> Isabelle Maillet (Traducteur)

ISBN : 2264046244
Éditeur : 10-18 (2008)


Note moyenne : 4.12/5 (sur 69 notes) Ajouter à mes livres
La famille Lucas vit dans le nord du Wisconsin, belle terre oubliée peuplée d'ouvriers européens immigrés et d'Indiens ojibwés. En 1967, le père, John Lucas, miné par l'alcool, laisse leur ferme se délabrer et s'acharne violemment contre sa femme et ses deux fils ; l'aî... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par lehane-fan, le 17 mai 2012

    lehane-fan
    Quoi de mieux qu'un bouquin plein de promesses ? Un bouquin qui les tient ! Et là , avec ce premier roman , Ellis place deja la barre tres haut . Une superbe chronique familiale ou tragédies et nature se partagent les premiers roles...
    En lisant la 4e de couv' , l'on se dit que pour les barres de rire , on repassera . Ce roman possede la force comique d'un Damien Saez et d'un Miossec réunis . Rappelant furieusement le Winter's Bone de Woodrell , l'on y retrouve une famille miséreuse traçant irrémédiablement son noir sillon , promesse inégalable d'une récolte riche en amertume et en désillusion . Theme peu ragoutant de prime abord , au second non plus d'ailleurs . Je dis ok . de plus , des livres traitant de tels sujets , il en existe des caisses et l'exercice peut sembler éculé . Re-ok . Seulement voilà , c'était sans compter sur l'écriture d'Ellis ! L'auteure , dotée d'une plume sensible et juste , vous embarque instantanément dans cette région du Midwest Américain en vous dressant le tableau intimiste de deux familles voisines , portraits s'enracinant en pleine guerre du Vietnam et magnifiquement dépeints sur un peu plus de trois décennies !
    A ma droite , les Lucas . Claire , maman courageuse devant supporter vaillamment les cuites à répétition de son John de mari qui ne vénere que deux choses au monde : l'alcool à outrance et les taloches prodiguées à l'envie sur toute personne passant à portée de paluche ! Bon à rien , mauvais en tout ! Mauvais pere , mauvais mari , élu chef de famille irresponsable 8 années consécutives ! Ses seuls trophées...
    De cette triste union naitront James , l'ainé , et Bill . Sortes de Tom Sawyer et Hucklberry Finn toujours partant quand il s'agit de faire une bétise .
    A ma gauche , les Morriseau . Vieux couple touchant ayant bravé les interdits . Une blanche et un sang mélé s'étant juré fidélité ad vitam eternam . Ernie , parfaite antithese de John , ancien vétéran , fait prospérer une ferme qu'il gere de main de maitre . Rosemary , elle , doit vivre au jour le jour avec cette idée qui la ronge de ne jamais pouvoir enfanter . C'est pourquoi , tout naturellement , James et Bill y trouveront , chez eux , un second foyer empli de tendresse et d'amour.
    Deux familles dissemblables , deux parcours de vie chaotiques forgés par la guerre et se retrouvant , à des degrés moindres , dans la douleur d'un apre quotidien .
    Ellis évoque magistralement le manque , l'absence provoquée par le départ de James , engagé volontaire pour aller "bouffer" du jaune mais surtout pour fuir ce pere qu'il déteste et laisser Bill se construire comme il peut dans son nouveau rôle de soutien protecteur . Quoi de pire que la mort d'un soldat si ce n'est l'annonce de sa disparition . Pas de corps à pleurer , juste l'espoir ténu d'un possible miracle . Ce livre est une longue plainte saisissante . Celle d'une mere ayant le sentiment d'avoir été à coté de la plaque toute sa vie . Celle d'un frere déchiré , semblant avoir hérité des genes du pere , qui pleure autant qu'il boit sa moitié disparue . Celle d'un vieux couple qui assiste , impuissant , à la longue descente aux enfers de cette famille dévastée et qui ne peut se résoudre à accepter l'inéluctable mort d'un p'tit gars qu'ils considéraient comme leur propre fils . Les émotions ne sont que tristesse et désespoir . Elles jaillissent à chaque page et vous éclaboussent de leur noirceur contagieuse ! Ellis maitrise à la perfection une narration qui s'enfonce graduellement dans le cafardeux et le mélancolique . Une misere sociale et morale accablantes .L'auteure verse dans le douloureux sans jamais en faire de trop . Objectivité du récit , sincérité du verbe . Un récit empreint d'une désespérance omniprésente , magnifié par la description de ces paysages d'une beauté sauvage époustouflante . le tout , dans un contexte de guerre oppressant m'invitant à aller réecouter sur le champ ( de mines ) ces bons vieux standards anti Vietnam que sont Born In The USA du Boss ou bien encore Star Spangled Banner et Machine Gun d'un Hendrix survolté .
    Si les themes que constituent la perte d'un etre cher , l'enfance maltraitée , l'hérédité , la solitude , vous titillent , laissez-vous emporter par cette berceuse vénéneuse...
    Wisconsin , la beauté déprimante et ténébreuse d'un coucher de soleil hivernal...
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    • Livres 4.00/5
    Par mariech, le 17 avril 2012

