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> Frédérique Le Boucher (Traducteur)

ISBN : 2290005975
Éditeur : J'ai Lu (2007)


Note moyenne : 3.76/5 (sur 228 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
D'un côté, il y a Wall, paisible village niché au sein d'une calme forêt anglaise. De l'autre, le pays des fées, univers d'enchantements, de sorcières, de licornes et de princes sanguinaires. Entre les deux, il y a le mur, l'infranchissable et épaisse muraille qui ceint... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Luniver, le 21 septembre 2012

    Luniver
    Wall est un petit village à la frontière entre le monde réel et le pays de Faërie : les habitants sont chargés de surveiller le mur qui sépare ces deux mondes, et de ne laisser personne entrer. Il y a une petite exception à cette règle : tous les neuf ans, une foire a lieu près du mur, et tout le monde y est convié.
    C'est à l'une de ces foires que Dunstan Thorn va se rendre pour trouver un présent à offrir à sa fiancée. Son choix se porte sur une fleur en cristal, ainsi que sur la jolie vendeuse qui tient l'échoppe. Neuf mois plus tard, cette dernière offre son cadeau de noce aux jeunes époux : un couffin contenant un bébé et une carte les informant qu'il se nomme Tristan Thorn.
    Tristan grandit sans être informé de ses origines. Il tombe amoureux de la plus jolie fille du village, qui se moque gentiment de lui. Un soir où il lui promet de ramener tout ce qu'elle désire en échange d'un baiser, elle lui demande de lui apporter l'étoile filante qu'ils viennent d'apercevoir et qui est tombée de l'autre côté du mur. Tristan la prend au mot, et part le soir même vers le pays de Faërie.
    Mais il n'est pas le seul à s'intéresser à l'étoile : un roi se meurt et sur les sept fils qu'il a eus (Primus, Secondus, Tertius, Quartus, Quintus, Sextus, Septimus), trois survivent encore, contrairement à la tradition qui veut qu'ils s'entretuent tous jusqu'à ce qu'il ne reste qu'un seul prétendant au trône. le vieux roi rassemble ses dernières forces pour lier par la magie le médaillon, insigne du pouvoir, à l'étoile : le premier de ses fils à s'en emparer deviendra roi à son tour.
    Les Lilim, les sorcières les plus puissantes de Faërie, convoitent également l'étoile, pour une toute autre raison : le cœur des étoiles leur permette de regagner la jeunesse. Or, leur réserve est presque épuisée, et les trois femmes sont des vieillardes. Il est grand temps pour elles de reconstituer leur stock. L'une des trois consomme les dernières miettes de jeunesse qu'il reste pour regagner de la puissance, et se met en route.
    Stardust est un conte pour adulte : Gaiman respecte tous les codes du genre, tout en y ajoutant sa petite touche personnelle qui surprend, amuse ou interpelle. Une petite touche de nonsense anglais vient compléter agréablement le tableau. Seule entorse aux règles, la fin est beaucoup moins classique. Gaiman est décidément un auteur qui ne me déçoit jamais.
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    • Livres 5.00/5
    Par selena_974, le 16 mai 2012

