ISBN : 2070762831
Éditeur : Gallimard (2001)


Note moyenne : 3.67/5 (sur 3 notes) Ajouter à mes livres
Dieu marin de la mythologie grecque, Protée possédait un vaste savoir mais se dérobait aux questions en revêtant les formes les plus diverses. On comprend qu'André Gide ait vu dans cette figure changeante une sorte de miroir, lui qui, prenant toujours la forme de ce qu'... > voir plus
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Critiques et avis(1)

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    • Livres 4.00/5
    Par Chouchane, le 01 septembre 2011

    Chouchane
    Simon Leys (critique, essayiste, auteur, sinologue...) belge, vivant en Australie, nous régale de sa connaissance de la littérature. Très disparate cet essai nous livre une démystification de nos croyances sur la littérature et les auteurs. On début sur les mascarades que peuvent être les "ouvertures" de roman, parfois vendeuses au détriment du reste du livre. On passe ensuite à Don Quichotte mais surtout à Cervantès un écrivain vieillissant et sans succès (peut-être même sans talent) qui fait un coup de génie avec son héros parce qu'i doit vivre et qu'il a besoin d'argent. On fait, ensuite, un saut sur le "génie spécial" de Victor Hugo qui est qualifié de "sot" par Henry James. Pour longuement chercher une réponse sous forme d'abécédaire à l'énigme Gidienne. Prix renaudot des essais, Protée et autres essais se lit facilement et apporte beaucoup.
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Citations et extraits

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  • Par lexote, le 17 juillet 2009

    Degas confia un jour à Mallarmé qu'il avait des tas d'idées de poèmes, mais qu'il était morfondu de ne pas réussir à les écrire; et Mallarmé de répondre : "Mais, Degas, ce n'est point avec des idées que l'on fait des vers, c'est avec des mots." Dans la mesure où la poésie moderne peut se définir par cette conscience que le poème est engendré par les mots plutôt que par les idées - que c'est l'"impulsion linguistique" qui motive le poète - elle relève d'une esthétique directement tributaire de la leçon de Hugo. "Tout poète tant soit peu sérieux sait bien ce qu'il écrit, c'est le langage qui le lui dicte"; cette déclaration de Joseph Brodsky mais elle pourrait aussi bien caractériser la révolution hugolienne.
    Avec Hugo, pour la première fois, le langage est placé au poste de commande : "Le mot, c'est le Verbe, le Verbe c'est Dieu." Il se laisse délibérément mener par les mots, car "les mots sont les passants mystérieux de l'âme". Gardien des mots, le poète est investi de pouvoirs prophétiques : il est le guide qui conduira l'humanité à la Vérité.
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  • Par lexote, le 17 juillet 2009

    La plupart de ses chefs-d'oeuvre datent de cette période, culminant en 1862 avec le monumental Les Misérables, qui est moins un roman, au sens conventionnel du mot, qu'un immense poème en prose, peut-être la dernière épopée de l'âge moderne. La passion que Hugo nourissait pour le langage a trouvé là son déversoir le plus vaste et le plus fou. Le livre est un Niagara de mots, écumant et mugissant; c'est aussi une ahurissante bigarrure de pièces rapportées : non seulement le fil du récit est constamment interrompu par des considérations socio-politico-philosophiques, mais il y a encore d'innombrables morceaux de comédie, de drame, de satire, des épisodes d'une action haletante; il y a de tendres élégies, des croquis réalistes, d'immenses fresques historiques; des essais sur les sujets les plus hétéroclites (la structure de l'argot, l'économie du recyclage des égoûts), un prodigieux étalage de curiosités encyclopédiques (sur un modèle dont Jules Verne se souviendra); et en même temps, ces mille fragments hétérogènes sont tous charriés par l'élan unanime d'un vaste fleuve aux affluents innombrables.
    [...]
    Le livre fut d'abord publié à Bruxelles (1er avril 1862); d'autres éditions suivirent rapidement, de façon presque simultanée, à Paris, Madrid, Londres, Leipzig, Milan, Naples, Varsovie, Saint-Pétersbourg, Rio de Janeiro. D'emblée, son succès fut universel; la publication originale avait été retardée à l'imprimerie par les larmes des typographes qui s'étaient plongés dans la lecture des pages dont ils devaient composer les épreuves; leur émotion et leur enthousiasme furent bientôt partagés par les lecteurs les plus divers, français et étrangers, jeunes et vieux, naïfs ou blasés. A l'autre extrémité de l'Europe, Tolstoï se procura un exemplaire sans tarder et fut conquis. On peut dire sans exagération que Les Misérables ont précipité la création de La Guerre et La Paix. Les géants engendrent les géants.
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  • Par lexote, le 17 juillet 2009

    La thèse principale de Van Doren est que, nonobstant ce que Cervantès a pu lui-même penser là-dessus, Don Quichotte n'était nullement fou. Simplement, les mystifications dont il faisait l'objet lui donnèrent l'impression trompeuse que son entreprise était vraiment réalisable; et cette illusoire perspective de succès prolongea artificiellement sa carrière. Mais, à n'importe quel moment, il aurait parfaitement pu renoncer à son aventure et tranquillement rentrer chez lui; tandis qu'un fou véritable est prisonnier de sa folie et ne dispose jamais d'un pareil choix.
    [...]
    Si Don Quichotte avait simplement été fou, ou s'il avait joué la comédie, nul ne se souviendrait de lui, observe Van Doren : "Si aujourd'hui encore nous continuons à parler de lui, c'est parce que nous avons le sentiment qu'en fin de compte, il est vraiment devenu un chevalier."
    "L'homme est un animal qui se façonne des images de lui-même et puis finit par ressembler à l'une d'elles." Iris Murdoch a formulé cette remarque dans un contexte différent, mais elle identifie très précisément un trait fondamental de la nature humaine. C'est ce trait qu'a incarné Don Quichotte de la façon la plus mémorable - et c'est cela qui donne au roman de Cervantès sa portée universelle.
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Livre de bord N°78 .
Livre de bord sur Liberty TVUne émission présentée par Nicky & Brice DepasseChroniqueur : Bernard DelcordEntretien : Corinne HoexDestinations : le rattachement de Didier van Cauwelaert (Albin Michel), Les dessous de la littérature : pastiches cochons de Christine Brusson (Editions des équateurs), le Dictionnaire des mots du sexe d'Agnès Pierron (Balland), Dix recettes pour recevoir un pompier sans son extincteur et Dix recettes pour recevoir une hôtesse de l'air de Sophie et Marie-Pierre Morel (Marabout), A quoi ça sert un livre ? de Chloé Legay (Alice jeunesse), Thomas le magicien de Sébastien Perez (Seuil jeunesse), Barabara de Pierre Ryckmans (Luc Pire/Espace Nord), Nouvelles belges à l'usage de tous (Luc Pire/Espace Nord), Décidément, je t'assassine de Corinne Hoex (Impressions nouvelles), La maison des morts étranges et autres aventures d?Albert Campion de Margery Allingham (Omnibus), En Verve : Talleyrand et Che Guevara (Horay), La dernière heure du dernier jour de Jordi Soler (10:18), Paradis sur mesure de Bernard Werber (Livre de poche), Melnitz de Charles Lewinsky (Livre de poche), Arthurs, va te coucher ! de Barroux (Seuil jeunesse), La jeune mariée de Singer, Je vous aime avec excès, folie, transport et désespoir de Madame de Lespinasse et Lettres familières d'Italie du Chevalier De Brosses (André Versaille éditeur) et Les châteaux de la Loire par Alain Vigneron et Irène Frain (Ouest France).











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