ISBN : 2070369161
Éditeur : Gallimard (1977)


Note moyenne : 3.72/5 (sur 69 notes) Ajouter à mes livres
A comme adultère : c'est la lettre qu'Esther porte, brodée sur sa poitrine, telle la trace indélébile de sa faute. Au XVIIe siècle, à Salem, la forêt et les esprits sont sombres. Seuls points de clarté : le rouge de... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par alaiseblaise, le 19 janvier 2012

    alaiseblaise
    "Etoile jaune, tonte des femmes, fer rouge marqué au dos de l'esclave noir, fleur écarlate brodée au sein de Hester Pryme l'infidèle, «Il y a dans la nature humaine peu de traits plus laids que cette tendance - que l'on observe alors chez des gens ni plus ni moins méchants que leurs voisins - à devenir cruels simplement parce qu'ils possèdent le pouvoir de faire souffrir.» et je cite encore l'auteur «Il semble bien, en effet, que quelle qu'ait pu être la faute d'un individu, il n'y a pas d'outrage qui aille plus à l'encontre de notre commune nature que celui qui interdit au coupable de cacher son visage sous le coup de la honte.»
    Nous sommes en 1642 à Boston. C'est la sombre histoire d'Hester Pryme condamnée par sa communauté puritaine à porter sur la poitrine la lettre A pour Adultère. Son mari a disparu depuis de nombreuses années. Est-il mort? Où vit-il? Dieu seul le sait! de ce «péché» naîtra Pearl une petite fille aux allures de lutin des forêts. La belle courageuse et digne Hester, l'indomptable Hester refuse de dévoiler le nom du père.
    Plus tard, Roger Chillingworth, son mari, est de retour. Il apprend que sa femme l'a trahi. Il veut venger son honneur et retrouver l'amant de sa femme (mais non il ne s'agit d'une pièce de Boulevard avec l'amant caché dans le placard!?). Il est persuadé qu'il s'agit d'un jeune pasteur nommé Arthur Dimmesdale adulé de ses paroissiens, un véritable saint homme sur Terre! Voilà pour le début de l'histoire mais je ne vous dis pas tout... à vous de lire...
    L'histoire est belle, sombre et triste à pleurer. Mais en parallèle s'écrit l'histoire de l'Amérique à travers un féroce pamphlet contre le puritanisme de ces premiers colons anglais et très très protestants. Hawthorne dénonce l'hypocrisie du pouvoir religieux, du pouvoir colonial qui enferment dans un même complice carcan jusqu'aux libertés les plus intimes... jusqu'aux derniers indiens. La colonie anglaise s'installe, sur le nouveau monde avec ses bûchers aux sorcières, ses mises au pilori, ses évangélisations de peaux-rouges et sa bonne conscience. Ce beau roman est aussi un hymne à la nature sauvage et rédemptrice... l'échappée belle. Pearl l'enfant «illégitime» apparaît alors comme un symbole libertaire, habillée de feuilles et couronnée de fleurs au milieu d'une forêt hantée de secrets païens.
    L'écriture de ce roman est magnifique, tout en suggestions, allégories et images.
    Ici l'Amérique se dessine. Ici la littérature américaine écrit ses premiers maux. Ici Hawthorne ouvre grand les portes à F. Scott Fitzgerald, William Faulkner, Tennessee Williams et Philip Roth...
    «Mais ce qui attirait tous les regards et transfigurait en quelque sorte la femme ainsi vêtue, si bien qu'hommes et femmes de son ancien entourage étaient à présent frappés comme s'ils la voyaient pour la première fois, c'était la LETTRE ÉCARLATE si fantastiquement brodée sur son sein. Elle faisait l'effet d'un charme qui aurait écarté Hester Prynne de tous rapports ordinaires avec l'humanité et l'aurait enfermée dans une sphère pour elle seule».
    Nathaniel Hawthorne (4 juillet 1804, Dedham, Massachusetts, États-Unis -19 mai 1864, Plymouth, New Hampshire, États-Unis) est un écrivain américain, auteur de nouvelles et de romans. Il est considéré comme le fondateur de la littérature nord-américaine en prenant ses distances avec la littérature anglaise de l'époque considérée à ses yeux comme une «littérature coloniale». Avec Hawthorne c'est le début de l'histoire de la littérature nord-américaine qui commence.
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    • Livres 3.00/5
    Par Altervorace, le 30 novembre 2011

