ISBN : 9782848761916
Éditeur : Philippe Rey (2011)


Note moyenne : 4/5 (sur 7 notes) Ajouter à mes livres
Ces leçons du bonheur abordent la littérature en tant que jouissance, à travers des exemples variés : l’art de l’insulte chez les écrivains, l’usage de Victor Hugo au parlement, l’analyse du Dr Devendra Singh à travers 345000 romans de langue anglaise pour connaître la ... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

Critiques et avis(4)

> Ajouter une critique

    • Livres 3.00/5
    Par GribouilleChat, le 12 octobre 2011

    GribouilleChat
    Edouard Launet nous livre ici une série de Chroniques publiées précédemment dans Libération dans une rubrique intitulée « On achève bien d'imprimer », ainsi que quelques autres.
    De quoi s'agit-il vraiment ? Non pas d'un catalogue de la jouissance telle qu'elle est décrite dans les livres, par exemple, non, non. Ce sont des réflexions diverses portant sur divers événements savants (un colloque international sur le thème de « Formes et enjeux de l'hyperbate ») ex. : « Johnny est malade, mais bien assuré, il est subclaquant, aux fans éplorés »), de petites questions qui nous concernent tous (« pourquoi voulons-nous faire croire que nous avons lu tel ou tel chef-d'œuvre alors qu'il n'en est rien ? », « lire rend-il plus intelligent ? », « Un roman placé près des caisses se vend mieux »), des questions assez habituelles quand on parle de questions techniques (l'incipit), des anecdotes amusantes sur les « querelles d'écrivains » ou l'usage des citations de Victor Hugo au Parlement…, des citations dont on ne sait si elles sont authentiques…
    Un index des auteurs cités complète le volume où Houellebecq, Hugo et Proust apparaissent abondamment.
    Jouissance certes, surtout pour les amateurs éclairés, qui souriront ou riront franchement à certaines descriptions de colloques aux titres abscons dont Launet résume avec plus ou moins de bonne foi le contenu – incompréhensible bien sûr : c'est la loi du genre ! – mais la répétition engendre finalement moins de plaisir et c'est ainsi qu'on voit que le comique de répétition ne fonctionne pas à tous les coups.
    Je préfère donc franchement les textes qui abordent de petites bizarreries comme la place de la météo dans les œuvres littéraires (surtout en Normandie et singulièrement dans Proust), l'influence des amphétamines sur l'écriture, …


    Lien : http://artetlitterature.blogspot.com/2011/10/de-la-jouissance-en-lit..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Lectureshumaines, le 09 octobre 2011

    Lectureshumaines
    Lorsqu'un ouvrage vous fait sourire dès le premier paragraphe, il est assez agréable de se laisser charmer et de découvrir ce que l'auteur a à nous raconter. Edouard Launet nous invite à découvrir le jeu de la littérature. Les auteurs sont épiés, décortiqués, que ce soit leurs habitudes, leurs choix de ponctuation, ou de phrase d'ouverture de livre. Ces personnes qui les décortiquent ne sont autres que les universitaires qui cherchent à comprendre pourquoi tel point se trouve à tel endroit. L'auteur s'amuse de ces questionnements ou des créations artistiques autour de la littérature, et nous livre des pistes de réflexions, des conseils amusants aux jeunes auteurs et énormément d'anecdotes succulentes.
    Le travail fourni par Edouard Launet me semble prodigieusement énorme. Que d'analyses et de colloques inconnus du grand public a-t-il dû lire, à chercher l'information et la faire swinguer en des chroniques aussi réjouissantes ? L'humour littéraire est chose rare, et d'autant plus délectable quand il est aussi bien fait.
    Kafka rend plus intelligent, Victor Hugo est une super-star au sein du Parlement français, Jules Verne probablement un auteur érotique… Tout dans ce livre mène le lecteur à l'amusement et à la découverte.
    On referme ce recueil amusé, heureux de ne pas être universitaire et effrayé de se faire un jour décortiquer de cette façon si on publie un livre. de la jouissance en littérature est un ouvrage intelligent et très drôle.
    Livre reçu dans le cadre de Masse Critique de Babelio, un grand merci !

