ISBN : B00183LEI0
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Note moyenne : 3.4/5 (sur 5 notes) Ajouter à mes livres
L'orme du mail - le premier des quatre volumes qui forment L'HISTOIRE CONTEMPORAINE avec Le mannequin d'osier, L'anneau d'améthyste, et M. Bergeret à Paris, constitue l'ouverture dune série romanesque où la fiction a pris ses sources dans la société française au seuil d... > voir plus
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Critiques et avis(3)

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    • Livres 4.00/5
    Par Woland, le 27 septembre 2008

    Woland
    Pour beaucoup, se plonger dans Anatole France en commençant par "L'orme du mail", premier volume de la tétralogie "Histoire Contemporaine", c'est risquer la déception. Mais j'ai un faible pour cette série dont l'un des héros est un certain M. Bergeret, l'un de ces érudits tranquilles et aimables dont l'auteur avait le secret et comme la nostalgie et qui fut incarné à la télévision française par ce comédien de génie qu'était Claude Piéplu.
    Certes, dans "L'orme du mail", M. Bergeret apparaît peu. Il est pourtant l'un des auditeurs favoris - sinon le préféré - de l'abbé Lantaigne, supérieur du grand séminaire de la petite ville provinciale où France situe l'action de son livre. Tous deux se rencontrent tout d'abord à la librairie Paillot, l'une de ces librairies à l'ancienne où les clients s'assemblent autant pour discuter des derniers rebondissements de la vie locale que des parutions les plus récentes. Mais ce qu'ils affectionnent, c'est de se retrouver en tête à tête, sur le mail, à l'ombre du fameux orme. M. Bergeret, époux et père méprisé, et l'abbé Lantaigne, célibataire opiniâtrement voué à la chasteté, y dialoguent avec délices sur Dieu, son être, son non-être, la foi qu'il inspire ou n'inspire pas et, bien entendu, sur les mille et une petites actions, veuleries ou héroïsmes, que l'homme affirme accomplir en son nom.
    En notre époque où certains galvaudent l'idée de laïcité en la positivant, chose si facile après que d'autres, avant eux, aient tout fait pour déprécier sa valeur et non seulement la ridiculiser mais aussi, ce qui est bien plus grave, la taxer d'intentions xénophobes qui n'ont jamais été les siennes - en un mot, la calomnier - le lecteur qui ne possède que de très faibles notions d'Histoire et qui n'a pas eu la chance de naître dans un milieu où le principe de la laïcité était la référence par excellence, ce lecteur-là aura bien du mal à saisir la richesse de ce roman.
    D'autant que Anatole France, qui prévoyait trois autres volumes, utilise "L'orme du mail" comme roman d'exposition. Une exposition lente, détaillée, très "Troisième République", plus proche de la finesse matoise d'un Voltaire que de l'exaltation puissante d'un Zola. D'ailleurs, si Claude Piéplu fut un Bergeret idéal, c'est parce qu'il goûtait un plaisir de gourmet à distiller les répliques pince-sans-rire que France prête si souvent à son personnage.
    Courtoisie, subtilité, ironie, trois mots susceptibles de masquer à la première lecture la cruauté et l'absence absolue d'indulgence que manifeste Anatole France envers ses personnages - à l'exception peut-être de M. Bergeret, son "double" en quelque sorte, à qui il ne pardonne cependant pas sa lâcheté domestique. L'intrigue est elle aussi sans complaisance aucune.
    M. Worms-Clavelin, préfet israélite et franc-maçon du département, songe à faire donner l'évêché de Tourcoing à l'abbé Guitrel, professeur d'éloquence sacrée au grand séminaire de la ville de X***. Onctueux et diplomate, M. l'abbé Guitrel a su en effet se faire bien voir non seulement du préfet et de son épouse (il déniche pour celle-ci de vieilles chasubles et divers objets du culte que Mme Wörms-Clavelin range dans les vitrines de son salon en tant qu'objets d'art) mais aussi du cardinal-archevêque, de nombre de ses collègues au séminaire, des parents de ses élèves, etc, etc ...
    Seul ou presque tout seul à se dresser contre lui, l'abbé Lantaigne, qui oppose à ce prêtre cauteleux et mondain l'austérité exacerbée de l'ascète. Ainsi qu'un caractère anguleux et maussade et une propension extraordinaire à rabrouer tout le monde et à mettre les pieds dans le plat.
    Pourtant, certains verraient bien M. l'abbé Lantaigne évêque de Tourcoing ...
    "L'orme du mail" voit les deux camps installer leurs troupes en prévision des futures grandes manoeuvres. On y va doucement, à petits pas, presque sans avoir l'air d'y toucher et, pour les plus habiles, carrément sous le manteau. Anatole France en profite pour croquer quelques portraits de notables du cru et restitue en même temps les luttes du temps entre la IIIème République et l'Eglise. Tout le monde parle d'apaisement, tout le monde le réclame mais chacun des deux camps entend bien conserver le pouvoir politique.
    Un vrai petit régal pour les amateurs. Les autres, c'est sûr, trouveront L'oeuvre bien vieillie et n'y prendront aucun plaisir. Ils passeront aussi, et c'est bien dommage pour eux, à côté d'un petit bijou d'intelligence et de malice. ;o)
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    • Livres 3.00/5
    Par Corboland78, le 26 mars 2012

