Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures Inscription classique

ISBN : 2749916518
Éditeur : Michel Lafon (2012)


Note moyenne : 4.16/5 (sur 397 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
"Ne me touche pas" je lui murmure. Je mens mais ne lui dis pas. J'aimerai qu'il me touche mais ne lui dirai jamais. Des choses arrivent quand on me touche. Des choses étranges. De mauvaises choses. Des choses mortelles."
Juliette est enfermée depuis 264 jours dan... > voir plus
Ajouter une citation Ajouter une critique

> voir toutes (168)

Critiques, analyses et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 5.00/5
    Par darkmoon, le 24 février 2014

    darkmoon
    Mon premier coup de cœur dystopique pour cette année !
    Tout commence un peu lentement, dans un rythme haché, celui de la pensée de Juliette, jeune fille enfermée depuis plusieurs années dans une sorte de prison-asile ; un endroit perdu où l'on se douche furtivement dans le noir, où l'on subit les dures limites du Rétablissement, une stratégie d'un gouvernement dont on ne sait rien mais qui tente de rééduquer la population et lui apprendre à vivre dans de nouvelles conditions. Juliette a traversé de longues années d'intense solitude qui ont commencé bien avant son internement. Cela provient de son don sinistre, celui de détruire et tuer tout ce qu'elle touche ou qui la touche. Cela l'a isolée depuis le tout début de sa vie. Mais l'arrivée d'un codétenu va tout bouleverser.
    Si l'on regarde le scénario, nous sommes dans une dystopie classique avec des héros- ici des ados qui vont peu à peu prendre conscience de leurs pouvoirs et comprendre un peu mieux le monde qui les entoure- mais ce qui fait la qualité de cette saga est le style ainsi que les personnages qui ressortent violemment dans un contexte qui s'ébauche à peine dans ce premier tome et demeure dans un flou crépusculaire.
    Juliette est fascinante. Jeune fille que l'on a cherché à briser, à isoler, à contraindre, elle a conservé une force mentale étonnante. Au premier abord, elle apparaît comme une petite chose fragile mais sa soif de liberté et sa croyance en l'humanité fait qu'elle garde une force de caractère qui l'aidera à surmonter pas mal d'obstacles. Plus on avancera dans l'histoire et plus elle se révèlera. Nous sommes dans ses pensées, parfaitement retranscrites. Tahereh Mafi la fait littéralement bégayer, répéter des mots, des phrases, comme un cerveau inquiet et perturbé peut le faire. Par des phrases barrées, nous suivons les pensées qu'elle s'interdit, soit parce qu'elle vit dans un monde où il ne faut pas tout révéler, soit parce qu'elle ne veut pas elle-même y faire face. Cela donne une écriture en totale symbiose avec l'esprit de Juliette. Plus son esprit combattif prend le dessus, moins les phrases barrées apparaissent, moins les mots se répètent.
    Pour le personnage d'Adam, le mystérieux et courageux Adam, on remarquera une certaine ambiguïté tout le long du livre. Avec lui on navigue constamment entre deux eaux et on n'arrive jamais réellement à mettre le doigt sur qui il est vraiment… A croire qu'il cache toujours quelque chose ou qu'il ment constamment. Au début « bad boy » ensuite « soldat » puis « amoureux transit », il n'apparait naturel dans aucun de ses personnages et pourtant il doit bien y en avoir un où il n'a pas besoin de jouer le jeu.
    En ce qui concerne Warner, il est bien psychopathe à souhait, l'auteur réussit totalement à nous le faire détester et aimer en même temps. Son obsession et son éducation font de lui un être abjecte mais finalement, on comprend un peu pourquoi et comment il est devenu un tel personnage et on en viendrait presque à le plaindre.
    J'ai aussi beaucoup aimé l'humour de Kenji et James m'a attendrie.
    Le style d'écriture est splendide, original, entraînant, véhément. Tahereh Mafi a un style assez particulier, unique. Les phrases hachées, répétées et barrées ne m'ont pas dérangée du tout. Cela donnait de l'originalité au livre et accentuait les sentiments de Juliette. L'écriture de Tahereh Mafi est parsemée de métaphores. Chacun de ses mots n'est que poésie et émotions brutes. Certains diront qu'il y a trop de métaphores, qu'elles sont plus ou moins farfelues. Dans mon cas, je les ai appréciées à leur juste valeur : elles m'ont prise sous leurs ailes et m'ont transporté dans leur univers.
    Bref, l'écriture, le travail de mise en page, le choix des mots, les répétitions parfois, les ratures m'ont totalement conquise. En gros, J'ai tout simplement A-DO-RE ce roman : le rythme de l'aventure d'abord lent, quasi immobile, bloqué dans cet asile qui s'accélère au fil du récit, quand les masques tombent, les révélations qui se multiplient, l'intrigue prenante, vibrante, enivrante et les émotions dévastatrices que l'on ressent. Tout est tellement intense. L'amour, la peur, la joie, la solitude, l'angoisse, la souffrance, l'espoir. Tout est là, à travers Adam, Warner et Juliette, à travers ce qu'ils vivent, à travers ce qu'ils ressentent.
    Tout cela donne un premier tome très réussi qui ne demande qu'à continuer et la fin m'a laissé un seul mot à la bouche : encoooore !
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          1 29         Page de la critique

