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> Frédérique Le Boucher (Traducteur)

ISBN : 2290005975
Éditeur : J'ai Lu (2007)


Note moyenne : 3.75/5 (sur 319 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
D'un côté, il y a Wall, paisible village niché au sein d'une calme forêt anglaise. De l'autre, le pays des fées, univers d'enchantements, de sorcières, de licornes et de princes sanguinaires. Entre les deux, il y a le mur, l'infranchissable et épaisse muraille qui ceint... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Luniver, le 21 septembre 2012

    Luniver
    Wall est un petit village à la frontière entre le monde réel et le pays de Faërie : les habitants sont chargés de surveiller le mur qui sépare ces deux mondes, et de ne laisser personne entrer. Il y a une petite exception à cette règle : tous les neuf ans, une foire a lieu près du mur, et tout le monde y est convié.
    C'est à l'une de ces foires que Dunstan Thorn va se rendre pour trouver un présent à offrir à sa fiancée. Son choix se porte sur une fleur en cristal, ainsi que sur la jolie vendeuse qui tient l'échoppe. Neuf mois plus tard, cette dernière offre son cadeau de noce aux jeunes époux : un couffin contenant un bébé et une carte les informant qu'il se nomme Tristan Thorn.
    Tristan grandit sans être informé de ses origines. Il tombe amoureux de la plus jolie fille du village, qui se moque gentiment de lui. Un soir où il lui promet de ramener tout ce qu'elle désire en échange d'un baiser, elle lui demande de lui apporter l'étoile filante qu'ils viennent d'apercevoir et qui est tombée de l'autre côté du mur. Tristan la prend au mot, et part le soir même vers le pays de Faërie.
    Mais il n'est pas le seul à s'intéresser à l'étoile : un roi se meurt et sur les sept fils qu'il a eus (Primus, Secondus, Tertius, Quartus, Quintus, Sextus, Septimus), trois survivent encore, contrairement à la tradition qui veut qu'ils s'entretuent tous jusqu'à ce qu'il ne reste qu'un seul prétendant au trône. le vieux roi rassemble ses dernières forces pour lier par la magie le médaillon, insigne du pouvoir, à l'étoile : le premier de ses fils à s'en emparer deviendra roi à son tour.
    Les Lilim, les sorcières les plus puissantes de Faërie, convoitent également l'étoile, pour une toute autre raison : le cœur des étoiles leur permette de regagner la jeunesse. Or, leur réserve est presque épuisée, et les trois femmes sont des vieillardes. Il est grand temps pour elles de reconstituer leur stock. L'une des trois consomme les dernières miettes de jeunesse qu'il reste pour regagner de la puissance, et se met en route.
    Stardust est un conte pour adulte : Gaiman respecte tous les codes du genre, tout en y ajoutant sa petite touche personnelle qui surprend, amuse ou interpelle. Une petite touche de nonsense anglais vient compléter agréablement le tableau. Seule entorse aux règles, la fin est beaucoup moins classique. Gaiman est décidément un auteur qui ne me déçoit jamais.
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    • Livres 4.00/5
    Par Ellane92, le 22 novembre 2013

    Ellane92
    « Il était une fois un jeune homme qui voulait conquérir l'Elue de son cœur ». Tristan Thorn, habitant de Wall, petit patelin d'Angleterre, part à la recherche de l'étoile filante tombée de l'autre côté du Mur, en Féérie, pour les beaux yeux de la belle Victoria Forester. Mais l'Etoile suscite bien des convoitises, et Tristan n'est pas le seul à partir à sa recherche : il aura maille à partir avec les Lords de Stormhold, pour qui elle est synonyme de royauté, et la Reine des Sorcières, qui souhaite retrouver jeunesse et beauté.
    J'ai vraiment beaucoup aimé ce livre. Certes, il est un peu long à démarrer, et il y a un certains nombres de personnages que l'on a du mal à situer au départ. Mais une fois l'intrigue mise en place, je suis tombée en pleine féerie. Stardust commence comme un conte de fées, et a de ceci de commun avec eux qu'il fait appel aux schémas de l'inconscient collectif. On en rencontre les grandes figures : la méchante sorcière (et la très méchante sorcière), le vieux sage, le « petit peuple facétieux », l'équivalent des bottes de sept lieues, les amis inattendus, les ennemis, les faux amis... On retrouve également, derrière cette quête de l'accessible étoile et de l'amour adolescent, le parcours initiatique de celui qui découvre qui il est, d'où il vient, connaissances qu'il paie au prix fort mais lui permettront de pouvoir multiplier ses choix de vie possibles.
    J'ai adoré le mélange d'éléments fantastiques et pragmatiques, et surtout, surtout, toutes ces expressions prises au pied de la lettre par Gaiman : dans Stardust, quand les étoiles filantes ratent leur atterrissage, elles se cassent la jambe !
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    • Livres 5.00/5
    Par selena_974, le 16 mai 2012

