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ISBN : 2211056423
Éditeur : L'Ecole des loisirs (2000)


Note moyenne : 4.31/5 (sur 525 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Oh, boy !, c'est l'expression qui sort des lèvres de Barthélémy Morlevent, 26 ans, quand il est dépassé par les événements.

Et, justement, les événements se précipitent lorsque lui tombe du ciel Siméon (14 ans), Morgane (huit ans) et Venise (cinq ans), t... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Luniver, le 23 septembre 2011

    Luniver
    La fratrie Morlevent est dans une situation délicate : leur père a disparu depuis plusieurs années sans laisser de traces, et leur mère vient de se suicider. Ils font un pacte pour se jurer de ne jamais être séparés ("Les Morlevents ou la mort"). Pourtant, difficile de leur trouver une famille d'accueil, tellement leurs caractères sont différents : l'aîné, Siméon, a 14 ans et est surdoué : Il prépare son bac ; Morgane, 8 ans, première de classe et double de son frère, que personne ne remarque jamais ; et Venise, 5 ans, petite fille modèle, mais très préoccupée par la vie amoureuse de ses barbies.
    Sentant venir le foyer arriver, Siméon fait des pieds et des mains pour qu'on retrouve ses demi-frères et sœurs. Mais ce n'est pas gagné d'avance non plus. La première, Josiane, est incapable d'avoir des enfants, et est uniquement intéressée par la garde de Venise, sans beaucoup se préoccuper des deux autres enfants. le second, Barthelemy, enchaîne les aventures d'un soir et n'aime pas trop les responsabilités. de plus, il est homosexuel, ce qui fait un peu tiquer les gens bien intentionnés, qui se demande si c'est un cadre épanouissant pour la fratrie.
    Pour ne rien arranger, on découvre que Siméon est atteint de la leucémie. Barthelemy va petit à petit s'attacher à son demi-frère et tenter d'obtenir la garde des enfants, en demandant un peu d'aide à sa voisine du dessus, battue comme plâtre par son époux. Josiane de son côté, va également faire des pieds et des mains pour ne pas laisser Venise à Barthelemy.
    Beaucoup de sujets graves sont traités dans ce petit livre : les enfants abandonnés par leur père, l'homosexualité et ses clichés, la lutte contre la maladie, les femmes battues, la mesquinerie des adultes pour obtenir la garde des enfants (on peut transposer la situation aux couples divorcés). Malgré tout, toutes ces situations sont décrites par des mots simples, et le ton est léger. On rit beaucoup, on écrase une larme de temps en temps. "Oh, boy!" est à découvrir et faire circuler dans votre entourage.
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    • Livres 5.00/5
    Par asphodele85, le 21 janvier 2012

