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ISBN : 291193976X
Éditeur : Indigene (2010)


Note moyenne : 3.46/5 (sur 957 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
« 93 ans. La fin n'est plus bien loin. Quelle chance de pouvoir en profiter pour rappeler ce qui a servi de socle à mon engagement politique : le programme élaboré il y a soixante-six ans par le Conseil National de la Résistance ! » Quelle chance de pouvoir nous nou... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 2.00/5
    Par LiliGalipette, le 15 mai 2011

    LiliGalipette
    Monsieur Hessel,
    Eu égard à votre grand âge, que vous brandissez fièrement dès la première ligne, je tenterai de modérer mes propos et d'user de non-violence – que vous prônez à juste titre – pour argumenter la stupeur que m'inspire votre texte. Réjouissez-vous, je m'indigne !
    Vos 93 ans, outrageusement posés en pierre angulaire d'une démonstration biaisée avant même ses prémisses, ne sont à mes yeux qu'un argument factice destiné à vous attirer l'indulgence et la sympathie des lecteurs. En effet, comment s'élever contre les propos d'un homme qui a vécu la Résistance de l'intérieur, qui a connu les camps nazis et qui a participé à la rédaction de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme de 1948 ? Ne vous méprenez pas : je salue votre courage et votre engagement envers la France. Ni votre patriotisme ni votre humanité ne sont à démontrer. Toutefois, si l'on s'indigne à tout âge, arguer du vôtre pour lancer « cet appel à s'indigner » (p. 22) est une démarche pour le moins grossière, sinon vainement attendrissante. Mon grand-père n'a certes pas été chef de cabinet d'Henri Laugier, mais ses motifs d'indignation valaient les vôtres.
    Afin de nous entendre sur ce que je réfute, permettez-moi de vous citer : « Il nous appartient de veiller tous ensemble à ce que notre société reste une société dont nous soyons fiers : pas cette société des sans-papiers, des expulsions, des soupçons à l'égard des immigrés, pas cette société où l'on remet en cause les retraites, les acquis de la Sécurité sociale, pas cette société où les médias sont entre les mains des nantis, toutes choses que nous aurions refusé de cautionner, si nous avions été les véritables héritiers du Conseil National de la Résistance. » (p. 9) Si la première partie emporte ma pleine adhésion, la dernière phrase m'indigne. le programme social et économique du Conseil National de la Résistance, adopté en mars 1944, est un idéal perdu. « C'est tout le socle des conquêtes sociales de la Résistance qui est aujourd'hui remis en cause. » (p. 11) Toutefois, pourquoi attendre 66 ans pour le déplorer ? Bien sûr, je ne doute pas que vous avez activement travaillé, sous les différents gouvernements qui vous ont employé, à honorer cette belle ligne. Mais comment osez-vous demander aux jeunes générations de s'indigner devant les espoirs déçus des anciennes ?
    Vous semblez désespérer de l'engagement des Français d'aujourd'hui. Votre « appel à s'indigner » en est la preuve navrante. Croyez-vous vraiment que les forces vives du pays sont incapables de se révolter par elles-mêmes ? Fallait-il vraiment les prendre par la main pour les mener sur les voies du combat ? Certes, vous le dites en parlant de nous, jeunes générations, sur un ton qui fleure la condescendance paternaliste : « vous n'avez pas les mêmes raisons évidentes de vous engager. » (p. 12) Là encore, je ne peux que saluer votre courage : c'est grâce à vous et vos pairs que la France connaît une période de paix prolongée. C'est grâce à vous encore qu'aucun de mes frères et amis n'a été appelé sous les drapeaux pour combattre un ennemi odieux. Mais ne pas avoir connu la guerre ne fait pas de nous des incapables. Comptez-vous pour rien les milliers de lycéens, d'étudiants et de Français de tous horizons qui sont descendus dans les rues entre les 21 avril et 5 mai 2002 et ont protesté devant la menace antidémocratique ?
    Ce que je retiendrai de votre manifeste, c'est une culpabilité certaine devant l'échec de certains projets et la défaite d'un espoir qui était si vaillant au sortir de la guerre. Mais l'indignation que vous prônez se teinte d'une sorte de colère de mauvais aloi. L'exaspération que vous condamnez n'est pas si loin dans vos propos. « Il ne faut pas ex-aspérer, il faudrait es-pérer. L'exaspération est un déni de l'espoir. » (p. 18) C'est avec agacement et exaspération que j'ai constaté que votre texte m'a presque fait douter de l'existence d'une conscience sociale et politique – et avant tout humaine ! – chez mes contemporains, mes conscrits et mes petits-frères. Mais finalement, je ne doute pas. Je sais que la relève est assurée et qu'elle aurait su s'indigner et agir sans votre manifeste.
    En conclusion, je singerai Edmond Rostand. Est-ce un peu court vieil homme ? Dans les quelques quinze pages où vous prétendez faire lever le pain de la révolte pacifique, certaines sont de trop. Votre manifeste – ou est-ce un pamphlet ? – n'est qu'un avenant bien inutile à votre autobiographie. À présent, votre nouveau cri de ralliement est Engagez-vous ! Monsieur Hessel, je pense qu'il est temps pour vous de cesser de raviver le feu de vos anciens idéaux et de faire confiance à la jeune génération. Votre histoire et vos conseils seront toujours accueillis avec respect et intérêt. Néanmoins, cessez de lancer des appels qui ne visent que des murs déjà tombés.
    Veuillez croire en mes meilleurs sentiments et en ma plus sincère indignation.
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    • Livres 3.00/5
    Par jeranjou, le 22 mai 2013

