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> Elisabeth Vonarburg (Traducteur)

ISBN : 2290325198
Éditeur : J'ai Lu (2005)


Note moyenne : 4.16/5 (sur 98 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Depuis l'assassinat, 15 ans auparavant du dernier khalife, l'empire d'Al-Rassan est éclaté en cités-états rivales. Dans ce climat troublé, la discorde règne, et inlassablement se querellent asharites, adorateurs des étoiles d'Ashar, jaddites, les fils du dieu soleil Jad... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par LaPecosa, le 26 septembre 2013

    LaPecosa
    Déçue par Le Manuscrit de Grenade de Marianne Leconte, c'est avec une certaine réserve que j'ai ouvert Les lions d'Al-Rassan, cédant enfin aux sirènes de Boudicca et aux encouragements répétés d'Instinct Polaire. Peu habituée à la fantasy, j'ai pourtant bien pris note dans les remerciements de Gavriel Kay, que la frontière est étroite "entre l'histoire réelle et l'histoire imagée". Mais voilà, dès les premières pages, impossible pour moi de faire abstraction de al Andalus et de ne pas chercher derrière les personnages, les phrases, la toponymie, des noms et des faits familiers. Gavriel Kay évoque-t-il Rodrigo Diaz de Vivar, Samuel Ben Nigrello, Hasdai Ibn Shaprut, Ibn Ammar ou Ibn Bassam? Ces royaumes chrétiens déchirés par des luttes intestines sont-il La Catalogne (Jalogne,), La Galice (Ruende?), La Castille (Valledo?)? Les ethnies asharites qui s'affrontent sont-elles de lointaines réminiscences des Almohades et des Almoravides? Voilà que des siècles d'histoire sont passés à la moulinette et retranscrits sur une ou deux générations. Heureusement, très rapidement un charme puissant opère, balayant tout sur son passage, me laissant le nez plongé dans le roman, étourdie par l'imagination du romancier, le charme des personnages, la subtilité des intrigues et la belle histoire d'amour ("Je crois(...) que je vous reconnaîtrais dans une pièce totalement noire. Je crois que je vous reconnaîtrais n'importe où près de moi dans le monde.") (soupir!)... Point de merveilleux ici ou de surnaturel, dans cette transposition d'une période charnière de l'histoire de l'Espagne jusqu'à la chute du royaume de Grenade, elle est parfaitement rendue, ingénieusement transportée sous la cosmogonie et les mythes fondateurs de Al-Rassan. Guy Gavriel Kay dit admirablement la complexité des alliances, la beauté et la cruauté de la civilisation asharite, où se mêlent la guerre, le raffinement et la sensualité, une civilisation dont les personnages pressentent la disparition imminente ("Bien aimée Al-Rassam, devrai-je vivre pour écrire ainsi ton éloge funèbre?"). Adieu donc à tous les romans lus et aimés auparavant, ceux de Corral Lafuente, Galvan ou Baer, Les lions d'Al-Rassan m'ont conquise. Les trois héros qui incarnent les trois religions sont charismatiques en diable, les personnages secondaires ont une vraie consistance et les femmes ont la part belle.L'épilogue vous tirerait des larmes ("Avez-vous des nouvelles des gens d'Andalousie?" écrivit Ibn Abbad de Ronda, cité par Guy Gavriel Kay dans les remerciements...) Comme Boabdil de Grenade jetant un ultime regard à la cité perdue, j'ai moi aussi poussé un long soupir en tournant la dernière page du livre et remercie chaleureusement Instinct Polaire pour ce beau voyage qui me fait rêver depuis des jardins de l'Alhambra.
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    • Livres 5.00/5
    Par Arakasi, le 02 avril 2013