    mariech
    Wisconsin est un très beau roman sur l' Amérique profonde de la fin des années 60 .
    On suit l'histoire de deux familles , dans la première , il y a le père devenu alcoolique , maltraitant , la mère intelligente qui survit comme elle peut dans cet environnement hostile , qui s'accroche à cette vie dure , sans espoir , par amour pour ses deux fils .
    Dans la deuxième famille , un couple qui n'a pas d'enfants qui accueille comme elle peut les deux frères de la maison voisine .
    L'aîné va s'engager pour le Vietnam , et laisse son jeune frère désemparé , on a l'impression qu'il n'y a plus aucun espoir de changement car Billy , le deuxième fils se met à boire comme son père mais heureusement , il va rencontre un jeune fille qui croit en lui .
    Un très beau livre dont on se souviendra longtemps .
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    • Livres 5.00/5
    Par le_Bison, le 20 mars 2012

    le_Bison
    Wisconsin (titre original : The Turtle Warrior) est le premier roman de Mary Relindes Ellis, jeune auteure américaine qui vit…
    dans le Wisconsin.
    Vous savez tous où se trouve le Wisconsin ?
    Tout au Nord, c'est une terre oubliée où rien ne pousse, où tout gèle sauf le whisky, et où les activités principales sont :
    1. Boire
    2. Chasser
    3. Boire et Chasser en même temps
    Là-haut, sur cette terre inhospitalière, deux fermes voisines abritent deux familles au destin singulièrement distinct. « Wisconsin » raconte l'histoire de ces deux familles, par voix interposées, celles des principaux protagonistes qui à tour de rôle montre l'envers du décor et décortique l'ambiance familiale sur cette terre sauvage et aride qui voit plus de bouteilles d'alcool enterrées que de graines de semence.
    Il y a tout d'abord la famille Lucas. Un destin tragique. John, le père, violent et alcoolique, qui bat sa femme et ses enfants quand il n'est pas accoudé aux bars de la région. La mère qui subira son destin de femme martyre ne voulant pas quitter la ferme familiale à cause de ses deux rejetons. James, l'ainé, décidé à fuir cet environnement délétère, qui s'engage pour le Vietnam. Il ne reviendra pas, seul son ombre et son esprit resteront sur ces grandes terres. Et enfin, Bill, le cadet, qui se retrouvera seul, et de plus en plus solitaire, dans cet univers froid, sombre et sans perspective d'avenir…
    A la ferme voisine, la famille Morriseau. Aucun lien familial avec les Lucas, sauf que ce couple possède des affections très fortes avec les deux enfants Lucas. Ils aiment tant ces deux mioches qu'ils se considèrent vis-à-vis d'eux presque comme des parents et c'est à eux que reviennent la lourde tâche de les voir grandir et de les aider à passer le cap de l'adolescence. Sans eux, il est certain que Bill et James auraient vécu une enfance encore plus misérable et insupportable. Ils veillent sur eux, mais de loin ne voulant pas s'immiscer de trop dans les ingérences de John l'alcoolique.
    Les années passent, les morts reviennent hanter les lieux, les alcooliques deviennent plus nombreux, la solitude pèse toujours aussi lourdement dans cet environnement campagnarde. Les drames se jouent au quotidien, je n'ai plus envie de boire. Trop de vies gâchées par la bouteille. L'histoire est poignante, elle vous noue terriblement la gorge. Vous étouffez, vous n'arrivez plus à respirer et vous devez refermer le bouquin pour quelques instants, pour souffler un peu et reprendre calmement votre respiration. Comment une telle histoire peut finir bien, comment des vies ainsi brisées peuvent survivre dans cette terre hostile, tout là-haut dans le Wisconsin, une contrée rude qui entraîne des destins tragiques.