    asphodele85
    Quand j'ai acheté ce livre estampillé “école des loisirs”, mon libraire m'a simplement dit : “Un classique !” . Arrivée à la maison, j'ai regardé le © et quand j'ai vu 2000, j'ai pensé :”Un peu jeune pour un classique” ! Mais j'ai plongé dedans la tête la première et n'ai pas pu le lâcher avant la fin. Mon premier coup de coeur de l'année et c'est un livre Jeunesse ! (Médium de la catégorie). En plus, un livre qui offre une citation de Romain Gary en entrée, ne pouvait que me plaire : “L”humour est une déclaration de dignité, une affirmation de la supériorité de l'homme sur ce qui lui arrive”.
    Les trois enfants Morlevent (j'adore ce nom !) ne sont pas nés avec une bonne fée penchée sur leur berceau : le père est parti et l'on sait dès le départ qu'il ne reviendra plus, la mère vient de se suicider au “Canard Vécé”… Siméon, 14 ans et surdoué planche pour passer son bac, Morgane, 8 ans, pas jolie, les oreilles décollées et qui est “la moitié de son frère” et enfin Venise, 5 ans, la petite poupée blonde, jolie comme un coeur que tout le monde aime et souhaiterait pour fille (ce qui est dangereux pour la suite).
    En effet, malgré l'abattement, Siméon prend les choses en main et va suivre de près leur dossier confié à une sympathique mais jeune assistante sociale et à une Juge des Tutelles, fondue de chocolat et bienveillante. Ils vont découvrir que deux autres “Morlevent” existent en ce monde, deux personnes que tout oppose mais qui sont leur seule chance d'échapper à la famille d'accueil et surtout à l'éclatement de leur fratrie : ils ont fait un “jurement” quand ils ont été placés en foyer d'accueil temporairement : “Les Morlevent ou la mort” ! Josiane Morlevent, ophtalmologiste bourgeoise bécébégé, 37 ans, mariée mais en mal d'enfant se révèle être la demi-soeur (pas par le sang mais qu'importe) des enfants avec Bart, 27 ans, homosexuel, irrésistible, irresponsable souvent mais très très gay pour prétendre obtenir cette tutelle. le combat commence…. pas seulement celui-ci. Siméon a une leucémie, et c'est à l'hôpital entre les mains du beau Docteur Nicolas Mauvoisin que son sort va se jouer. En sachant que Josiane et Bart se haïssent ! Que Bart, dépassé par l'arrivée de ces trois mômes dans sa vie, égoïste mais non moins attachant ne sait dire que : “Oh, boy !”… quand la situation est critique.
    L'histoire accumule les sujets difficiles à traiter tels que : le suicide, l'homosexualité, la vie des enfants en foyer, la solitude, la maladie, les femmes battues. Mais Marie-Aude Murail fait preuve d'un talent incroyable pour rendre crédible cette avalanche de “pas-d'-bol” sans verser un seul instant dans la sucrerie ! le ton est juste, l'écriture ciselée sans temps morts, saupoudrée d'un humour qui transcende le(s) drame(s).
    Pas facile pourtant quand l'enfance se heurte à la dureté des problèmes normalement réservés aux adultes, comment garder un ton d'innocente insouciance ? En restant vrai. En n'en faisant ni trop, ni trop peu. On peut se sortir de tout mais pas indemnes et chacun des protagonistes de l'histoire va en retirer une leçon. Et pour nous lecteurs une belle leçon d'humanité, de justice, pas seulement sociale… Et surtout un moment de lecture suspendu dans le temps, rien ne peut nous faire lâcher ce livre jusqu'à l'épilogue !
    J'ai aimé aussi le saut du Chapitre treize “(pour ne pas porter malheur à Siméon)”, les noms de famille ou les prénoms qui ont une juste connotation. Et le clin d'oeil à Nicolas et Bart de la célèbre chanson (j'en avais parlé ICI)… le français impeccable, pas une faute de relevée (c'est assez rare pour mériter d'être souligné). Extrait des pensées de Josiane, la soeur jalouse, coincée et prétentieuse qui veut toujours avoir le dernier mot : ” Incroyables, ces psychologues ! Ils inventent des problèmes où il n'y en a pas et, quand on leur signale un type qui porte une boucle d'oreille, qui marche en chaloupant, qui offre des poupées mâles aux petites filles et se promène nu devant elles, eh bien, ils ne voient pas où est le problème.”
    Je n'ai qu'un mot pour conclure : Lisez-le ! 207 pages de pur bonheur !

    Lien : http://leslecturesdasphodele.wordpress.com
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    • Livres 5.00/5
    Par Syl, le 11 mars 2013

