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ISBN : 2738125212
Éditeur : Odile Jacob (30/09/2010)

Note moyenne : 4.2/5 (sur 5 notes)
Résumé :
Présentation de l'éditeur
Pourquoi donc Byzance a-t-elle survécu deux fois plus longtemps que Rome, son équivalent d’Occident ? Cette endurance extraordinaire est d’autant plus remarquable qu’elle n’était favorisée ni par la géographie ni par une prépondérance militaire.

Selon Edward Luttwak, cette performance est due à l’habileté de ses souverains qui ont su s’adapter aux circonstances et inventer de nouveaux moyens de faire face à leurs ennem... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (4) Ajouter une critique
Walktapus
11 janvier 2014
★★★★★
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C'est assez osé de prétendre qu'un empire ait eu sur près de mille ans une « grande stratégie » cohérente à tous les niveaux, mais la démonstration m'a convaincu. de toutes façons, le résultat est là : l'Empire romain d'Orient a résisté jusque 1204 au moins, au plein fouet des vagues d'invasions, turco-mongoles et musulmanes.
L'auteur écrit bien, est très accessible, avec un point de vue original, ouvert, à tendance iconoclaste (désolé). C'est très très intéressant, pour qui s'intéresse à la stratégie, à l'histoire de la guerre, à l'histoire du moyen-âge ou à l'empire byzantin.
Mais par contre, que c'est bordélique ! le plan est sensé être thématique mais m'a complètement perdu, surtout dans la deuxième partie, consacrée aux manuels de stratégie byzantins. Passé les Huns, tout un millénaire d'histoire dans un désordre complet. Il y a de quoi s'y perdre. Ceux qui n'ont pas au préalable de bonnes notions de l'histoire du Moyen-Orient et de l'Europe orientale, et des dynamiques nomades eurasiatiques vont avoir du mal à s'y retrouver.
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Kjeld
17 mars 2013
★★★★★
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C'est une approche originale de l'histoire de l'Empire byzantin proposée par Edward Luttwak. L'auteur s'est penché sur la capacité de l'Empire romain d'Orient à résister pendant plus d'un millénaire aux différentes menaces qui l'ont frappé (invasions barbares, hostilité des royaumes d'Occident, rivalité avec l'Empire sassanide puis,à partir du VIIIe siècle, avec le Monde musulman.
L'auteur souligne l'habilité développée par les dignitaires byzantins pour alterner entre diplomatie et opérations militaires. Comment résister à des ennemis bien plus nombreux : ne pas engager de conflit meurtrier ayant pour but de détruire complètement le camp ennemi, juste le repousser pour qu'il reste en tampon entre l'Empire et d'autres menaces potentielles.
C'est un véritable jeu d'équilibriste auquel se sont livrés les dirigeants de Constantinople en alternant les conversions au christianisme, la corruption ou l'exacerbation des rivalités entre différents adversaires. La prise d'information est dans ce cas de figure un élément vital pour disposer d'un temps d'avance sur les autres protagonistes.
Pour le domaine militaire, l'auteur démontre que les Byzantins se sont adaptés aux méthodes de combat de leurs adversaires. Ils ont adopté l'arc composite des cavaliers des steppes d'Asie, les méthodes de raids rapides et d'embuscades, parfaites pour les effectifs restreins de l'Empire et les paysages montagneux d'Anatolie et de Syrie.
Les points négatifs de cet ouvrage reste un manque d'organisation dans la seconde partie du livre traitant des écrits stratégiques byzantins. La première, thématique, est plus agréable et plus claire. Il y aussi beaucoup de répétitions sur des points, certes fondamentaux, mais facilement assimilables. Enfin il y a des comparaisons avec l'armée américaine moderne qui n'ont pas lieux d'être selon moi, parce que totalement anachroniques et sans rapport possible.
L'ouvrage reste très bon. Plutôt recommandé à ceux qui s'intéressent à la question militaire. Mais toute personne intéressée par cette période et cette zone géographique y trouvera une utilité pour comprendre le mécanisme de l'Empire byzantin.