    jeranjou
    Quand on s'indigne, il convient de se demander si l'on est digne
    Cette citation n'est pas de Stéphane Hessel mais de l'abbé Pierre. Cet homme de "l'hiver 54" a mis la barre tellement haute durant toute sa vie que sa phrase pourrait annihiler toute forme d'indignation.
    Mais Stéphane Hessel, de par son passé de résistant et d'homme d'état, revendique en 2010 à travers ce petit fascicule le droit à la révolte non-violente contre toute forme d'injustice qui semble inacceptable à ses yeux. Pourquoi pas ?
    Fils d'une famille juive allemande, Stéphane Hessel arrive en France à l'âge de 8 ans et obtient la naturalisation française en 1937. Résistant, il est arrêté et déporté à la fin de la guerre au camp de concentration de Buchenwald. A la veille d'être pendu et grâce à une substitution d'identité avec un prisonnier mort du typhus, Hessel parvient miraculeusement à quitter le camp vivant, puis à s'évader lors d'un transfert vers un autre camp.
    Après la guerre, Hessel entre au Quai d'Orsay en 1945, et devient diplomate notamment auprès des Nations unies.
    Durant la présidence de Nicolas Sarkozy, cet homme de 93 ans, mort en février de cette année 2013, a souhaité interpeler l'opinion et protester contre un certain nombre de situations qui le scandalisaient à l'époque.
    Personnellement, j'ai été plus intéressé par les notes de l'auteur ou la post-face de l'éditeur que l'essai lui-même. En effet, les références historiques à la « Déclaration universelle des Droits de l'homme » de 1948 notamment ont plus attisé ma curiosité que les propos d'Hessel trop généralistes et très utopiques à mon gout.
    Dans les propos d'Hessel, j'aurai aimé qu'il vitupère contre l'injustice faite aux jeunes pour l'accès au logement ou encore au marché du travail. Et je ne vous parle pas de la région parisienne qui, sans aide des parents ou des grands-parents, devient inaccessible au jeune débarquant de province, sauf s'il est cadre sup'.
    Si on veut éviter définitivement de connaitre les évènements dramatiques de la seconde guerre mondiale en Europe, je pense qu'il faudrait plutôt s'inquiéter du fossé qui s'est creusé dans la population Française à cause de la flambée de l'immobilier et de la difficulté à obtenir un CDI pour les jeunes. Voilà une grande cause nationale qui permettrait à la population de s'insurger réellement !
    Je comprends aisément qu'il est toujours plus difficile de s'indigner pour ce genre de sujet très terre à terre lorsque l'on habite le XIVe arrondissement de paris, non loin de Denfert-Rochereau et que l'on peut partir au bord de mer se reposer dans sa résidence secondaire à Trouville (1). Même s'il le mérite surement.
    Alors oui, je m'indigne mais pas pour les mêmes causes !
    Merci tout de même à Stéphane Hessel d'avoir ouvert le débat malgré tout…
    (1) L'exemple que je donne pour les habitations de Stéphane Hessel sert juste à illustrer le fait que nos hommes d'état ou nos élites sont réellement incapables de se mettre à la place des familles qui ont toutes les difficultés à se loger et à vivre correctement.
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    • Livres 4.00/5
    Par CHATPITRE, le 21 mai 2014