    Syl
    De la famille Morlevent, il ne reste que les trois enfants, Siméon quatorze ans, Morgane huit ans et Venise cinq ans. Orphelins, sans famille, sans tuteurs, ils ont peur d'être séparés. Juste avant l'arrivée de l'assistante sociale, ils se jurent de rester toujours ensemble… « Les Morlevent ou la mort ». Poings unis, coeurs fusionnés, leur détermination peut surmonter toutes les fatalités.
    En attendant de trouver un parent ou des familles d'accueil, la juge des tutelles les envoie dans un foyer, le foyer de la Folie-Méricourt, un lieu pas très adapté à la fratrie et qui ne reçoit que des garçons. Exceptionnellement, le directeur du centre accepte les deux soeurs et les loge dans un réduit. C'est dans ce cadre très peu chaleureux, qu'ils apprendront la véritable cause du décès de leur mère. Désespérée, elle se serait suicidée en absorbant du « canard vécé ».
    La cohabitation avec les autres pensionnaires est difficile. Siméon, élève en terminale S, est un enfant surdoué qui doit passer le BAC à La fin de son année scolaire. Sa maturité, ses études, ses livres, son regard sur l'extérieur, font de lui un être peu ordinaire qui dérange. Chahuté, bousculé, il gère avec beaucoup de courage son quotidien sans en référer à ses soeurs ou à l'assistance sociale.
    Morlevent… Mord la vie… rien ne les désole lorsqu'ils sont réunis.
    Après des recherches sur leur patronyme, la juge découvre deux personnes susceptibles de leur être apparentées ; Barthélémy Morlevent et Josiane Morlevent.
    Le jeune homme de vingt-six ans serait leur demi-frère aîné. Enfant non reconnu d'une première union, il n'a jamais vu son père et lui voue une profonde animosité. Bel homme, on lui trouve une ressemblance frappante avec Venise qui ressemble à une petite fée. Gracieuse, des yeux couleur pervenche, blonde, très câline, elle est la petite fille rêvée ! Barthélemy, Bart, travaille pour son amant Léo dans un magasin d'antiquité. Parfait gigolo, il ne prend que le côté léger de la vie et s'en amuse… Oh, boy ! et il ne s'en prive pas !
    Josiane, trente-sept ans, est ophtalmologue. Elle n'a des Morlevent que le nom. Adoptée par le père lorsque sa mère était sa compagne, elle aussi a beaucoup souffert de son départ. Si Bart est l'insouciance incarnée, Josiane est la pondération et la maîtrise personnifiées. Mariée, sans enfant, elle présente un air hautain qui refroidit ses interlocuteurs.
    Tous deux se connaissent et s'insupportent. L'exubérance contre la retenue…
    Entre deux carrés de chocolat noir croqués avidement (ça calme les nerfs), Laurence Deschamps, Madame la juge, leur soumet la tutelle.
    « … Laurence Deschamps, était une jolie femme énergique et un peu boulotte qui carburait au chocolat noir. du Nestlé 52% de cacao, amer et doux, fondant et râpeux, qu'elle cachait dans le tiroir de son bureau. Devant l'aridité du dossier Morlevent, Mme la juge décida de s'offrir deux carrés bien noirs, bien durs. Mordant à même la plaque, elle y imprima la trace de sa robuste denture… ».
    Si Siméon garde ses distances pour analyser objectivement la situation, Venise distribue des coeurs dessinés et des bisous. Petite chatte, elle séduit d'un regard sa nouvelle parentèle.
    « - Monsieur Morlevent, le prévint la juge assez solennellement, vous êtes en présence de votre demi-frère et de vos deux demi-soeurs, Siméon, Morgane et Venise Morlevent.
    - de mon… de mes…, suffoqua Bathélémy.
    Venise s'était enfin plantée devant lui, son dessin à la main.
    - Je t'ai fait une maison, lui expliqua-t-elle. C'est celle où on va habiter avec toi. Là, c'est mon lit en hauteur et, là, c'est le congélateur.
    Barthélémy se baissa pour mieux entendre les commentaires de la petite. A chaque nouvelle précision, il faisait : « Oh, boy ! » l'air effaré.
    - Je t'ai dessiné trois coeurs avec ton nom parce que je t'aime un peu, beaucoup, à la folie.
    Ils se regardèrent, presque nez à nez, et Venise posa la question fondamentale, celle qui permet d'opérer un premier tri entre les méchants et les gentils.