    • Livres 3.00/5
    Par Melisende, le 02 novembre 2012

    Melisende
    Premier tome d'une nouvelle trilogie qui a fait un carton sur la blogosphère anglophone, Ne me touche pas est arrivée en France grâce à Michel Lafon et semble avoir fait autant d'émules dans notre belle patrie. Contrairement à beaucoup qui se font un malin plaisir de fuir les succès, je suis plutôt du genre à être curieuse et à vouloir tester, pour la science (et parce que la couverture est carrément magnifique… ouais, juste pour ça).
    Vu les échos chez de nombreuses blogueuses que j'apprécie beaucoup, j'étais plutôt confiante en entamant cette lecture mais il faut croire que la magie n'a pas opéré chez moi. Je suis toujours déçue de ne pas réussir à accrocher à un ouvrage qui semble rendre heureuse autant de lectrices… y a un truc qui cloche chez moi (enfin, généralement, je suis le mouvement donc ça va, apparemment je suis plutôt « normale ») ?
    Bon, je n'ai pas détesté, non non non, ne vous méprenez pas. Mais j'ai mis très longtemps à entrer dans l'histoire et finalement, je n'ai réussi à apprécier que grâce à la deuxième partie. Je reconnais qu'il y a de l'originalité et un beau travail sur le style mais pour tout avouer, une semaine après ma lecture, il ne me reste pas grand-chose… voilà le meilleur témoin pour juger d'une découverte…
    Concrètement, ce qui a freiné ma lecture et donc mon enthousiasme, c'est la mise en place de l'histoire et plus généralement, toute la première partie que j'ai trouvé assez… « étrange ». J'ai été déstabilisée par cette première moitié qui est certes, originale objectivement parlant mais qui, malheureusement, ne m'a pas du tout emportée. J'ai l'impression d'être restée très étrangère au destin de l'héroïne, très extérieure et pas du tout impliquée dans tout ce qui pouvait lui arriver. Heureusement, la deuxième moitié du texte m'a fait changer d'avis. Pourquoi ? Je pense que cela tient principalement aux « objectifs ».
    Dans la première partie, on ne sait pas trop où on va, et l'héroïne n'a de toute façon, pas envie d'aller quelque part (et si l'héroïne n'a pas d'envies, généralement, moi non plus). Par la suite, on découvre de véritables enjeux, l'action se met en place, l'urgence est bien présente… et la demoiselle a enfin un but dans la vie. Voilà ce que je veux dire par « objectifs » et ce qui me manquait cruellement dans la mise en place de l'histoire. Alors oui, je comprends parfaitement que Tahereh Mafi ait choisi ce « rythme » car avait envie d'offrir les pièces du puzzle au compte-gouttes, et objectivement, je trouve que c'est une bonne idée ; mais je ne sais pas, cette fois, ça n'a pas pris chez moi et j'aurais aimé une entrée en matière moins « floue ».
    Outre cette impression de flou artistique, j'ai également eu un peu de mal avec la romance. Je vous promets que je suis une vraie fleur bleue qui adore les histoires d'amour et qui pleure à chaque fois qu'elle regarde Titanic et Moulin Rouge (même si je les connais par cœur, évidemment), mais je trouve que, en général, en Young Adult, les romances sont sans profondeur, sans relief, sans passion… bref, sans ce qui m'accroche et me fait rêver. Et c'est encore une fois le cas dans Ne me touche pas, à mon plus grand regret.
    Et le truc le plus extraordinaire (énervant) dans ce genre de bouquins, c'est que les héroïnes, sans rien faire, juste en attendant à leur fenêtre, tombe sur le prince charmant idéal. Ici, Juliette est enfermée dans un asile depuis 264 jours et avant ça, elle a connu des années difficiles mais paf, le premier mec qu'elle croise après sa captivité, c'est évidemment le grand amour. Il y a bien quelques obstacles à leurs retrouvailles mais quand même, ça reste un peu trop fastoche à mon goût (ouais, je suis une sadique, j'aime bien quand les couples doivent affronter plein de trucs avant de pouvoir être réunis…). 17 ans, 3 ans loin de tout contact masculin, première relation amoureuse de sa vie et hop hop hop, le beau gosse gentleman du coin dans les filets. Je veux des cours. Ou alors y a du filtre d'amour dans l'air, c'est ça ? Donnez les recettes ! Pis en plus, si c'est pour avoir l'amour de sa vie près de soi et même pas en profiter (oui, en Young Adult c'est baisers volés entre deux portes mais attention, la main au dessus du t-shirt, pas en dessous… et si par malheur les amoureux sont pris d'une passion incontrôlable, ils sont vite recadrés par les personnages secondaires qui débarquent toujours au « mauvais » moment, comme par hasard… !).
