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Élisabeth Vonarburg (Traducteur)
ISBN : 2290325198
Éditeur : J'ai Lu (2005)

Note moyenne : 4.2/5 (sur 130 notes)
Résumé :
Depuis l'assassinat, 15 ans auparavant du dernier khalife, l'empire d'Al-Rassan est éclaté en cités-états rivales. Dans ce climat troublé, la discorde règne, et inlassablement se querellent asharites, adorateurs des étoiles d'Ashar, jaddites, les fils du dieu soleil Jad et kindaths, enfants des deux lunes.
Il est cependant une menace plus grande encore qui pèse sur le royaume : au nord, les anciens monarques d'Espéragne semblent s'organiser pour lancer une Gu... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (31) Voir plus Ajouter une critique
Tatooa
Tatooa14 avril 2016
  • Livres 5.00/5
Olala, cette claque !
Je le voulais, ce livre, hein. Je ne sais même plus trop pourquoi, parce que c'est l'an dernier que j'ai "mascagné" pour l'avoir. Un bouquin qu'on ne trouve plus que d'occasion, en poche, en tous les cas. Ma première commande n'est jamais arrivée. Dans ma seconde, il a été "remplacé" par un autre bouquin que j'avais pas demandé... Oo
Mais je suis opiniâtre et j'ai fini par le recevoir !
Et que j'ai bien fait... Je n'ai lu, précédemment, que Tigane, de cet auteur. J'avais bien aimé. Mais le sujet m'avait un peu trop fait penser à un de mes bouquins préférés du genre, "le château de Lord Valentin" de Silverberg, pour que je l'apprécie réellement... Je n'avais d'ailleurs pas vraiment fait gaffe à l'environnement tiré de l'histoire d'Italie, vu que je ne connais pas très bien l'histoire de l'Italie...
Ici par contre, je connais mieux la période de l'histoire de l'Espagne dont s'inspire ce cher Guy, et c'est drôlement bien restitué ! On reconnaît fort bien les diverses religions, les divers peuples, et en notre période troublée, il est bon de nous rappeler que les premiers à avoir massacré des gens au nom d'un dieu quelconque, ben, c'est "nous", cathos débiles et sanguinaires, tout l'inverse de ce qu'ils prêchaient, sans que manifestement ça ne les empêche beaucoup de dormir.
Tout cela est servi par une écriture (et une traduction) magnifique, des personnages forts et hauts en couleur, très très attachants, qui vous prennent aux tripes par leur sensibilité (oui, oui, on est dans un monde en guerre, et alors ?). Les descriptions évocatrices mais pas longues succèdent aux scènes d'action haletantes, aux relations entre les personnages, si finement décrites, si psychologiquement justes, dont Ammar Ibn Khairan, mon préféré, si trop "tout", trop humain (mais ils le sont tous), qu'il en devient "divin". A partir de la page 500, on ne peut plus le lâcher, vous voilà prévenus.
J'ai bien pleuré hier soir, une vraie midinette. J'ai un très gros coup de coeur pour ce livre magnifique et grandiose, une fresque haute en couleurs mais très réaliste de la reconquête de l'Espagne Musulmane, vue par un auteur qui a un réel talent pour créer de superbes personnages.
