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> Yves Florenne (Éditeur scientifique)

ISBN : 2253014389
Éditeur : LGF - Livre de Poche (1972)


Note moyenne : 3.77/5 (sur 75 notes) Ajouter à mes livres
Faut-il partir ? Rester ? Le voyage intérieur n'est-il pas le seul qui enfante des beautés inconnues ? Vastes cieux enchantés, eaux fuyantes, gouffres amers, splendeurs océans... Le Paradis est là et ses noirs artifices, fruits de l'herbe et du pavot... Le haschich s'ét... > voir plus
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Critiques et avis(2)

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    • Livres 4.00/5
    Par Perdre-son-temps, le 04 mars 2011

    Perdre-son-temps
    Dans les paradis artificiels, Charles Baudelaire tente de nous faire comprendre les rapports étroits qui peuvent exister entre la consommation de stupéfiants et la création poétique, avec force détails sur les altérations psychiques que peuvent amener l'opium et autres substances psychotropes.
    Mais bien qu'il en prenne un temps les apparences, ce n'est pas une étude ni un essai, de pages en page c'est une véritable descente aux enfer. Peu à peu, le lecteur se retrouve captif d'une sorte de voyage à faire littéralement dresser les cheveux sur la tête. Et s'il était tout a fait légitime de considérer ces Paradis artificiels comme un des grands textes fondateurs de la littérature fantastique ?
    Et pour qui souhaiterait s'interroger sur les raisons profondes qui ont poussé le poète à traduire Edgar Allan Poe vers le français, pourquoi ne pas chercher quelques réponses parmi ce qui rampe et gémi entre les pages des Paradis artificiels ?
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    • Livres 3.00/5
    Par Alcapone, le 04 juillet 2010

    Alcapone
    Les trois textes des paradis ont été réunis par Baudelaire et publiés sous différentes éditions. La présente édition se termine par Exorde et notes pour les conférences données (à Bruxelles). Lire ces textes plus de 150 ans après leur publication ne leur enlève pas de leur force : la question des drogues psychotropes reste la même de nos jours mais avec le recul, on pourrait trouver ces textes un peu naifs. Certes, le hachich reste dangereux mais de là à faire l'apologie du vin, il y a une grosse différence. On connait depuis longtemps les ravages provoqués par l'alcool et l'on ne peut pas lire sans sourire l'argumentaire de Baudelaire. J'ai beaucoup aimé le passage dans lequel, l'auteur parle aux hommes au nom du vin ("Je tomberai au fond de ta poitrine comme une ambroisie végétale. Je serai le grain qui fertilise le sillon douloureusement creusé. Notre intime réunion créera la poésie. A nous deux, nous ferons un Dieu, et nous voltigerons vers l'infini, comme les oiseaux, les papillons, les fils de la Vierge, les parfums et toutes les choses ailées." p.82). Si on garde en tête que l'usage du hachich était à l'époque une mode nouvellement importée en Europe, on peut excuser cette ingénuité surtout que le mode d'absorption préconisé provoquait des hallucinations violentes et des crises d'angoisse et de fatigue puissantes. Notons cependant que Baudelaire fait plus état de ses observations que d'une réelle expérience : il a en effet peu testé les usages du hachich et ne fait que constater les cas connus de son entourage. Des Paradis artificiels provoqués par les diverses drogues, il me semble que les effets de l'alcool ne soient pas vraiment comparables à ceux du hachich et de l'opium : s'il est vrai comme le montre Baudelaire, que l'alcool désinhibe et que le hachich introvertit, il faut souligner que les deux pratiques n'emmènent pas le consommateur vers les mêmes rivages. De plus, les textes réunis ici, bien que faisant hommage à l'écriture poétique et imagée de Baudelaire, font parfois un double emploi. Mais on soulève là une autre question, à savoir celle de la politique retenue par l'éditeur. J'ai donc trouvé Les paradis intéressants mais rien qui ne me semble notable par rapport au sujet traité. On comprendra donc que je ne partage pas l'avis de Philippe Pichois qui trouve que les textes de Gautier rendent plus sensibles ceux de Baudelaire. En fait, ce que je recherchais par la lecture de ce livre était l'aspect expérimental vécu par l'auteur que Gautier a bien mieux décrit que Baudelaire...

    Lien : http://livresacentalheure-alcapone.blogspot.com/2010/07/les-paradis-..
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Citations et extraits

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  • Par brigetoun, le 17 février 2011

    Toute sa vie passée vivait, dit-il, en lui, non pas par un effort de la mémoire, mais comme présente et incarnée dans la musique ; elle n’était plus douloureuse à contempler ; toute la trivialité et la crudité inhérentes aux choses humaines étaient exclues de cette mystérieuse résurrection, ou fondues et noyées dans une brume idéale, et ses anciennes passions se trouvaient exaltées, ennoblies, spiritualisées.
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  • Par brigetoun, le 17 février 2011

    Si un cerveau débilité par l’opium était tout entier débilité, si, pour me servir d’une ignoble locution, il était totalement abruti, le mal serait évidemment moins grand, ou du moins plus tolérable. Mais un «mangeur d’opium» ne perd aucune de ses aspirations morales ; il voit le devoir, il l’aime ; il veut remplir toutes les conditions du possible ; mais sa puissance d’exécution n’est plus à la hauteur de sa conception. Exécuter ! que dis-je ? peut-il même essayer ?
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  • Par Alcapone, le 04 juillet 2010

    Je tomberai au fond de ta poitrine comme une ambroisie végétale. Je serai le grain qui fertilise le sillon douloureusement creusé. Notre intime réunion créera la poésie. A nous deux, nous ferons un Dieu, et nous voltigerons vers l’infini, comme les oiseaux, les papillons, les fils de la Vierge, les parfums et toutes les choses ailées. p.82
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  • Par brigetoun, le 17 février 2011

    La grammaire, l’aride grammaire elle-même, devient quelque chose comme une sorcellerie évocatoire ; les mots ressuscitent revêtus de chair et d’os, le substantif, dans sa majesté substantielle, l’adjectif, vêtement transparent qui l’habille et le colore comme un glacis, et le verbe, ange du mouvement, qui donne le branle à la phrase.
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  • Par brigetoun, le 17 février 2011

    Et non-seulement il se condamne, mais il se glorifie. L’horrible souvenir ainsi absorbé dans la contemplation d’une vertu idéale, d’une charité idéale, d’un génie idéal, il se livre candidement à sa triomphante orgie spirituelle.
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