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ISBN : 9782258089884
Éditeur : Les Presses De La Cite (2011)


Note moyenne : 3.91/5 (sur 11 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
1982, au hameau de Menglazeg, au cœur des montagnes Noires de Cornouaille.
En rentrant du travail, Sylviane, dix-huit ans, croit apercevoir sous les remous de l'Aulne en crue le toit d'une voiture où pourraient se trouver, noyés, sa mère, son petit frère et sa pe... > voir plus
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Critiques, analyses et avis (2)

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    • Livres 5.00/5
    Par yv1, le 09 septembre 2011

    yv1
    Nous avons parfois -j'avoue, j'ai parfois- pour les romans dits régionaux -voire de terroir- des a priori négatifs. Ce roman breton, écrit par un Breton (né à Quimper), se passe en Bretagne, dans les Montagnes Noires ; on y parle parfois le breton (avec notes bas de pages, ouf !) et est édité dans la collection de l'éditeur qui se nomme Terres de France. Régional et terroir donc. Oui, mais il est vachement bien ! Tout simplement. C'est le dernier volume d'une fresque bretonne écrite par Hervé Jaouen et qui contient quatre tomes. Je n'ai pas lu les précédents, mais no problem, ils se lisent indépendamment les uns des autres.
    Qu'est-ce qui fait que ce roman est -je me cite, on n'est jamais si bien servi que par soi-même- "vachement bien" ? Mais tout, ai-je envie de vous répondre. Par exemple, l'intrigue s'évente assez vite (disons que quelques indices et une perspicacité au dessus de la moyenne -si si, je maintiens, au pire ça fait vantard, au mieux, on me croit, et là mon aura croît- m'ont fait deviner assez vite le secret de famille). Mais, malgré cela, j'ai dévoré ce roman ; c'est un signe qui ne trompe pas. Tellement de romans ne tiennent qu'à l'intrigue, qui une fois devinée perdent tout leur intérêt. Pas là.
    Quelques pistes pour cerner mon engouement :
    Les lieux d'abord, empreints de légendes, d'histoires plus ou moins glaçantes. Un climat typique aussi qui permet d'opacifier et de densifier le secret.
    Les personnages ensuite. Ils sont laids, difformes pour certains, parfois terriblement hostiles, antipathiques, mais avec d'autres côtés plus attachants. Nul n'est tout noir ou tout blanc. Sylviane est une belle jeune fille, mais pas facile, avec du caractère et quelques "casseroles" qu'elle traîne. Sa relation avec sa mère est tendue, voire totalement haineuse. Mikelig, le père est un petit bonhomme que la polio à déformé et empêché de grandir. Il voue un amour total à sa femme. Aurore, la mère, l'objet de l'amour aveugle de Mikelig et qui le lui rend bien d'ailleurs -cet amour intense, qui surmonte tout, même les événement les plus indignes-, est le personnage central du livre : sa corpulence, son caractère, sa description éclipsent un peu les autres
    Le mariage, ah oui, parlons-en. Tout un chapitre, inoubliable, lui est consacré. Aurore est du Nord, Mikelig local : une rencontre des deux cultures et une union étonnante, précédée d'un enterrement. La description d'Hervé Jaouen est un grand moment, on s'y croirait. J'en rigole encore. Il paraît même que dans le Nord, on parle encore du cheval breton qui tractait le corbillard (en 1963, en Bretagne, dans les petits villages, les corbillards n'étaient pas encore tous motorisés)
    Enfin, l'écriture. Quelle langue ! Point d'artifices. du direct. du franc. du cru. du franchouillard argotique mâtiné de breton. Les scènes un peu chaudes, parce que Madame n'est pas avare non plus de ses charmes, au plus grand bonheur de son mari, sont très drôles, et permettent de se détendre entre deux révélations pas reposantes. Cette langue et l'humour inhérent font eux aussi passer des scènes terribles plus facilement, ou alors, au choix, en rajoutent encore dans l'horreur, la dégradation et le sordide
    Un bouquin pas commun, des personnages qui marquent et que je n'oublierai pas de sitôt et une langue percutante, efficace et jouissive. J'irais bien voir si leurs aïeux des trois tomes précédents sont aussi barrés.
    Un roman de la rentrée littéraire, mon dixième, le plus déjanté, le plus frais sûrement grâce à l'air marin breton.