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Pecosa
Pecosa26 septembre 2013
  • Livres 5.00/5
Déçue par le manuscrit de Grenade de Marianne Leconte, c'est avec une certaine réserve que j'ai ouvert Les lions d'Al-Rassan, cédant enfin aux sirènes de Boudicca et aux encouragements répétés d'Instinct Polaire. Peu habituée à la fantasy, j'ai pourtant bien pris note dans les remerciements de Gavriel Kay, que la frontière est étroite "entre l'histoire réelle et l'histoire imagée". Mais voilà, dès les premières pages, impossible pour moi de faire abstraction de al Andalus et de ne pas chercher derrière les personnages, les phrases, la toponymie, des noms et des faits familiers. Gavriel Kay évoque-t-il Rodrigo Diaz de Vivar, Samuel Ben Nigrello, Hasdai Ibn Shaprut, Ibn Ammar ou Ibn Bassam? Ces royaumes chrétiens déchirés par des luttes intestines sont-il La Catalogne (Jalogne,), La Galice (Ruende?), La Castille (Valledo?)? Les ethnies asharites qui s'affrontent sont-elles de lointaines réminiscences des Almohades et des Almoravides? Voilà que des siècles d'histoire sont passés à la moulinette et retranscrits sur une ou deux générations. Heureusement, très rapidement un charme puissant opère, balayant tout sur son passage, me laissant le nez plongé dans le roman, étourdie par l'imagination du romancier, le charme des personnages, la subtilité des intrigues et la belle histoire d'amour ("Je crois(...) que je vous reconnaîtrais dans une pièce totalement noire. Je crois que je vous reconnaîtrais n'importe où près de moi dans le monde.") (soupir!)... Point de merveilleux ici ou de surnaturel, dans cette transposition d'une période charnière de l'histoire de l'Espagne jusqu'à la chute du royaume de Grenade, elle est parfaitement rendue, ingénieusement transportée sous la cosmogonie et les mythes fondateurs de Al-Rassan. Guy Gavriel Kay dit admirablement la complexité des alliances, la beauté et la cruauté de la civilisation asharite, où se mêlent la guerre, le raffinement et la sensualité, une civilisation dont les personnages pressentent la disparition imminente ("Bien aimée Al-Rassam, devrai-je vivre pour écrire ainsi ton éloge funèbre?"). Adieu donc à tous les romans lus et aimés auparavant, ceux de Corral Lafuente, Galvan ou Baer, Les lions d'Al-Rassan m'ont conquise. Les trois héros qui incarnent les trois religions sont charismatiques en diable, les personnages secondaires ont une vraie consistance et les femmes ont la part belle.L'épilogue vous tirerait des larmes ("Avez-vous des nouvelles des gens d'Andalousie?" écrivit Ibn Abbad de Ronda, cité par Guy Gavriel Kay dans les remerciements...) Comme Boabdil de Grenade jetant un ultime regard à la cité perdue, j'ai moi aussi poussé un long soupir en tournant la dernière page du livre et remercie chaleureusement Instinct Polaire pour ce beau voyage qui me fait rêver depuis des jardins de l'Alhambra.
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Arakasi
Arakasi02 avril 2013
  • Livres 5.00/5
Cela va faire des mois que je me fouette pour débuter cette critique des « Lions d'Al-Rassan » : bon sang, je l'ai tout de même lu et relu, ce bouquin, je devrais bien avoir des choses à dire dessus ! Mais décrire un coup de foudre n'est pas si évident et, dans ce cas particulier, c'est bien d'un coup de foudre qu'il s'agit, immédiat et écrasant. Depuis cette première lecture, j'ai découvert avec énormément de plaisir le reste de la bibliographie de Mr Kay, mais « Les Lions » sont restés indétrônés et le resteront probablement encore un bon bout de temps. de fait, je n'hésiterais pas à dire que Kay a créé là un des plus beaux et un des plus puissants romans historiques de ma connaissance – un comble quand on pense qu'il s'agit d'un roman classé généralement en fantasy.
L'histoire débute en Espéragne, pays longtemps déchiré par les tensions religieuses mais où un fragile équilibre a fini par s'installer après bien des conflits. Au sud et sur la grande majorité du territoire, s'étend le magnifique royaume asharite de l'Al-Rassan, joyau des arts et de la culture, et dominé par les puissants khalifes de l'Al Fontina. Au nord, se recroquevillent les nations jaddites divisées, jadis maitresses du pays mais chassées impitoyablement siècle après siècle par les guerres de religion. Pas besoin d'être un grand amateur d'Histoire pour reconnaître là le climat géo-politique de l'Espagne pré-Reconquista divisée entre maures et chrétiens. Un climat terriblement fragile qu'un simple souffle suffirait à faire imploser… Et voici qu'un retentissant coup de tonnerre ébranle toute l'Espéragne : le dernier khalife de l'Al-Rassan a été assassiné dans son palais ! Un vent de malheur et de destruction souffle sur tout le pays… Partout, les petits seigneurs avides de gloire et de puissance s'agitent, les loups montrent les dents et, loin dans le nord, dans les châteaux poussiéreux et branlants des monarques jaddites, des murmures bellicistes commencent à s'élever : le temps de la Reconquista ne serait-il pas venu ?