    - Tu aimes les bisous ? »
    Entre la tutelle et la garde, un gouffre. Alternance, petits bouts d'essais, Josiane et Bart se partagent la charge pour commencer ; Venise, sa collection de Barbies et ses feutres, Morgane et Siméon avec leurs livres. Cependant, il n'est point besoin d'être un devin pour se projeter dans l'avenir. Siméon a bien conscience que Josiane souhaiterait ne s'occuper que de Venise et que Bart n'a pas la carrure pour les garder tous les trois. Petit à petit la peur et le découragement le ronge… la jalousie aussi… Venise a trouvé son prince charmant-roi mage dans la personne de Bart…
    « Venise l'agaçait. Pourquoi Barthélémy avait-il droit à trois coeurs et lui à deux ? Siméon en devenait mesquin. Ce matin-là, il y avait même cinq beaux coeurs roseBarbie pour Bathélémy. Siméon eut un mauvais sourire. Il posa le doigt sur le premier coeur et dit :
    - Je t'aime.
    Il continua avec les autres coeurs en énumérant :
    - Un peu, beaucoup, à la folie, pas du tout.
    - Je m'ai trompé ! s'écria Venise en masquant le dernier coeur de sa petite main.
    - Trop tard, ricana Siméon.
    Venise disparut puis reparut quelques minutes plus tard, un autre dessin à la main.
    - Ca c'est pour toi, Va en enfer !
    Siméon, sourit tristement, en voyant un drôle de petit bonhomme cornu qui tenait une fourche. Puis le sel des larmes lui brûla les yeux. Ce soir-là, Siméon dormit avec le diable sous son oreiller. »
    Lorsque sous la colère sa petite soeur l'expédie en enfer, Siméon n'imagine pas que le voyage sera pour bientôt. Bart trouve que son frère est souvent fatigué et découvre des taches rouges sur ses bras, le genre de taches qui méritent un examen médical approfondi ; prise de sang, ponction sternale…
    « Les Morlevent ou la mort », « Courage et volonté » les maximes qui les stimulent habituellement, sont dans ce cas-là plus que nécessaires car la conjoncture fait éclater la fratrie. Venise est confiée à Josiane, Siméon aux bons soins du Professeur Mauvoisin, sous la vigilance d'un Bart halluciné, et Morgane… petite Morgane aux oreilles décollées, trop brune, trop quelconque, trop sage, trop grande, pour charmer Josiane… reste toute seule dans le cagibi du foyer.
    « Pow-wow »… cri de ralliement des enfants Morlevent pour une réunion importante. Il ne faut pas partir vaincus. La famille restera unie, elle s'enrichira…
    .
    Oh, boy ! je n'ai pu faire plus concis ! C'est que je vous parlerais de ce livre toute une soirée, toute une nuit et je vous lirais des passages, de la première page à la dernière. J'espère que vous lirez ce livre un jour. La famille Morelevent est irrésistible. Comme Venise, je leur accorderais tous mes coeurs en gommant le « un peu » et le « pas du tout » de la marguerite qu'on effeuille.
    L'histoire commence comme celle des orphelins Baudelaire de Lemony Snicket ; trois enfants et des désastreuses aventures… le méchant de l'histoire est une leucémie. Les personnages qui les entourent, abordent des thèmes délicats. Un père bohème qui fuit sa réalité, ses femmes et ses enfants, il disparaît pour ne plus revenir. Une mère trop fragile qui préfère abandonner la vie. Une famille disloquée. Une voisine battue par son mari. Un frère homosexuel. Une solitude compensée par le travail et le chocolat. Un désir de maternité qui ne sera jamais assouvi. L'hôpital, univers impitoyable et formidable…
    On pourrait croire que c'est pathétique à pleurer, et pourtant ce n'est pas le cas. Bart et Venise sont des soleils, elle une petite princesse, lui un vrai prince. Ils animent l'écriture de leurs réparties, de leur candeur, de leur générosité. Ca ne paraît jamais théâtral, c'est toujours doux et enchanteur. L'auteur que je découvre dans ce roman, a la plume heureusement belle. Elle lie à des sujets tragiques, une bonne dose d'humour et d'amour. Parfois le drame fait grandir et embellit les personnages.
    Un livre à conseiller plus que tout… Les Morlevent et la vie.
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    • Livres 5.00/5
    Par Melisende, le 09 avril 2012

