capable de dresser la liste des disparus [...] car deux équipages se partageaient en temps normal l'Oskar et ils ne savaient pas lequel avait pris place dans le sous-marin. Il faut avoir entendu ce genre de propos une fois dans son existence pour réaliser à qui nous avions confié la vie de nos êtres chers. Rendez-vous compte, la marine a besoin de temps pour savoir qui a embarqué sur un de ses sous-marins nucléaires. [...] Du tragi-comique, nous sommes passés sans transition à la tragédie.
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