> Isabelle Maillet (Traducteur)

ISBN : 2264046244
Éditeur : 10 X 18 (2008)


Note moyenne : 4.07/5 (sur 57 notes) Ajouter à mes livres
La famille Lucas vit dans le nord du Wisconsin, belle terre oubliée peuplée d'ouvriers européens immigrés et d'Indiens ojibwés. En 1967, le père, John Lucas, miné par l'alcool, laisse leur ferme se délabrer et s'acharne violemment contre sa femme et ses deux fils ; l'aî... > voir plus
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Critiques et avis

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  • Par InColdBlog, le 09 septembre 2010

    InColdBlog
    La famille constitue une source romanesque intarissable.
    Une fois encore, avec Wisconsin, c'est une chronique familiale sur plusieurs décennies (1967 ; 1983 ; 2000), avec son lot de dysfonctionnements et de non-dits, qui m'a emporté au fil des pages et m'a touché au cœur.
    Alors que dans les premiers temps je pensais me régaler d'une savoureuse chronique rurale, à la Tom Sawyer et Huckleberry Finn, la violence s'est invitée assez rapidement dans une scène où James et son copain Terry s'en prennent à une tortue alligator, tandis que le petit Billy assiste impuissant à l'agonie de la bête, la gueule sanguinolente, explosée par les pétards que les deux plus grands avaient placés.
    Puis, c'est le retour à la ferme, où les enfants doivent faire face à la brutalité de leur père, un alcoolique qui méprise ses enfants et frappe sa femme, qu'il tient pour responsables de ses propres échecs et de sa vie ratée.
    Tandis que sa mère et son jeune frère font profil bas pour mieux laisser passer les foudres paternelles, James est le seul à s'opposer frontalement à John Lucas. C'est en partie pour le défier qu'il se porte volontaire pour le Vietnam, sans avoir pleinement conscience de troquer l'enfer familial pour un autre enfer : la jungle vietnamienne et son conflit sans merci. Il y a dans cette partie du récit certaines des pages les plus fortes du roman.
    En abordant les thèmes traditionnellement liés à l'exploration familiale (secrets familiaux, fraternité, filiation, transmission inter-générationnelle…) sous l'angle de la violence et de ses différents visages (violence conjugale, guerre, alcoolisme, racisme…), Mary Relindes Ellis livre un premier roman dense et mélancolique, tout en sensibilité, pas pleurnichard ni misérabiliste.
    Avec pudeur, les différents protagonistes de Wisconsin prennent tout à tour la parole. le mal-être est palpable, les blessures à vif. La difficulté à communiquer avive les souffrances. Les silences dissimulent mal les douleurs enfouies.
    Mary Relindes Ellis montre comment, sur les terres arides du Wisconsin, l'homme n'a d'autre choix que d'endosser son rôle de mâle, tout à la fois prédateur et protecteur, attribué d'office à la naissance. Prisonnier de ce rôle, John Lucas se retrouve de facto dans l'impossibilité d'exprimer ses sentiments, de montrer ses failles. Il transformera sa frustration en violence, contre lui-même (alcoolisme) et contre les autres.
    Comme son père, Bill, de loin le plus fragile des deux frères, connaîtra à l'adolescence une période alcoolisée autodestructrice. Aux yeux des autres habitants du village, cela ne fait pas un pli : tel père, tel fils. Comme s'il était condamné à reproduire les erreurs de son géniteur. Ernie et Rosemary, épaulés par Claire, vont l'aider à briser la fatalité.
    Omniprésent, le cadre naturel majestueux du Midwest agit comme un baume apaisant sur les blessures de l'âme. C'est dans la nature toute puissante que les différents personnages puisent les forces nécessaires pour continuer le chemin de leur vie.
    Grâce à elle, Claire ne perdra pas totalement la raison. C'est aussi là, au cœur de la forêt, qu'Ernie vient se ressourcer selon les croyances amérindiennes de son grand-père. Dans cette forêt, l'esprit des morts parle aux vivants et s'incarne même parfois pour leur indiquer la voie, comme cela sera le cas pour Bill.
    Avec simplicité et justesse, Wisconsin fait gonfler d'émotion le cœur du lecteur. le parcours des protagonistes est douloureux mais jamais plombant, car l'envie de vivre et le besoin de poursuivre sa route quoi qu'il arrive sont les plus forts. Plus forts que l'héritage familial, plus forts que les blessures physiques et psychiques.
    Avec, au bout, l'espoir.
    Un très beau roman à lire avec Elvis Presley, Roy Orbison, Simon & Garfunkel en bande-son (ou l'excellente compilation Summer of the 60s éditée par Arte