    Altervorace
    Dans un certain nombre d'avis, sur les blogs et forums, j'ai lu beaucoup de choses sur le long prologue qui en a rebuté plus d'un. Pour moi, malgré son aspect un peu indigeste, on ne peut réellement avoir accès à l'œuvre de monsieur Hawthorne sans le lire avec attention. Si on veut aller au-delà de la simple tragédie, d'un simple mélodrame que constitue La lettre écarlate, il faut en passer par là. Comme finalement beaucoup de roman des 18 et 19ième siècle, cet ouvrage est une œuvre à clefs et le prologue nous aide vraiment à en déverrouiller une partie.
    Le prologue en question est en grande partie autobiographique et on peut déjà y découvrir tout ce qui fait de La lettre écarlate un roman à part. Ainsi l'auteur nous dévoile son rapport ambiguë avec le puritanisme en faisant entrer en scène un dialogue imaginaire avec ces ancêtres. En effet, Nathaniel descend d'un des juges qui a été impitoyable durant le célèbre procès des sorcières de Salem. On sent d'ailleurs l'auteur comme partagé entre l'ordre moral et son rejet de l'extrémisme puritain. Tout le contraste du récit commence ici.
    Sans cesse, dans le roman de monsieur Hawthorne, l'ordre des choses est bousculé. le couple de pécheurs, au lieu de se diriger vers la rédemption -comme semble nous le faire penser certains événements- chemine en fait vers un apaisement du remord de leurs fautes. Pour cela, les victimes présumés deviennent les bourreaux véritables. le mari d'Hester ne cessera d'être le tourmenteur de l'amant tandis que l'enfant, Pearl prendra régulièrement les traits d'une persécutrice pour sa propre mère.
    Dans ce roman, tout est double, tout est à sens multiple. A mon humble avis, les contrastes entre vérité/mensonge, civilisation/nature et vie/mort ne sont pas l'aspect le plus fascinant du récit. A mes yeux, ce qui rend ce roman admirable c'est le cheminement de l'héroïne. C'est lorsqu'elle vit loin de toute société, avec pour seule compagnie l'enfant engendré de la faute, qu'elle éprouve le plus le poids de la morale. Quant ensuite son existence prend l'apparence de la plus complète rédemption on comprend qu'elle se libère enfin de son péché, non en le regrettant, mais en se le pardonnant.
    Ces multiples complexités sont sans doute passionnantes et classe La lettre écarlate comme une œuvre d'une grande importance littéraire. Il n'en reste pas moins que je n'ai pas éprouvé un plaisir autre qu'intellectuel et si je n'avais pas un intérêt véritable pour la littérature, cette tragédie amoureuse m'aurait surtout ennuyée.

    Lien : http://altervorace.canalblog.com/archives/2011/11/30/22656712.html
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    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 2.00/5
    Par mimipinson, le 18 septembre 2011

    mimipinson
    Je n'ai pas lu avec délectation ce livre, et n'en porterai certainement pas un grand souvenir. Voilà qui est dit. Je l'ai lu avec modération, pour ne point m'en lasser trop vite, aidée en cela par un nombre de pages tout juste acceptable pour une lecture aux puissants relents d'austérité, et d'aridité.
    Le sujet n'est pas dénué d'intérêt, c'est pour cette raison que j'ai souhaité le lire, et tenté autant que faire ce peut, le terminer. Mission accomplie, donc.
    Il y a fort longtemps, en Nouvelle Angleterre, dans la ville de Boston, une communauté puritaine à souhait s'amuse à jouer au redresseur de tors, et condamne Hester coupable d'adultère, la vilaine, à porter un A de couleur rouge sur son vêtement afin de graver sur elle , à jamais la honte non seulement d'avoir fauté, mais encore ne n'avoir pas dénoncé l'imprudent qui s'est laisser aller au pêcher de chair…..Et oui, que voulez vous, la chair est faible….
    Entre en scène le cocu, qui entre nous, vu comme il est décrit « vieillard difforme aux traits si laids », et de surcroit absent un certain temps, ne pouvait pas espérer que sa jeune épouse restât sage bien longtemps.
    J'ai bien aimé le personnage d'Hester, drapée dans sa dignité, imperméable aux médisances et discours de bonne morale. Elle a fauté, un enfant est né de cet amour là, Perle, enfant malicieuse et capricieuse, et puisque la société l'a condamnée, et bien, elle assume, se tient droite, et attend le moment où son amant et elles pourront s'enfuir…..
    Seulement c'est sans compter sur le remord de l'amant qui lui s'enroule dans la culpabilité, aidé en cela par le cocu drapé dans son désir de vengeance…..Ah ces hommes….
    C'est surtout le style qui m'a agacée. Il est aussi austère que cette communauté de puritain. Il est aussi lourd que la morale chrétienne encore en vigueur en ces temps là. J'ai trouvé que cette écriture avait un caractère altier.
    D'autre part, je n'ai guerre apprécié cette distance imposée par l'auteur dans une narration, lourde elle aussi. Ce dernier, raconte une histoire, sans y mettre de vie ni de lien particulier auquel le lecteur puisse se raccrocher. Nous restons de fait étrangers à cette histoire, sans pouvoir à un moment ou à un autre s'identifier, se positionner. C'est dommage.