    Melisende
    Je suis pratiquement persuadée d'avoir déjà lu ce titre lorsque j'étais au collège car je connais cette illustration de couverture (ces Barbies installées sur le coin de la baignoire) depuis des années et je suis convaincue de l'avoir découverte aux alentours de 12 ou 13 ans… mais je ne me rappelais absolument plus de l'intrigue ! J'ai profité de la lecture commune organisée par Luthien sur Livraddict pour me replonger dans cette histoire. Oh, boy ! a beau être une relecture, comme je n'avais aucun souvenir de ma première découverte, j'ai tourné les pages avec un œil complètement neuf, sans aucun a priori et sans aucune attente particulière.
    J'ai commencé ma lecture dans le TGV mais j'ai préféré la stopper avant la dernière partie du texte (pleurer dans un lieu public c'est quand même assez gênant…), dernière partie que j'ai parcourue un peu plus tard, dans l'intimité de mon appartement. Je suis très rarement émue par mes lectures mais Marie-Aude Murail a réussi avec Oh, boy ! à me serrer le cœur plus d'une fois ! Alors même si un ou deux éléments m'ont chagrinée, je retiens avant tout l'émotion ressentie pendant cette lecture…
    Ce qui m'a peut-être le plus gênée, c'est sans doute le côté assez caricatural/stéréotypé des personnages ; Barthélémy en premier. Marie-Aude Murail accentue à outrance son côté efféminé (il est gay), notamment dans sa façon de s'exprimer. C'est un peu… trop. de même avec Josiane, la demi-sœur de celui-ci, prête à tout pour adopter la petite Venise. C'est une vraie peau de vache qu'on déteste, du début à la fin. C'est dommage, j'aurais aimé qu'elle soit un peu plus que la « méchante » de l'histoire.
    Côté fratrie Morlevent, Venise (5 ans) et Morgane (8 ans) ne m'ont pas particulièrement charmée. Ni la plus jeune avec ses boucles blondes, ses yeux pervenches et son franc-parler ; ni l'ainée avec ses oreilles décollées, sa précocité et sa réserve n'ont su me convaincre. Des trois enfants, c'est Siméon, 14 ans et surdoué, qui m'a le plus touchée. Evidemment, le drame qui le touche est encore plus « fort » que celui de ses deux sœurs, ce qui explique qu'il est plus mis en avant et donc peut-être plus émouvant… J'ai aimé son histoire, son courage et son évolution.
    En parlant d'évolution, celle de Barthélemy est évidemment la plus marquée (contrairement à Josiane qui ne bouge pas d'un pouce) et voir ce jeune homme irresponsable et je-m'en-foutiste prendre les choses en main pour soutenir son demi-frère parachuté dans sa vie du jour au lendemain… c'est évidemment émouvant et marquant !
    Un petit mot sur deux personnages secondaires que j'ai beaucoup aimés : Aimée, la voisine du dessus battue par son mari et le Docteur Mauvoisin, qui, malgré les apparences, s'attache à la fratrie Morlevent. Alors oui, ce sont deux personnages secondaires qu'on voit moins que les principaux (logique) mais qui marquent malgré tout (plus que la juge, à mon goût).
    Dans Oh, boy !, Marie-Aude Murail rassemble de nombreux thèmes graves que les jeunes lecteurs n'affronteront peut-être pas dans leur vie (et tant mieux) mais qu'il est important de leur rappeler : la mort ou l'abandon des parents, le devenir des enfants orphelins ballotés de foyer en foyer ou d'un membre de la famille à un autre (souvent source de batailles juridiques), l'homosexualité et les réactions des gens à ce propos (un homosexuel peut-il avoir la garde de ses petits frères et sœurs ou est-il un mauvais exemple ?!), les femmes battues, la maladie (ici la leucémie) et tout ce qu'elle implique pour le malade et son entourage… Les thèmes sont graves, vous pouvez le constater par vous-mêmes et amènent souvent une petite larme, mais l'auteure parvient à ne pas faire sombrer son lecteur dans la déprime en plaçant quelques notes d'espoir de-ci de-là et un petit vent de fraîcheur bienvenu.
    Malgré tout, tout n'est pas « tout est bien qui finit bien » comme on peut le regretter dans la plupart des romans jeunesses. En effet, la vie n'est pas rose et Marie-Aude Murail le souligne avec le titre de son seizième et dernier chapitre : « Où la maison Morlevent trouve un toit et où le lecteur doit admettre que la vie, c'est comme ça ». Ne pas tomber dans la facilité du « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants) est vraiment un point à souligner ici. Même s'il s'agit d'une fiction, ce dénouement très « réaliste » accentue le fait que cette histoire pourrait être le témoignage de n'importe qui.
    Je n'ai pas parlé de la plume de Marie-Aude Murail, destinée aux plus jeunes mais également très agréable pour les adultes. A l'aide d'un point de vue omniscient, l'auteure passe d'un personnage et d'une scène à l'autre, offrant tous les détails à ses lecteurs. Elle ajoute également une dose d'humour et de passages très émouvants, rendant le récit riche et fluide.
    Dans l'ensemble, j'ai beaucoup aimé, même si les répliques de Barthélemy m'ont parfois semblé un peu « too much » (c'est d'ailleurs à lui que l'on doit le « Oh, boy ! » utilisé pour le titre de l'ouvrage) !

