> Frédérique Le Boucher (Traducteur)

ISBN : 2290325090
Éditeur : J'ai Lu (2004)


Note moyenne : 3.92/5 (sur 52 notes) Ajouter à mes livres
De Féerie, le pays magique, les habitants du petit village de Wall savent peu de choses. Il faut dire qu'un grand mur les en séparent. Un mur dans lequel est ouvert une brèche, une brèche bien gardée, par laquelle ils n'ont droit de passer qu'un... > voir plus
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Critiques et avis

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  • Par Amethyst, le 02 septembre 2010

    Amethyst
    Après L'étrange vie de Nobody Owens, Stardust est le deuxième roman de Neil Gaiman que je lis.
    Celui-ci est bien différent du premier qui était un roman jeunesse.
    Tristran Thorn,jeune homme habitant à Wall,promet à Victoria dont il est amoureux de lui rapporter l'étoile filante qui vient de tomber en Féerie.
    Il ne s'imagine pas alors,dans quelle aventure il se lance:
    Il rencontrera d'étranges personnages et affrontera quelques dangers...
    En plus des aventures de Tristran,celle de la reine des sorcières et des seigneurs de Stormhold nous sont contés.L'étoile filante est le point commun de ces trois récits.La sorcière veut son coeur afin de retrouver sa jeunesse et les seigneurs se disputent la pierre qu'elle possède afin de devenir roi de Stormhold.
    On retrouve la plume si particulière de l'auteur qui choisit de nous rapporter les faits sous forme de conte.La première phrase: "Il était une fois un jeune homme qui voulait conquérir l'Elue de son coeur."nous donne tout de suite envie d'en savoir plus.
    Malgré un style agréable,j'ai eu du mal à accrocher à l'histoire.Aucune émotion ne m'a traversée,les personnages ne sont pas attachants,ils sont trop fades pour cela...
    Je m'attendais à ce que l'amour qu'éprouve Tristran à l'égard de Victoria soit plus développé.
    Il est tellement obsédé par le désir de ramener l'Etoile qu'il en oublie presque pourquoi il doit le faire.
    Je n'ai pas pu m'empêcher de penser à "Alice au pays des merveilles" de Lewis Caroll à cause de certains passages absurdes.Neil Gaiman fait de nombreux clins d'oeil à la littérature anglaise,à Shakespeare,Dickens,etc...Il transforme certaines comptines anglaise,fait de nombreux jeu de mots que la traduction ne peut malheureusement reproduire.
    On trouve également quelques notes d'humour grâce à un personnage,une réplique ou un détail.
    J'ai bien aimé l'histoire de ces sorcières cruelles et avides de jeunesse qui rappellent celle de Macbeth.
    A la fin du livre,il reste quelques zones d'ombre,qui est le petit homme velu?qui sont réellement les sorcières du miroir?
    Cette fin bien que prévisible est une réussite.Quelques éléments semés au fil du récit révèlent enfin leur secret.Le dénouement peut paraitre heureux mais le récit s'achève sur une note mélancolique...
    Bien que l'histoire soit originale et le style agréable,j'ai été déçu par ce livre.Il n'y a que la fin qui m'a vraiment plu....
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    • Livres 4.00/5
    Par 100choses, le 17 décembre 2010

