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Critiques sur Zombi (6)


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    • Livres 4.00/5
    Par Woland le 05/05/2010


    Zombie
    Traduction : Claude Seban

    Roman relativement court puisqu'il ne dépasse pas les cent-quatre-vingt-quatre pages en édition du Livre de Poche, "Zombi" possède le froid et l'impitoyable tranchant d'un couteau de boucher. Je ne dirai pas "scalpel" puisque Oates limite son intrigue au premier meurtre, demeuré impuni parce que non découvert, de son anti-héros, Q ... P ..., et que celui-ci, en dépit d'une préméditation que le lecteur découvre avec une horreur croissante, en est encore à tâtonner pas mal sur la voie du crime en série.

    C'est donc un serial killer non pas néophyte mais encore en phase de "formation" que nous décrit la romancière. Les brouillards de son esprit et de son âme sont d'autant plus impénétrables que Q ... P ... est et restera notre seule "voix" de référence. Tient-il un journal ou ne s'agit-il que de ses pensées auxquelles Oates, par l'autorité de l'écrivain, nous donne accès sans autre forme de procès ? On ne le sait pas mais le résultat fascine autant qu'il angoisse.

    Non sur l'instant - enfin, certainement pas pour celles et ceux qui s'intéressent au phénomène des tueurs en série et ont déjà lu des ouvrages, documentaires ou pas, sur le sujet - mais une fois le livre refermé et rangé. En effet, "Zombi" ne connaît pas l'espoir.

    Q ... P ... n'est pas mauvais, au sens où l'entendent la plupart des religions et le commun des mortels, non, il est simplement fait comme ça : tel un enfant de six ans qui souhaite désespérément qu'on lui offre un jouet bien précis, notre anti-héros veut se procurer une sorte d'esclave lobotomisé qui lui obéirait sans états d'âme. Viscéralement incapable de songer à la douleur infligée par son délire aux uns et aux autres, il ne songe qu'au meilleur moyen d'obtenir ce qu'il désire. Non, répétons-le, il n'est pas mauvais : il n'a aucune notion du Bien, ni du Mal, c'est tout, et à peine celle de l'Interdit, un interdit qu'il ne comprend pas du tout et qu'il cherche simplement à contourner.

    Pourtant, il est loin d'être idiot et sait très bien calculer et prévoir, mais toujours en fonction de ce que ces prévisions peuvent lui rapporter - ou lui éviter de fâcheux. Sinon, c'est le néant. Claquemuré dans un monde que les psys peinent à saisir, il avoue lui-même, avec une innocence étrange, ne pas avoir de rêves.

    Sur son passé, Oates nous donne le minimum de détails : un père à la carrière de chercheur et d'universitaire exemplaire, une mère attentionnée, une soeur aînée brillante et une grand-mère aimante. "Un peu trop de femmes," entonnera certainement le choeur des psys. Sans aucun doute mais cela n'explique en rien l'abîme qui dort en Q ... P ...

    Raffinement suprême, Oates pousse le sadisme envers son lecteur jusqu'à lui instiller goutte à goutte la certitude que, au-delà l'apaisement de ses désirs sexuels, Q ... P ... recherche en l'acte de tuer quelque chose qui nous dépasse tous, lui y compris, et dont il nous est impossible de nous faire une idée claire.

    C'est en cela que "Zombi" est terrifiant, d'autant qu'il se termine sur la vision d'un Q ... P ... pour qui le meurtre va devenir une routine. En d'autres termes, le pire est à venir et Joyce Carol Oates vous laisse l'imaginer à loisir.