    J'arrête là avec cet aspect et passe aux personnages qui, malheureusement, ne m'ont pas non plus vraiment convaincue. A l'image de leur amourette, ils m'ont paru assez creux, sans beaucoup de profondeur. Sympathiques, certes, mais peu marquants.
    Juliette est une héroïne intéressante car profondément blessée et marquée par un épisode de son passé qui lui a fait perdre toute estime d'elle-même et toute envie de vivre. Impossible pour elle de toucher d'autres êtres humains sous peine de leur infliger de terribles douleurs… la jeune fille est donc contrainte à la solitude et à la distance. Elle a donc un côté assez touchant mais malheureusement, je n'ai pas réussi à m'attacher à elle car ce n'est pas cet aspect premier qui m'a marquée, mais sa façon d'être « ailleurs » (proche de la folie ?). Ainsi, trop extérieure et ne comprenant pas forcément les agissements (avec Warner notamment) et son comportement un peu « apathique », difficile pour moi de m'identifier ou simplement de faire de Juliette une amie.
    Les autres personnages m'ont paru, encore une fois, sans grandes surprises. le méchant - Warner - n'est pas vraiment charismatique à mon goût et tient plus du fils à papa pourri gâté qui n'en fait qu'à sa tête et développe une obsession déplacée pour un nouveau « jouet ». Adam, le bellâtre, est beau, gentil, fidèle, fort et protecteur. le prince charmant quoi. Sans défauts. Lisse et fade.
    Finalement, ce sont peut-être les personnages secondaires, arrivant dans la deuxième partie, qui ont ma préférence et qui me donnent envie d'en savoir plus en lisant la suite. J'espère que dans celle-ci, les figures principales s'étofferont et apporteront quelques rebondissements…
    L'univers « dystopique » mis en place reste assez maigre dans ce premier opus. La faune et la flore disparaissent, les riches humains peuvent se payer tout ce qu'ils veulent tandis que la plèbe doit se contenter de ce qu'elle trouve. Warner lève une armée car il souhaite avoir le pouvoir et le contrôle sur tout et tout le monde et pour se faire, il a besoin d'armes puissantes… telle que Juliette. C'est à peu près tout ce que l'on sait à la lecture des trois quarts du texte… autant dire que c'est assez peu. Et puis, les dernières pages introduisent de nouveaux éléments qui changent la donne et risquent de rendre le tome suivant plus « sportif ». Grâce à eux, je peux dire que cet univers a du potentiel. J'espère simplement que l'auteure saura l'utiliser au mieux et ne se contentera pas de rester en surface…
    Le gros point positif de cette nouvelle saga débarquée en France est, sans aucun doute, le style de l'auteure (ou la traduction française, allez savoir !). Tahereh Mafi a opté pour le point de vue interne (le fameux « je » pas mal utilisé, parfois pas toujours à bon escient, dans la Young adult) et c'est une bonne idée à mon sens. le lecteur peut ainsi mettre plus facilement des mots sur les sensations de Juliette qui retrouve goût à la vie et découvre pour la première fois, ce que c'est que d'être aimée. Même si je n'ai pas été particulièrement sensible à son histoire d'amour, je reconnais que quelques passages sont assez émouvants.
    Je n'ai pas le livre avec moi mais il me semble me rappeler que le texte est au présent de narration. J'ai parfois du mal avec cet emploi, mais cette fois-ci, ça ne m'a pas gênée. En effet, l'utilisation du présent permet une immersion un peu plus aisée (même si ça n'a pas été mon cas dans la première partie du texte) et un rythme plus soutenu.
    C'est riche et imagé, et parfois même un peu trop car les nombreuses métaphores accompagnent les pensées de Juliette, qui se perd un peu dans un « ailleurs » et qui, alors, me perdait un peu également…