    Corboland78
    Anatole France dont le nom véritable est Jacques Anatole François Thibault (1844-1924) nous a laissé quelques bons livres comme le crime de Sylvestre Bonard, La rôtisserie de la reine pédauque, Les dieux ont soif ou Histoire contemporaine une tétralogie englobant L'orme du mail (1897), Le mannequin d'osier (1897), L'anneau d'améthyste (1899) et Monsieur Bergeret à Paris (d'abord en feuilleton dans Le Figaro (1899) puis en volume en 1901).
    Avec L'orme du mail nous abordons donc la première partie de cette Histoire contemporaine. Une petite ville de province, l'évêché de Tourcoing devenu libre, deux ecclésiastiques, l'abbé Lantaigne et l'abbé Guitrel se disputent le poste. le premier est un antirépublicain ferme sur ses positions, le second un opportuniste ambitieux. Les notables de la ville – tant civils que religieux - vont se diviser mais les forces sont équilibrées. le roman est divisé en chapitres faits d'observations et de dialogues savoureux emprunts de bienséance où les piques sont distillées par sous-entendus, à mots couverts. Mr Bergeret universitaire libéral, aime retrouver discrètement l'abbé Lantaigne sous L'orme du mail, pour l'affronter et discuter de l'ordre des choses, de Dieu et du monde comme il va. « Il n'avait au monde de retraite agréable et sûre que ce banc du Mail ombragé par un orme antique, et que le coin des bouquins dans la boutique de Paillot ». Nous retrouverons plus tard cet intellectuel sceptique et désabusé dans les autres épisodes de la tétralogie.
    Le style poli de l'écrivain, les propos courtois au pire ironique des protagonistes dissimulent en fait une subtile cruauté avec laquelle Anatole France dresse le portrait des notables de province, dans le décor plus général de la lutte de cette époque entre l'Eglise et La République. Ca peut paraître vieillot pour certains, personnellement j'en ai trouvé la lecture délicieuse, agréablement parfumée par les feuilles jaunies de mon édition de 1948 achetée dans une brocante.
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    • Livres 4.00/5
    Par Ansea, le 01 mai 2012

    Ansea
    L'orme du mail introduit le récit de la vie de M. Bergeret, professeur sous la Troisième République. Il a surtout le mérite de "planter le décor". On continuera ensuite l'histoire avec Le mannequin d'osier.
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Citations et extraits

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  • Par Corboland78, le 26 mars 2012

    Au reste, ces changements prévus ne le surprenaient jamais. Sa politique administrative était toute fondée sur cette considération que les ministres passent. Il s’étudiait à ne jamais servir un ministre de l’Intérieur avec un zèle ardent. Il se défendait de plaire excessivement à aucun, et évitait toutes les occasions de trop bien faire. Cette modération, gardée pendant la durée d’un ministère, lui assurait la sympathie du suivant, prévenu de la sorte assez favorablement pour agréer ensuite le zèle médiocre, qui devenait un titre à la faveur d’un troisième cabinet. M. le préfet Worms-Clavelin administrait peu, correspondait brièvement avec la place Beauvau, ménageait les bureaux, et durait.
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  • Par bilou, le 21 juin 2010

    Mais les forces obscures qui, par moments, soulèvent les pavés des capitales, trouvent aujourd'hui un emploi régulier dans les corvées de quartier, le pansage des chevaux et le sentiment patriotique.
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  • Par Ansea, le 01 mai 2012

    Nos ministres se moquent de nous en parlant de péril clérical ou de péril socialiste. Il n'y a qu'un péril, le péril financier.
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