    selena_974
    Cela faisait longtemps que je n'avais pas lu un livre qui commence par "Il était une fois". Quel régal de se plonger dans l'univers de Neil Gaiman ! Car l'auteur nous offre ici un véritable conte, plein de magie, de péripéties et d'aventures en tous genre, dans un monde immense et passionnant.
    Wall est un paisible village dans lequel vit Dunstan Thorn. Un village qui porte bien son nom, car il est bordé par un énorme mur, gardé jour et nuit par les habitants du village. Au-delà ce mur, c'est Féérie, une immense contrée peuplée de créatures magiques en tous genre, des fées, des gnomes, des sorcières, des nymphes... un endroit où les choses ne sont pas toujours ce qu'elles paraissent. Il est absolument interdit de se rendre en Féérie, excepté une fois tous les 9 ans, à l'occasion d'une grande foire permettant aux habitants des deux côtés du mur de faire commerce de leurs rares denrées. A l'occasion de cette foire, Dunstan proposera son toit à un voyageur, qui lui offre en échange l'Élue de son Cœur, à lui, à son premier né, et au premier né de son premier né. Dunstan ne comprend pas du tout ce que ça veut dire (nous non plus d'ailleurs...). Mais à la foire du lendemain, il tombe sous le charme (ou l'enchantement ?) d'une demoiselle de l'autre côté du mur, qu'il rejoindra la nuit pour faire des folies avant de la quitter à tout jamais. Quelques mois plus tard, un bébé sera déposé derrière le mur, à Wall, du nom de Tristran Thorn. Ainsi commence cette histoire...
    Tristran grandit dans l'ignorance de ses origines, et tombe follement amoureux d'une belle jeune fille adulée de tout le village : Victoria. Il lui promet monts et merveilles si elle consent à lui donner un baiser, lorsqu'une étoile filante tombe du ciel. Victoria, dédaigneuse et totalement désintéressée par l'amour de Tristran, accepte alors de lui accorder tout ce qu'il souhaite, i compris sa main, s'il lui rapporte cette étoile tout juste tombée de l'autre côté du mur. Celle-ci et aucune autre... C'est ainsi que commence le périple de Tristran, qui va traverser les merveilles de Féérie, rencontrer des personnages plus magiques et étranges les uns que les autres, échapper à la reine des Sorcières, chevaucher une Licorne, kidnapper une pauvre Étoile blessée pour ensuite essayer de la sauver des dangers qui la menacent... Et tout ça pour l'Élue de son Cœur.
    Nous avons ici tous les éléments nécessaires à un magnifique conte, que j'imagine tout à fait raconté par un "ancien" au coin du feu le soir... de l'action, de l'amour, de la magie, du suspense... le tout dans l'univers toujours si passionnant de Neil Gaimann. Stardust est tout simplement une histoire à découvrir et à redécouvrir pour ravir notre âme d'enfant !
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    • Livres 5.00/5
    Par vilvirt, le 12 juillet 2012

    vilvirt
    Je viens de refermer ce magnifique récit de Gaiman, et arès avoir autant apprécié ses nouvelles, je dois dire qu'ici l'auteur est tout aussi habile dans son rôle de romancier.
    Stardust est une formidable quête pleine de magie et d'humour, une sorte de parodie des épopées du même genre, qui mêle avec justesse les grandes références à certains classiques tout en singeant les personnages qu'on peut y trouver. Sans jamais tomber dans l'excès, Neil Gaiman déploie tout son talent pour nous livrer une histoire merveilleuse qui débute comme un conte de fée et tombe progressivement dans l'absurde et le cocasse en parodiant les scénarios classiques du genre et en multipliant les références. Ainsi avec Gaiman, les méchantes sorcières ne connaissent pas de fin à la "Disney", les belles demoiselles tombent irrémédiablement amoureuses des plus laids, et les monarques en puissance choisissent d'errer de par le monde plutôt que de régner... L'auteur défie les règles du genre avec ce bijou drôle et cruel où les personnages ne sont pas en reste et où l'action se renouvelle sans cesse.
    La quête dans laquelle se lance le jeune Tristan Thorne - dont la naissance est plus ou moins un mystère et pourrait bien avoir quelque chose à voir avec le pays des fées - est destinée à récupérer une étoile tombée du ciel de l'autre côté du mur qui sépare les mondes, et à la rapporter à la jeune fille dont il est follement épris. Mais parti sur les routes d'un pays inconnu avec toute la conviction et la naïveté de son âge, Tristan ne tarde pas à se heurter à toutes sortes de manifestations magiques et aux créatures surnaturelles du pays des fées. Sa quête le ramène auprès de l'étoile - une jeune fille pure au fort caractère qui est complètement désespérée depuis sa chute - et quoiqu'il soit déterminé à la ramener dans son village, il va néanmoins rencontrer bien des obstacles et apprendre, du même coup, beaucoup choses sur son propre compte. Passant de révélations en rencontres insolites, Tristan et Yvaine (l'étoile) entament un périple dangereux et initiatique où il sera question de sacrifice, de licorne, d'arbre magique, de princes assassins et de bien d'autres choses encore qui font osciller le lecteur entre le rire, la surprise et l'émerveillement.
    La puissance évocatrice de Neil Gaiman est indéniable et quoique la trame du récit soit classique (l'épopée du jeune premier qui part sur les route en quête d'aventures) on est quand même loin d'un simple récit jeunesse. L'auteur fait preuve de subtilité dans les dialogues comme dans certaines situations, tout en maniant les éléments de l'univers fantastique avec beaucoup d'adresse.
    C'est encore une fois une sacré belle réussite qui me donne envie de découvrir toute l'oeuvre de Gaiman, notamment les livres qui sont encore dans ma pal !