    Je me relis et je me trouve assez sévère. Je n'ai, malheureusement, pas su accrocher aux aventures des personnages avant la deuxième partie, ce qui explique mes impressions un peu « négatives » mais la deuxième moitié du texte a su arranger les choses. J'ai certes découvert plusieurs défauts lors ma lecture - notamment un manque de profondeur des personnages, une romance un peu trop facile et un début assez flou - mais je lui reconnais bien volontiers une originalité et surtout, une belle plume. N'hésitez pas à aller lire les chroniques des autres lecteurs, souvent très positives !

    Lien : http://bazar-de-la-litterature.cowblog.fr/insaisissable-tome-1-ne-me..
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 18         Page de la critique

    • Livres 4.00/5
    Par Luna05, le 08 novembre 2012

    Luna05
    C'est toujours avec un certain plaisir que j'attends l'opération "Masse critique", une joie fortement décuplée lorsque je me retrouve face à des titres que je souhaite lire depuis un bon bout de temps. Et quelle fut ma surprise en constatant que l'un des livres que j'attendais le plus et venant de paraître nous était proposé cette fois-ci! Ni une ni deux je tentais une fois de plus ma chance.
    Je remercie donc une fois encore le site Babelio et l'éditeur "Michel Lafon" pour ce nouveau partenariat.
    J'aurai tout d'abord, si je puis me permettre, un conseil à soumettre aux futurs lecteurs souhaitant entreprendre cette aventure, tenez-vous en uniquement à la quatrième de couverture et rien d'autres. Muselez votre curiosité maladive et laissez-vous portez par ce récit afin d'en apprécier chaque nouvelles découvertes impromptues et saveurs inconnues. Découvrez ce monde chaotique au travers du regard de Juliette et ressentez tout comme elle le malheur d'être née sous une mauvaise étoile. Mais, si malgré cela vous êtes toujours sceptique et souhaitiez tout de même nourrir un tant soit peu votre insatiable curiosité, voici de quoi vous caler avec ce petit aperçu de l'intrigue sans toutefois vous révéler la teneur véritable et enjeux cachés.
    Juliette 17ans est détenue depuis 264 jours dans un asile en raison de son pouvoir ou plutôt sa malédiction, son toucher est douloureux voir mortel. N'ayant comme seul compagnon son journal, Juliette y couche chaque jour toutes ses pensées, son mal être, ses incompréhensions, ses manques mais également ses rêves et aspirations. C'est uniquement par ce biais que la jeune fille se raccroche à la vie et tente de ne surtout pas perdre la raison et de céder à la folie. Néanmoins ses journées de solitudes sembleront prendre fin avec l'arrivée d'une personnalité appelée à partager sa cellule, un homme de surcroit. Pourquoi après 264 jours d'isolement se voit-elle affublée d'une présence masculine étant à la base prohibé. Qui est-il? Qu'a bien pu faire ce dernier pour être interné? Cet homme est-il fou? le codétenu se nomme Adam, un doux prénom que Juliette ne peut s'empêcher d'apprécier et un regard lui étant également si familier mais pour quelle raison? Pourquoi Adam tente t-il de se rapprocher et d'établir un contact avec la jeune fille? Des huis clos qui remettront toutes les vérités et le savoir de Juliette en question et qui la poussera à faire un douloureux choix concernant son avenir, accepter de se soumettre et devenir ce qu'elle redoute le plus ou combattre afin de conserver son humanité au risque de perdre la personne lui étant le plus cher...
    Avant d'exposer mon avis sur le contenu je vais très rapidement aborder son écrin. Je dois dire que les éditions "Michel Lafon" ont judicieusement fais preuve de beaucoup de goût concernant cette couverture. J'avais suivis pas à pas l'évolution quant aux choix définitif de cette nouvelle illustration et je n'ai nullement été déçu. Une couverture tout bonnement sublime, mystérieuse, attractive et poétique dont le toucher velouté ne pouvait qu'appeler à la lecture. Cependant ne vous fier pas à cette magnifique reliure car son apparence trompeuse ne laisse aucunement présager de l'ambiance réelle que recèle cette œuvre. Vous n'aurez nullement affaire à une histoire aussi douce que son contenant mais bel et bien à un roman dystopique sombre et dure malgré une romance centrale tentant de repousser les ténèbres. Les thèmes abordés seront pour la plupart sans concessions et certaine scènes plus que dérangeantes et révoltantes.
    Il est à présent temps d'exposer mon point de vue sur l'œuvre de Tahereh Mafi. J'ai préféré laisser un laps de temps entre ma fin de lecture et l'écriture de mon avis afin d'avoir un certain recule, car, je dois dire que malgré tout le plaisir de lecture que m'a provoqué ce récit, la fin a tout bonnement douché tout mon enthousiasme, je n'étais donc plus sure de rien...
    En cet instant je peux vous dire que ce récit à eu pour effet de me laisser un sentiment mitigé mais heureusement pas catastrophique car j'ai encore en têtes un nombre incalculable de passages forts et marquants.
    Passons aux choses sérieuses.
