> Georges Belmont (Traducteur)
> Graham Greene (Préfacier, etc.)

ISBN : 2264025360
Éditeur : 10-18 (1999)


Note moyenne : 4.25/5 (sur 12 notes) Ajouter à mes livres
Les Ambassadeurs est considéré comme le roman le plus important d'Henry James. C'est en tout cas celui où se trouve exposé le plus clairement le conflit entre une Amérique puritaine, moralisante, bref "bostonienne", mais innocente, et la tradition de culture que l'Europ... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

Critiques et avis(2)

> Ajouter une critique

    • Livres 5.00/5
    Par ivredelivres, le 16 janvier 2011

    ivredelivres
    L'occasion d'une nouvelle et magnifique traduction de jean Pavans, d'une belle édition, le tout associé à quelques jours de vacances et voilà l'occasion de savourer un des grands Romans, avec La coupe d'or et Les Ailes de la Colombre, d' Henry James qu'il considérait comme son meilleur roman.
    La trame du roman
    Lewis Lambert Strether est un américain de cinquante cinq ans, issu de la meilleure société de Woollett petite ville de la côte est. Il vient en Europe à la demande expresse de Mme Newsome, une riche veuve, pour ramener à bon port Chadwick, son fils promis à un brillant avenir et à une non moins éclatante fortune, qui s'est laissé séduire par Paris et une femme qui ne peut être qu'une redoutable intrigante et une vile corruptrice.
    Strether compte pour parvenir à son but sur l'aide de son ami Waymarsh et de Maria Gostrey une américaine vivant en Europe et connaissant parfaitement la société et les moeurs parisiennes.
    Lambert Strether tient beaucoup à la réussite de sa mission car à son retour, si le voyage est couronné de succès, il épousera Mme Newsome
    Il parvient après bien des atermoiements à faire la connaissance de Madame de Vionnet, qui se révèle être bien différente du portrait qu'il avait imaginé. Ses rapports écrits prennent chaque soir le chemin de Woollett, ses propos volontairement rassurants " on avait imaginé des horreurs " finalement ce n'est pas une mauvaise femme ! ses propos finissent par intriguer puis par contrarier fortement Mme Newsome et c'est bientôt un deuxième train d'ambassadeurs qui prend le chemin de Paris pour rétablir la situation.
    Les personnages
    Lambert Strether, directeur de revue littéraire à Woollett, revue qu'il signe mais dont Mme Newsome tient les finances bien serrées.
    Il n'a vécu que pour son devoir, ne s'est jamais laissé emporté par ses sentiments, un homme raisonnable en tous points.
    Maria Gostrey est d'une fine intelligence, un peu rouée et sachant écouter comme personne, elle se qualifie " d'agent de rapatriement " Mais elle n'est pas dénuée de charme et même de sensualité lorsqu'elle reçoit Strether autour d' " une petit table où les bougies allumées projetaient des ombres rosées "
    Chadwick est un jeune homme " brun, massif et vigoureux" plein de charme, de prévenance et de distinction et prêt, on en jurerait, à obéir en tout à Strether. Il va suffire à se dernier de parler d'une voix ferme pour que tout rentre dans l'ordre. Mais il se révèle avoir " le comportement, l'allure et les propos d'un homme assez pesamment, peut-être même un peu sombrement, mais néanmoins fondamentalement et confortablement libre". Ce qui ne fait pas l'affaire de Lambert Strether
    Enfin, enfin il y a Mme de Vionnet , la femme, qui donne " une impression de légèreté de de transparence " qui est "extrêmement blonde" merveilleusement aimable "magnifique — Strether fit une pause — le mari est mort ? — Mon Dieu non ! Vivant " Tout est dit !.
    Paris est le dernier personnage du roman, Strether est conquis " Il descendit au soleil la rue de la Paix et, traversant les Tuileries et la Seine, il s'accorda plus d'une fois — comme avec une soudaine détermination — un arrêt devant les bouquinistes de l'autre rive."
    Il est littéralement absorbé par Paris, pour la première fois il vit "Dans les jardins du Luxembourg, il s'arrêta ; là du moins il trouva son recoin, et là, sur une chaise de louage en face de quoi les terrasses, les allées, les fontaines, les trouées, les petits arbustes en pots verts, les petites femmes en bonnets blancs et les petites filles piailleuses composaient un tableau ensoleillé, il passa une heure durant laquelle la coupe de ses impressions sembla vraiment déborder."
    Il va même (magnifique chapitre XII) s'aventurer hors de Paris, au bord de l'eau, dans une guinguette qui pourrait appartenir à un tableau de Monet, de Pissaro ou de Renoir. A nouveau il va jouir d'un bien être inconnu jusqu'alors "La Confiance qui s'était établie en lui s'intensifia avec le clapotis de l'eau, les reflets en surface, le bruissement des roseaux sur l'autre rive, la petite fraîcheur diffuse et le léger balencement des deux barques arrimées à un embarcadère sommaire tout proche."
    L'art d'Henry James est totalement envoûtant, la finesse des portraits psychologiques, le choix du monologue, l'ambiguïté qu'il entretient tout au long du roman, la sensation permanente pour le lecteur d'être proche de comprendre les sentiments, les émotions des personnages.
    L'opposition entre le monde neuf de l'Amérique et la civilisation policée de la vieille Europe est superbement rendue, James parle à propos de l'expérience de son héros de " profond chaos émotionnel " provoqué par le séjour parisien. Paris est une révélation pour Strether, à l'égal de James lui-même, son trouble intérieur va le faire basculer du côté de Chadwick, de Mme de Vionnet, de Paris.
    La lecture n'est pas toujours aisée, Henry James aime les phrases à tiroirs, les contournements, les expressions précieuses. Il faut apprivoiser cette langue et ne pas se presser. James aime les évocations plutôt que les dévoilements, il aime laisser le lecteur dans l'incertitude. A travers le personnage de Strether le lecteur mesure à quel point sa perspicacité est prise en défaut. Avec quel art l'auteur parvient à laisser entendre le changement de point de vue du héros, arrivé pour "pourfendre" le vice et qui se rallie au " Carpe Diem" des anciens. Une belle et exigeante lecture.