    Lien : http://lyvres.over-blog.com
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    • Livres 4.00/5
    Par coca, le 25 janvier 2014

    coca
    Nous sommes au cœur de la Bretagne rurale.
    Comme chaque jour, Sylviane rentre de son travail en longeant le canal. Tout-à-coup, elle aperçoit dans les eaux le toit d'une voiture, une 2 CV comme celle de sa mère. Pourvu, se dit-elle, qu'elle soit à la maison avec mon petit frère et ma petite sœur ! Mais Sylviane pressent un drame : la violente dispute qui a éclaté avec sa mère resurgit ; de plus, la sombre affaire de famille qui les lie, mais qui est pourtant secrètement enfouie dans les mémoires, pourrait bien être le détonateur d'une tragédie.
    Avec ce 4ème et dernier volume, Hervé Jaouen clôt une très belle saga de sa Bretagne natale.
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Critiques presse (1)


  • LeFigaro , le 02 septembre 2011
    Jaouen peint un tableau social glaçant par son réalisme, mais dans lequel l'optimisme parvient malgré tout à trouver une place.
    Lire la critique sur le site : LeFigaro

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Citations et extraits

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  • Par eireannyvon, le 27 septembre 2011

    Noire comme l'ardoise.
    Quatrième volume d'une grande fresque qu'Hervé Jaouen consacre à la Bretagne à travers la saga d'une famille et de ses ramifications. L'éditeur nous rappelle que chaque volume est indépendant et par conséquence il est possible de les lire séparément et sans ordre imposé.
    Au coeur des Montagnes Noires au bord du Canal de Nantes à Brest, Sylvaine regarde très troublée des traces de pneus qui laissent supposer qu'une voiture a coulé à cet endroit !
    Est-ce la 2CV de la famille conduite par sa mère Aurore avec, à son bord, petit Louis et Capucine ? Est-ce un suicide, conséquence d'une énième dispute particulièrement violente entre elle et sa mère hier soir ? Pendant quelques instants, elle aussi pense se jeter à l'eau avec sa mobylette. Un dernier réflexe et seul le deux roues sombrera ! Mais la question est la suivante :
    -« Que faire maintenant ?»
    Lire la suite  ici :http://eireann561.canalblog.com/archives/2011/09/01/21911373.html
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  • Par yv1, le 09 septembre 2011

    Les plus méchantes parleraient d'épouvantail à moineaux fabriqué aux Champs-Elysées : sur ces formes rebondies devant et derrière, sur toute cette chair, regardez donc cette robe cheuc'h [chic], enrichie -pour rappeler la collerette des gilles [la famille nordiste d'Aurore]- d'un mantelet en satin, aussi seyant à cette tête bouffie, à ces petits yeux derrière des lunettes d'écaille, à ces bajoues et à cette lèvre supérieure surlignée de duvet brun, qu'un col de gilet de sauvetage à une tête de veau sur l'étal d'un boucher. [...] Plus tard dans la journée, on apprendrait que la mariée [Aurore] compensait sa mocheté par sa gaieté et son appétit de réjouissances. A table, Aurore n'était pas du genre à laisser sa part au voisin, et jamais elle ne mettait sa main entre une bouteille de vin et son verre, et en pleines libations Madame n'était pas la dernière à pousser la chansonnette cochonne. (p27/28)
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  • Par coca, le 19 janvier 2014

    Une constante, à la campagne, les enquêtes de voisinage vite bouclées. Suffit d'écouter déblatérer les vieilles pies. Pour ça, les gendarmes, issus du terroir, sont mieux placés que les flics, souvent étrangers au pays. Les gendarmes suscitent les confidences, qui ne sont souvent que des commérages.

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  • Par coca, le 19 janvier 2014

    Il est revenu, mais il m'a pas épousée.
    Et maintenant, rideau !
    Je pense plus à rien.
    A RIEN !
    Si quelqu'un a quelque chose contre, qu'il vienne me le dire en face.
    Je lui cracherai à la gueule.
    Je luis cracherai à la gueule ma vie de merde, ma misère, ma douleur, mon chagrin, mon désespoir.
    A travers le toit de la 4L des gendarmes, la pluie fait toc-toc-toc dans ma tête.
    JE PENSE PLUS A RIEN !
    J'attends l'arrivée de tout le bazar, projos, plongeurs, dépanneuse, plus une ambulance, au cas où.
    Au cas où, tu parles. Sûr qu'ils sont dedans, les pauvres petits.
    PENSE PLUS A RIEN, JE TE DIS !
    D'accord. J'écoute la pluie.
    La pluie sur le toit de la 4L des gendarmes couvre le vacarme des mots dans ma tête.
    Putain, ce que ça fait du bien, de plus penser à rien.
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  • Par yv1, le 09 septembre 2011

    L'Aurore boréale en cloque, l'assistante sociale qui surveille son bide comme un paysan le tour de taille de son cochon à l'engraissement, et la voilà à point, crac direction la maternité, et Madame pond son oeuf, le dénommé Eddy, comme Mitchell. Si elle avait continué à pondre, tout le hit parade y serait passé.[le premier enfant confié à la DDASS se nommait Johnny] L'oeuf, il a été ramassé tout frais pondu sous le cul de la pondeuse. comme si elle avait accouché en haut d'un toboggan. Poussez, poussez, qu'on lui dit, et hop, elle expulse le produit de la bête à deux dos, et hop il glisse direct dans le couffin de la DDASS. Adieu couvée ! C'est pas beau ça ? (p.54)
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Dialogues, 5 questions à Hervé Jaouen
www.librairiedialogues.fr 5 questions posées à Hervé Jaouen, à l'occasion de la parution du livre Ceux de Menglazeg (Éditions Presses de la cité).








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