    La première chose qui m'ait à la fois déstabilisé et agréablement surprise fut l'écriture de l'auteur, une plume assez particulière car poétique et métaphorique mais également très familière et jeune au vu de l'absence de négations lors des dialogues. Par le biais de Juliette l'auteur nous transmet un surplus d'émotions nous submergeant entièrement qu'il soit empreint de douceur, ou de violence, nous sommes captivés et en symbiose avec ses pensées souvent abstraites et oniriques dans ses visions et descriptions. Au départ très confuse à cause de sa longue détention dans des conditions abominables, nous apprenons à connaitre une jeune fille traumatisée par un acte passé et involontaire l'ayant amené à être enfermée et oubliée dans cette asile. Totalement asociale et méfiante tel un chat sauvage, Juliette se dévoilera à nous par le biais de son petit carnet qu'elle cache scrupuleusement à la vue de ses geôliers. Des mots dures mais véridiques souvent barrés et remplacés par d'autres plus politiquement correct, hypocrites voir mensongers. L'arrivée d'Adam dans sa cellule comblera peu à peu le manque d'affection qu'endure la jeune fille. Souffrant depuis toujours de ne pouvoir toucher quelqu'un sans le blesser ou pire entrainer la mort, Juliette vit dans la solitude et se considère comme un monstre. Les huis clos avec Adam se révèleront à la fois bénéfiques mais également dévastateurs au vu du secret que ce dernier s'évertue à lui cacher.
    J'ai vu en ce récit trois étapes décisives dans la vie de Juliette. Tout d'abord sa réclusion dans l'asile à une cage dorée lui imputant un choix douloureux, et enfin son envol car la jeune fille en plus de se débattre avec un pouvoir destructeur devra également réapprendre à vivre dans un monde ayant sombré dans le chaos depuis son isolement.
    L'univers dépeint par Tahereh Mafi bien que peu éloigné du notre se veut cependant bien plus noir et désespéré. Un univers violent et dont l'ambiance oppressante se veut accablante. le monde ayant subi le revers de dame nature a bel et bien sombré. Les animaux ne sont plus ou alors se font extrêmement rares, la famine n'a épargné personne et les gouvernements ont dû s'incliner les uns après les autres, c'est à ce moment précis qu'à émergé un nouveau régime appelé "Le Rétablissement", ce dernier promettant monts et merveilles en s'auto proclamant comme l'unique et seule solution face à toutes ces pertes. Malheureusement la population se rendra compte bien trop tard ce qu'allait leur coûter l'arrivée de ce régime totalitaire. Une dictature faisant régner la terreur et où toute insubordination entraine la mort sans sommation. Un monde froid et cruel ou la pauvreté ne cessera d'interpellé face à la richesse et décadence du "Rétablissement".
    Tahereh Mafi est parvenue à créer un monde glaçant et pesant mais se révélant également passionnant. Dans ce contexte, l'auteur a réussi à concevoir des personnalités marquantes, fort intrigantes et indéniablement charismatiques dont je ne citerai que trois noms laissant les autres sciemment dans l'ombre.
    La première est bien entendu l'héroine dont on suivra avec délectation son évolution. Au départ très réservée, peureuse de part sa crainte de tuer, Juliette fera néanmoins preuve de beaucoup de caractère au fur et à mesure de l'avancée de l'intrigue. Consciente de ce que "Le Rétablissement" attend d'elle, la jeune fille tentera de ne pas leur céder tout en essayant de protéger Adam. Ce dernier nous réservera plus d'une surprise concernant son identité, son véritable statut ainsi que son but réel. Jeune homme assez mystérieux et torturé qui s'évertuera à protéger Juliette quoi qu'il lui en coûte. On sent que l'auteur a pris beaucoup de plaisir à faire entrer en interaction Adam et Juliette, une relation tout d'abord empreint de méfiance et de peur viscéral quant à faire du mal à l'autre sans le vouloir, un lien mu par une tendresse mais également un amour sans limite qui prendra racine dans des révélations nous étant offertes au compte gouttes. Chaque tête à tête fera peu à peu monter la température, entre discussions, gestes, regards et attitudes de plus en plus grisants agrémentés de passages sensuels et tendres apportant à cet univers sordide et suffocant une brise d'humanité et d'espoir la bienvenue.
    le dernier à citer sera le chef d'une des sections du "Rétablissement", le très sombre et imposant Warner. Homme dépourvu de pitié et violent maintenant la coalition de ses soldats par la peur fera néanmoins preuve de beaucoup d'ambiguïté avec la jeune Juliette. Fasciné par le pouvoir de la jeune fille, Warner fera tout pour que cette dernière l'aide à atteindre son but et usera souvent de méthodes détestables pour la soumettre à lui. Malgré cela ce dernier laissera apparaitre une certaine faiblesse envers elle et nous dévoilera par moment un visage vulnérable et dément. Soldat possessif et obsessionnel, Warner sera prêt à tuer quiconque se mettra en travers de son chemin et surtout entre Juliette et lui.
    C'est à cet instant que la difficulté va poindre le bout de son nez quant à restituer au mieux ma déception concernant ma lecture car j'ai vraiment adoré ce livre à 97% et c'est ce qui est surement le plus rageant car les 3% ont tout bonnement anéanti mon euphorie de lecture.
    Ce dystopie si particulier était pourvu d'une certaine fraicheur dans le style, l'écriture poétique nous baignait dans une ambiance à la fois oppressante, glauque mais également très romantique. "Insaisissable" a été pour moi une œuvre atypique et originale mais qui a quelque peu perdue de sa superbe et toute saveur au vu des révélations de fin vu et déjà vu. Pour moi il est vraiment regrettable que l'auteur ait choisi la facilité en orientant son récit vers cette issue avec une intrigue comportant un tel potentiel! Un choix scénaristique douteux rendant du coup ce livre plus si exceptionnel que ça mais au contraire plus que classique et banal. Une œuvre ayant frôlé le coup de cœur si cette conclusion n'avait hélas pas tout gâché. Malgré ce faux pas je poursuivrai néanmoins cette trilogie pour la plume addictive et singulière de l'auteur ainsi que pour son univers assez pessimiste et le trio tortueux et prometteur que forme Juliette, Adam et Warner.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 8         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par Archessia, le 02 novembre 2012