    selena_974
    Cela faisait longtemps que je n'avais pas lu un livre qui commence par "Il était une fois". Quel régal de se plonger dans l'univers de Neil Gaiman ! Car l'auteur nous offre ici un véritable conte, plein de magie, de péripéties et d'aventures en tous genre, dans un monde immense et passionnant.
    Wall est un paisible village dans lequel vit Dunstan Thorn. Un village qui porte bien son nom, car il est bordé par un énorme mur, gardé jour et nuit par les habitants du village. Au-delà ce mur, c'est Féérie, une immense contrée peuplée de créatures magiques en tous genre, des fées, des gnomes, des sorcières, des nymphes... un endroit où les choses ne sont pas toujours ce qu'elles paraissent. Il est absolument interdit de se rendre en Féérie, excepté une fois tous les 9 ans, à l'occasion d'une grande foire permettant aux habitants des deux côtés du mur de faire commerce de leurs rares denrées. A l'occasion de cette foire, Dunstan proposera son toit à un voyageur, qui lui offre en échange l'Élue de son Cœur, à lui, à son premier né, et au premier né de son premier né. Dunstan ne comprend pas du tout ce que ça veut dire (nous non plus d'ailleurs...). Mais à la foire du lendemain, il tombe sous le charme (ou l'enchantement ?) d'une demoiselle de l'autre côté du mur, qu'il rejoindra la nuit pour faire des folies avant de la quitter à tout jamais. Quelques mois plus tard, un bébé sera déposé derrière le mur, à Wall, du nom de Tristran Thorn. Ainsi commence cette histoire...
    Tristran grandit dans l'ignorance de ses origines, et tombe follement amoureux d'une belle jeune fille adulée de tout le village : Victoria. Il lui promet monts et merveilles si elle consent à lui donner un baiser, lorsqu'une étoile filante tombe du ciel. Victoria, dédaigneuse et totalement désintéressée par l'amour de Tristran, accepte alors de lui accorder tout ce qu'il souhaite, i compris sa main, s'il lui rapporte cette étoile tout juste tombée de l'autre côté du mur. Celle-ci et aucune autre... C'est ainsi que commence le périple de Tristran, qui va traverser les merveilles de Féérie, rencontrer des personnages plus magiques et étranges les uns que les autres, échapper à la reine des Sorcières, chevaucher une Licorne, kidnapper une pauvre Étoile blessée pour ensuite essayer de la sauver des dangers qui la menacent... Et tout ça pour l'Élue de son Cœur.
    Nous avons ici tous les éléments nécessaires à un magnifique conte, que j'imagine tout à fait raconté par un "ancien" au coin du feu le soir... de l'action, de l'amour, de la magie, du suspense... le tout dans l'univers toujours si passionnant de Neil Gaimann. Stardust est tout simplement une histoire à découvrir et à redécouvrir pour ravir notre âme d'enfant !
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    • Livres 4.00/5
    Par Seiren, le 15 septembre 2013