    100choses
    Un billet un peu particulier aujourd'hui, puisque j'ai vu le film avant de lire le roman et mon ressenti face à ce dernier a été assez influencé par l'adaptation, et je ferais donc quelques allusions à celle-ci dans ce billet.
    On parle beaucoup de Neil Gaiman sur la blogosphère en ce moment, en particulier avec Coraline et L'Etrange vie de Nobody Owens, j'étais donc ravie de pouvoir découvrir cet auteur, et je dois dire que j'ai été profondément charmée par sa plume et son humour. J'aime la façon qu'il a de briser un moment assez poétique, lent, travaillé par une simple réplique. Pour vous donner un exemple, lorsque l'on fait connaissance avec l'étoile juste après sa chute, on découvre une jeune fille éthérée, très belle et élégante, et dès que le narrateur lui donne la parole, le premier mot qu'elle prononce est fuck . de même, un peu plus loin, un arbre nous raconte son histoire, comment, nymphe, elle a été poursuivie par Pan ; on est donc pris dans le récit et tout d'un coup elle stoppe net et sort et paf, ça a fait des chocapic, un arbre. J'ai vraiment apprécié être sans cesse surprise, que le narrateur m'emmène là où je ne m'y attendais pas.
    J'ai vraiment aimé parcourir ce monde très travaillé, assez absurde, où rien ni personne n'est ce qu'il semble être, où tout ce qui semblait être est finalement remis en question. C'est ce qu'il y a de magique dans la Fantasy: tout est possible. En fait c'est tout à faire ce genre d'ambiance que j'attendais d'Alice au Pays des Merveilles et que je n'ai pas trouvé.
    J'ai aimé que le narrateur s'adresse au lecteur ainsi que les changements de point de vue fréquents, cette impression d'être partout à la fois, sans pour autant rien maîtriser ; par exemple je n'ai aucune idée précise du temps réellement écoulé de chacun des deus côtés du mur.
    Côté intrigue, je dois dire que j'étais assez déboussolée en lisant les premières pages, trouvant un récit assez éloigné du scénario du film, et j'étais même un peu frustrée. Et puis finalement, j'ai accepté de mettre mes souvenirs du film de côté et je me suis totalement laissée embarquer dans cette histoire.
    J'ai trouvé la fin très triste pour un tel conte (parce qu'il s'agit vraiment d'un conte, plus que d'un roman, je trouve), et peut-être trop réaliste, terre-à-terre par rapport au reste du récit, je n'ai pas vraiment eu la happy end que j'attendais, même si celle-ci est très belle, et quelque part me rappelle un peu Peter Pan, avec sa fin pleine de mélancolie.
    Quant aux personnages, ce sont peut-être eux qui m'ont le moins plu dans cet ouvrage. Je les ai trouvés un peu fades, Yvaine mise à part. Victoria n'est pas du tout assez détestable à mon goût, elle est même limite touchante à la fin. Et puis surtout, c'est le seul point sur lequel je n'ai pas su me détacher du film et les voir dans mon esprit autrement que sous les traits des acteurs.

    Lien : http://leboudoirdemeloe.wordpress.com/2010/05/13/gaiman-neil-stardust/
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    • Livres 3.00/5
    Par Hildebald, le 11 octobre 2011

    Hildebald
    Ma critique ne sera pas objective car comme certains, j'ai vu le film avant de lire le roman.
    Et je crois que ce fut une belle erreur.
    J'ai beaucoup apprécié le film et du coup j'en attendais autant du livre. Parfois cela arrive et parfois, c'est la déception.
    Le roman est sympathique, l'histoire est bien, les personnages intéressants mais j'ai trouvé l'ensemble assez simple, plat.
    Ce qui me rappelle que j'ai eu le même problème avec un autre roman de N Gaiman : Nobody Owens. Notre auteur se lance dans un projet très intéressant mais nous laisse sur notre faim tout le long du roman. Pourquoi cela n'avance pas? Pourquoi les personnages ne sont pas d'avantage développés? Je crois qu'il devrait se lancer dans des trilogies car un roman trop court ou bâclé c'est toujours rageant.
    Cependant, si vous n'avez pas vu le film et que vous aimez les mondes imaginaires, laissez-vous tenter car ce roman reste agréable et se lit facilement.
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    • Livres 4.00/5
    Par Sufull, le 25 février 2009