    Pour conclure. Voilà un court texte (un peu plus de 200 pages) qui revient sur des sujets graves de notre vie contemporaine. Malgré le côté dramatique de l'intrigue, Marie-Aude Murail parvient à insuffler un peu d'humour et de fraîcheur. Un beau témoignage de ce que peut être la vie : difficile, avec son lot de drames, mais aussi belle grâce à l'espoir, l'amour, la famille…

    Lien : http://bazar-de-la-litterature.cowblog.fr/oh-boy-de-marie-aude-murai..
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    • Livres 5.00/5
    Par Sharon, le 20 mars 2012

    Sharon
    Les thèmes abordés ne sont pas drôles, le récit l'est. Comment réagiriez-vous si trois petits frères et soeurs vous tombaient du ciel, alors que vous ignoriez tout de leur existence, pour la Simple et bonne raison que votre père est parti quand vous étiez tout jeune, voir encore dans le ventre de votre mère, et qu'il n'a plus donné aucun signe de vie ? Vous seriez surpris, je vous l'accorde, vous seriez peut-être même abasourdi devant la tâche à accomplir, car il ne faut pas se leurrer - et Marie-Aude Murail ne nous leurre pas - prendre en charge trois orphelins, ce n'est pas facile. Voyaons maintenant les candidats au tutorat :
    - à ma droite, Josiane Morlevent, ophtmalmologiste réputé, spécialiste de l'opération de la cataracte des personnges âgées, mariée, pas d'enfants, en dépit de plusieurs tentatives infructueuses de fécondation in vitro. Aime beaucoup Deauville.
    - à ma gauche, Barthélémy Morlevent, SPF (sans profession fixe) et pédésexuel (ce n'est pas moi qui le dis, c'est Venise, sa nièce de cinq ans). Calme son copain Léo en mettant des tranquilisants dans sa nourriture. Porte une boucle d'oreille. Beau comme un dieu. Grand lecteur de Spirou. Signe particulier : s'évanouit à la vue du sang.
    Si vous ajoutez à cela que la demi-soeur déteste son demi-frère, et vice-versa, vous comprendrez que les enfants Morlevent ne sont pas près de trouver un peu de sérénité. Tous les coups ne vont pas être permis, non, ce sera bien plus feutré car les moeurs évoluent et Barthélémy ne peut pas ne pas obtenir la garde de ses demi-frère et soeurs juste parce qu'il est homosexuel. Non, il faut trouver d'autres motifs, comme son instabilité, la petitesse de son logement, voire porter quelques accusations... qui se trouveront vite démenties. Si la juge d'instruction montre son absence de préjugés et son amour du chocolat noir, en revanche l'assistante sociale est plus réticence, bien que consciente de l'évolution de la société. La petite Venise ne marie-t-elle pas ses poupées ensemble, en l'absence de Ken digne de ce nom ?
    Marie-Aude Murail n'hésite pas à dire quelques vérités qui fachent. Oui, il est plus facile d'être recueillie si on est une jolie petite fille de cinq ans, une vraie petite princesse, comme un nouvel accessoire qu'on exhibe, que si l'on est plus commune, voire franchement disgraciée. Il n'est pas facile, pour les travailleurs sociaux, de veiller au bien-être de chacun des membres de la fratrie. Surtout quand le pire survient. Car au milieu de la débâcle qui a suivi la mort de sa mère, Siméon a réussi à cacher les premiers symptômes de sa maladie. le diagnostique est posé rapidement, car Marie-Aude Murail n'est pas une adepte du mélodrame et des gros effets soulignés. le combat contre la maladie est montré dans toutes ses étapes, de manière réaliste et sans pathos, du côté du malade et du côté des soignants. Comme un contrepoint bienvenue, entre deux scènes douloureuses, j'ai ri, non à cause de Siméon, mais à cause de Bart, son grand frère. Et hop ! Un évanouissement à la première prise de sang. Et hop ! Encore un petit malaise. Vite, une chaise pour monsieur Morlevent, non, pas le petit, le grand, il se trouve mal. Accompagner son petit frère dans ses douloureuses séances de soin permet à Bart de mûrir un peu et surtout, de prendre conscience de son attachement pour ce petit frère tombé quasiment du ciel.
    J'ai très envie de vous en dire plus, j'ai encore plus envie que vous découvriez ce magnifique roman de Marie-Aude Murail.