    Lien : http://tranchesdelivres.blogspot.fr/2012/07/stardust-neil-gaiman.html
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    • Livres 4.00/5
    Par Sio, le 28 juillet 2012

    Sio
    Lorsque cette étoile filante tombe de l'autre côté du Mur, Tristan n'hésite pas une seconde: il ira la chercher et la ramènera à Victoria, l'élue de son cœur, qui ne manquera pas de l'épouser en remerciement. Ni une ni deux, le grand naïf se lance à l'aventure et entre en Faërie. Là, il fera de surprenantes découvertes, pour les beaux yeux de sa belle, qui n'est ni plus ni moins que la pimbêche du village.
    Toujours est-il que Tristan tombe dans une situation un tant soit peu compliquée: l'étoile filante est cherchée par de nombreuses personnes, dont un redoutable trio de sorcières. Parallèlement, le roi de Stormhold, qui vient de décéder, a lancé ses fils à la recherche du collier qui leur donnera le pouvoir. Et, bien sûr, Tristan s'arrange pour se mettre au milieu de la mêlée -sinon, ce n'est pas drôle.
    Tout l'univers des contes de fées est réuni dans cet opus: on croise au fil des pages un certain nombre de personnages féériques, et les ressorts du contes sont respectés (le roman commence d'ailleurs par le célèbre "Il était une fois...") ; tous ces stéréotypes nous permettent de nous replonger avec plaisir dans l'univers des contes de notre enfance.
    Le style de Neil Gaiman nous embarque sans problèmes dans ce monde merveilleux créé de toute pièces. le récit initiatique mâtiné de rencontre amoureuse fonctionne bien: c'est tout mignon, et on a envie d'y croire. On regrettera cependant que certains événements arrivent trop vite, ou manquent de développements: Yvaine et Tristan semblent se résoudre à cette histoire d'amour, sans qu'on la voie vraiment se développer et la sorcière abandonne bien vite. Malgré tout, l'ensemble reste cohérent et l'univers assez dense (malgré un roman relativement court).
    A noter que le roman a fait l'objet d'une adaptation cinématographique très réussie; l'histoire n'est pas tout à fait la même, mais les répliques savoureuses ne manqueront pas de ravir ceux qui ont apprécié l'univers romanesque.
    Voilà donc un roman dont la lecture est très agréable, mais qui laisse un arrière-goût de trop peu une fois la dernière page tournée!