    Lien : http://leranchsansnom.free.fr/
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  • Par Aela, le 27 avril 2012

    Aela
    Un tabeau de l'Amérique profonde, depuis les années 60 jusqu'aux années 90 . C'est toute une page de notre histoire récente évoquée au travers de la chronique familiale de deux familles voisines et qui essaient ,tant bien que mal, de cultiver le sol ingrat de cette terre proche du lac Supérieur et du Canada.
    La famille Lucas, dont le père John Lucas, est miné par l'alcool et laisse leur ferme se délabrer. Sa femme supporte stoïquement son rôle de femme martyre mais n'arrive pas à protéger ses deux fils de la violence de son mari. L'aîné, James, fuit les coups paternels en écoutant de la musique et s'engage dans les marines au Vietnam.
    Le cadet, Bill, reste pour protéger sa mère et va trouver refuge et affection auprès des voisins, les Morriseau, d'ascendance française et indienne Ojibwé.
    Pour Bill, après la violence, viendra le temps de la résilience.
    Une belle histoire, contée par plusieurs voix qui s'entremêlent , une histoire qui nous fait revivre les événements clé de ces cinquante dernières années : assassinat du Président Kennedy et de son frère, assassinat du Dr Martin Luther King, la présence américaine au Vietnam .
    Tout un pan douloureux de l'histoire américaine évoqué avec talent par Mary Relindes Ellis, dont c'est le premier roman. (titre anglais : « The turtle warrior »
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    • Livres 4.00/5
    Par belette2911, le 09 mai 2012

    belette2911
    J'ai lu ce livre il y a déjà un certain temps et bien que ce ne soit pas un polar, que le récit soit assez long, je ne l'ai pas trouvé long, le temps que j'ai passé en sa compagnie.
    On a beau se trouver dans ce que j'appellerais le trou du cul du monde, il se passe néanmoins des choses, belles et moins belles, je dirais. C'est rude, inamical, et malgré tout, j'y étais bien, dans ce livre.
    Je me suis attachée à ces deux frères, à ce gamin en totale admiration du grand, qu'il va voir partir à la guerre, pour échapper au père violent et alcolo.
    J'ai regardé le petit grandir sans son grand frère, je l'ai regardé d'un regard bienveillant, un peu comme celui du voisin, un indien, qui souffrait de les voir si malheureux, les gamins du voisin.
    Ce livre m'a ému et tordu les entrailles, les pages ont tourné et rien ne les a arrêté, hormis le fait qu'il fallait bien descendre du métro pour aller au boulot.
    Quand je l'ai refermé, j'ai le sourire car je venais de passer un bon moment de lecture et que le petit côté fantastique m'avait bien plu.
    C'était beau...
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Citations et extraits

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  • Par lehane-fan, le 15 mai 2012

    L'armée n'a qu'un objectif : vous laver le cerveau de tout ce qui a jamais compté pour vous afin de pouvoir y graver ses propres conneries .
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  • Par lehane-fan, le 15 mai 2012

    Comme la plupart des etres prechant la vertu , le pere Wallace n'avait pas de termes assez durs pour dénoncer chez les autres ce qu'il était le premier à pratiquer : le péché .
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  • Par carre, le 28 décembre 2011

    Il avait oublié le plaisir de se plonger dans une histoire qui avait le pouvoir de le transporter loin de sa propre existence tout en renforçant le caractère réel de ce qu'il vivait. D'autres avaient éprouvé des sentiments comparables aux siens ou fait des expériences similaires.Les livres affirmaient que , belle ou laide, la vie avait de la valeur.
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  • Par Aela, le 27 avril 2012

    Bien que d’ascendance à la fois ojibwé et française, Claude Morriseau incarnait presque jusqu’au stéréotype le caractère indien tant il se montrait réservé et stoïque devant les épreuves de la vie.

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  • Par le_Bison, le 21 mars 2012

    Quand il lui racontait une histoire sur son aîné, il ne butait pas sur les mots. Il souffrait, pourtant ; la mort de son frère était une tragédie dont il ne se remettrait pas. Mais Bill ne croyait ni au paradis ni à l’enfer. Il croyait aux systèmes naturels et artificiels. Aux territoires. Et la mort pouvait en occuper plus d’un.
    Les défunts que l’on a beaucoup aimés, avait-il compris, demeurent toujours en nous. Au lieu de disparaître, ils se développent dans une autre dimension. Lui-même avait contribué à ce processus en plaçant son frère au milieu d’une zone fertile qu’il connaissait bien : dans son esprit, James avait traversé la rivière et sillonnait les bois. C’était son habitat naturel.
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