    Lien : http://le.blog.de.sharon.over-blog.com/article-oh-boy-de-marie-aude-..
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Citations et extraits

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  • Par gourmandizalire, le 14 février 2011

    Pendant les 15 jours qui suivirent, les deux frères firent des efforts pour ne pas se heurter. Lorsque Siméon, lisant Nietzshe, voyait son frère relire son Spirou, il se permettait tout juste de lui demander affectueusement :
    - Tu n'avais pas bien compris la première fois ?
    A quoi Bart répondait, non moin affectueuesement :
    - Je t'emmerde. "
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  • Par miamjr, le 09 janvier 2011

    Bart s'assit dans le fauteuil et les deux frères se regardèrent. Un même sourire les unit ou la tendresse se mêlait à la moquerie.
    -Merci pour tout, dit Siméon
    -Merci pour le reste.
    Merci d'être entré dans ma vie sans crier gare. Merci d'en avoir changer le cours et de m'avoir changé. Mais tout cela ne s'avoue pas quand on est le frère aîné, Bart n'ajouta rien.
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  • Par Owly, le 12 septembre 2010

    - L'autre Morlevent, c'est un vrai. C'est notre demi-frère. Il travaille dans un magasin d'antiquités.
    Le mot "vendeur" répugnait à Siméon. Vendeur, c'était la même chose que con. Mais il avait gardé le meilleur pour la fin.
    - Il s'appelle Barthélemy
    - Wah ! firent les deux sœurs
    - C'est comme le Roi mage s'extasia Venise.
    Morgane et Siméon se regardèrent en souriant. Tous les deux savaient que la petite sœur confondait avec Balthazar. Mais l'idée d'un grand frère qui arriverait à dos de chameau n'était pas pour déplaire.
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  • Par Yuko, le 30 avril 2012

    Monsieur Morlevent, le prévint la juge assez solennellement, vous êtes en présence de votre demi-frère et de vos demi-soeurs, Siméon, Morgane et Venise Morlevent.
    - De mon... de mes..., suffoqua Barthélémy.
    Venise s'était enfin plantée devant lui, son dessin à la main.
    - Je t'ai fait une maison, lui expliqua-t-elle. C'est celle où on va habiter avec toi. Là, c'est mon lit en hauteur et, là, c'est le congélateur.
    Barthélémy se baissa pour mieux entendre les commentaires de la petite. A chaque nouvelle précision, il faisait "oh, boy !" l'air effaré.
    - Je t'ai dessiné trois coeurs avec ton nom parce que je t'aime un peu, beaucoup, à la folie.
    Ils se regardèrent, presque nez à nez, et Venise posa la question fondamentale, celle qui permet d'opérer un premier tri entre les méchants et les gentils.
    - Tu aimes les bisous ?
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  • Par Owly, le 12 septembre 2010

    - C'est Dent-de-lapin, répondit Morgane. Il dit que Maman est morte parce qu'elle a... qu'elle a... bubu... bubu
    Elle se mit à sangloter, momentanément incapable de terminer sa phrase. Siméon se tourna vers sa petite sœur qui chuchota comme un secret honteux:
    - Parce qu'elle a bu du Canard Vécé.
    Siméon prit de nouveau le temps de sourire. C'était un truc qu'il avait pour préparer ses réponses lorsqu'il était un peu pris de court.
    - N'importe quoi, dit-il avec autorité. On n'a jamais eu de Canard Vécé à la maison.
    - Ah bon, soupira Venise, pleinement réconfortée.
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