    Seiren
    Ce roman a marqué ma réconciliation avec Neil Gaiman: je n'avais pas du tout aimé Coralie et j'ai commencé ma lecture avec un mauvais a priori, craignant d'être déçue...au fur et à mesure des pages, j'ai plongé avec délice dans une histoire plus complexe qu'il n'y paraît: cela commence comme un conte de fée: "Il était une fois, un jeune homme qui part chercher une étoile pour les yeux de sa belle..." mais on se rend rapidement compte que le conte de fée est "perverti": Victoria, la belle de Tristan n'a rien d'une charmante princesse, Yvaine n'a rien d'une jeune fille douce, Tristan n'a rien d'un prince charmant (c'est un commis aimant les romans à deux, voire quatre sous) et qui aime rêver à des aventures extraordinaires.
    D'ailleurs, c'est un des reproches que je formulerais à l'encontre du film (après avoir lu et aimé le roman): Tristan dans le film devient un vrai Prince alors que dans le roman, Tristan reste Tristan: un jeune homme plongé dans une aventure qui le dépasse quelque peu et qui se retrouve face à un destin qu'il ne soupçonnait pas.
    Ensuite, le roman, contrairement au film, s'adresse davantage à un lectorat mature: la violence est palpable et je crois qu'il faut être un lecteur averti pour comprendre la réflexion sur l'Amour proposée par Gaiman: dans le film, l'histoire d'amour est présentée de façon idyllique, à l'image d'un parfait conte de fées alors que dans le roman, c'est un amour "imparfait", mélancolique..de plus, le personnage de Tristan montre que l'Amour n'est pas forcément éternel: les événements changent les êtres et leurs sentiments changent (comme l'amour de Tristan porté à Victoria...). L'Amour est également montré sous un jour peu favorable, en ce qui concerne certains personnages, je songe notamment à l'amour paternel et fraternel: Des frères qui s'assassinent pour conquérir le pouvoir, un père roi qui déteste ses enfants. L'amour peut également être "faux" comme celui de Victoria qui n'est guère sincère dans ses sentiments...
    Enfin, je recommande ce roman à tous les grands enfants, bercés aux contes de fées et qui veulent lire un conte commençant par "Il était une fois" mais ne se terminant pas par le trop idyllique: "Ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants..."
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    • Livres 5.00/5
    Par vilvirt, le 12 juillet 2012

    vilvirt
    Je viens de refermer ce magnifique récit de Gaiman, et arès avoir autant apprécié ses nouvelles, je dois dire qu'ici l'auteur est tout aussi habile dans son rôle de romancier.
    Stardust est une formidable quête pleine de magie et d'humour, une sorte de parodie des épopées du même genre, qui mêle avec justesse les grandes références à certains classiques tout en singeant les personnages qu'on peut y trouver. Sans jamais tomber dans l'excès, Neil Gaiman déploie tout son talent pour nous livrer une histoire merveilleuse qui débute comme un conte de fée et tombe progressivement dans l'absurde et le cocasse en parodiant les scénarios classiques du genre et en multipliant les références. Ainsi avec Gaiman, les méchantes sorcières ne connaissent pas de fin à la "Disney", les belles demoiselles tombent irrémédiablement amoureuses des plus laids, et les monarques en puissance choisissent d'errer de par le monde plutôt que de régner... L'auteur défie les règles du genre avec ce bijou drôle et cruel où les personnages ne sont pas en reste et où l'action se renouvelle sans cesse.
    La quête dans laquelle se lance le jeune Tristan Thorne - dont la naissance est plus ou moins un mystère et pourrait bien avoir quelque chose à voir avec le pays des fées - est destinée à récupérer une étoile tombée du ciel de l'autre côté du mur qui sépare les mondes, et à la rapporter à la jeune fille dont il est follement épris. Mais parti sur les routes d'un pays inconnu avec toute la conviction et la naïveté de son âge, Tristan ne tarde pas à se heurter à toutes sortes de manifestations magiques et aux créatures surnaturelles du pays des fées. Sa quête le ramène auprès de l'étoile - une jeune fille pure au fort caractère qui est complètement désespérée depuis sa chute - et quoiqu'il soit déterminé à la ramener dans son village, il va néanmoins rencontrer bien des obstacles et apprendre, du même coup, beaucoup choses sur son propre compte. Passant de révélations en rencontres insolites, Tristan et Yvaine (l'étoile) entament un périple dangereux et initiatique où il sera question de sacrifice, de licorne, d'arbre magique, de princes assassins et de bien d'autres choses encore qui font osciller le lecteur entre le rire, la surprise et l'émerveillement.
    La puissance évocatrice de Neil Gaiman est indéniable et quoique la trame du récit soit classique (l'épopée du jeune premier qui part sur les route en quête d'aventures) on est quand même loin d'un simple récit jeunesse. L'auteur fait preuve de subtilité dans les dialogues comme dans certaines situations, tout en maniant les éléments de l'univers fantastique avec beaucoup d'adresse.
    C'est encore une fois une sacré belle réussite qui me donne envie de découvrir toute l'oeuvre de Gaiman, notamment les livres qui sont encore dans ma pal !