    CHATPITRE
    Un petit pamphlet comme on aimerait en lire plus souvent. Nous sommes trop résignés dans notre travail, dans nos vies et dans nos idées, le cerveau laver par la télévision. Réfléchissons un peu par nous même et ne répétons pas toutes les inepties que nous entendons, comme des perroquets sans ailes. Envolons-nous !
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    • Livres 2.00/5
    Par ygounin, le 09 juin 2012

    ygounin
    J'ai fini par trouver 10 minutes pour lire "Indignez-vous" de Stéphane Hessel. Il n'en faut guère plus pour venir à bout de ce court pamphlet, bricolé à partir du texte du discours prononcé en mai 2009 devant un auditoire clairsemé sur le plateau des Glières par un diplomate retraité inconnu du grand public.
    Comment ce texte est-il devenu un phénomène d'édition, devançant au hit-parade des meilleures ventes Marc Lévy et Guillaume Musso ?
    1/ Par son contenu : Son appel à l'indignation exalte un fond de romantisme que notre société ne donne guère l'occasion de mttre en oeuvre. Il séduit les jeunes - qui redoutent d'être vieux - et les vieux - qui s'imaginent encore jeunes.
    2/ Par son auteur : la vie de Stéphane Hessel parle pour lui : résistant, déporté à Buchenwald, cco-auteur de la Déclaration universelle des Droits de l'Homme, cette figure (grand-) paternelle inspire confiance et se pose en oracle des Temps modernes. En 2032, quand Bruno Julliard sera Présidente de la République, il sera panthéonisé
    3/ Par son format : "Indignez-vous" reproduit la recette réussie de Matin brun de Franck Pavloff : un petit livre à 3€, politiquement correct, vite acheté et vite lu. Un soi-disant acte citoyen qui ne demande pas beaucoup d'effort et permet de se doter, à moindre frais, de la réputation de belle âme
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    • Livres 3.00/5
    Par bleuettediot, le 07 février 2011

    bleuettediot
    Rien de bien nouveau dans cette vibrante tirade contre l'indifférence et l'injustice de notre monde.
    Pourquoi ce grand coup médiatique porté comme un coup d'épée dans l'eau ? A-t-on vraiment besoin de nous rappeler que tout va mal ? A-t-on besoin de nous prendre par la main pour nous guider, nous insiter à penser, à nous indigner, à ne pas nous soumettre à nos gouvernements sans conscience, comme dirait Albert Camus ?
    Personnellement, ce fascicule m'a laissé un arrière-goût indéfinissable de malaise.
    Stéphane Hessel assure que le terrorisme est inacceptable. Certes mais l'auteur n'en excuse pas moins, un peu facilement à mon goût, cette forme de violence aveugle en prétextant l'exaspération des Gazaouis. J'admets que la situation d'isolement de ces pauvres gens soit intolérable. Toutefois, le terrorisme ne l'est pas moins.
    LE TERRORISME EST INEXCUSABLE ! Alors, la complaisance et la tièdeur de Stéphane Hessel ont pour moi quelque chose de choquant, même s'il se défend d'adhérer à cette forme de violence. Voilà mon ressenti.
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Critiques presse (1)