    Archessia
    Bon, autant vous le dire tout de suite : ce titre se hisse directement sur mon podium de 2012. Aisément. Assurément.
    Je l'aime d'amour pur et beau, et cette chronique va être pleine d'hyperboles en tout genre, j'espère vraiment réussir à vous transmettre tout l'amour que je peux éprouver pour lui.

    Juliette est enfermée depuis 264 jours. Sans avoir vu qui que ce soit, sans avoir pu parler à quelqu'un, enfermée entre 4 murs, sans rien.
    Mais ce n'est pas plus mal, elle l'a bien mérité. Après tout, elle est dangereuse, un vrai monstre, il vaut mieux qu'elle n'approche personne, et si elle avait plus de courage, elle aurait déjà mis fin à ses jours depuis longtemps.
    La seule chose qu'il l'empêche de devenir complètement folle, c'est le carnet dans lequel elle note toutes ses pensées.
    Mais tout change le jour où la porte de sa cellule s'ouvre et qu'on enferme quelqu'un avec elle.
    Elle va devoir partager ce petit espace. Il va falloir qu'elle soit constamment sur ses gardes pour ne pas que ce garçon la touche.
    Mais, pourquoi est-il là ? Mille autres questions se bousculent en elle, parce que ce garçon, elle le connaît ...

    Ce livre est tout simplement incroyable, époustouflant, étourdissant.
    Je manque d'adjectifs forts pour vous dire à quel point il m'a pris aux tripes et m'a laissée pantelante, vide et remplie à la fois.
    Déjà, ses personnages sont juste parfaits.
    Juliette est une fille cassée, détruite. Elle est jugée par le monde pour quelque chose avec quoi elle est née, qu'elle ne contrôle absolument pas. Elle fait tout pour être quelqu'un de bien, pour être bonne, gentille et pleine d'abnégation, et pourtant, elle est considérée comme un monstre, battue, enfermée, affamée, presque laissée pour morte. Tout ça parce qu'elle est née différente, avec quelque chose qui la rend dangereuse pour les autres.
    Ça en fait directement, pour moi, un personnage hyper intéressant et attachant.
    Surtout que l'auteur a réussis à la rendre très réaliste, le rendu final est tout simplement bouleversant, j'ai passé la quasi totalité de ma lecture à avoir le coeur serré pour elle.
    Adam est assez incroyable aussi, aussi bien dans son histoire personnelle que pour la personne qu'il est actuellement, son comportement envers Juliette, etc ...
    Je ne vais pas trop m'étendre sur lui, histoire de vous laisser un maximum de surprises concernant ces deux-là (même si, hey, on est dans du YA, on sait tous très bien ce qu'il se trame ici).
    Une bonne histoire, c'est une bonne trame de base et de bons personnages. Mais c'est aussi également un bon "méchant". Souvent d'ailleurs, c'est sur le personnage négatif d'un bouquin que repose tout le scénario.
    J'ai des goûts très prononcés pour les méchants, que ce soit au cinéma, à la TV, etc ... J'ai tendance à les préférer aux héros, à les trouver plus dignes d'intérêt, tout ça. Mais je n'en ai que extrêmement rarement trouvés des géniaux dans des livres.
    Et bien laissez-moi vous dire que je suis complètement folle amoureuse du vilain, ici.
    Comme plus haut, je vais essayer de ne pas trop vous en dire. Mais sachez que je suis hystériquement emballée par lui, et que je signe tout de suite pour son fanclub.
    Il est incroyablement travaillé, et l'auteur n'hésite pas à aller loin avec lui, à le rendre ambigu, à jouer avec les nerfs du lecture, de telle sorte que l'on doute même parfois de ce qu'il se trame vraiment, de qui est qui, qui veut quoi, ...
    Franchement, je crois que c'est la première fois que j'ai la chance de voir un tel personnage, et je meurs d'envie et d'impatience de savoir ce que Tahereh lui réserve pour la suite !

    Ensuite, il y a l'écriture de l'auteur.
    Elle écrit avec son coeur et ses tripes, ce n'est pas possible autrement. Il y a quelque chose d'explosif dans ses descriptions, quelque chose de très sensoriel dans ses émotions. Elle utilise souvent les sens pour décrire les sentiments, et ça ajoute une dimension inattendue et incroyablement visuelle à sa plume.
    Elle a un don pour écriture, et elle peut entraîner le lecteur très loin, aussi bien dans leurs émotions que dans les recoins de l'histoire de Juliette.
    Ce que j'ai aimé, en fait, c'est sa façon de faire souffrir ses personnages, de leur faire vivre mille tourments atroces et douloureux. On ne peut faire autant de mal qu'à des personnes que l'on aime énormément, et son amour pour ces gens est indéniable, on le ressent dans chaque page, chaque mot.
    Vous avez pu le remarquer, dans certaines de mes chroniques, quand un livre m'a particulièrement plu, j'ajoute quelques citations qui m'ont marquées.
    Ici, c'est chose impossible, il y en a trop, je n'ai pas réussis à me limiter. Ça me crève le coeur, mais du coup, je préfère ne pas en mettre plutôt que de devoir n'en choisir que 3-4.
    Mon bouquin déborde de petits papiers qui dépassent des pages !
    Je me suis arrêtée un nombre incalculable de fois juste pour lire et relire encore certains passages, certaines, pour les savourer un peu plus. Parfois même les lire tout haut, rien que pour moi, pour en apprécier la saveur sur la langue et à mes oreilles.

