Le dernier roman de
Sophie Kinsella, Très chère Sadie, est une excellente lecture pour l'été, drôle et plutôt émouvant, comme toujours, et peut-être un peu moins chick lit' que d'habitude.
Lara est une jeune londonienne qui a presque tout ce qui pourrait la combler. Presque. Un petit ami parfait, sauf qu'il l'a quitté. Un job de "chasseuse de tête" en recrutement dans une boîte dont elle est co-dirigeante. Sauf que sa co-directrice est partie à l'autre bout du monde et ne donne toujours pas de date de retour. Une famille aimante, même si son oncle millionnaire accapare toute l'attention et qu'il faut que Lara se justifie sans cesse sur son nom de famille.
Tout n'est pas parfait et à l'enterrement de son arrière grande-tante, Lara entend et voit l'esprit de la défunte sous la forme de ses vingt-trois ans. Coup de fatigue? Hallucinations liées à une légère déprime? Au bout d'un moment il est compliqué de feindre l'indifférence car Sadie ne cesse de hurler à ses oreilles. Sa grande tante, figée dans les années vingt, lui demande de retrouver son collier de perles préféré, sans lequel elle ne pourra pas reposer en paix. Lasse du harcèlement du fantôme et curieuse, Lara se lance dans cette enquête.
L'histoire débute comme dans une comédie chick lit' classique : une jeune femme un peu dépassée, un peu gaffeuse, idéaliste, gentille et romantique qui tombe dans une situation imprévue et va transformer peu à peu ses envies et sa vie. Sauf que là ça va un peu plus loin. Peu à peu Sadie va influencer sa jeune nièce, lui faire découvrir l'élégance des années vingt, son insouciance et sa folie. Lara va rencontrer Ed, un américain sérieux et blessé, mais surtout découvrir qui était réellement cette parente dont elle ne savait rien avant l'enterrement, et qui avait fêté ses cent cinq ans, seule dans une maison de retraite.
La dernière partie nous révèle tous les secrets de Sadie, un destin extraordinaire, bouleversant et si bien mené, qu'on imaginerait presque qu'il est réel. Alors que le début du roman semblait un peu monotone et ressemblait à d'autres histoires déjà connues, la fin nous entraîne dans un tout autre univers, et l'on regrette presque qu'il faille attendre cent cinquante pages pour le découvrir. Si le roman avait conservé son humour et insisté encore davantage sur l'énigme de Sadie, il aurait été encore meilleur.
Parmi les autres titres de
Sophie Kinsella, celui-ci s'avère être un bon cru, avec des héroïnes et des situations aussi drôles que celles d'Emma ou Samantha, mais bien moins agaçantes que Becky et son shopping. Plusieurs scènes m'ont littéralement fait hurler de rire : celle où Sadie pousse Lara à inviter un inconnu à sortir, et celle où elle initie sa petite nièce aux accessoires des années vingt!
Une lecture parfaite pour les vacances, pas prise de tête, légère à souhait.