ISBN : 2843375002
Éditeur : Editions Anne Carrière (2008)


Note moyenne : 4.12/5 (sur 8 notes) Ajouter à mes livres
À ceux dont le passeport n'a jamais le temps de moisir dans un tiroir cantine aux sédentaires invétérés. Georges Flipo propose quatorze nouvelles de voyage, et plus précisément de voyageurs : voyageurs en Asie, en Europe, en Afrique, en Amérique du Sud, continents que l... > voir plus
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Critiques et avis

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  • Par keisha, le 13 septembre 2008

    keisha
    un recueil de nouvelles. Elles parlent de voyages. Et certaines secouent bien :
    Nocturne, où le destin d'un odieux touriste pourrait se révéler fort cruel.
    Un éléphant de Pattaya, troublant récit de tourisme sexuel. Bruno refuse de parler au caissier mais accepte d'écrire. Il aurait dû savoir que "Scripta manent, verba volent."
    Et à l'heure de notre mort, avec le prêtre Guillermo qui aimait tellement les toros.
    La marche dans le désert, où Raoul, président d'entreprise, décide d'emmener son équipe dans une marche nocturne qui ne se passera bien sûr pas comme prévu.
    Le voyage vers le frère : Michel Pelluaz va à l'enterrement de son demi-frère Michel Pelluaz (non, pas d'erreur), dont il vient d'apprendre l'existence.
    L'île de Sainte-Absence, où Louise se rêve une île disparue.
    "Non, elle n'est pas à moi, c'est mon île mais ce mon n'est pas possessif, c'est juste de l'affection. Pourquoi les grammairiens n'ont-ils pas inventé l'adjectif affectif?"
    Dans ces cinq dernières nouvelles, superbes moments où le récit bascule sans retour en arrière possible : le sort final est accepté.
    Passons de ces destins plus ou moins tragiques à d'autres nouvelles plus souriantes :
    Dans Qui comme Ulysse , Ulises Caballo, pour retrouver l'inspiration, prépare des empanadas et écrit des nouvelles dans lesquelles le personnage principal prépare des empanadas. (Vous suivez, là ?)
    Dans Rapace , un autre auteur attend de ses dicussions avec Elena des idées pour ses nouvelles.
    "- Alors, et ton roman?
    Elena me pose la question comme si elle me demandait des nouvelles d'un cancer. J'esquisse un sourire de métastase, je lui réponds que ..."
    Délicieux décalage entre la réalité et l'imagination débordante de l'écrivain.
    La route de la soie ou comment tenir un blog de voyage sans bouger de chez soi !
    Une incartade, c'est celle d'une quarantenaire aux sports d'hiver avec six copines. L'ambiance "entre filles" est très bien rendue ...
    La partie des petits saints, où l'on découvre comment des saints méconnus peuvent vous faire gagner aux échecs.
    "Le roi, c'est un roi canonisé. Il n'en manque pas. Pour ette partie j'ai invité saint Gondlée, roi des Dimétiens, mort vers 500. la reine, c'est pareil, ce sera sainte Pulchérie, impératrice de Byzance, morte en 453. Pour les fous, je prens un évêque côté roi, une sainte abbesse côté reine : aujourd'hui, saint Hariulf, évêque de Langres, et sainte Lioba, abbesse en Germanie. Tous deux morts vers 800.Pour les tours, il faut des saints ermites ou des saintes recluses, j'ai demandé à saint Pharmuthe et sainte Richilde, ils s'entendent bien."
    Pour celles -ci, lecture jubilatoire, page après page ...
    Voilà, le menu est varié et copieux, et disons-le, savoureux. Style musclé, sans graisse inutile. J'aurais bien aimé un peu de "rab" de nouvelles que j'ai qualifiées de souriantes.
    http://en-lisant-en-voyageant.over-blog.com/article-22285112.html
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  • Par thaisg, le 09 septembre 2008