    Du grand art. ;o)

    critique de qualité ? (10 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par Readingintherain le 17/06/2011


    J'aime beaucoup Oates, comme je le disais dans le billet à propos de la fille du fossoyeur. J'aime la manière dont elle décrit les États-Unis, la proximité qu'elle parvient à créer entre ses personnages et ses lecteurs. Pourtant, ici, j'ai été vraiment mal à l'aise tout au long du roman. Dans Zombi, le narrateur est un meurtrier en série visiblement psychotique, obsédé par l'idée de créer un Zombi qui le vénèrerait et lui obéirait en tout. Certains passages sont à la limite de l'insoutenable. Je sais bien, avec la télé et les séries on devrait être habitués à ce type de scènes, mais je n'ai pas la télé et j'ai du mal à lire une description froide et clinique d'une lobotomie au pic à glace sans avoir envie de vomir, ou de tomber dans les pommes, voire les deux à la fois. du coup, entre frissons et hauts-le-cœur je ne suis pas réellement certaine d'avoir apprécié ce roman à sa juste valeur. J'aime toujours autant l'écriture d'Oates, son côté précis et empathique, mais j'ai eu du mal à supporter la violence de Quentin. Il y a dans ce personnage un côté erratique, ni froid ni précis ni même organisé, qui me fait encore plus frémir que Dexter, par exemple. Il ne fait que suivre des pulsions, sexuelles la majorité du temps, voit toute autre personne comme un ennemi, hait le monde entier … et au final ça donne un univers probablement trop sombre et désespéré pour moi.

    Sauf que, en fait, j'ai quand même apprécié ma lecture. Je crois que c'est ce qui me donne le plus de frissons. Moi, qui me considère comme psychologiquement plutôt normale (enfin, non, mais bon, vous voyez ce que je veux dire, je suis passablement tarée mais j'ai peu de pulsions meurtrières, et en tout cas il ne me viendrait pas à l'idée de les mettre réellement en œuvre) j'ai apprécié de lire l'histoire d'un malade mental pervers qui viole et torture de jeunes hommes (voire garçons) pour satisfaire son ego. Est-ce que c'est ce qu'a voulu Oates ? Est-ce qu'elle a profondément désiré semer le doute dans l'esprit de ses lecteurs quant à leur santé mentale ? Si c'est le cas, c'est réussi ET C'EST PAS BIEN GENTIL ! En même temps, cette illustration de la présence de la folie tout autour de nous est réussie et, même si je ne la conseille pas aux âmes sensibles, elle mérite une lecture. Caché dans un coin, peut-être.


    Lien : http://www.readingintherain.com/2011/06/zombi-–-j-c-oates/

    critique de qualité ? (6 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par alicejo le 08/05/2010


    JCO nous livre ce qui peut sembler être les pensées de Q...P..., jeune homme de 30 ans déséquilibré (mais qui fait plutôt penser à un adolescent fraichement pubère) qui s'est mis en tête de s'offrir son "Zombi", homme lobotomisé répondant à ces moindre désirs. Certains passages font froid dans le dos.
    J'ai quelques réserves sur le style d'écriture employé par JCO (notamment l'emploie systématique du "&".

    critique de qualité ? (3 votes positifs)



    • Livres 3.00/5
    Par agathe10000 le 02/07/2011


    Le personnage qui parle s'appelle Quentin P.
    Nous ne connaîtrons jamais son nom de famille. Quentin a grandi dans une famille américaine bien sous tous rapports. le père, professeur d'université, la mère au foyer, la grande sœur sans problèmes…
    Cependant, lorsque Quentin commence à parler, à raconter son histoire dans ce livre, on se rend compte qu'il parle et se comporte de la manière la plus bizarre qui soit. Il vient d'être inculpé pour agression sexuelle et l'on entre dans le vif du sujet dès les premières pages !
    Le problème de Quentin P. est des plus graves. Il apparait à la lecture que, même si son père essaie de prouver son innocence, Quentin a déjà fait beaucoup de mal…
    Les détails se font de plus en plus nombreux et l'on entre dans la tête de Quentin grâce à sa manière de raconter. Ces détails sont des plus sordides. Des plus glauques. Des plus insoutenables par moments.
    L'idée de Quentin est aussi simple que son esprit peut l'être : Il veut se créer un « Zombi ». Avoir un jouet. Un personne qu'il pourra maîtriser, qu'il pourra diriger, qui lui obéira au doigt et l'œil et qui lui aidera à assouvir tous ses (nombreux) fantasmes…