    Lien : http://leblogdemimipinson.blogspot.com/2011/09/la-lettre-ecarlate.html
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    • Livres 4.00/5
    Par julifly, le 26 avril 2011

    julifly
    C'est l'histoire d'Hester Prynne, une femme sensible, humaine, coupable d'adultère, obligée d'assumer sa faute, sa honte aux yeux de tous. C'est l'histoire du pasteur Arthur Dimmesdale, rongé par le remords. Enfin, c'est l'histoire du mari, Roger Chillingworth, lui aussi à sa façon honteux. La vengeance sera mortelle et le calvaire plus monstrueux encore.
    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par stcyr04, le 03 avril 2012

    stcyr04
    La Nouvelle-Angletterre, 1645.Une femme mariée a fauté avec le pasteur de la colonie. Elle devra porter la marque de sa faute d'une lettre écarlate alors que son complice adultère est considéré comme un saint et n'est connu dans son pêché que par le mari trompé, érudit et diabolique. Celui-ci distillera le venin de sa vengeance dans le coeur du fautif. Une grande oeuvre imprégnée de puritanisme. On peut regretter un symbolisme trop voyant mais il faut saluer le talent de l'auteur a installer une ambiance lourde et mystérieuse. Un univers très proche d'Egdar Allan Poe en plus prenant peut-être. Une grande oeuvre sur la culpabilité avec quelques sublimes pages.
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Citations et extraits

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  • Par stcyr04, le 03 avril 2012

    Au centre, un ruisseau courait, nimbé d’une vapeur légère. Les arbres qui se penchaient audessus avaient laissé tomber dans ses eaux de grosses branche; Elles engorgeaient le courant, produisant, çà et là, des tourbillons et des profondeurs noires tandis que sous le passage libre du flot on voyait briller comme un chemin de cailloux et de sable brun. Si l’on suivait le ruisseau des yeux, on pouvait apercevoir ses eaux miroiter à quelque distance, mais on en perdait bien vite toute trace dans l’enchevêtrement des troncs d’arbres, des buissons, des rocs couverts de lichens. Tous ces arbres géants et ces blocs de granit semblaient s’appliquer à rendre mystérieux le cours de ce petit ruisseau. Peut-être craignaientils que, de sa voix infatigable, il allât murmurer sur son passage les secrets du cœur de la vieille forêt ? ou refléter des révélations
    sur le miroir lisse d’une de ses anses ? Sans cesse, en tout cas, le
    petit ruisseau poursuivait son murmure gentil, tranquille, apaisant mais mélancolique comme la voix d’un enfant qui passerait son enfance sans amusement et ne saurait comment être gai au milieu d’un entourage morne et d’événements sombres.
    – Ô ruisseau ! Sot et fatigant petit ruisseau ! s’écria Pearl
    après l’avoir écouté un instant. Pourquoi es-tu si triste ? Prends
    un peu courage et ne sois pas tout le temps à soupirer !
    Mais, au cours de sa petite vie parmi les arbres de la forêt,
    le ruisseau avait traversé tant de graves aventures qu’il ne pouvait s’empêcher d’en parler et paraissait n’avoir rien d’autre à dire. Pearl lui ressemblait en ceci que sa vie à elle provenait aussi d’une source mystérieuse et se déroulait dans un décor aussi mélancoliquement assombri. Mais à l’inverse du petit ruisseau, elle bondissait, étincelait et babillait légèrement dans sa course.
    – Que dit ce petit ruisseau triste, Mère ? demanda-t-elle.
    – Si tu avais un chagrin à toi, le ruisseau t’en parlerait
    comme il me parle du mien, lui répondit sa mère
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  • Par stcyr04, le 03 avril 2012