Dans la tourmente religieuse et politique qui va suivre, les destins de trois personnages exceptionnels vont se croiser : celui de Rodrigo Belmonte « le Capitaine », le plus brillant des chefs de guerre jaddites, celui de Jehane ben Ishak, talentueuse médecin kindath (religion équivalente à celle des juifs) et celui du poète et courtisan asharite Ammar ibn Khairan qui – notez comme le hasard fait bien les choses ! – fut l'homme qui poignarda le dernier khalife, précipitant sans le savoir son pays dans la guerre et l'affliction. Ces trois personnages vont se rencontrer, apprendre à se connaître, à s'aimer et forger entre eux les liens les plus puissants qui puissent réunir des êtres humains. Mais la guerre sera bientôt là qui balaiera devant elle amitiés, loyautés et amours et ne laissera que des regrets déchirants et les cendres tournoyantes des buchers…
C'est un très beau et très triste roman que nous offre Guy Gavriel Kay, un chef-d'oeuvre plein de poésie, de bravoure et de splendeur déchue – mais où la dimension tragique n'exclue jamais, ni l'intelligence des intrigues, ni la virtuosité de la reconstitution historique et ni même de brefs mais délicieux moments d'humour. le roman est porté par des personnages extrêmement touchants et habilement campés (ce qui est une des grandes forces de l'ensemble de l'oeuvre de Kay). Impossible de ne pas tous les adorer ! Ceci dit, je dois confesser mon amour inconditionnel pour Rodrigo Belmonte qui m'a émue comme peu de protagonistes de fiction. Un personnage plus grand que nature, mais également si terriblement humain, avec les faiblesses, les forces, les fragilités et les doutes que ce terme présuppose, que l'on ne peut que l'aimer. le genre de personnage qui vous donne envie de croire à l'existence des héros, des vrais de vrais!
Je pourrais encore gagatiser à loisir sur l'écriture splendide de l'auteur, la merveilleuse intensité de certains passages… Mais on y serait encore le lendemain, aussi me contenterai-je de clamer une dernière fois mon adoration et de vous livrer en prime un échantillon de la poésie de notre ami Ammar Ibn Khairan qui saura parler de l'agonie de son pays condamné bien mieux que je n'en serai capable :
Que seule la peine parle ce soir.
Que la peine nomme les lunes.
Que la pâle lumière bleue soit Perte
Et que la blanche soit Mémoire.
Que les nuée assombrissent l'éclat
Des hautes et saintes étoiles,
Tel un funèbre suaire entourant la rivière
Où il avait coutume de se désaltérer.
Là de moins nobles bêtes à présent se rassemblent
Puisque le Lion jamais n'y reviendra...
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Siabelle
Siabelle21 septembre 2015
  • Livres 5.00/5
Je crois que cette citation, représente bien, «Les Lions d’Al-Rassac» :
«Le bien a triomphé et le mal a trépassé, est-elle vraie ? de Oscar Wilde.»
Guy Gabriel Kay est un auteur Canadien, qui habite en Saskatchewan. Il est reconnu pour ses livres de fantasy et il crée un univers plus personnalisé. De plus, il utilise très peu la magie et le surnaturel. C’est un gros pavé. Il est édité par Edition Alire, en 1999. Il est traduit par Elisabeth Vonarburg. Je sais aussi qu’il fait beaucoup de documentations pour ses romans. Je comprends alors pourquoi l’auteur dit que la ligne est mince entre la fiction et la réalité.
C’est mon premier livre de cet auteur, je ne savais pas à quoi m’attendre. Quand je commence à le lire, je suis tout de suite happée par l’atmosphère fougueuse et je me laisse séduire par le personnage de Jehane. Elle capte mon attention par sa personnalité forte et radieuse et je poursuis alors mon aventure.