    Lien : http://tranchesdelivres.blogspot.fr/2012/07/stardust-neil-gaiman.html
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Citations et extraits

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  • Par Shaarilla, le 24 mai 2010

    - Je viens du village de Wall, répondit-il enfin. Là-bas vit une jeune fille du nom de Victoria Forester, une gente demoiselle à nulle autre pareille. Et c'est à elle et à elle seule que j'ai donné mon coeur. Son visage est...
    - Deux yeux ? Un nez ? Une bouche ? Et tout l'toutim ?
    - Evidemment.
    - Bon, ben tu peux sauter l'couplet. On f'ra comme si tu l'avais déjà chanté. Alors quelle bougre d'idiotie cette jeune damoiselle t'a mis en tête de faire pour ses beaux yeux ?
    Offusqué, Tristan posa sa tasse en bois et se leva.
    - Qu'est-ce qui peut bien vous faire croire, s'indigna-t-il d'un ton qui se voulait aussi méprisant que hautain, que ma bien aimée m'aurait envoyé entreprendre quelque quête insensée ?
    Le petit homme leva vers lui de petits yeux perçants, d'un noir de jais.
    - Pasque c'est la seule raison qui peut pousser un p'tit gars comme toi à faire quelqu'chose d'aussi stupide que d'franchir la frontière pour v'nir en Féerie. Les seuls d'vot'monde qui viennent ici sont les ménestrels, les amoureux et les fous. Or, comme t'as pas vraiment l'air d'un ménestrel et qu't'es - pardonne-moi d'te dire ça, mon garçon, mais c'est vrai - aussi banal qu'un bout d'fromage sur une tranche de pain... C'est donc l'amour, si tu veux mon avis.
    - Parce que, déclama Tristan, tout amoureux a le coeur d'un fou et l'âme d'un ménestrel.
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  • Par Shaarilla, le 20 juin 2010

    - Ce que je voudrais savoir, c'est pourquoi je ne peux plus te trouver dans ma tête. Oh ! Tu es encore là, dit-elle, en pointant un index noueux sur son crâne dégarni. Mais comme un fantôme, un feu follet. Y a pas si longtemps?, tu brûlais, ton coeur brûlait dans mon esprit comme un brasier ardent. Mais après cette nuit-là, à l'auberge, il est devenu de plus en plus irrégulier et de plus en plus sourd et, maintenant, il n'est plus là du tout.
    Yavaine se rendit alors compte qu'elle n'éprouvait guère que de la pitié pour cette misérable créature, qui avait pourtant voulu sa mort.
    - Se pourrait-il que le coeur que vous cherchez ne m'appartienne plus ? suggéra-t-elle, compatissante.
    La sorcière se mit alors à tousser. Chaque quinte semblait lui arracher les entrailles et sa vieille carcasse en était toute secouée. L'étoile attendit qu'elle reprenne son souffle.
    - J'ai donné mon coeur à un autre, expliqua-t-elle.
    - Le garçon ? Celui de l'auberge ? Celui avec la licorne ?
    - Oui.
    - Tu aurais mieux fait de me laisser le ramener à la maison pour mes soeurs et moi, alors. On aurait pu redevenir jeune et traverser un nouvel âge avec la beauté de nos vingt ans. Ce garçon va le briser, ou le gâcher, ou le perdre. Ils le font tous.
    - Il n'en demeure pas moins que mon coeur lui appartient, insista Yvaine. J'espère que vos soeurs ne seront pas trop dures avec vous, lorsque vous rentrerez sans lui.
    - Mes soeurs seront dures, mais pas cruelles, lui répondit celle-ci. Merci tout de même de t'en inquiéter. C'est un sentiment qui t'honore et que j'apprécie. Tu as bon coeur, mon enfant. Dommage que ce ne soit pas moi qui en profite.
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  • Par Luniver, le 19 septembre 2012

    - Non. Non, pas pour faire fortune. C'est plutôt pour tenir une promesse que j'ai faite. Je... on bavardait ; je lui promettais des choses et on a vu cette étoile filante et je lui ai juré de la lui rapporter. Et l'étoile est tombée... (Il agita la main, désignant une chaîne de montagne en direction du levant) par là.
    Le petit homme velu se gratta le menton. Ou le museau ; oui, ça serait plutôt le museau.
    - Tu sais ce que je ferais à ta place ?
    - Non, fit Tristan, saisit d'un fol espoir. Quoi ?
    Le petit homme s'essuya le museau.
    - Je lui dirais d'aller s'faire voir ailleurs et j'm'en trouv'rais une qui m'embrasserait sans m'demander la lune. T'as qu'l'embarras du choix. Y a qu'à s'baisser pour en ramasser une : ça pousse comme du chiendent, dans l'pays d'où tu viens.
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  • Par Shaarilla, le 24 mai 2010