    Lien : http://asautsetagambades.hautetfort.com/archive/2010/12/21/les-ambas..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
  • Par Aela, le 02 février 2011

    Aela
    Des Américains découvrent à Paris les charmes de la vie européenne. Henry James lui-même (1843-1916) a été initié à l'Europe dans sa jeunesse par des voyages et des études.
    Une belle observation de la psychologie et du comportement des Américains de l'époque.
    Critique de qualité ? (0 votes positifs)

> voir toutes (4)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par sarasvati, le 26 février 2011

    p.59/His greatest uneasiness seemed to peep at him out of the imminent impression that almost any acceptance of Paris might give one's authority away. It hung before him this morning, the vast bright Babylon, like some huge iridescent object, a jewel brilliant and hard, in which parts were not to be discriminated nor differences comfortably marked. It twinkled and trembled and melted together, and what seemed all surface one moment seemed all depth the next. It was a place of which, unmistakably, Chad was fond ; wherefore if he, Strether, should like it too much, what on earth, with such a bond, would become of either of them ?
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par Aela, le 02 février 2011

    Selfish and vulgar - that's what I must seem to you. You've done everything for me, and here I am as if I were asking for more. But it isn't, she went on, beacause I'm afraid, -though I am of course afraid, as a woman in my position always is. I mean it isn't because one livres in terror - it isn't because of that one is selfish, for I'm ready to give you my word to-night that I don't care, don't care what still may happen and what I may lose.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par ivredelivres, le 16 janvier 2011

    La confiance qui s’était établie en lui s’intensifia avec le clapotis de l’eau, les reflets en surface, le bruissement des roseaux sur l’autre rive, la petite fraîcheur diffuse et le léger balencement des deux barques arrimées à un embarcadère sommaire tout proche
    Citation de qualité ? (4 votes positifs)
  • Par ivredelivres, le 16 janvier 2011

    Il descendit au soleil la rue de la Paix et, traversant les Tuileries et la Seine, il s’accorda plus d’une fois — comme avec une soudaine détermination — un arrêt devant les bouquinistes de l’autre rive
    Citation de qualité ? (2 votes positifs)

> voir toutes (31)

Videos de Henry James

>Ajouter une vidéo
Vidéo de Henry James

"Les ambassadeurs" Livre vidéo Non sous-titré. Non traduit.








Acheter sur Amazon

Faire découvrir Les ambassadeurs par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (26)

> voir plus

Quiz