  • LeSoir , le 20 décembre 2011
    Fabuleux, le mot n'est pas trop fort pour le parcours de ce petit livre de 32 pages, sorti à 8.000 exemplaires le 20 octobre 2010, le jour de l'anniversaire de celui qui le signe. Il paraît dans la collection « Ceux qui marchent contre le vent ». L'auteur, Stéphane Hessel, 94 ans aujourd'hui, est un excellent représentant de ces résistants. Trois idées articulent son livret : l'injustice sociale, la situation écologique de la Terre et la violence (particulièrement celle qui sévit en Palestine).
    Lire la critique sur le site : LeSoir

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Citations et extraits

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  • Par Chrys, le 06 janvier 2011

    P11: " On nous dit que l'État ne peut plus assurer les coûts de ces mesures citoyennes. Mais comment peut-il manquer aujourd'hui de l'argent pour maintenir et prolonger ces conquêtes alors que la production de richesses a considérablement augmenté depuis la Libération, période où l'Europe était ruinée? Sinon parce que le pouvoir de l'argent, tellement combattu par la Résistance, n'a jamais été aussi grand, insolent, égoïste, avec ses propres serviteurs jusque dans les plus hautes sphères de l'État. Les banques désormais privatisées se montrent d'abord soucieuses de leurs dividendes, et des très hauts salaires de leurs dirigeants, pas de l'intérêt général. L'écart entre les plus pauvres et les plus riches n'a jamais été aussi important; et la course à l'argent, la compétition, autant encouragée."

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  • Par katioucha, le 29 novembre 2010

    Aussi, appelons-nous toujours à une véritable insurrection pacifique contre les moyens de communication de masse qui ne proposent comme horizon pour notre jeunesse que la consommation de masse, le mépris des plus faibles et de la culture, l'amnésie généralisée et la compétition à outrance de tous contre tous.

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  • Par Chrys, le 06 janvier 2011

    P12: "Je vous souhaite à tous, à chacun d'entre vous, d'avoir votre motif d'indignation. C'est précieux. Quand quelque chose vous indigne comme j'ai été indigné par le nazisme, alors on devient militant, fort et engagé. On rejoint ce courant de l'histoire et le grand courant de l'histoire doit se poursuivre grâce à chacun. Et ce courant va vers plus de justice, plus de liberté mais pas cette liberté incontrôlée du renard dans le poulailler."
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  • Par LiliGalipette, le 15 mai 2011

    « Il nous appartient de veiller tous ensemble à ce que notre société reste une société dont nous soyons fiers : pas cette société des sans-papiers, des expulsions, des soupçons à l’égard des immigrés, pas cette société où l’on remet en cause les retraites, les acquis de la Sécurité sociale, pas cette société où les médias sont entre les mains des nantis, toutes choses que nous aurions refusé de cautionner, si nous avions été les véritables héritiers du Conseil National de la Résistance. » (p. 9)
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  • Par Chrys, le 06 janvier 2011

    P22: Extrait de l'appel du 8 mars 2004 (Vétérans des mouvements de Résistance)
    Nous appelons à "une véritable insurrection pacifique contre les moyens de communication de masse qui ne proposent comme horizon pour notre jeunesse que la consommation de masse, le mépris des plus faibles et de la culture, l'amnésie généralisée et la compétition à outrance de tous contre tous."
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Vidéo de Stéphane Hessel

L'hommage à Stéphane Hessel en moins de 3 minutes .
La cérémonie d'hommage national à l'écrivain mort la semaine dernière s'est tenue dans la cour d'honneur des Invalides en présence de nombreuses personnalités. | Images : BFMTV - iTélé | Retrouvez sur notre site toutes les vidéos du Nouvel Observateur








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