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Henri-l-oiseleur
31 janvier 2016
★★★★★
★★★★★
La lecture de l'excellent essai d'Edward Luttwak est à déconseiller à toute personne qui n'a pas l'habitude des livres d'histoire, et qui est novice en matière d'histoire byzantine. En effet, l'auteur adopte un plan thématique, non chronologique, et suppose connues les grandes scansions de l'histoire romaine de l'Orient, depuis Attila jusqu'à la conquête croisée de 1204 et même à la prise de la Ville par les Turcs. le lecteur novice sera perdu dans cette bousculade de barbares huns, arabes, slaves et autres, qui ont attaqué en vain la "pars orientalis", la partie orientale, de l'empire romain, qui survécut mille ans à l'empire d'occident. Il faut, si l'on s'intéresse à ce "deuxième poumon" de notre civilisation, aborder la question par des ouvrages d'histoire chronologique.
Ceci posé, la lecture de l'essai de Luttwak est un enchantement. L'auteur met à contribution non seulement sa science profonde des textes et de l'histoire, mais aussi son expérience militaire, sa connaissance de la stratégie et de la tactique, de la technique et des terrains, de la diplomatie et des alliances, ce qui rend son ouvrage extraordinairement vivant, concret, plein d'enseignements mais aussi d'anecdotes, bien loin d'un style universitaire trop aride qu'il lui est impossible d'adopter, lui qui fait figure d'outsider et de penseur nécessairement à cheval entre deux ou trois disciplines et domaines d'études. L'objet byzantin, en effet, bouscule nos clivages traditionnels : prolongement de l'Antiquité dans le Moyen-Age, de Rome dans l'Orient, du christianisme dans la politique, de l'ethnographie dans la stratégie, il fallait pour en rendre compte un esprit libre lui-même de tout clivage et de tout a priori. C'est une très belle leçon de pensée et d'histoire, en tant que cette discipline se prolonge dans le présent par la politique.
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Charybde2
25 juin 2014
★★★★★
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Belle somme parfois indigeste sur les ressorts stratégiques de 12 siècles de puissance.
Désormais sur mon blog : http://charybde2.wordpress.com/2014/06/25/note-de-lecture-la-grande-strategie-de-lempire-byzantin-edward-luttwak/
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Citations & extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
WalktapusWalktapus07 janvier 2014
Exousiaokrator, exousiarches, exousiastes [variations sur souverain « extérieur »] ; archonte des archontes, archegos, archegetes, archonte, exarchonte [tirés d’un ancien terme désignant un souverain ou un officiel de haut rang, signifiant à peu près « prince »] ; pro(h)egemon, hegemonarchos, hegemon, kathegemon [variantes de « suzerain »] ; dynastes, prohegetor, hegetor, protos, ephoros [« surveillant », à Sparte] ; hyperechon, diataktor, panhypertatos, hypertatos, koiranons, megalodoxos [« illustre souverain »] ; rex [roi] ; prinkips [princeps romain, c’est-à-dire « premier des citoyens », titre qui eut la faveur d’Auguste comme déguisement de ses vastes pouvoirs, et dont dériva « prince »] ;doux [dux, commandant de région, dont dériva « duc »] ; synkleitikos, ethnarches [« chef de tribu »] ; patrarchos, strategos, stratarches, stratiarchos, stratelates [quatre variantes de « général »] ; taxiarchos, taxiarches [commandant de formation d’infanterie] ; megaloprestatos [« magnifique »] ; megaloprepes, peopthemenos, endoxotatos [« très estimé »] ; endoxos, periphanestatos, peiphanes, peribleptos, peribleptotatos [variations sur « distingué »] ; eugenestatos, eugenes [deux versions de « bien né »] ; ariprepestatos, ariprepes, aglaotatos, aglaos, eritimotatos, eritimos, gerousiostatos, gerousios, phaidimotatos, phaidimos, kyriotatos, kyrios [ces deux derniers termes signifiant « seigneur »] ; entimotatos, entimos, pro(h)egoumenos, hegoumenos [aujourd’hui, « abbé »] ; olbiotatos, olbios, boulephoros, arogos, epikouros, epirrophos, amantor.