    C'est un livre merveilleux et rare, qui m'a emporté d'une façon unique, et je pleure, geins et trépigne pour avoir ma prochaine dose.
    Tahereh Mafi est une magicienne, qui joue avec les mots comme avec les sentiments des gens, qui donne parfois l'impression d'inventer de nouvelles émotions, tellement la richesse de celles-ci et de son récit est époustouflante.
    Ces presque 400 pages de bonheur indéfinissable me suivent plusieurs jours après les avoir terminées, et si je ne devais vous conseiller qu'une seule chose, ce serait bien évidemment de vous ruer de toute urgence chez votre libraire le plus proche.
    Je n'en suis pas sortie indemne, et l'ironie de ce titre est que j'ai été touchée comme rarement je l'ai été par un livre.

    Lien : http://archessia.over-blog.com/article-insaisissable-tome-1-ne-me-to..
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 10         Page de la critique

    • Livres 4.00/5
    Par Chouqueette, le 22 février 2013

    Chouqueette
    Comme bien souvent quand j'entends beaucoup parler d'un roman dans des termes élogieux, j'ai tendance à sans cesse remettre ma lecture au lendemain et à partir avec de grosses attentes. C'est donc dans cet état d'esprit et après plusieurs mois d'indécision que je me suis lancée dans la lecture de la trilogie qui fait tant parler d'elle depuis quelques mois : Insaisissable.
    Une grosse claque !
    Ne me touche pas, le premier tome de la trilogie Insaisissable, est une véritable claque. Malgré un univers qui mélange le huis-clos de Confusion (du moins au départ) et l'univers post-apocalyptique de Pure, Ne me touche pas a su se faire une place en misant sur quelque chose de particulier : les dons des êtres qui peuplent ce nouveau monde.
    Juliette fait partie de ces êtres hors du commun, bien qu'elle voit son don comme une malédiction. Pourtant, elle va très vite apprendre que son toucher n'est pas aussi meurtrier qu'elle le pense et que celui en qui elle verra un ami, ne sera pas vraiment celui qu'il prétend être.
    Dés le départ, Tahereh Mafi nous plonge dans un huis-clos pour nous faire découvrir son héroïne, son passé, ses douleurs. On s'interroge, on se demande pourquoi elle est enfermée et puis d'un coup tout s'éclaire. Et malgré le fait que cette partie m'ait vraiment rappelé l'excellent Confusion de Cat Clarke, Tahereh Mafi a un style tellement propre à elle-même, tellement captivant que cela ne m'a même pas dérangé.
    "La haine ressemble à n'importe qui jusqu'à ce qu'elle sourie."
    Pourtant, ce roman est plus qu'une claque. Sans être un coup de cœur, c'est une lecture plaisante qui jette un œil vraiment critique sur l'homme. A travers le personnage de Warner, Tahereh Mafi a retranscrit la perfidie même de l'homme, sa capacité à se servir des autres pour arriver au sommet, sa méprisabilité et tous ses défauts. Au contraire, Adam représente l'ami fidèle et secret qui aime tendrement. Ces deux caractères opposés m'ont rappelés à quel point, comme Tahereh Mafi le dit si bien, « la haine ressemble à n'importe qui jusqu'à ce qu'elle sourie. »
    La haine, c'est un sentiment très fort dans ce roman. Peut être même plus que l'amour. On ressent tout au long des pages toute la souffrance, toute la colère de Juliette, toute sa haine même. Son passé, son présent et son futur sont comme conditionnés par ce sentiment qui la ronge de l'intérieur mais qui est son quotidien. Elle fait d'elle une personne meilleure, une personne qui refuse de se livrer à des actes immoraux parce qu'elle ne veut pas faire souffrir quelqu'un. C'est une personne noble avec des idéaux et des principes peut être trop naïfs mais que j'ai malgré tout beaucoup admiré.
    « Les gouttes de pluie, c'est la seule chose qui me rappelle que les nuages ont un coeur qui palpite. »
    Mais malgré la puissance de ce sentiment très « négatif », Tahereh Mafi nous emmène dans un monde décrit avec une écriture poétique et magnifique. Quand vous lisez Insaisissable, c'est comme si vous lisiez une épopée post-apocalyptique. Malgré un monde néfaste, elle écrit d'une manière surprenante qui est comme la bouffée d'air frais que désire tant Juliette. Elle vous fait tout oublier : vos soucis, le monde dans lequel vous vivez, votre propre histoire. D'un coup, vous devenez Juliette et vous ressentez les émotions avec une force impressionnante et chaque goutte de pluie vous rappelle que les nuages aussi ont un cœur et qu'ils peuvent pleurer.
    Sa poésie m'a touché, m'a fait voyager dans son monde et m'a surprise. Je m'attendais à quelque chose de plus sec, de plus dur et pourtant… Pourtant, ce roman est un rayon de soleil un jour de pluie. Vous entrez dedans pour ne plus en sortir jusqu'à la fin. A bout de souffle, comme si vous aviez couru un marathon, comme si votre vie même en dépendait, vous vous accrochez à chaque mot, à chaque phrase. Et vous vous laissez transporter, flotter même dans un monde qui vous est étranger.
    « Si le temps se fige, rien ne peut aller de travers. »
    Mais malgré tout cet éloge du roman, malgré le fait que je l'ai aimé au point de vouloir me précipiter sur le 2 e tome en avril, il n'est pas un coup de cœur. Peut être suis-je trop « terre à terre » ou réaliste sur le monde mais toujours est-il que j'ai trouvé que Juliette vivait trop dans le déni et n'était pas capable d'accepter ce qu'elle est. Et même si c'est quelque chose de difficile, tout commence par l'acceptation de soi ; si l'on ne s'accepte pas, on vit dans le déni. Et ce déni m'a dérangé. Les idéaux de Juliette ont beau être nobles, il s'agit d'une guerre et dans la guerre, tous les coups sont permis, surtout pour survivre.
    Par ailleurs, Juliette pense que tout peut s'arranger par sa mort. Et… C'est stupide comme idée. La mort n'arrange rien, elle rend les gens malheureux. Même si Juliette a été abandonnée par sa famille, la mort ne reste quand même pas la solution. Elle devrait comprendre que maîtriser son don est la solution, pas la mort. Quand on a un don, il faut s'en servir pour faire le bien, pour essayer de changer les choses, essayer de se battre. Et ne pas seulement se laisser abattre par le désespoir. Certes, cela reste mon avis personnel mais le fait qu'elle pense que la mort soit la solution à côté de tous ses idéaux m'a dérangé.
    Dans tous les cas, si vous ne connaissez pas encore cette série, jetez-vous dessus corps & âmes et lisez-le. Peut être que vous n'aimerez pas ou peut être que si mais dans tous les cas, cette trilogie vaut le coup d'être lue, d'être découverte et mérite son succès.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 3         Page de la critique