    Sufull
    La féérie fait bien partie de la fantasy et ce livre est bien féérique même si il n'y a pas de fée ;). Tout y est présent pour la beauté de l'histoire.
    Tristan. Un amoureux qui promet de ramener une étoile à sa bien aimée.
    Yvaine. L'étoile en question.
    Des sorcières.
    Un roi qui meurt et doit être remplacé par un de ses fils.
    Tristan part donc à la recherche de l'étoile dans le pays féérique jouxtant son village de Wall, plein d'aventures et d'embuches se mettront sur sa route.
    L'auteur, qui aurait très bien pu tirer en longueur l'histoire, est resté ici sur un petit livre de 200 pages qui nous amène fraicheur et gaieté.
    Si vous voulez passer un excellent après-midi, je vous conseillerai donc ce livre qui vous permet une échappatoire à la vie de tous les jours.
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    • Livres 4.00/5
    Par Lyra, le 30 novembre 2011

    Lyra
    Ca fait un moment que j'ai celui-ci dans ma PAL, et j'm'étais décidée à le commencer quand le Muffin me dit qu'elle le lirait bien aussi, et nous voilà lancée dans une LC improvisée à la dernière minute. Puis c'est toujours plus sympa les LC entre copines, plus facile d'en parler au fur et à mesure de l'avancement, quand on est à une avancée équivalente ou en essayant de pas spoiler que l'autre n'a pas encore lu.
    Du film, je ne me souviens que de quelques bribes. Plus de la fin, plus des trois quarts des trucs. C'pas plus mal, je savour. J'me rappelle même pas des différences avec le livre, faudra p'tet que je le revois à l'occas'.
    Comme souvent avec Gaiman, je suis intriguée par l'histoire, la lecture est sympa mais je n'en ressors pas transcendée pour autant. Et malgré tout, il y a ce petit quelque chose qui me fait voir en lui un auteur de talent. J'entretiens une relation vraiment particulière avec ses histoires, difficilement définissable. [...]

    Lien : http://listesratures.over-blog.fr/article-neil-gaiman-stardust-86585..
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Citations et extraits

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  • Par Shaarilla, le 24 mai 2010

    Une femme se trouvait là : une longue dame brune coiffée d'un voile pourpre retenu par un diadème d'argent et vêtue d'une robe dont le rouge écarlate s'accordait parfaitement à celui de ses lèvres vernissées.
    - Comment t'appelles-tu mon garçon ? lui demanda-t-elle, d'une voix suave comme du miel.
    - Je m'appelle Brevis, m'dame, répondit Brevis, qui, tout en lui parlant, avait remarqué, derrière son interlocutrice, une chose fort singulière : une petite carriole aux brancards vides.
    Il se demandait comment elle avait bien pu s'y prendre pour arriver jusque-là.
    - Brevis, roucoula la dame brune. Quel joli nom ! Accepterais-tu de me vendre ton bouc, mon petit Brevis ?
    Brevis hésita.
    - Ma mère m'a dit que je devais l'emmener au marché pour le vendre contre une poule, du grain et des navets, répondit-il. Et de lui ramener la monnaie.
    - Combien ta mère t'a-t-elle dit de demander pour ce bouc ? s'enquit la dame en rouge.
    - Un florin, pas moins.
    La dame tendit la main vers lui avec un sourire. Quelque chose de doré brillait au creux de sa paume..
    - Eh bien, moi, je vais te donner cette guinée d'or, lui annonça-t-elle. Assez pour acheter un poulailler entier et une bonne centaine de boisseaux de navets.
    Le garçon la regardait, bouche bée.
    - Marché conclu ?
    Brevis hocha la tête.
    - Tenez ! dit-il, en lui présentant la longe du bouc.
    Obnubilé par les flots d'or et de navets qui cascadaient devant ses yeux écarquillés, il n'aurait pu articuler un mot de plus.
    La belle dame prit la corde, puis posa un index sur le front du bouc, juste au milieu, entre ses yeux jaunes, et lâcha la corde.
    Brevis s'attendait à voir le bouc foncer vers la forêt ou sur une des routes qui se rejoignaient à la corisée, mais l'animal resta où il était, comme cloué sur place. Brevis tendit alors la main pour recevoir sa pièce do'r.
    La dame l'examina en détail, depuis ses pieds tout crottés jusqu'à ses cheveux ras trempés de sueur, et le gratifia d'un second sourire enjôleur.
    - Tu sais, lui dit-elle, je crois qu'une paire aurait nettement plus d'allure qu'un seul. Qu'en penses-tu ?
    Brevis ignorait de quoi elle voulait parler et ouvrait déjà la bouche pour le lui dire quand elle lui posa un long doigt fuselé entre les deux yeux. Il s'aperçut, alors, qu'il ne pouvait plus rien dire du tout.
    La femme brune n'eut qu'un geste à faire pour que Brevis et le bouc se précipitent entre les brancards. Brevis fut, alors, stupéfait de constater qu'il marchait à quatre pattes et n'était guère plus grand que l'animal qui lui tenait compagnie.
    La sorcière fit claquer son fouet et la carriole prit la route, tirée par une paire de boucs blancs parfaitement assortis.
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  • Par Shaarilla, le 24 mai 2010