    Arakasi
    Cela va faire des mois que je me fouette pour débuter cette critique des « Lions d'Al-Rassan » : bon sang, je l'ai tout de même lu et relu, ce bouquin, je devrais bien avoir des choses à dire dessus ! Mais décrire un coup de foudre n'est pas si évident et, dans ce cas particulier, c'est bien d'un coup de foudre qu'il s'agit, immédiat et écrasant. Depuis cette première lecture, j'ai découvert avec énormément de plaisir le reste de la bibliographie de Mr Kay, mais « Les Lions » sont restés indétrônés et le resteront probablement encore un bon bout de temps. de fait, je n'hésiterais pas à dire que Kay a créé là un des plus beaux et un des plus puissants romans historiques de ma connaissance – un comble quand on pense qu'il s'agit d'un roman classé généralement en fantasy.
    L'histoire débute en Espéragne, pays longtemps déchiré par les tensions religieuses mais où un fragile équilibre a fini par s'installer après bien des conflits. Au sud et sur la grande majorité du territoire, s'étend le magnifique royaume asharite de l'Al-Rassan, joyau des arts et de la culture, et dominé par les puissants khalifes de l'Al Fontina. Au nord, se recroquevillent les nations jaddites divisées, jadis maitresses du pays mais chassées impitoyablement siècle après siècle par les guerres de religion. Pas besoin d'être un grand amateur d'Histoire pour reconnaître là le climat géo-politique de l'Espagne pré-Reconquista divisée entre maures et chrétiens. Un climat terriblement fragile qu'un simple souffle suffirait à faire imploser… Et voici qu'un retentissant coup de tonnerre ébranle toute l'Espéragne : le dernier khalife de l'Al-Rassan a été assassiné dans son palais ! Un vent de malheur et de destruction souffle sur tout le pays… Partout, les petits seigneurs avides de gloire et de puissance s'agitent, les loups montrent les dents et, loin dans le nord, dans les châteaux poussiéreux et branlants des monarques jaddites, des murmures bellicistes commencent à s'élever : le temps de la Reconquista ne serait-il pas venu ?
    Dans la tourmente religieuse et politique qui va suivre, les destins de trois personnages exceptionnels vont se croiser : celui de Rodrigo Belmonte « le Capitaine », le plus brillant des chefs de guerre jaddites, celui de Jehane ben Ishak, talentueuse médecin kindath (religion équivalente à celle des juifs) et celui du poète et courtisan asharite Ammar ibn Khairan qui – notez comme le hasard fait bien les choses ! – fut l'homme qui poignarda le dernier khalife, précipitant sans le savoir son pays dans la guerre et l'affliction. Ces trois personnages vont se rencontrer, apprendre à se connaître, à s'aimer et forger entre eux les liens les plus puissants qui puissent réunir des êtres humains. Mais la guerre sera bientôt là qui balaiera devant elle amitiés, loyautés et amours et ne laissera que des regrets déchirants et les cendres tournoyantes des buchers…
    C'est un très beau et très triste roman que nous offre Guy Gavriel Kay, un chef-d'œuvre plein de poésie, de bravoure et de splendeur déchue – mais où la dimension tragique n'exclue jamais, ni l'intelligence des intrigues, ni la virtuosité de la reconstitution historique et ni même de brefs mais délicieux moments d'humour. le roman est porté par des personnages extrêmement touchants et habilement campés (ce qui est une des grandes forces de l'ensemble de l'œuvre de Kay). Impossible de ne pas tous les adorer ! Ceci dit, je dois confesser mon amour inconditionnel pour Rodrigo Belmonte qui m'a émue comme peu de protagonistes de fiction. Un personnage plus grand que nature, mais également si terriblement humain, avec les faiblesses, les forces, les fragilités et les doutes que ce terme présuppose, que l'on ne peut que l'aimer. le genre de personnage qui vous donne envie de croire à l'existence des héros, des vrais de vrais!
    Je pourrais encore gagatiser à loisir sur l'écriture splendide de l'auteur, la merveilleuse intensité de certains passages… Mais on y serait encore le lendemain, aussi me contenterai-je de clamer une dernière fois mon adoration et de vous livrer en prime un échantillon de la poésie de notre ami Ammar Ibn Khairan qui saura parler de l'agonie de son pays condamné bien mieux que je n'en serai capable :
    Que seule la peine parle ce soir.
    Que la peine nomme les lunes.
    Que la pâle lumière bleue soit Perte
    Et que la blanche soit Mémoire.
    Que les nuée assombrissent l'éclat
    Des hautes et saintes étoiles,
    Tel un funèbre suaire entourant la rivière
    Où il avait coutume de se désaltérer.
    Là de moins nobles bêtes à présent se rassemblent
    Puisque le Lion jamais n'y reviendra...
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    • Livres 4.00/5
    Par Charly06, le 06 mai 2013

    Charly06
    Première lecture de cet auteur, que je recommande fortement.
    Un peu peur au début car l'action met du temps à démarrer (pas grand chose au bout de 100 pages) mais je me suis rendu compte par la suite que l'auteur m'avait en fait embarqué dans son histoire dès le début. La force de ce roman repose sur le caractère et la personnalité de chaque personnage, décrits subtilement par l'auteur. Au-delà de cette épopée magnifique et foisonnante (risque de se perdre un peu si on ne reste pas vigilant) on vit avec les personnages, on ressent leurs craintes, leurs doutes, leurs envies, comme si on les connaissait très bien. de plus, l'auteur évite de tomber ds le piège "tout le monde est beau et gentil", ce qui rend trés crédible son histoire.
    Bref, un trés bon moment de lecture. A découvrir ! Je n'hésiterai pas à lire de nouveau cet auteur.
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    • Livres 5.00/5
    Par boudicca, le 23 mai 2012

