Après le premier Eymerich, je me demandais comment cette histoire auto-suffisante et bien ficelée avait pu donner naissance à une série, le concept paraissant peu reproductible sans ennui, en mettant en scène un héros aussi antipathique, qui plus est.
Eh bien c'est réussi, et je suis même beaucoup plus séduit par ce deuxième opus que je ne l'avais été par le premier, que j'avais eu un peu de mal à terminer.
D'abord, pour ce qui est d'Eymerich, l'âge l'a ((très) légèrement) adouci, et un bon nombre d'autres personnages du livre étant bien plus monstrueux que lui, la comparaison le rend presque sympathique.
Devenu, quinze ans après le premier tome, un inquisiteur reconnu résidant à présent à Avignon, il est chargé par le Pape d'aller enquêter sur une affaire d'hérésie cathare en Savoie. On parle aussi d'apparitions du petit peuple des fées. Eymerich va devoir enquêter et résoudre les fils d'une affaire à la manière d'un polar médiéval. Mais c'est bien plus mieux qu'un bête polar médiéval (autant le dire : frère Cadfael m'est un puissant soporifique).
En parallèle, on assiste dans un désordre apparent à des scènes se déroulant au XXème siècle à divers endroits, au Guatemala, en Roumanie post-ceaucescu, ou dans le bunker d'Hitler par exemple. le livre a été écrit pendant la guerre civile en Yougoslavie, et ça se sent. Toutes les pièces du puzzle vont magistralement se réunir à la fin dans une synthèse brillant et originale de romans historique, poilicier et de SF.
Le troisième opus de la série m'attend.
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