    Lien : http://encres-et-calames.over-blog.fr/article-stardust-neil-gaiman-1..
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    • Livres 5.00/5
    Par TINUSIA, le 08 août 2010

    TINUSIA
    Tristan Thorn est le fils naturel de Dunstan, né de l'éphémère rencontre avec une merveilleuse jeune fille de Ceux-d'Outre-Mur. Il existe, en effet, deux univers au sein d'une paisible forêt anglaise : d'un côté Wall, un petit village tranquille, de l'autre, le pays de Faërie, peuplé de créatures féériques, de sorcières, de licornes, de princes sanguinaires.
    Tous les neuf ans, l'occasion est donnée aux habitants des deux mondes de se rencontrer, au cours d'une foire où le fantastique est proposé à l'achat : baumes et onguents, filtres, rêves en bouteille, draps de lavande, nappes de jacinthes, rideaux de roses, épées de richesse, manteaux de clair de lune, et même des yeux neufs pour les vieux !
    Dunstan, à la recherche qu'un colifichet pour Daisy, sa belle, s'arrête à l'étal d'une étrange fille aux prunelles violettes comme des améthystes et aux oreilles de chat. Elle vend des fleurs, de verre ou de cristal, tintinnabulantes comme de minuscules et lointaines clochettes. Dunstan tombe sous le charme de la merveilleuse marchande, amarrée à son stand par une fine chaîne d'argent : elle est l'esclave d'une sorcière qui l'a capturée lorsqu'elle était enfant. Elle ne retrouvera sa liberté que "le jour où la lune perdra sa fille, pour peu que cela soit durant la semaine des deux lundis". Elle offre au jeune homme, contre un baiser, un perce-neige. A la nuit tombée, les jeunes gens se retrouvent... quelques mois plus tard, alors que Dunstan est marié à Daisy (un peu à contre-cœur, il faut bien le dire) est déposé à l'entrée du village un panier contenant un bébé braillard. Sur la couverture qui le protège est épinglé un parchemin sur lequel est écrit : Tristan THORN.
    Tristan va grandir, aux côtés de son père, de sa "belle-mère' et de sa sœur Louisa. Parvenu à l'âge des émois adolescents, il veut séduire Miss Victoria Forester ; pour obtenir d'elle un baiser - et peut-être davantage - il s'engage à lui rapporter une étoile filante qu'ils viennent de voir choir du ciel, de l'autre côté du mur qui sépare le village de Wall du pays de Faërie.
    Comme dans Coraline, le lecteur retrouve dans ce conte de fées pour adultes, le mythe du franchissement de la frontière. Tristan, en partant pour sa quête, nous entraîne dans un récit initiatique où l'exil représente la coupure fondatrice de l'identité et du rapport de soi à autrui. Ses aventures au cœur du pays des enchantements vont l'amener à découvrir les mystères de l'amour, du pouvoir, de la cruauté aussi. Il devra combattre, aimer, ruser, séduire, secourir, protéger, travailler, souffrir... tout ce qui construit l'acte de grandir...
    En s'appuyant sur l'écriture d'un conte fantastique, Neil Gaiman, traite de sujets graves et profonds. Je suis sortie totalement "charmée" par cette lecture, qui relève de la tradition orale.

    Lien : http://livresouverts.canalblog.com/
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Citations et extraits

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  • Par Shaarilla, le 24 mai 2010

    - Je viens du village de Wall, répondit-il enfin. Là-bas vit une jeune fille du nom de Victoria Forester, une gente demoiselle à nulle autre pareille. Et c'est à elle et à elle seule que j'ai donné mon coeur. Son visage est...
    - Deux yeux ? Un nez ? Une bouche ? Et tout l'toutim ?
    - Evidemment.
    - Bon, ben tu peux sauter l'couplet. On f'ra comme si tu l'avais déjà chanté. Alors quelle bougre d'idiotie cette jeune damoiselle t'a mis en tête de faire pour ses beaux yeux ?
    Offusqué, Tristan posa sa tasse en bois et se leva.
    - Qu'est-ce qui peut bien vous faire croire, s'indigna-t-il d'un ton qui se voulait aussi méprisant que hautain, que ma bien aimée m'aurait envoyé entreprendre quelque quête insensée ?
    Le petit homme leva vers lui de petits yeux perçants, d'un noir de jais.
    - Pasque c'est la seule raison qui peut pousser un p'tit gars comme toi à faire quelqu'chose d'aussi stupide que d'franchir la frontière pour v'nir en Féerie. Les seuls d'vot'monde qui viennent ici sont les ménestrels, les amoureux et les fous. Or, comme t'as pas vraiment l'air d'un ménestrel et qu't'es - pardonne-moi d'te dire ça, mon garçon, mais c'est vrai - aussi banal qu'un bout d'fromage sur une tranche de pain... C'est donc l'amour, si tu veux mon avis.
    - Parce que, déclama Tristan, tout amoureux a le coeur d'un fou et l'âme d'un ménestrel.
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  • Par Shaarilla, le 24 mai 2010