Qu’est-ce que : «Les lions d’Al-Rassac» ? L’histoire est située en Espagne. C’est trois peuples qui sont dans une guerre à cause des religions. Le climat est très instable et la menace se fait ressentir. C’est dans ce contexte qu’on y fait la connaissance de nos trois héros, aux destins exceptionnels :
Rodrigo Belmonte, le chef de jaddite,
Jehane, médecin de kindhat,
Ammar Ibn Khairan, le poète Asharite
C’est une histoire merveilleusement bien écrite, tu parcours diverses contrées. Tu fais la rencontre des personnages merveilleux qui marquent une époque. C’est une guerre où chaque personne doit prendre sa place.
«Dans chaque épreuve, ne cherchez pas l’ennemi, chercher l’enseignement. »
On retrouve ici, une écriture vive, on se laisse transporter par sa plume ardente. On ne peut plus quitter le livre des yeux car on suit avec un réel intérêt ce qui va se passer. Il sait nous plonger dans différents univers et on peut passer facilement à la joie, à la peur, au rire et aux larmes.
Je suis aussi surprise de découvrir comment l’auteur sait y mettre de la poésie, dans ce climat tourmenté. Il décrit magnifiquement bien les merveilles de la nature, on entend même de la musique et des poèmes. C’est du bonheur à lire.

C’est certain qu’en tant que guerre, il y a des clans, on parle aussi de la survie et de la trahison. Même dans cette noirceur où le mal sévit, où la mort survient, il y a toujours de la fraternité, des liens qui se soudent et des miracles qui peuvent arriver. Tu ne peux pas rester insensible, tu te laisses emporter par ce courant.
Pour conclure, lorsque je finis mon livre, je suis bouleversée. C’est certain que dans une bataille, il y a toujours un gagnant ou un perdant. C’est certain que le plus fort l’emporte sur le plus faible. Je mets ici un extrait qui en dit long :
C’est un livre où on imagine les hommes sur leurs chevaux, avec leurs épées à la main pour défendre leurs patries. C’est un livre qui fait rêver, qui parle de la beauté, de l’amour des êtres, de l’amour impossible. C’est un livre où le côté humain nous remplit d’espoir et il fait du bien à notre âme. Est-ce que le mal peut vraiment être vaincu ? Est-ce que le bien peut survivre dans ce monde cruel ? Je rajoute alors ce passage :
C’est un coup de cœur, c’est un livre intense, vibrant d’émotions et riches en poésies. Je le conseille à tous ceux qui aiment rêver et qui aiment se laisser bercer par un récit d’aventures.
Je remercie «Walktapus» de m’avoir fait découvrir cette pépite. Il m’a déjà dit : «J'envie la personne qui ouvrira Les Lions d'Al-Rassan pour la première fois.» Je suis entièrement d'accord, c’est maintenant à moi de le dire !
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Charly06
Charly0606 mai 2013
  • Livres 4.00/5
Première lecture de cet auteur, que je recommande fortement.
Un peu peur au début car l'action met du temps à démarrer (pas grand chose au bout de 100 pages) mais je me suis rendu compte par la suite que l'auteur m'avait en fait embarqué dans son histoire dès le début. La force de ce roman repose sur le caractère et la personnalité de chaque personnage, décrits subtilement par l'auteur. Au-delà de cette épopée magnifique et foisonnante (risque de se perdre un peu si on ne reste pas vigilant) on vit avec les personnages, on ressent leurs craintes, leurs doutes, leurs envies, comme si on les connaissait très bien. de plus, l'auteur évite de tomber ds le piège "tout le monde est beau et gentil", ce qui rend trés crédible son histoire.
Bref, un trés bon moment de lecture. A découvrir ! Je n'hésiterai pas à lire de nouveau cet auteur.
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Citations & extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
SiabelleSiabelle13 septembre 2015
Jehane fit un pas en avant et, debout, sur la pointe des pieds, embrassa à son
tour Ammar Ibn Khairan. Elle put le sentir retenir brusquement son souffle sous l'effet de la surprise. Voilà qui était mieux : il avait été bien trop désinvolte.
''Le salaire du médecin'' dit-elle, aimable, en reculant. Nos tarifs ont tendance à être plus élevés que ceux des messagers.
- Je vais bel et bien choir par la fenêtre, remarqua-t-il, mais après une petite pause.