    Lien : http://www.incoldblog.fr/?index/oeuvres/Wisconsin
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    • Livres 4.00/5
    Par carre, le 31 décembre 2011

    carre
    Je viens de terminé la lecture de " Wisconsin" et je suis encore sous l'émotion de ce magnifique roman de Mary R. Ellis.
    A travers le destin de deux familles les Lukas, écrasé par un père violent et alcoolique et les Morrisseau (dont les fils Lukas vont trouver réconfort et amour dans leur ferme voisine), l'on suit les drames de leur vie, de la guerre du Vietnam au début du troisième millénaire.Le tout bercé par une nature splendide et somptueuse. Un roman qui brassent de nombreux thèmes avec pudeur et retenue, tour à tour Ellis donne la parole aux différents protagonismes et l'on est pas près d'oublier James, Billy, Ernie, Rosemary ou Claire.
    Comme le dit Eric Neuhoof en quatrième de couverture :"On a envie de le prêter à tout le monde, de se facher avec ceux à qui il ne plaira pas".
    Un premier roman fort et envoutant.
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    • Livres 3.00/5
    Par KDO, le 31 août 2009

    KDO

    Au milieu des terres arides du Wisconsin, vit la famille Lucas, une famille comme il en existe avec un père alcoolique, une mère folle et 2 enfants qui grandissent au gré des coups. Cela pourrait paraitre très stéréotypé et pourtant, on découvre qu'il s'agit de personnages bien plus complexes qu'il n'y parait. Même si le père, John Lucas , apparait comme un être abjecte, on le prend en pitié quand on découvre qu'il a toujours manqué d'amour paternel et a été élevé dans l'idée que sa mère , morte en couche, l'avait abandonné .La mère ,Claire, femme instruite ,s'est laissée petit à petit enfermer dans cette ferme et se sert de la folie pour se protéger. Quant à Bill, le fils cadet, très attaché à son grand frère, trouve refuge dans la nature du Wisconsin recueillant une multitude d'animaux. La disparition au Viet Nam du fils ainé, James, sera un accélérateur quant à l'implosion de la famille. A partir de la, ils survivent s'enfonçant de plus en plus dans leur penchant naturel, l'alcool, la folie ou la nature. Comme disait la mère, "Mieux vaut vivre avec ses blessures q de mourir".
    La, au fin du Wisconsin, se présentent deux options: soit on referme le livre tant il est noir et on ne voit pas ce qui pourrait en découler, on a l'impression de tourner en rond ; soit on s'accroche et.... comme le phénix renait de ses cendres, une main est tendue et on voit une lueur au bout du tunnel.... Comme quoi, malgré les épreuves, chacun peut s'en sortir (mais il faut le tempsss !!!) .Ce qui m'a fait tenir dans ce livre, c'est à la narration a plusieurs voix, elle étonne, basé sur le même principe du jeu de piste, jeu auquel je me suis prise.