    Il faisait nuit dans la clairière, au bord de l'étang, et le ciel était piqueté d'étoiles innombrables.
    Les lucioles éclaboussaient feuillage et fougères d'étincelles, telles les lumières clignotantes de quelque étrange et lointaine citée. Une loutre plongea à grand bruit dans le ruisseau qui alimentait l'étang. Une hermine, suivie de toute sa petite famille, se fraya un chemin à travers les brousailles pour s'y abreuver. Un rat des champs trouva une amande par terre et entreprit d'en casser la coque avec ses petites dents pointues, non tant qu'il eu faim, mais parce que, prince victime d'un mauvais sort, il ne pourrait retrouver sa véritable apparence qu'à condition de mâcher l'amande de la sagesse. Mais à trop s'empresser on devient imprudent. Quand il vit l'ombre que projetait la lune sur le sol, il était déjà trop tard. Les serres acérées se refermèrent sur lui et l'énorme chouette grise repris les airs, s'enfonçant dans la nuit.
    Le rat des champs lâcha l'amande qui tomba dans la ruisseau et fut emportée par le flot pour être avalée par un saumon. La chouette engloutit le rat des champs en moins de deux, ne laissant que la queue dépasser de son bec, tel un bout de lacet défait. Des soubresauts accompagnés de furieux grognements agitèrent soudain les fourrés. Un blaireau, songea la chouette (elle-même sous l'emprise d'un sortilège : elle ne pourrait retrouver sa forme originelle qu'à condition d'avaler un rat des champs ayant lui-même mangé l'amande de la sagesse), ou peut -être un petit ours.
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  • Par Shaarilla, le 20 juin 2010

    - Ce que je voudrais savoir, c'est pourquoi je ne peux plus te trouver dans ma tête. Oh ! Tu es encore là, dit-elle, en pointant un index noueux sur son crâne dégarni. Mais comme un fantôme, un feu follet. Y a pas si longtemps?, tu brûlais, ton coeur brûlait dans mon esprit comme un brasier ardent. Mais après cette nuit-là, à l'auberge, il est devenu de plus en plus irrégulier et de plus en plus sourd et, maintenant, il n'est plus là du tout.
    Yavaine se rendit alors compte qu'elle n'éprouvait guère que de la pitié pour cette misérable créature, qui avait pourtant voulu sa mort.
    - Se pourrait-il que le coeur que vous cherchez ne m'appartienne plus ? suggéra-t-elle, compatissante.
    La sorcière se mit alors à tousser. Chaque quinte semblait lui arracher les entrailles et sa vieille carcasse en était toute secouée. L'étoile attendit qu'elle reprenne son souffle.
    - J'ai donné mon coeur à un autre, expliqua-t-elle.
    - Le garçon ? Celui de l'auberge ? Celui avec la licorne ?
    - Oui.
    - Tu aurais mieux fait de me laisser le ramener à la maison pour mes soeurs et moi, alors. On aurait pu redevenir jeune et traverser un nouvel âge avec la beauté de nos vingt ans. Ce garçon va le briser, ou le gâcher, ou le perdre. Ils le font tous.
    - Il n'en demeure pas moins que mon coeur lui appartient, insista Yvaine. J'espère que vos soeurs ne seront pas trop dures avec vous, lorsque vous rentrerez sans lui.
    - Mes soeurs seront dures, mais pas cruelles, lui répondit celle-ci. Merci tout de même de t'en inquiéter. C'est un sentiment qui t'honore et que j'apprécie. Tu as bon coeur, mon enfant. Dommage que ce ne soit pas moi qui en profite.
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  • Par Shaarilla, le 16 juin 2010