- N'en faites rien. C'est loin, jusqu'en bas. Vous ne l'avez pas dit, mais il semble assez évident que vous avez votre propre vengeance à poursuivre à Cartada. Tomber par une fenêtre serait une bien piètre façon de commencer''. Elle constata avec satisfaction qu'il ne s'était pas non plus attendu à une telle remarque.
Il fait une seconde pause : ''Nous nous rencontrerons de nouveau j'ose l'espérer''.
- Ce devrait être intéressant, répliqua Jehane avec calme, même si son coeur battait la chamade. Ibn Khairan sourit. L'instant d'après, elle le regardait descendre dans la cour le long du mur aux pierres rugueuses. Il traversa une arche pour se rendre aux portes sans jeter un regard en arrière.
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SiabelleSiabelle18 septembre 2015
Husari éclata de rire ; ''Ibn Bashir, un boucher n'a pas besoin de plus de cervelle que la viande qui découpe, remercies-en les étoiles de ta naissance. Les Kindaths craignent les Jaddites encore plus que nous ! Ils sont esclaves, dans le nord ! Ici, ils vivent en liberté, ils paient la moité de nos impôts à notre place, et en plus ils achètent ta viande filandreuse même quand ton gros pouce écrase la balance ! ''
Alvar vit des sourires passer dans la foule à ces paroles.
''Aucun d'entre eux n'est mort le Jour de la Douve. ! '' Une autre voix, aussi dure que celle du boucher. Alvar sentit un mouvement près de lui, se rendit compte qu'il était seul.
''Et à quoi cela aurait-il bien pu servir ?'' demanda Ibn Khairan qui s'était avancé dans le soleil; il rengaina son épée en en faisant tout un spectacle, pour leur laisser le temps de bien le regarder.
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CoriolisCoriolis25 septembre 2014
Il avait tué son premier homme cette nuit. Un solide coup d'épée alors qu'il était en selle, porté à la clavicule d'un homme en train de courir. Un mouvement qu'il avait pratiqué tant de fois, avec des amis ou seul, enfant, sous les yeux de son père, puis à l'exercice sous les ordres des sergents d'armes au langage ordurier dans la cour d'exercice du roi, à Esterèn. Exactement le même mouvement, aucune différence. Et l'homme était tombé sur la terre de l'été, laissant sa vie s'échapper avec son sang.
Les actes des hommes, des traces dans le désert.
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SiabelleSiabelle11 septembre 2015
Voilà c'était arrivé : l'avertissement de son père s'était réalisé. Son habitude de dire tout ce qui lui passait par la tête venait de lui coûter une occasion pour laquelle un jeune soldat aurait donné sa vie. Rodrigo Belmonte lui avait ouvert une porte, et Alvar de Pellino s'y était engagé en faisant l'important, comme l'idiot qu'il était, et il venait de tomber la tête la première. Le coude et les fesses, en premier en fait.
Une main, sur la joue, Alvar leva les yeux vers le Capitaine. À peu de distance, la compagnie s'était arrêtée et les observait.
''J'ai dû en faire autant pour mes fils une ou deux fois aussi dit Rodrigo apparemment toujours amusé - de manière bien improbable. Je le devrai sans doute encore pendant quelques années. ''
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SiabelleSiabelle11 septembre 2015
Par la suite, rétrospectivement, Jehane se rendit compte avec acuité que le plus petit geste, en cet instant, aurait pu tout changer. Elle aurait si aisément pu dire à ce Cardène raffiné et beau parleur qu'elle irait visiter ibn Musa plus tard dans la journée. Et dans ce cas, - impossible d'échapper à cette pensée -elle aurait connu une existence très différente.
Meilleure, pire ? Nul ne pouvait répondre à cette question. Les vents soufflaient l'orage, oui, mais parfois ils balayaient aussi les nuages bas qui obscurcissaient le ciel, et sur une hauteur on pouvait alors jouir du spectacle splendide des levers ou des couchers de soleil, ou encore de ces nuits claires et coupantes, lumineuses, où lune bleue et lune blanche semblaient traverser telles des reines un ciel semé d'étoiles aux configurations étincelantes.
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