Un livre que j'ai beaucoup hésité à ouvrir car je me doutais des conséquences.
Les pages remplis d'émotion, de larmes et d'amour.
Un électrochoc face à un sujet lourd à porter: la mort d'un proche et le poids insupportable de l'absence, du vide. Un conte merveilleux qui vous emporte dès les premières phrases en vous touchant au plus profond de votre âme.
La mort d'un proche est une chose douloureuse, choquante, traumatisante qui vous blesse et vous laisse démuni. Il faut pourtant continuer malgré le tic-tac des horloges que vous préféreriez arrêter, malgré la vie qui continue autour de vous et qui vous semble, soudain, fade et sans plus aucun intérêt.
Mathias, trente ans, vient d'apprendre le décès de sa maman. Avec son père et Lisa, sa sœur, ils se retrouvent désemparés, anéantis, perdus. Plongés d'un seul coup dans le chagrin et le deuil.
« Je suis mécaniquement vivant, puisque mes doigts bougent et que mes yeux clignent. Mais je suis rempli de vide. »
Perdu entre le monde des vivants et celui des morts, et ayant retrouvé son âme d'enfant, Mathias va rencontrer un étrange personnage: Giant Jack, un géant « ombrologue » et insolite, sorti tout droit du monde ressemblant étrangement à celui du grand
Tim Burton, qui va lui donner les clés pour essayer de surmonter cette terrible épreuve, qu'il devra pourtant affronter seul.
Un long chemin commence alors pour lui, où les ombres du passé et de l'amour viennent sans cesse rouvrir les plaies de la douleur: une odeur, un bruit, une sensation, tous ces petits détails qui lui rappelle « Elle » qui n'est plus là.
« Maintenant tu me manques. Des fois c'est tes bras, des fois c'est tes pas dont je crois reconnaître le bruit. La plupart du temps, c'est toi en entier, avec ta voix et tes petites façons d'être ma mère »
Un livre magnifique empreint de poésie, qui résonne comme une lumière au fond du tunnel de la mort. La vie, qui semble avoir disparue avec l'autre, est pourtant bien là. Silencieuse d'abord, presque éteinte, au ralenti, en sourdine. le temps qui semblait s'être arrêté fait son œuvre et l'on réapprend, on redécouvre, on accepte l'inacceptable, on s'éclaire de nouveau, on se relève, on joue de la musique, on chante, on aime, on rit, on vit.
« Aime les choses ! Tu es vivant ! Et si tu es triste à mourir, c'est normal, assume-le. Mais ne te laisse pas aller va...Revendique-moi un peu ce coeur-là ! »
Ce livre vous fera pleurer, sourire, rêver et prendre conscience que dans la nuit du deuil, il y a un moment où on est prêt à enfin relever la tête pour découvrir et admirer les étoiles des souvenirs, qui éclairent l'obscurité.