    thaisg
    Georges Flipo nous fait voyager à travers les continents, oui bien sûr, mais surtout il nous entraîne dans des voyages insolites auxquels on ne s'attend pas. Je n'ai pas envie de dévoiler les contours de ses voyages car ils font vraiment partie de la découverte et de l'intérêt de ce livre.Comme dans Le Vertige des auteurs, Georges nous promène dans les arcanes du monde des affaires et des écrivains mais pas seulement, puisque l'on découvre des univers différents ; on flirte avec l'interdit, les racines, le temps, la mort, les femmes, l'inspiration...
    L'analyse des personnages, faite en trois coups de phrases, est efficace et subtile.
    Si je ne décline pas mes impressions pour chaque histoire, c'est aussi parce qu'à la lecture de ces nouvelles, ce qui m'a frappée avant tout, c'est l'unité de l'ensemble et les constantes pour chaque nouvelle.
    La suite est ici :
    http://arcetciel.canalblog.com/archives/2008/09/04/10448551.html#comments
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    • Livres 4.00/5
    Par myloubook, le 01 octobre 2008

    myloubook
    "Qui Comme Ulysse" est un recueil de nouvelles évoquant les voyages. On remarque quelques destinations de prédilection, avec une Amérique latine largement représentée dans ces textes aux thématiques variées.
    Ce que j'ai apprécié c'est avant tout la richesse de ce recueil : si certains lieux reviennent plus souvent, les histoires sont toutes uniques et les personnages très différents. Chaque nouvelle est une surprise et crée le dépaysement, entraînant souvent le lecteur là où il ne s'y attendait pas.
    Autre réussite : le ton, souvent drôle et ironique, avec quelques petites remarques glissées discrètement çà et là. « Raoul regrette son idée : le tourisme d'affaires, c'est une absurdité. le tourisme est suffisamment pénible, inutile d'y ajouter les affaires. »
    A priori on pourrait s'attendre à des récits de voyage assez classiques. Pourtant, il n'en est rien. Certains ne partent pas, comme ce blogueur donnant des conseils aux apprentis voyageurs. Pour d'autres, le dépaysement n'est qu'un prétexte, une occasion de s'éloigner du quotidien pour révéler leur personnalité ou découvrir leurs limites : la moralité des touristes en Thaïlande ; l'idéal de vie de cet Argentin venu écrire en France ; le besoin de séduire de ces bourgeoises parties en montagne sans leurs maris ; ou encore ce Français se rendant à la Confitería Ideal pour rencontrer des danseuses aussi désœuvrées que lui. Plus que l'aspect géographique de la chose, c'est ce voyage au bout de soi qui caractérise ces nouvelles.
    Enfin la chute, évoquée dans l'histoire de cet Argentin qui ne savait pas les faire (et en France, on aime les chutes !) est souvent logique, parfois anticipée par le lecteur... quoi qu'il en soit la plupart du temps pleine de charme.
    J'ai donc moi aussi passé un très bon moment grâce à ce "Qui comme Ulysse" qui m'a donné envie de découvrir un des textes précédents de l'auteur. Un recueil que je recommande sans réserve.
    Pour plus de détails vous pouvez consulter mon blog : http://www.myloubook.com

    Lien : http://www.myloubook.com
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    • Livres 5.00/5
    Par liliba, le 27 décembre 2008

    liliba
    J'ai enfin lu le dernier opus de Georges Flipo, son livre de nouvelles Qui comme Ulysse, qui a traversé notre blogosphère telle une étoile filante, laissant derrière lui de le scintillement de son sillage, et une petite lumière au fond de mon coeur, une douce chaleur, comme quand on a fait un voeux et qu'on souhaite ardemment qu'il se réalise...
    Je ne vous raconterai pas ces quatorze nouvelles, sur lesquelles on a déjà beaucoup lu, mais vous livrerai juste quelques impressions...
    Evasion et rêve, c'est ce qui domine, bien sûr, avec ces contrées lointaines que l'on visite au fil des pages, ces hommes et femme qui vont au bout de leurs idées, qui vivent totalement leur destin, qui le prennent même en main pour l'influer.
    Poésie et humour, que l'on retrouve dans les descriptions des personnages, dans les portraits brossés avec tant de délicatesse, de précision, de finesse et parfois de dérision (j'ai vraiment ri à la lecture de "Nocturne", me retrouvant dans un voyage effectué il y a fort longtemps, face aux mêmes touristes !).
    Douceur et violence. Des sentiments, des hommes, de la vie, du destin...
    Nostalgie et réalisme. Comment au quotidien on peut vivre sa vie, construire ses rêves sans renier sa part d'enfance, sans se perdre, ou en se retrouvant...
    Et surtout, amour. Amour de la vie, amour des hommes, amour des belles phrases et des mots qui s'enchaînent...
    Un vrai bonheur que cette lecture ! avec un coup de coeur tout particulier pour la poignante "Ile Sainte Absence".
    suite sur :