Critiques presse (1)


  • HistoiresSansFin , le 07 décembre 2012
    Un univers mystérieux et intriguant, une plume poétique qui nous touche... une nouvelle dystopie à découvrir sans tarder !
    Lire la critique sur le site : HistoiresSansFin

> voir toutes (64)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par Milene51, le 30 octobre 2014

    "_ Va te coucher.
    _ Va au diable.
    Il contracte la mâchoire. Rejoint la porte.
    _ J'y travaille."

    Commenter     J’apprécie          0 7         Page de la citation

  • Par Archessia, le 02 novembre 2012

    Tuer le temps n'est pas aussi difficile que ça en a l'air. Je peux me tirer une centaine de chiffres dans la poitrine et regarder saigner les virgules décimales dans le creux de ma main. Je peux arracher les chiffres d'une pendule et observer les aiguilles faire tic, tic, tic, jusqu'à leur dernier tac avant que je m'endorme. Je peux suffoquer quelques secondes simplement en retenant mon souffle. J'ai tué des minutes pendant des heures et personne n'a l'air de s'en inquiéter.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 32         Page de la citation

  • Par darkmoon, le 20 février 2014

    La solitude est une chose bien étrange. Elle vous envahit, tout doucement et sans faire de bruit, s’assoit à vos côtés dans le noir, vous caresse les cheveux pendant votre sommeil. Elle s’enroule autour de vous, vous serre si fort que vous pouvez à peine respirer, que vous n’entendez presque plus la pulsation du sang dans vos veines, tandis qu’elle file sur votre peau et effleure de ses lèvres le fin duvet de votre nuque. Elle s’installe dans votre cœur, s’allonge près de vous la nuit, dévore comme une sangsue la lumière dans le moindre recoin. C’est une compagne de chaque instant, qui vous serre la main pour mieux vous tirer vers le bas quand vous luttez pour vous redresser.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 18         Page de la citation

  • Par Meil, le 27 décembre 2012

    J'ai passé ma vie coincée entre les pages des bouquins. En l'absence de relations humaines, j'ai noué des liens avec des personnages de papier. J'ai connu l'amour et la perte de l'être aimé au fil de petites histoires entremêlées dans la grande, j'ai vécu l'adolescence par association d'idées. Mon univers est un réseau d'entrelacs de mots, de membres liés à des membres, d'os à des muscles, de pensées et d'images enchevêtrées. Je suis constituée de lettres, un personnage créé par de phrases, un produit de l'imagination forgé par la lecture de romans.
    Ils veulent effacer chaque signe de ponctuation de ma vie sur terre et je ne pense pas pouvoir les laisser faire.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 15         Page de la citation

  • Par darkmoon, le 02 mars 2014

    Les jours les plus sombres, on doit chercher un coin de clarté ; les jours les plus froids, on doit chercher un coin de chaleur ; les jours les plus lugubres, on doit laisser ses yeux s’émerveiller, et les jours les plus tristes, on doit garder les yeux ouverts pour laisser les larmes couler. Puis les laisser sécher. Leur donner l’occasion de dissiper la douleur pour y voir clair et y croire encore.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 17         Page de la citation







Sur Amazon
à partir de :
13,00 € (neuf)
11,99 € (occasion)

   

Faire découvrir Insaisissable, tome 1 : Ne me touche pas par :

  • Mail
  • Blog

Listes avec ce livre (6) > voir plus

> voir plus

Lecteurs (847)

> voir plus

Quiz