    Joyce Carol Oates entre dans l'univers de la perversité, de la maladie mentale, du fantasme sexuel le plus inavouable. Et elle le fait bien.
    Il faut pouvoir supporter tous les détails qui composent l'esprit tordu de Quentin et il est parfois difficile de s'imaginer que c'est une femme d'une soixantaine d'années qui tient la plume…

    Un ouvrage qu'il peut être parfois difficile de lire si l'on n'est pas habitué au monde des pervers sexuels, pédophiles, tueurs psychopathes… Et dire que tout tient dans un seul personnage…
    Du grand art si l'on a le cœur bien accroché !


    Lien : http://leslivresdagathe.over-blog.com/article-zombi-joyce-carol-oate..

    critique de qualité ? (2 votes positifs)



  • Par morrigan le 23/04/2012


    Q... P..., délinquant sexuel reconnu purge ses deux ans de sursis en tant que gardien d'immeuble, et nous raconte son histoire. Personne ne le croit coupable, mais une chose est sûr, Quentin souffre d'un déséquilibre émotionnel. Il a une obsession : voir son Zombi, son esclave sexuel. Alors, il s'essaye à la lobotomie, une fois, deux fois, trois fois, et plus encore... Jusqu'à ce qu'il croise Écureuil, un jeune garçon qu'il voit bien en Zombi. Tout au long du récit, on apprend à connaître Quentin, sa famille, et l'hypocrisie qui règne autour de lui, tout le monde refusant de voir que c'est un tueur.

    Un récit passionnant et étrange, qui vous met particulièrement mal à l'aise. Suivre cette histoire à travers les yeux du tueur, qui ne voit pas ce qu'il y a de mal a ce qu'il fait, est particulièrement déroutant. L'écriture hachée vous plonge dans sa psyché, c'est véritablement passionnant, même si en le lisant vous avez l'impression d'être un voyeur en train de regarder le pire de la nature humaine. Tout le récit est parsemé de dessin, comme si vous lisiez le journal intime, ou les mémoires du jeune homme.
    A lire - pour public averti


    Lien : https://sites.google.com/site/vitedeslivres/home/romans-1/zombidejoy..

    critique de qualité ? (1 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par Syouin le 15/10/2011


    Nous y voilà !

    " Dans la tête du zinzin à la première personne" ou " Autobiographie maquillée de Jeffrey Dahmer dit " le boucher de Milwaukee".

    Après avoir lu " le Livre noir des Tueurs en série" de Stephane Bourguoin, (une bonne référence en la matière) cette pépite de J.C Oates rentre sans le moindre effort au Panthéon des héros littéraires à connectivité cérébrale instable...

    J.c. Oates, réussit le tour de maitre de nous enfermer dans le Corps de Q.. P... Mais non contente de nous plonger dans son esprit pour y entendre résonner ses pensées les plus naturellement sordides, elle vient nous imprégner de chacun de ses gestes et de chacune de ses sensations les plus obscènes...

    zombie, de Joyce Carol Oates ou comment taguer votre esprit d'images indescriptibles, inimaginables et insoutenables

    PS : N'oubliez pas de temps à autre de sortir la tête de ce livre (dans les moments où celui-ci joue du Pic à glace par exemple) pour apprécier l'intensité du frisson qui viendra vous parcourir le dos au moment où vous réaliserez que ce roman, sous ses faux airs de fiction, est en fait le récit d'une histoire vraie, narré par la plus abjecte de ses protagonistes..




    Lien : http://tom-sylas.blogspot.com/

    critique de qualité ? (1 votes positifs)






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