    Il faisait nuit dans la clairière, au bord de l'étang, et le ciel était piqueté d'étoiles innombrables.
    Les lucioles éclaboussaient feuillage et fougères d'étincelles, telles les lumières clignotantes de quelque étrange et lointaine citée. Une loutre plongea à grand bruit dans le ruisseau qui alimentait l'étang. Une hermine, suivie de toute sa petite famille, se fraya un chemin à travers les brousailles pour s'y abreuver. Un rat des champs trouva une amande par terre et entreprit d'en casser la coque avec ses petites dents pointues, non tant qu'il eu faim, mais parce que, prince victime d'un mauvais sort, il ne pourrait retrouver sa véritable apparence qu'à condition de mâcher l'amande de la sagesse. Mais à trop s'empresser on devient imprudent. Quand il vit l'ombre que projetait la lune sur le sol, il était déjà trop tard. Les serres acérées se refermèrent sur lui et l'énorme chouette grise repris les airs, s'enfonçant dans la nuit.
    Le rat des champs lâcha l'amande qui tomba dans la ruisseau et fut emportée par le flot pour être avalée par un saumon. La chouette engloutit le rat des champs en moins de deux, ne laissant que la queue dépasser de son bec, tel un bout de lacet défait. Des soubresauts accompagnés de furieux grognements agitèrent soudain les fourrés. Un blaireau, songea la chouette (elle-même sous l'emprise d'un sortilège : elle ne pourrait retrouver sa forme originelle qu'à condition d'avaler un rat des champs ayant lui-même mangé l'amande de la sagesse), ou peut -être un petit ours.
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  • Par Shaarilla, le 24 mai 2010

    Une femme se trouvait là : une longue dame brune coiffée d'un voile pourpre retenu par un diadème d'argent et vêtue d'une robe dont le rouge écarlate s'accordait parfaitement à celui de ses lèvres vernissées.
    - Comment t'appelles-tu mon garçon ? lui demanda-t-elle, d'une voix suave comme du miel.
    - Je m'appelle Brevis, m'dame, répondit Brevis, qui, tout en lui parlant, avait remarqué, derrière son interlocutrice, une chose fort singulière : une petite carriole aux brancards vides.
    Il se demandait comment elle avait bien pu s'y prendre pour arriver jusque-là.
    - Brevis, roucoula la dame brune. Quel joli nom ! Accepterais-tu de me vendre ton bouc, mon petit Brevis ?
    Brevis hésita.
    - Ma mère m'a dit que je devais l'emmener au marché pour le vendre contre une poule, du grain et des navets, répondit-il. Et de lui ramener la monnaie.
    - Combien ta mère t'a-t-elle dit de demander pour ce bouc ? s'enquit la dame en rouge.
    - Un florin, pas moins.
    La dame tendit la main vers lui avec un sourire. Quelque chose de doré brillait au creux de sa paume..
    - Eh bien, moi, je vais te donner cette guinée d'or, lui annonça-t-elle. Assez pour acheter un poulailler entier et une bonne centaine de boisseaux de navets.
    Le garçon la regardait, bouche bée.
    - Marché conclu ?
    Brevis hocha la tête.
    - Tenez ! dit-il, en lui présentant la longe du bouc.
    Obnubilé par les flots d'or et de navets qui cascadaient devant ses yeux écarquillés, il n'aurait pu articuler un mot de plus.
    La belle dame prit la corde, puis posa un index sur le front du bouc, juste au milieu, entre ses yeux jaunes, et lâcha la corde.
    Brevis s'attendait à voir le bouc foncer vers la forêt ou sur une des routes qui se rejoignaient à la corisée, mais l'animal resta où il était, comme cloué sur place. Brevis tendit alors la main pour recevoir sa pièce do'r.
    La dame l'examina en détail, depuis ses pieds tout crottés jusqu'à ses cheveux ras trempés de sueur, et le gratifia d'un second sourire enjôleur.
    - Tu sais, lui dit-elle, je crois qu'une paire aurait nettement plus d'allure qu'un seul. Qu'en penses-tu ?
    Brevis ignorait de quoi elle voulait parler et ouvrait déjà la bouche pour le lui dire quand elle lui posa un long doigt fuselé entre les deux yeux. Il s'aperçut, alors, qu'il ne pouvait plus rien dire du tout.
    La femme brune n'eut qu'un geste à faire pour que Brevis et le bouc se précipitent entre les brancards. Brevis fut, alors, stupéfait de constater qu'il marchait à quatre pattes et n'était guère plus grand que l'animal qui lui tenait compagnie.
    La sorcière fit claquer son fouet et la carriole prit la route, tirée par une paire de boucs blancs parfaitement assortis.
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