    boudicca
    Dans le domaine de l'uchronie il n'est désormais plus utile de présenter Guy Gavriel Kay qui a déjà consacré plusieurs romans de fantasy aux civilisations celtique et nordique médiévales ou encore à l'empire romain d'orient de l'Antiquité tardive. L'auteur démontre à nouveau toute l'étendu de son talent dans ce roman consacré à l'Espagne de la Reconquista : alors que le royaume d'Al-Rassan se trouve fragilisé par la mort de son khalife, il doit également faire face à la menace que représente la Guerre sainte projetée par les monarques d'Espéragne. C'est dans ce contexte que trois destins vont se croiser : Jehanne, adepte de la religion kindath et médecin, Rodrigo Belmonte, chef de guerre jaddite et Ammar ibn Khairan, poète et espion asharite.
    L'intrigue est captivante tout comme le cadre dans lequel elle prend place. La plume de l'auteur est toujours aussi agréable et donne vie à des scènes marquantes par leur poésie ou leur intensité : la confrontation entre Miranda Belmonte et le plus vieil ennemi de son mari, l'époustouflant duel final...Comme toujours dans les romans de l'auteur nous avons le droit à des personnages à la fois profonds, complexes et attachants, qu'il s'agisse des trois protagonistes ou des personnages plus secondaires comme le vieux Velaz, Alvar de Pellino ou la courtisane Zabira. Pari réussi pour G. G. Kay qui signe avec « Les lions d'Al-Rassan » un très, très beau roman.
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    • Livres 5.00/5
    Par MarcF, le 22 mars 2012

    MarcF
    Mon premier roman de fantasy historique et j'ai adoré.
    Cela se passe en Andalousie à la fin de l'âge d'or arabe des grandes cites de Grenade, Cordoue… L'histoire part de la mort du dernier calife (assassiné) jusqu'à la reconquête de l'Andalousie par les catholiques.
    Les 3 religions (catholique, musulmane et juive) sont présentes, même si leurs noms sont déguisés en jaddites, asharites et kindaths. le seul élément de fantasy est la présence de 2 lunes, mais elles n'influent en rien sur l'histoire.
    Les 3 héros sont le capitaine Rodrigo Belmonte, jaddite et chef de guerre, Ammar Ibn Khairan, poète et guerrier asharite et Jehane bet Ishak, médecin kindath. Les personnages sont riches avec des loyautés divisés en ces temps troublés. On rentre vraiment dans leur histoire.
    L'intrigue se tient bien et suit la complexité de la période sans jamais nous perdre. L'auteur a l'art de nous faire croire une chose pour finalement nous révéler son contraire quelques pages plus loin et ce jusqu'à l'épilogue.
    Bref, un superbe roman.
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Citations et extraits

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  • Par Coriolis, le 25 septembre 2014

    Il avait tué son premier homme cette nuit. Un solide coup d'épée alors qu'il était en selle, porté à la clavicule d'un homme en train de courir. Un mouvement qu'il avait pratiqué tant de fois, avec des amis ou seul, enfant, sous les yeux de son père, puis à l'exercice sous les ordres des sergents d'armes au langage ordurier dans la cour d'exercice du roi, à Esterèn. Exactement le même mouvement, aucune différence. Et l'homme était tombé sur la terre de l'été, laissant sa vie s'échapper avec son sang.
    Les actes des hommes, des traces dans le désert.
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  • Par boudicca, le 22 février 2012

    Un énorme rugissement s'éleva des armées. L'homme qui se tenait encore debout dans la plaine se tourna vers la colline où se trouvaient les femmes. Il laissa retomber son épée dans l'herbe sombre et piétinée puis se retourna vers l'homme qui gisait à terre et s'avança à genoux près de lui tandis que le soleil disparaissait. Bientôt les nuages commencèrent à arriver de l'ouest en tourbillonnant, oblitérant le ciel. Plus de soleil ni de lune ni d'étoiles au-dessus de l'Al-Rassan.
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  • Par boudicca, le 30 janvier 2012

    Sachez, vous qui lisez ces lignes, que cet homme, dans son goût pour l'honneur, dans sa fidélité, dans son amour pour son pays, dans son courage, était l'un des miracles du Seigneur. 

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  • Par MissViolette, le 23 octobre 2013

    Que seule la peine parle ce soir.
    Que la peine nomme les lunes.
    Que la pâle lumière bleue soit Perte
    Et que la blanche soit Mémoire.

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  • Par Api, le 01 août 2011

    Il ouvrit les bras et elle s'avança dans cet espace qu'ils lui ménageaient enfin dans le monde, elle posa sa tête contre la poitrine d'Ishak et elle se permit le luxe presque inimaginable du chagrin.

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