Cette grande diversité était manifestement utile car elle créait une irrémédiable confusion dans la hiérarchie des rangs. Si un chef de clan tout fier de porter le magnifique titre de megaloprestotatos rencontrait un très distingué megalodoxos, l’un et l’autre pouvaient se sentir investis du plus grand honneur de la part de l’empereur, et, par conséquent, contraints de faire preuve de la plus grande loyauté.
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Henri-l-oiseleurHenri-l-oiseleur15 février 2016
On a stigmatisé la décadence de Byzance, contrainte d'acheter ses ennemis et de s'appuyer lâchement sur l'or au lieu du fer avec lequel les Romains des grandes heures de leur historie combattaient : cette distinction erronée n'en est qu'une de plus entre les deux périodes.

Comme les divers témoignages le prouvent, les Romains de toutes les époques de leur histoire ne connaissaient aucune inhibition qui leur fût imposée par leurs prétentions héroïques : même à leur plus grande force, d'Auguste (I° siècle) à Marc-Aurèle (II°s), ils préféraient l'or au fer chaque fois qu'il était plus économique d'acheter leurs ennemis que de les combattre.

p. 129
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Henri-l-oiseleurHenri-l-oiseleur20 février 2016
La campagne d'Italie commença en 535 pour se prolonger par à-coups sur trois décennies : pourtant, les Goths, et, sur ce sujet, les Francs et les Lombards qui les suivaient, n'adoptèrent pas l'arc composite des Byzantins comme ces derniers avaient imité l'archerie des Huns.

Pourquoi les "nations aux cheveux clairs" ne parvinrent-elles pas à adopter la meilleure des armes existantes ? Ce ne fut certainement pas parce qu'ils étaient trop attardés pour apprendre à sécher les couches de tendons de cheval pour former un coeur de bois, à travailler les plaques de corne pour leur donner la forme nécessaire et à préparer la colle pour maintenir ensemble les trois parties de l'arc... Nous avons conservé des témoignages d'une joaillerie spécifiquement gothique qui exigeait des aptitudes techniques bien plus élevées...

... Les Goths n'ont pas adopté l'arc composite, non plus que les techniques d'archerie qu'il autorisait, pour la même raison expliquant pourquoi l'arc long des Anglais ne fut guère imité même après ses victoires éclatantes (et les premières armes à feu, des arquebuses extrêmement grossières, furent préférées aux arcs pourtant supérieurs à la fois en portée de précision et en rythme de tir) : parce qu'il fallait un entraînement sans fin pour acquérir et conserver la compétence nécessaire à l'emploi d'arcs très puissants, qu'il s'agît de l'arc long ou de l'arc composite des Byzantins.

p. 315
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Henri-l-oiseleurHenri-l-oiseleur19 février 2016
Les Romains étaient partisans de la destruction des ennemis qui n'avaient pas eu la sagesse de reconnaître les avantages de la soumission ; de ce fait, l'infanterie lourde avec sa capacité à tailler en pièces, à enfoncer et à assiéger l'adversaire, constituait pour eux l'arme la plus importante, parce qu'elle était la plus à même d'obtenir des résultats décisifs.

Par contraste, la plupart du temps, et d'une manière certaine à l'époque du Strategikon (VI°s), les Byzantins étaient partisans d'une stratégie visant à contenir leurs ennemis au lieu de les détruire - les ennemis d'aujourd'hui pouvant être les alliés de demain. Aussi la cavalerie était-elle à leurs yeux l'arme la plus importante, parce que les engagements qu'elle menait n'avaient pas à être décisifs mais pouvaient au contraire se terminer par une retraite rapide, ou bien une poursuite prudente évitant aux deux parties de subir des dommages trop profonds.

p. 292
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Henri-l-oiseleurHenri-l-oiseleur18 février 2016
Après une ultime tentative de défense de l'arrière-pays perse à la bataille de Nihawand (Nehâvend) en 642 ... la résistance - et avec elle l'empire des Sassanides - déclina jusqu'à la fin de l'empire, dès 651.

Les conquérants arabes musulmans qualifièrent eux-même cette victoire de "divine", Nasr Allah, non sans humilité. On peut rétrospectivement y reconnaître un succès plus grand encore : une victoire politique sur deux empires qui permit de gagner non seulement de vastes territoires, mais aussi l'approbation de nombre de leurs habitants.

Les impétueuses avances des Arabes auraient pu n'être que de simples raids éphémères, dont les effets eussent été annulés par la résistance des populations locales, si les envahisseurs ne leur avaient offert deux avantages tout à fait considérables et immédiats dès leur arrivée.

Le premier fut une réduction drastique des impôts, si onéreux qu'ils avaient fini par ruiner les habitants. Le deuxième constitua un vrai paradoxe : en imposant des règles discriminatoires à tous les non-musulmans, les Arabes musulmans mirent fin aux persécutions religieuses arbitraires qui avaient récemment opprimé une majorité des habitants (chrétiens monophysites) de Syrie et d'Egypte.

p. 215

Note : l'impôt de "protection" des infidèles coûte moins cher aux infidèles, dans un état arabe embryonnaire, que toute la structure byzantine ou persane, qui cherche la conversion des hérétiques.
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