    Une femme se trouvait là : une longue dame brune coiffée d'un voile pourpre retenu par un diadème d'argent et vêtue d'une robe dont le rouge écarlate s'accordait parfaitement à celui de ses lèvres vernissées.
    - Comment t'appelles-tu mon garçon ? lui demanda-t-elle, d'une voix suave comme du miel.
    - Je m'appelle Brevis, m'dame, répondit Brevis, qui, tout en lui parlant, avait remarqué, derrière son interlocutrice, une chose fort singulière : une petite carriole aux brancards vides.
    Il se demandait comment elle avait bien pu s'y prendre pour arriver jusque-là.
    - Brevis, roucoula la dame brune. Quel joli nom ! Accepterais-tu de me vendre ton bouc, mon petit Brevis ?
    Brevis hésita.
    - Ma mère m'a dit que je devais l'emmener au marché pour le vendre contre une poule, du grain et des navets, répondit-il. Et de lui ramener la monnaie.
    - Combien ta mère t'a-t-elle dit de demander pour ce bouc ? s'enquit la dame en rouge.
    - Un florin, pas moins.
    La dame tendit la main vers lui avec un sourire. Quelque chose de doré brillait au creux de sa paume..
    - Eh bien, moi, je vais te donner cette guinée d'or, lui annonça-t-elle. Assez pour acheter un poulailler entier et une bonne centaine de boisseaux de navets.
    Le garçon la regardait, bouche bée.
    - Marché conclu ?
    Brevis hocha la tête.
    - Tenez ! dit-il, en lui présentant la longe du bouc.
    Obnubilé par les flots d'or et de navets qui cascadaient devant ses yeux écarquillés, il n'aurait pu articuler un mot de plus.
    La belle dame prit la corde, puis posa un index sur le front du bouc, juste au milieu, entre ses yeux jaunes, et lâcha la corde.
    Brevis s'attendait à voir le bouc foncer vers la forêt ou sur une des routes qui se rejoignaient à la corisée, mais l'animal resta où il était, comme cloué sur place. Brevis tendit alors la main pour recevoir sa pièce do'r.
    La dame l'examina en détail, depuis ses pieds tout crottés jusqu'à ses cheveux ras trempés de sueur, et le gratifia d'un second sourire enjôleur.
    - Tu sais, lui dit-elle, je crois qu'une paire aurait nettement plus d'allure qu'un seul. Qu'en penses-tu ?
    Brevis ignorait de quoi elle voulait parler et ouvrait déjà la bouche pour le lui dire quand elle lui posa un long doigt fuselé entre les deux yeux. Il s'aperçut, alors, qu'il ne pouvait plus rien dire du tout.
    La femme brune n'eut qu'un geste à faire pour que Brevis et le bouc se précipitent entre les brancards. Brevis fut, alors, stupéfait de constater qu'il marchait à quatre pattes et n'était guère plus grand que l'animal qui lui tenait compagnie.
    La sorcière fit claquer son fouet et la carriole prit la route, tirée par une paire de boucs blancs parfaitement assortis.
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  • Par Shaarilla, le 24 mai 2010