    "Lion et Licorne pour la couronne se battaient", songea-t-il, se remémorant la vieille comptine.

    Dans toute la ville, le Lion la Licorne poursuivait.
    Il la frappa une fois
    Il la frappa deux fois
    De toutes ses forces, trois fois de suite il la frappa
    Que ne ferait-on pour rester roi ?

    Et sans plus attendre, Tristan ramassa la couronne - qui était lourde et lisse comme du plomb -, puis, se dirigeant vers le combattants, s'adressa au lion avec cette manière toute particulière qu'il avait de parler aux béliers enragés, brebis rétives et autres quadrupèdes par trop agités sur les terres de son père :
    - Là, là... tout doux, tout doux... la voilà ta couronne...
    Tel un gros chat malmenant une écharpe, le lion secouait la licorne entre ses mâchoires. il lança à Tristan un regard dans lequel se lisait la plus vive perplexité.
    - Salut, fit Tristan.
    Et, sur ces bonnes paroles, il tendit la couronne vers le grand fauve à la crinière tout emmêlée de feuilles et de petites boules de bardane.
    -Tu as gagné, lui dit-il, se rapprochant d'un pas. Lâche la licorne, maintenant. Laisse-la partir.
    Il tendit alors des mains tremblantes et couronna le lion.
    Le lion sauta lourdement à bas de sa proie, puis, la tête haute, se mit à arpenter la clairière en silence, dans une attitude régalienne. Parvenu à la lisière de la forêt, il prit le temps de lécher consciencieusement ses blessures de sa grande langue toute rouge, puis, avec un ronronnement de tremblement de terre, s'enfonça dans la forêt.
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  • Par Shaarilla, le 24 mai 2010

    - Je viens du village de Wall, répondit-il enfin. Là-bas vit une jeune fille du nom de Victoria Forester, une gente demoiselle à nulle autre pareille. Et c'est à elle et à elle seule que j'ai donné mon coeur. Son visage est...
    - Deux yeux ? Un nez ? Une bouche ? Et tout l'toutim ?
    - Evidemment.
    - Bon, ben tu peux sauter l'couplet. On f'ra comme si tu l'avais déjà chanté. Alors quelle bougre d'idiotie cette jeune damoiselle t'a mis en tête de faire pour ses beaux yeux ?
    Offusqué, Tristan posa sa tasse en bois et se leva.
    - Qu'est-ce qui peut bien vous faire croire, s'indigna-t-il d'un ton qui se voulait aussi méprisant que hautain, que ma bien aimée m'aurait envoyé entreprendre quelque quête insensée ?
    Le petit homme leva vers lui de petits yeux perçants, d'un noir de jais.
    - Pasque c'est la seule raison qui peut pousser un p'tit gars comme toi à faire quelqu'chose d'aussi stupide que d'franchir la frontière pour v'nir en Féerie. Les seuls d'vot'monde qui viennent ici sont les ménestrels, les amoureux et les fous. Or, comme t'as pas vraiment l'air d'un ménestrel et qu't'es - pardonne-moi d'te dire ça, mon garçon, mais c'est vrai - aussi banal qu'un bout d'fromage sur une tranche de pain... C'est donc l'amour, si tu veux mon avis.
    - Parce que, déclama Tristan, tout amoureux a le coeur d'un fou et l'âme d'un ménestrel.
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