    – Tu es écrasé sous le poids de ces sept ans de misère, reprit Hester ardemment résolue à le soutenir de son énergie. Mais tu laisserais tout ton fardeau derrière toi ! Il n’alourdirait point tes pas sur le chemin de la forêt, ni ne chargerait le vaisseau si tu préfères traverser la mer. Laisse ces ruines ici où la catastrophe a eu lieu. Ne t’en occupe plus ! Reprends tout au
    commencement ! As-tu épuisé toutes tes ressources avec cet
    échec unique ? Mais non ! L’avenir est encore plein d’expériences à tenter ! de succès ! Il y a du bonheur à ressentir ! du bien à faire. Échange cette vie fausse que tu mènes contre une vie sincère. Sois, si ton esprit t’appelle à pareille mission, le guide et l’apôtre des Peaux-Rouges. Ou, s’il est davantage dans ta nature, sois un savant, un sage parmi les sages, l’homme le plus en renom du monde civilisé. Prêche ! Écris ! Agis ! Fais n’importe quoi hormis te laisser tomber et mourir ! Abandonne le nom d’Arthur Dimmesdale et fais-t’en un autre que tu puisses porter sans crainte ni honte. Pourquoi t’attarderais-tu, ne fût-ce qu’un jour, dans les tourments qui ont ravagé ta vie ? – qui t’ont rendu faible devant l’action ? qui finiront par t’enlever jusqu’à la force du repentir ? Lève-toi et pars !
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  • Par stcyr04, le 03 avril 2012

    – Non, Hester, non, répondit le pasteur. Elle est froide et
    morte et ne peut rien pour moi ! Je me suis repenti, soit ! mais
    je n’ai pas vraiment expié. Sinon j’aurais depuis longtemps rejeté ces habits qui sont une dérision pour me montrer au genre humain tel que je lui apparaîtrai au jour du Jugement dernier. Vous êtes heureuse, vous, Hester, qui portez la lettre écarlate ouvertement sur votre poitrine ! La mienne me brûle en secret.
    Vous ne pouvez pas savoir quel soulagement ce peut être, après avoir été pendant sept ans tricheur, de regarder enfin les yeux dans les yeux quelqu’un qui me connaît pour ce que je suis. Si j’avais un ami – voire un ennemi et un ennemi mortel mais à qui, torturé par les louanges de tous les autres hommes, je pourrais tous les jours aller me montrer, qui verrait en moi le plus vil des pécheurs, il me semble que mon âme se maintiendrait en vie. Même une aussi petite dose de vérité me sauverait ! Mais tout est mensonge ! Vide ! Mort !
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  • Par Aela, le 10 février 2011

    Ainsi, par conséquent, le plancher de notre chambre familière s'est mué en un territoire neutre: quelque part entre le monde réel et le pays des fées, où le Vrai et l'Imaginaire peuvent se rencontrer et se laisser chacun pénétrer de la nature de l'autre. Des spectres peuvent alors y apparaître sans nous causer la moindre frayeur.
    Thus, therefore, the floor of our familiar room has become a neutral territory, somewhere between the real world and fairy-land, where the Actual and the Imaginary may meet, and each imbue itself with the nature of the other. Ghosts might enter here without affrightening us.
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  • Par sentinelle, le 27 novembre 2010

    Il y a dans la nature humaine peu de traits plus laids que cette tendance - que l'on observe alors chez des gens ni plus ni moins méchants que leurs voisins - à devenir cruels simplement parce qu'ils possèdent le pouvoir de faire souffrir.

    in Les bureaux de la douane, prologue du roman La lettre écarlate
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"La maison aux sept pignons" Vidéobook : non sous-titré, non traduit. Partie 22








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