    Il faisait nuit dans la clairière, au bord de l'étang, et le ciel était piqueté d'étoiles innombrables.
    Les lucioles éclaboussaient feuillage et fougères d'étincelles, telles les lumières clignotantes de quelque étrange et lointaine citée. Une loutre plongea à grand bruit dans le ruisseau qui alimentait l'étang. Une hermine, suivie de toute sa petite famille, se fraya un chemin à travers les brousailles pour s'y abreuver. Un rat des champs trouva une amande par terre et entreprit d'en casser la coque avec ses petites dents pointues, non tant qu'il eu faim, mais parce que, prince victime d'un mauvais sort, il ne pourrait retrouver sa véritable apparence qu'à condition de mâcher l'amande de la sagesse. Mais à trop s'empresser on devient imprudent. Quand il vit l'ombre que projetait la lune sur le sol, il était déjà trop tard. Les serres acérées se refermèrent sur lui et l'énorme chouette grise repris les airs, s'enfonçant dans la nuit.
    Le rat des champs lâcha l'amande qui tomba dans la ruisseau et fut emportée par le flot pour être avalée par un saumon. La chouette engloutit le rat des champs en moins de deux, ne laissant que la queue dépasser de son bec, tel un bout de lacet défait. Des soubresauts accompagnés de furieux grognements agitèrent soudain les fourrés. Un blaireau, songea la chouette (elle-même sous l'emprise d'un sortilège : elle ne pourrait retrouver sa forme originelle qu'à condition d'avaler un rat des champs ayant lui-même mangé l'amande de la sagesse), ou peut -être un petit ours.
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  • Par Shaarilla, le 16 juin 2010

    "Lion et Licorne pour la couronne se battaient", songea-t-il, se remémorant la vieille comptine.

    Dans toute la ville, le Lion la Licorne poursuivait.
    Il la frappa une fois
    Il la frappa deux fois
    De toutes ses forces, trois fois de suite il la frappa
    Que ne ferait-on pour rester roi ?

    Et sans plus attendre, Tristan ramassa la couronne - qui était lourde et lisse comme du plomb -, puis, se dirigeant vers le combattants, s'adressa au lion avec cette manière toute particulière qu'il avait de parler aux béliers enragés, brebis rétives et autres quadrupèdes par trop agités sur les terres de son père :
    - Là, là... tout doux, tout doux... la voilà ta couronne...
    Tel un gros chat malmenant une écharpe, le lion secouait la licorne entre ses mâchoires. il lança à Tristan un regard dans lequel se lisait la plus vive perplexité.
    - Salut, fit Tristan.
    Et, sur ces bonnes paroles, il tendit la couronne vers le grand fauve à la crinière tout emmêlée de feuilles et de petites boules de bardane.
    -Tu as gagné, lui dit-il, se rapprochant d'un pas. Lâche la licorne, maintenant. Laisse-la partir.
    Il tendit alors des mains tremblantes et couronna le lion.
    Le lion sauta lourdement à bas de sa proie, puis, la tête haute, se mit à arpenter la clairière en silence, dans une attitude régalienne. Parvenu à la lisière de la forêt, il prit le temps de lécher consciencieusement ses blessures de sa grande langue toute rouge, puis, avec un ronronnement de tremblement de terre, s'enfonça dans la forêt.
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  • Par Luniver, le 19 septembre 2012

    - Non. Non, pas pour faire fortune. C'est plutôt pour tenir une promesse que j'ai faite. Je... on bavardait ; je lui promettais des choses et on a vu cette étoile filante et je lui ai juré de la lui rapporter. Et l'étoile est tombée... (Il agita la main, désignant une chaîne de montagne en direction du levant) par là.
    Le petit homme velu se gratta le menton. Ou le museau ; oui, ça serait plutôt le museau.
    - Tu sais ce que je ferais à ta place ?
    - Non, fit Tristan, saisit d'un fol espoir. Quoi ?
    Le petit homme s'essuya le museau.
    - Je lui dirais d'aller s'faire voir ailleurs et j'm'en trouv'rais une qui m'embrasserait sans m'demander la lune. T'as qu'l'embarras du choix. Y a qu'à s'baisser pour en ramasser une : ça pousse comme du chiendent, dans l'pays d'où tu viens.
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