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2 avril 0742 naissance de
Charlemagne ou Charles 1er, roi des Francs, des Lombards et Empereur d'Occident.
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Frères rivauxPépin III le Bref ne s'est pas contenté comme son père d'assumer les fonctions de maire du palais d'un roi fantoche, lointain descendant de Clovis. Il a été sacré lui-même roi des Francs à Saint-Denis par le pape en personne. À sa mort, à 53 ans, le 24 septembre 768, le royaume a été partagé entre Carloman et Charles selon la coutume germanique.
La capitale de Charles a été fixée à Noyon, celle de son cadet à Soissons, à quelques kilomètres de distance ! Malgré cette proximité, les relations entre les deux frères sont tendues.
Charles, plus actif que son frère, supporte mal de n'avoir reçu que la part la plus pauvre de ce royaume immense qui s'étend de part et d'autre du Rhin. De son côté, Carloman refuse à Charles son aide pour soumettre les Aquitains. Qu'à cela ne tienne, Charles (le futur
Charlemagne) règle leur compte aux Aquitains et par la même occasion s'empare de la Gascogne, au sud de la Garonne.
La mort inopinée de son frère permet à Charles (29 ans) de mettre la main sur l'ensemble des possessions paternelles, après avoir déshérité les enfants de Carloman. Il peut régner désormais sans partage sur le royaume.
Seul maître du royaumeLe jeune roi des Francs est un Barbare illettré qui ne parle que le francique, la langue des Francs. Intelligent et énergique, il n'a de cesse de s'instruire. Il apprend le latin auprès des meilleurs clercs de son temps, dont le plus connu est le moine anglais Alcuin. Ce moine sera à l'origine de la «renaissance caroligienne» et du retour en force du latin dans la culture occidentale.
Comme il souffre de rhumatismes, Charles établit sa résidence principale près d'une source thérapeutique, en Rhénanie, au coeur de son royaume, en un lieu qui s'appellera Aix-la-Chapelle.
Son palais s'inspire de celui des rois lombards, à Pavie, avec une chapelle palatine à une extrémité, une grande salle de réunion à l'autre et un tribunal royal au milieu. L'ensemble est proprement grandiose mais le roi n'en profite pas beaucoup. Il voyage sans arrêt pour inspecter ses représentants et combattre ses ennemis.
Charles restaure un semblant d'administration dans l'Occident européen ravagé par les guerres intestines.
Il divise son royaume en comtés, sous l'autorité d'un compagnon du roi (du latin,comes, comitis, dont nous avons fait comte) et en 250 entités de base du nom de «pagi», d'après le mot latin pagus qui désigne une circonscription rurale (en France, beaucoup de ces pagi sont devenus à la Révolution des départements).
Les habitants des pagi, surtout des travailleurs de la terre, sont désignés sous le terme pagenses, dont nous viennent les mots paysan... et païen, car ces ruraux ont généralement tardé à adopter la foi chrétienne des citadins et des élites.
Pour éviter les abus de pouvoir des seigneurs locaux, Charles délègue fréquemment ses proches dans les pagi. Ces représentants, ou missi dominici (en latin, envoyés de la cour) vont deux par deux et se surveillent l'un l'autre ! L'un est un comte et l'autre un évêque.
Attentif aux affaires religieuses, Charles constitue aussi une quinzaine d'archevêchés pour favoriser l'évangélisation de l'Occident.
Il encourage le développement de la règle bénédictine dans les monastères. En 809, il réunit dans sa résidence d'Aix-la-Chapelle un concile qui introduit le «Filioque», une subtilité théologique qui participera au malentendu religieux entre Grecs et Latins.
Charles légifère beaucoup. Il fait mettre par écrit les lois pour mieux en assurer l'application. Il multiplie les ordonnances ou «capitulaires» en particulier pour imposer les réformes ecclésiastiques. Beaucoup de textes s'appliquent par exemple au mariage, l'objectif étant de le conformer aux canons chrétiens.
Des guerres sans finLe règne personnel de Charles 1er, très long (42 ans), est une suite incessante de guerres, en premier lieu contre les fils de Carloman et leurs partisans, en second lieu contre les Saxons païens de Germanie, les musulmans d'Espagne et les Lombards qui menacent le pape.
Le souverain ne passe pratiquement pas un été sans combattre et ce, dans toutes les directions. Il annexe au nord la Frise, région pauvre mais qui a l'avantage d'être en liaison étroite avec les îles britanniques.
À l'est, il se jette sur la Saxe. La conquête en est difficile et ne s'achèvera qu'avec le baptême plus ou moins forcé de quelques milliers de guerriers. Les Francs n'hésitent pas à déporter ou massacrer les populations, détruire les idoles,... Pour ne pas perdre leur avantage, ils restent sur place certains hivers au lieu de se démobiliser comme de coutume.
À l'Est encore, Charles fond sur le «Ring», ou camp royal des redoutables Avars, ce qui lui vaut de rentrer chez lui avec de fabuleux trésors. Au sud des Pyrénées,
Charlemagne intervient contre les chefs musulmans et inaugure la «Reconquista» espagnole.
Le 16 juin 774, après un très long siège, le roi des Francs entre dans Pavie, la capitale des rois lombards (près de Milan). Il dépose le roi Didier et ceint la couronne de fer des rois lombards, prenant dès lors le titre de «roi des Francs et des Lombards».
Il profite de l'occasion pour effectuer son premier pèlerinage à Rome, histoire d'entretenir les bonnes relations entre sa dynastie et le Saint-Siège (la résidence du pape). Il y gagne le titre inédit d'«Empereur des Romains». L'année précédente est apparu aussi le nom de «Carolus Magnus» qui deviendra
Charlemagne, mais qu'il faut entendre non comme Charles le Grand mais comme une abréviation de «Carolus, Magnus Rex» (Charles, le grand roi).
source : hérodote
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