    Lien : http://deslectureshumaines.wordpress.com
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Bulle_Tine, le 07 novembre 2011

    Bulle_Tine
    Ce recueil de chroniques est un régal. En 50 chapitres, de 2 ou 3 pages chacun, Edouard Launet nous offre des anecdotes croustillantes concernant des auteurs, des livres, des personnages, et le monde littéraire en général. Très accessible, j'ai lu ce livre d'une traite, ne pouvant plus m'arrêter de tourner les pages. Mais on peut tout aussi bien venir y picorer de temps en temps un chapitre par ci par là. Chaque anecdote est, et c'est là tout l'intérêt du livre, relevée avec beaucoup d'humour par l'auteur, qui ne manque pas une occasion d'égratigner (gentiment) le monde littéraire. J'ai beaucoup sourit avec ce livre, et c'est une qualité que j'apprécie chez un auteur.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (0 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Readingintherain, le 25 septembre 2011

    Readingintherain
    [...]Ce recueil est un véritable plaisir. Il est construit comme une suite de chroniques mais c'est un jeu, une véritable jouissance autour et dans la langue française, dans la littérature. C'est iconoclaste mais je le suis moi-même, refusant de mettre les auteurs sur les piédestaux qu'ils pensent parfois mériter.[...]

    Lien : http://www.readingintherain.com/2011/09/de-la-jouissance-en-litterat..
    Critique de qualité ? (1 votes positifs)

> voir toutes (6)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par ster, le 06 septembre 2011

    Dix livres insubmersibles

    La montée des eaux consécutive au réchauffement planétaire donne une nouvelle consistance au fameux jeu de l'île déserte. Bientôt, réfugiés sur les hauteurs de Montmartre ou du mont Valérien, nous contemplerons le bassin parisien à nouveau envahi par la mer, tout en nous demandant si nous avons fait le bon choix au moment d'extraire de notre bibliothèque "les dix livres que nous emporterions sur...". Mais désormais, il est trop tard pour changer d'avis. Paris est submergé, et les lamantins au front pâle qui barbotent vers la rue Lepic négligent les miettes de pain que nous leur lançons, préférant mâchonner les pages des milliers de livres qui flottent entre deux eaux. Les derniers éditeurs parisiens, accrochés aux tours de Saint-Sulpice et au clocher de l'église Saint-Germain, finissent d'agoniser tandis que des mouettes rieuses déchiquettent leurs oreilles poilues.
    Le temps est donc venu de s'intéresser calmement à la littérature enfin réduite à sa portion canonique. Au moment de constituer notre bibliothèque de Robinson, nous n'avons guère pioché en dehors des rayons XIXe et XXe siècle. Julien Gracq se souvenait ("Pourquoi la littérature respire mal", conférence donnée à l'École normale supérieure en 1960) de s'être livré au jeu de l'île déserte vingt ans auparavant avec ses compagnons de détention dans un camp allemand. "L'île déserte, en fait de livres, nous y étions réellement, et cela donnait à notre choix un caractère plus autorisé. Ils étaient bien variés, ces choix, mais ce qui frappait, presque comme une règle, c'est qu'à part la Bible, les ouvrages désignés antérieurs à 1750 étaient presque une exception." C'est ainsi que Katherine Pancol garde toutes ses chances face à Chrétien de Troyes.
    Les centrales électriques sont noyées, les livres électroniques à jamais prisonniers des circuits de mémoire flash. Le ciel est violet. Les lamantins poussent de leur groin le cadavre boursouflé du climatosceptique Claude Allègre. Les dix livres que nous avons jetés dans notre sac étanche - dont Bains de mer, de Paul Morand, et Le Monde englouti, de J.G. Ballard - nous tendent leurs petits bras potelés, mais l'envie de les ouvrir a complètement passé. L'urgent, c'est d'aménager sur la place du Tertre un campement de fortune.
    [...]
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (5 votes positifs)
  • Par ster, le 05 septembre 2011