    Lien : http://liliba.canalblog.com
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    • Livres 4.00/5
    Par ChezLo, le 09 avril 2011

    ChezLo
    Des nouvelles baladeuses. Des instants de voyage. Des dialogues de séjour. Des rencontres éphémères. Un homme en Thaïlande mal à l'aise par le comportement des touristes masculins face à l'offre pédophile. le souvenir de cet autre qui se remémore la fabrication des empanadas. Un pseudo journaliste qui se fond dans la danse du club de tango. Un pseudo voyageur blogueur qui se fait repérer par une agence...
    Quatorze nouvelles très différentes, dans lesquelles on se plonge avec plaisir. La lecture est agréable car le style de l'auteur est fluide, contemporain. Des anecdotes cruelles de Nocturne aux accents tendres Des sources froides je me suis baladée dans ces pages d'histoires réalistes comme des souvenirs. Des souvenirs (La partie des petits saints) qui pouvaient croiser les miens comme au marché d'Otavalo, et je revis les jeux d'échecs où les pièces sont des Incas et des colons espagnols.
    Par dessus tout j'ai aimé lire L'île Sainte-Absence où la tendresse poétique est mêlée au tragique, La route de la soie où le cynisme des chercheurs de blogueurs est dépeint, et puis rire avec L'incartade des ces femmes vivantes et drôles qui s'offrent une parenthèse à la montagne. Pas si deseperate housewives que ça...
    (.....)

    Lien : http://chezlorraine.blogspot.com/2009/03/qui-comme-ulysse.html
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Citations et extraits

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  • Par kathel, le 14 septembre 2008

    Guillermo R. était natif de Séville, vicaire à Séville, aficionado à Séville. Il avait reçu du Seigneur ces trois grâces et les vivait en une confusion fervente : quand approchait la fête de Pâques, en son for intime, il s’apprêtait aussi à fêter la résurrection de la saison des corridas.

    D’un pas allègre mais recueilli, il traversait alors le Guadalquivir au pont de San Telmo, empruntait le long paseo Cristóbal Colón et, tremblant d’effusion, s’engouffrait dans la Plaza de Toros de la Maestranza comme on pénètre dans une cathédrale : il venait communier à la joyeuse messe de la mort, l’office noir et chamarré.

    (Et à l’heure de notre mort)



    C’est le jour du blog de voyage. Joseph l’écrit chez lui, confortablement installé devant son PC. Il s’est servi un café allongé, il a choisi la musique qu’il écoutera ; aujourd’hui ce sera l’intégrale des sonates de Liszt, c’est si agréable de voyager en compagnie de Franz Liszt. Sur sa table traînent des atlas, un dictionnaire français-anglais. Son étagère est pleine de Guides du routard, de Lonely Planet.

    Joseph hésite : où partira-t-il cette fois-ci ? Il ouvre l’atlas, surfe sur internet, consulte les blogs de voyage des autres. Tiens, la route de la soie, ce ne serait pas mal. Un peu long, peut-être. Il la prendra à la sortie de la Turquie, ça raccourcira le voyage.

    (La route de la soie)
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  • Par ChezLo, le 09 avril 2011

    - Prends-le en photo, Jean-René, m'a dit Mimi, ce sera chouette à montrer au retour.
    Elle ne comprenait pas mon personnage, elle ne vivait ce voyage que pour en parler au retour. J'ai remarqué qu'il avait souri, brièvement, en entendant Mimi. La marquise parlait donc français.
    Alors, j'ai armé mon appareil, j'ai cadré, puis je me suis arrêté, en lâchant : "Et puis non, finalement, il serait bien trop content." Je l'ai vu tressaillir et je me suis écarté, léger, heureux. Méchant.

    in "L'indifférent"
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