> Serge Quadruppani (Traducteur)

ISBN : 9782864247197
Éditeur : Editions Métailié (2010)


Note moyenne : 3.4/5 (sur 5 notes) Ajouter à mes livres
A la fois roman policier, d’aventures et roman d’amour, voici surtout un grand roman tout court.
Nous sommes en janvier 1896. Dès la première page, nous entrons dans l’atmosphère d’une Afrique faite de chaleur, d’humidité, de sueur, d’insectes, d’odeurs, de bruit... > voir plus
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Critiques et avis(4)

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    • Livres 4.00/5
    Par PierreF, le 06 avril 2011

    PierreF
    Quel plaisir personnel de retrouver Carlo Lucarelli, en particulier quand il est dans une telle forme. Cela faisait sept ans que je l'avais laissé de côté. Et une nouvelle fois, ce roman est très différent des précédents, Après l'humour loufoque de Phalange armée, après le style direct et nerveux de Laura de Rimini, après le brûlot anti-fasciste de L'île de l'ange déchu, voici l'histoire de la colonisation italienne de l'Afrique. En effet, le contexte de ce roman est la bataille d'Adoua, la première grande défaite d'une armée blanche devant des troupes africaines.
    Car c'est un sacré pavé ambitieux qu'il nous livre avec toutes les qualités d'auteur (j'allais écrire d'artiste) dont il est capable. Car c'est un énorme roman (en qualité et en quantité) que l'on savoure avec délectation, lentement. Carlo Lucarelli a un style qui fait appel à tous nos sens : on voit les paysages, les personnages, on sent la poussière, on sent les voilages, on entend la musique sur laquelle danse de jeunes noires nues, on goûte la nourriture. C'est une véritable expérience sensorielle, un pur plaisir des sens.
    C'est aussi, sous ses dehors de roman, une fronde contre l'esprit colonialiste d'alors mais aussi d'aujourd'hui. Les colonisateurs décrits par Lucarelli font preuve d'une suffisance, d'un racisme ordinaire, d'un dédain tels que l'on est presque content du résultat de la bataille d'Adoua. Et, en cela, les esprits des pays industrialisés n'a pas beaucoup changé : dans le livre, ce qui n'est pas comme eux, ce qui est différent est forcément sauvage, anormal, bizarre, inférieur à eux.
    Autant roman d'ambiance, roman d'amour, roman social, roman historique, roman dénonciateur, roman noir, roman de guerre, ce Huitième vibration est tout cela à la fois mais avec ce style , cette poésie, ces scènes parfaitement découpées, ces personnages si différents, si vivants avec leur histoire, leur passé, leur présent, leur destin. Je suis tombé amoureux de Cristina, j'ai détesté Leo et certains autres, j'aurais aimé devisé avec les Italiens comme avec les Ethiopiens.
    Mais tous ces plaisirs se méritent. On n'entre pas dans un tel roman sans quelques sacrifices. Car il y a plus d‘une dizaine de personnages, et chacun a droit à un chapitre, chaque chapitre étant séparé par un sous-chapitre relatant le passé d'un des protagonistes. L'intrigue avance lentement, la pression monte doucement jusqu'au feu d'artifice final, les phrases sont longues, les dialogues réduits au minimum. C'est un roman que l'on prend quand on a une bonne demi-heure devant soi pour bien s'immerger, se laisser imprégne, pas un de ceux que l'on prend quand on a cinq minutes à perdre entre la poire et le fromage. Mais c'est un de ces romans que vous n'ètes pas prêts d'oublier.
    Les fans de thriller ou de page-turner (excusez ces anglicismes) passeront leur chemin. Les fans de littérature (policière ou non) adoreront, pour le voyage dans l'espace et dans le temps. J'ai adoré, je le conseille à ceux qui veulent un grand roman classique (mais pas tant que ça) un grand roman ambitieux qui vous fait frémir et qui fait appel à vos cinq sens.

    Lien : http://black-novel.over-blog.com/article-la-huitieme-vibration-de-ca..
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    • Livres 3.00/5
    Par litolff, le 16 décembre 2010

    litolff
    En 1896, l'unité Italienne est encore une nouveauté, et les sardes, les lombards, les vénitiens ou toscans qui se côtoient en Érythrée ont du mal à se comprendre... A Massoua, ville fournaise du désert en bord de mer, ils essaient de tromper leur ennui et se distraient comme ils peuvent : les combines, la drogue, le sexe, en attendant l'assaut.
    Il vaut mieux lire La huitième vibration en hiver car on transpire à la lecture de ces lignes, l'insoutenable chaleur s'infiltre partout, épuise et assomme.
    Des paysans envoyés au casse-pipe, un carabinier à la recherche d'un assassin, un anarchiste enrôlé de force, une intrigue amoureuse, un major morphinomane, un employé arabe, son amant indigène, autant de personnages qui peuplent ce roman foisonnant, chronique d'une colonie perdue. Pendant que l'armée du Négus grossit, leurs destins vont se croiser sous le soleil implacable et éblouissant...
    Un roman lent et dense qui décrit avec brio l'aventure coloniale italienne mais qu'il faut prendre le temps de décrypter.
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    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Claire_C, le 13 avril 2011

