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ISBN : 2070361993
Éditeur : Gallimard (1972)


Note moyenne : 4.15/5 (sur 26 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :

-... Il y a trois cents lépreux dans Paris, dont vingt seulement sont hospitalisés, et dans la salle commune, encore. Les autres se promènent la canne à la main. Peut-être le garçon qui nous a servis... Il y a des femmes qui ont ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis (1)

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    • Livres 5.00/5
    Par Lybertaire, le 10 octobre 2012

    Lybertaire
    Dans ce quatrième et dernier volume, Costals va-t-il épouser Solange ? En goujat qui se respecte, Costals cumule les avanies, les insolences et les petites trahisons auprès de sa donzelle, laquelle, naguère si naïve, apprend la séduction et la manipulation pour se faire épouser.
    La mère, en connaisseuse du genre hippogriffal, va à la rencontre de l’écrivain et négocie : ma fille, voyez-vous, vous sera d’une aide indispensable ! Par exemple, elle entretiendra la maison et tapera vos textes à la machine…
    Montherlant montre du doigt : voilà comment le mariage devient un outil d’intégration sociale, au détriment des sentiments amoureux. À force de s’obstiner, Solange en fait une fixation dénuée de sens. Mais sans cesse prise et rejetée par Costals comme une poupée, elle dépérit.
    De son côté Costals, habile jongleur des sentiments et des femmes, cumule les aventures, souvent risquées, avec d’autres femmes. À trente-cinq ans, il vit intensément, frénétiquement, et sent une menace sourdre. C’est l’heure de faire des comptes, et pour Costals, ils sont vite faits : la littérature prime sur tout le reste ; s’il avait juste le temps d’achever la suite logique de son œuvre, il serait heureux. On filtre, à travers Costals, l’inquiétude de Montherlant qui, au faîte de son œuvre, se voit dépassé par la postérité. En homme inquiet, plus grave qu’à l’accoutumée, Costals se consacre à son journal intime – diversifiant encore le mode de narration. En quatre volumes, son portrait est remarquablement fouillé ; sa personnalité changeante et complexe ressort avec vivacité bien après avoir refermé le livre.
    C’est ici que Montherlant, toujours prompt à s’immiscer dans les actions et les mensonges de ses personnages, jette tout ce qu’il a à dire des hommes et des femmes. Au résultat, aucun des deux n’échappe à son œil connaisseur.
    Sûr de son talent, il s’amuse, il taquine : quel écrivain barbant aurait pu consacrer une œuvre sur les jeunes filles et leurs relations sans ennuyer le lecteur ? Montherlant l’a fait, et avec brio. Au détour, il règle quelques détails avec ses détracteurs : le roman est-il un genre périmé ?
    Si la vision du couple est négative, l’autre apparaissant comme une entrave à l’épanouissement, elle comporte certaines vérités sur le « chimérisme féminin ». Montherlant l’oublié, la victime d’une injustice littéraire, dissèque les comportements sociaux, les préjugés, les goûts, le rapport à l’autre sexe, à la famille, à l’amour. Des succédanés se font passer pour des dépeceurs de mœurs, mais lui, il n’a pas d’égal.
    La critique et les citations sur mon blog :
    http://www.bibliolingus.fr/les-lepreuses-4-4-henry-de-montherlant-a80136600

    Lien : http://www.bibliolingus.fr/les-lepreuses-4-4-henry-de-montherlant-a8..
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Citations et extraits

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  • Par Lybertaire, le 10 octobre 2012

    La glande d’hippogriffe, injectée à un homme vigoureux, lui donne une faiblesse d’agneau. À force d’ennuyer un homme, de le bourrer de soucis, de responsabilités, d’obligations, de scrupules, de décisions à prendre, de retours sur lui-même, on peut arriver à l’ahurir et à le ronger tellement, qu’il n’oppose plus de résistance à une volonté, même quand il la connaît mauvaise ; les femmes le savent, et c’est pourquoi, introduire une femme quelque part, c’est y introduire le casse-tête : comme les navires de guerre, elles progressent derrière les fumées qu’elles répandent.
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  • Par Lybertaire, le 10 octobre 2012

    Si je pense que le roman est un genre littéraire périmé ? Non, Monsieur, ce qui est périmé, c’est l’absence de talent. Le talent soutient n’importe quel genre littéraire. D’ailleurs vous savez aussi bien que moi que le roman se porte à merveille. Alors, est-ce que nous ne perdons pas notre temps ?
    – …
    – Vous recevoir ? Pourquoi ? Je viens de vous répondre. Mais, à mon tour, me permettrez-vous de vous poser une question ? Voici, je voudrais vous demander si, à votre avis, l’interview par téléphone n’est pas un genre journalistique qui devrait bien être périmé ?
    – …
    – Un monsieur dont la pensée est présumée avoir un certain prix, puisqu’on désire la connaître en vue d’en faire bénéficier le genre humain, est occupé à quelque chose d’important : il pense, ou il se repose de penser, ou il décide, ou il dirige la destinée d’un être, ou il fait l’amour, ou il se repose de faire l’amour. Le téléphone le hèle brutalement, le dérange deux fois : dans son esprit, dont le cours est brisé, dans son corps, qui doit se déplacer pour aller à l’appareil. Et c’est un inconnu, qui veut savoir de lui si le roman est un genre périmé, et qui une fois sur deux ne publiera même pas sa réponse, parce que son “papier” est déjà trop long, ou parce qu’on a renoncé entre-temps à cette enquête. Eh bien, mon cher confrère, je dis que ces mœurs sont – je cherche un mot doux… – sont des mœurs de sauvages.
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