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  • Par petitepom, le 16 février 2010

    petitepom
    Ce roman n'est fait que de silences pesants dans lequel on devine les souffrances.
    John Lucas est un père cruel, c'est à travers les réflexions de son entourage que l'on le perçoit ; roman à plusieurs voix qui nous raconte le passé de chacun qui les a amené dans ce coin du Wisconsin : Les Lucas et les Morrisseau, leurs voisins.
    James, l'aîné des Lucas va fuir en partant à la guerre du Vietnam, son absence va combler une grande partie du roman masquant d'autres souffrances cachées dernière des silences et des moments de folie.
    Ce n'est qu'en 2° partie qui se passe chez les voisins que toute la vérité est enfin dite et guéri, permettant au lecteur de connaître toutes les horreurs qu'à perpétrer John Lucas.
    Ce jeu de devinette fait que ce roman n'a pas d'histoire mais une suite de réflexion à plusieurs voix, le lecteur colle les morceaux pour constituer le récit. Ce n'est pas désagréable à lire, différent ; les non-sens dans lequel on ne fait que percevoir le malaise sans y mettre d'image sont un peu frustrants.
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    • Livres 4.00/5
    Par patouche, le 16 juillet 2010

    patouche
    Histoire avec en toile de fond, la guerre du Vietnam.
    Ce livre aborde de nombreux sujets, comme l'enfant maltraité, le traumatisme suite à la perte d'un être cher, l'alcoolisme, le fait pour un couple de ne pouvoir avoir d'enfant... etc.
    J'ai trouvé que c'était un beau livre, les sujets sont traités avec beaucoup d'humanisme, même si parfois on sent une certaine résignation devant les évènements.
    On ne peut s'empêcher en lisant ce livre, de penser aux familles des 50.000 G.I, qui sont morts durant la guerre du Vietnam.
    Au fait que leurs familles ont dû continuer à vivre avec ce vide au sein de leurs foyer.
    Même chose du côté Vietnamien d'ailleurs, en des proportions plus importantes encore.
    C'est un livre qui fait le constat de la faiblesse humaine, en particulier des hommes.
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Citations et extraits

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  • Par carre, le 28 décembre 2011

    Il avait oublié le plaisir de se plonger dans une histoire qui avait le pouvoir de le transporter loin de sa propre existence tout en renforçant le caractère réel de ce qu'il vivait. D'autres avaient éprouvé des sentiments comparables aux siens ou fait des expériences similaires.Les livres affirmaient que , belle ou laide, la vie avait de la valeur.
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  • Par carre, le 31 décembre 2011

    Rien n'est plus agréable que le spectacle d'une rivière au printemps, surtout dans une nature encore sauvage. Pendant des années, j'ai essayé en vain de trouver un mot pour qualifier la couleur de cette saison-cette nuance particulière de vert tendre qui tire au jaune. Ce jour-là, le soleil jouant parmi les feuillages nous a donné à tous des envies d'éternité.
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  • Par carre, le 31 décembre 2011

    J'aime mon mari, mais ce n'est qu'un homme. Il a beau compter parmi les meilleurs d'entre eux, il est parfois terriblement obtus. Sans les femmes, ce monde serai parti à vau-l'eau depuis longtemps. Nous avons toujours du interpréter les signes à leur place.
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  • Par Reka, le 19 novembre 2011

    Quel enfant ne renverserait pas son verre de lait, ne ferait pas pipi dans son pantalon ou au lit, ne manifesterait pas son malaise dans une maison où les menaces fusent continuellement, jusqu’au moment où un poing vient les concrétiser? (p. 225)
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  • Par Reka, le 19 novembre 2011

    Pourquoi avais-je ignoré la lueur hagarde dans ses yeux fixés sur la boîte verte, la violence presque démente de son rire? Quelle gloire pour lui de partir ainsi, en humiliant son père comme celui-ci l’avait humilié ! Il allait s’engager dans l’un des corps les plus rudes de l’armée. Il irait à la guerre et, avec cette confiance propre à la jeunesse, il s’imaginait en revenir non seulement indemne mais aussi en héros couvert de médailles. Il rentrerait en soldat tombé à terre au combat, pas à la suite d’un plaquage pour marquer un essai sur une pelouse impeccable. Non content de faire honte à son père, il deviendrait son opposé en tout point : un homme d’honneur dont les actes méritaient le respect. (p. 139-140)
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