    Claire_C
    Dans la chaleur de la défaite
    La huitième vibration est un titre énigmatique qui ne se révèle au lecteur qu'à la toute fin du livre. Il est le fidèle reflet de ce roman aux multiples facettes à la fois roman historique, roman policier, récit d'aventure et même roman d'amour. Tout un mélange à juste dose qui nous fait vivre au cœur d'un corps expéditionnaire de l'armée italienne engluée dans ses rêves de colonisation et dans la chaleur étouffante de l'Erythrée de 1896.
    Un récit qui vous happe et qui se termine sur le point d'orgue de la bataille d'Adoua qui fut la première remportée par une armée de colonisés sur une armée de colonisateurs.
    Une immersion totale au côté de multiples protagonistes qui nous font vivre chacun leurs histoires, leurs accents, leurs langues et leurs cultures. Tels que Vittorio Cappa dit « le magicien »qui sait mieux que quiconque se débrouiller pour oublier de réceptionner des fournitures de l'armée italienne arrivant en Afrique. Mais qui surtout fera l'erreur de tomber amoureux de la mauvaise femme. Ou encore Pasolini l'anarchiste qui se retrouve dans l'armée pour ne pas finir sur l'échafaud, et qui une fois au front devra faire le choix de tirer ou non pour sauver sa vie, et donc défendre les couleurs de ce drapeau qu'il n'a jamais respecté. On y croise aussi Aïcha, la chienne noire mi-sorcière mi-putain, dégageant un érotisme si puissant que peu de soldats savent lui résister. Et enfin Sciortino, le soldat fantôme, originairement berger dans les Abruzzes, un simple d'esprit ne comprenant pas les tenants et les aboutissants de toute cette agitation dans le désert mais qui sera un des seuls à sortir indemne de ce cauchemar.
    Un livre puissant à la construction très intelligente menée de main de maître par une star italienne du roman policier, qui est également scénariste de bandes dessinées ou encore journaliste. Carlo Lucarelli est même dans son pays l'animateur à succès d'une émission de télévision qui parle de crimes non résolus. C'est une véritable star de l'autre côté des Alpes. Il nous livre là un grand roman que vous n'oublierez pas de sitôt, servi par la traduction impeccable du directeur de la collection : Serge Quadruppani.

    Lien : http://chezclairebis.blogspot.com/2010/09/la-huitieme-vibration-lott..
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  • Par CMazin, le 03 novembre 2010

    CMazin
    Fin du XIXe siècle, les Italiens sont installés depuis quelques années à Massaoua, une ville d'Érythrée devenue un point de départ de la colonisation. Une ville de garnison avec ce qu'il faut pour assurer le repos des guerriers qui n'ont encore finalement mené là aucune guerre. Une colonisation qui ressemble à toutes les colonisations : des blancs qui ne comprennent pas les noirs et les méprisent d'une manière ou d'une autre.
    Massoaoua, cette ville au bord de l'eau, la Mer Rouge, vit au rythme des arrivées des bateaux qui amènent d'Italie les hommes et le matériel pour l'armée et la colonisation. Avec toutes les petites manigances qui ne manquent pas parce que ce flux d'argent attire toutes les convoitises, sur place, mais aussi au point de départ des chargements, dans l'Italie du roi Humbert 1er.
    Dans le chaudron de cette région où le soleil et la chaleur assomment tout, se côtoient des Sardes, des Vénitiens, des Romains, des Florentins, des Italiens de toutes les régions d'Italie qui ne se distinguent entre eux par rien d'autre que leurs accents et des autochtones que par la couleur de leur peau. Cette chaleur qui écrase tous les gestes, les ralentit, met en évidence leur vanité, justifie l'inaction, la lenteur, l'attente.

    Lien : http://www.actualitte.com/dossiers/1192-erythree-colonies-defaite-ar..
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Citations et extraits

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  • Par litolff, le 08 décembre 2010

    Si ça n'avait tenu qu'à lui, il se serait promené en sandales, avec une fouta de coton autour de la taille. Rien d'autre, même pas de caleçon. Comme faisaient depuis toujours tous les habitants de cette ville infernale qui cuisait sous le soleil le jour et bouillonnait la nuit, ceux qui y étaient nés, pas ceux qui y étaient venus, comme lui, et ceux qui vivaient en Italie, comme le Chevalier, lequel, en pensant à la Colonie, imaginait du lin immaculé et de fraîches brises marines, et n'aurait jamais toléré un employé colonial, de première classe en plus, en sandales et tunique. Et sans caleçon.
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  • Par litolff, le 16 décembre 2010

    Il voit des Tigré au torse nu, le gabi enroulé autour de la taille, pieds nus, des Choans en longue tunique blanche, des Galla au corset de chèvre, des Beni Amer aux cheveux crépus, hauts sur la tête, des Ethiopiens qui piétinent la poussière de leurs sandales, les épaules couvertes d'un mantelet de tissu. Ils portent des boucliers de cuir de rhinocéros et d'hippopotame, des lances longues aux pointes larges, des guradè courbes effilés comme des rasoirs des cartouchières en bandoulière et beaucoup, énormément de fusils.
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  • Par litolff, le 16 décembre 2010

    Il voit des Tigré au torse nu, le gabi enroulé autour de la taille, pieds nus, des Choans en longue tunique blanche, des Galla au corset de chèvre, des Beni Amer aux cheveux crépus, hauts sur la tête, des Ethiopiens qui piétinent la poussière de leurs sandales, les épaules couvertes d'un mantelet de tissu. Ils portent des boucliers de cuir de rhinocéros et d'hippopotame, des lances longues aux pointes larges, des guradè courbes effilés comme des rasoirs des cartouchières en bandoulière et beaucoup, énormément de fusils.
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  • Par litolff, le 08 décembre 2010

    Nous avons cru nous imposer à quatre bédouins achetés avec de la verroterie et en fait nous sommes allés casser les couilles à l’unique grande puissance africaine, chrétienne, impérialiste et moderne. Même des timbres, il avait fait imprimer, le Négus.
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