    Hyperbate, supercool

    La planète n'est toujours pas submergée par le raz de marée dont le réchauffement planétaire nous menace, la librairie quoique pas bien vaillante parvient encore à écouler quelques livres, le prochain tiers prévisionnel n'a pas été prélevé, mais rien de tout cela ne durera éternellement : profitons de ces derniers moments de répit pour réfléchir à des choses vraiment importantes. Par exemple aux "Formes et enjeux de l'hyperbate". C'était le thème d'un colloque international qu'ont accueilli, en juin 2010, la Sorbonne et l'École normale supérieure, rue d'Ulm. "HYPERBATE : n.f. Figure de style qui consiste à intervertir l'ordre des mots ou à disjoindre deux termes habituellement réunis." Exemple : "En grand danger, vous êtes." Ainsi parle, comme vous le savez probablement, le personnage de Yoda dans La Guerre des étoiles. Yoda dit aussi : "Bonnes relations avec les Wookies, j'entretiens." C'est une autre hyperbate. Pierre de Ronsard,qui n'était pas chevalier Jedi, a pratiqué cet art avec bonheur : "Las! voyez comme en peu d'espace, / Mignonne, elle a dessus la place / Las! Las! ses beautés laissé choir." Maître Yoda aurait dit de façon plus conventionnelle : ses pétales, la rose a perdus.
    L'hyperbate est plus tranchante que le sabre laser lorsque, inversant l'ordre du discours, elle parvient à "exprimer une violente affection de l'âme" (Littré). Convenons qu'elle atteint son maximum d'efficacité lorsqu'elle se présente sous forme d'un ajout inattendu, se posant sur la queue de la phrase comme une mouette sur un wagon de déchets nucléaires.[...]
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (5 votes positifs)
  • Par ster, le 06 septembre 2011

    En 2010, deux universitaires, Karin Becker et Olivier Leplatre, se sont mis en tête de rassembler, pour un volume futur ayant pour titre La Pluie et le Beau Temps dans la littérature française, un ensemble d'études analysant les liens que les écrivains entretiennent avec la météorologie ainsi que les modalités de leur compréhension du phénomène : anthropologiques, sociales, scientifiques, hygiéniques, poétiques, narratives. Au moment où le livre que vous avez entre les mains partait à l'imprimerie, Becker et Leplatre en était toujours à s'interroger : "Quelle place l'écrivain accorde-t-il au temps qu'il fait? Peut-on aller jusqu'à parler chez tel ou tel écrivain d'un véritable climat qui donne une cohérence à son univers?" Nous aimerions pour notre part ajouter deux points à cette réflexion. Un : peut-on imaginer une appréhension barométrique des œuvres littéraires, qui irait nécessairement de "Tempête" à "Très sec"? Et deux : en quoi l'air conditionné a-t-il renouvelé la littérature policière ?
    Pour terminer, participons modestement à la météocritique littéraire en observant que dans Madame Bovary, Flaubert utilise dix-huit fois le mot pluie, mais jamais aucun des mots suivants : averse, ondée, bruine ou crachin. Chez Emma, quand ça tombe, ça tombe, voilà tout.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (5 votes positifs)
  • Par Bulle_Tine, le 07 novembre 2011

    Dans une catégorie intermédiaire est remis chaque année le trophée de la pire première phrase de roman, connu sous le nom de prix Bulwer-Lytton. [...] En 2010, le prix Bulwer-Lytton est allé à l'Américaine Molly Ringle pour cette entrée en matière zoologique : "Durant le premier mois de leur liaison, Ricardo et Felicity débutaient chacun de leur rendez-vous volés par un baiser - un baiser interminable, insatiable, Ricardo lapant et suçant la bouche de Felicity comme si elle était un abreuvoir géant dans la cage de la gerbille la plus assoiffée du monde." On tremble en songeant aux images que l'auteur aurait agitées si son livre s'était ouvert sur une scène de sexe.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (0 votes positifs)
  • Par GribouilleChat, le 12 octobre 2011

    Un : en nous faisant partager des imaginaires et des mythes, la fiction serait un facteur de cohésion sociale, donc un atout pour la survie de l’espèce. Deux : avoir le goût des romans traduirait chez l’individu une inclination à une réflexion de type « Et si ? », tellement utile dans un monde incertain. Trois : en allant ratisser les grandes œuvres romanesques, on devrait pouvoir constituer une sorte d’histoire naturelle de l’« animal littéraire » qu’est l’homme. Le chantier est vaste. (p.105)
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (0 votes positifs)






Acheter sur Amazon

Faire découvrir De la jouissance en littérature : 50 leçons par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (17)

> voir plus

Quiz