Dans ce texte à haute teneur autobiographique, suite (cohérente) de sketches, Guillaume Galienne revient sur le « drame » de sa vie : sa relation ambiguë avec sa mère, cette mère qu'il aime follement et qui se comporte avec lui si différemment qu'avec ses deux frères qu'il s'imagine qu'il est une fille !
De l'enfance à l'adolescence, les malentendus de ce genre se multiplient. Si Guillaume danse admirablement bien la sévillane, il la danse comme le lui a appris son amie Paqui lors de son séjour linguistique en Espagne : comme une femme ! Ce qui lui vaut bien des railleries de la part des ibères hilares.
Plus tard, il sera souvent en décalage par rapport à ses camarades de classe en raison, par exemple, de son rapport, disons difficile, avec le sport.
Guillaume trace son chemin sous le regard de ses proches, de ses amis qui, tous, donneraient leur tête à couper qu'il est homo.
Puis, un jour, Guillaume tombe amoureux… d'Amandine, et les choses rentrent d'elles-mêmes dans l'ordre. Enfin presque !
Qu'on le veuille ou non, le regard de ceux qu'on aime et l'image qu'ils nous renvoient de nous influe sur notre comportement.
Dès son plus jeune âge,
Guillaume Gallienne "« s'est vu étiqueté d'une sexualité avant de la découvrir »" et a eu à cœur de se conformer à l'image qu'avait de lui cette mère qu'il admire tant. Au fond, cela les arrangeait tous les deux : "« elle pour avoir une fille, et (lui) pour (se) différencier de (ses) frères… pour (se) distinguer ! »"
A partir de cette méprise qui aurait pu virer en véritable drame intime,
Guillaume Gallienne a composé un texte jouissivement drôle. Habilement croqués, les différents personnages prennent vie en quelques mots. Avec un sens irrésistible de la dérision, il fait rire de situations émotionnellement difficiles, parfois même tragiques, sans jamais se départir d'une pudeur et d'une élégance… folles !
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