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ISBN : 2290057401
Éditeur : J'ai Lu (2012)


Note moyenne : 4.1/5 (sur 935 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Jonathan Harker, jeune notaire, est envoyé en Transylvanie pour rencontrer un client, le Comte Dracula, nouveau propriétaire d'un domaine à Londres. A son arrivée, il découvre un pays mystérieux et menaçant, dont les habitants se signent au nom de Dracula.
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par LiliGalipette, le 11 décembre 2011

    LiliGalipette
    Tout le monde connaît le pitch ! Jonathan Harker, un jeune Anglais, invité par le comte Dracula en Transylvanie, est témoin de choses étranges et effrayantes. le terrible seigneur se rend ensuite à Londres et fait de Lucy, une adorable jeune fille, sa proie et son esclave. Après la mort de la douce créature, une troupe d'hommes valeureux, mené par le professeur van Helsing, part à la chasse au monstre jusqu'en Transylvanie, essayant ainsi de sauver Mina, l'épouse de Jonathan Harker. Ce roman est le creuset et la source de toutes les représentations fantasmées des vampires et de leur univers : le mythe du sang comme liquide vital par excellence, l'aspect sensuel et écœurant de la succion, le pouvoir protecteur de l'ail et des objets bénis, etc. etc.
    Voilà pour le fond, je m'intéresse surtout à la forme. le roman est constitué des différents journaux des protagonistes : ceux de Jonathan et Mina Harker, celui du Docteur Seward, celui de Lucy Westenra et celui de son fiancé, Arthur Holmwood. Il y a également des lettres et télégrammes échangés entre les personnages. D'un écrit à l'autre, le lecteur découvre d'abord les différents personnages et les liens qui les unissent. Au-delà des portraits des personnages se dessine en creux celui du héros, celui que tous traquent, le fameux Dracula. Alors qu'il est le personnage éponyme du roman, aucune de ses pensées intimes n'est dévoilée. Dracula est hermétique, mais il s'insinue partout. L'artifice littéraire que constitue la rédaction de journaux est prétexte au dévoilement de toutes les intimités. le lecteur, comme Dracula, devient un profanateur et un violeur absolu qui ne connaît pas les limites de la pudeur.
    À mesure que la quête avance et que la chasse au monstre est lancée, les protagonistes lisent les écrits des uns et des autres afin de constituer une somme de connaissances sur Dracula. Mais l'effet secondaire est une nouvelle destruction des barrières de l'intimité. Que le lecteur sache tout des personnages, c'est le principe même de la lecture, mais que les personnages deviennent transparents les uns aux autres, c'est pousser la volonté de savoir et la perversité de la curiosité à un paroxysme certain. « Chacun connaît à présent les secrets des autres et nul ne s'en porte plus mal. » (p. 313) Finalement, le roman de Bram Stoker crée une seule intimité et une seule conscience. le groupe qui s'oppose à Dracula est une entité multiple, mais dont la pensée est unique et n'a qu'un seul but, détruire le vilain pas beau.
    Le roman s'agrémente de quelques articles de journaux (l'anglais traduit mieux la différence entre newspapers et diary) qui décrivent d'étranges phénomènes, comme une tempête sur Londres ou l'apparition d'une très belle dame aux abords d'un cimetière. L'intrusion d'une réalité supposément objective ne sert en réalité qu'à nourrir les écritures subjectives des personnages qui, même s'ils prétendent faire acte de réflexion, se laissent constamment déborder par leurs émotions et leurs craintes.
    Le plus moins prolixe d'entre eux est van Helsing, mais ses propos sont toujours fidèlement rapportés par les autres protagonistes. À l'instar de Dracula, c'est parce qu'il produit peu de contenu écrit qu'il semble vraiment puissant. van Helsing et Dracula ne s'incarnent pas dans l'écriture, mais dans l'action. le professeur flamand est le seul réel adversaire du comte : les autres ne sont que des sous-fifres, certes dévoués et courageux, mais constamment sceptiques et sujets à des accès d'émotion. van Helsing est « un philosophe, métaphysicien, un des hommes de science les plus avancés de cette époque, un de ces rares hommes qui, en dépit de son monstrueux savoir, ait gardé un esprit ouvert. Ajoutez à cela des nerfs d'acier, un tempérament que rien ne vient briser, une résolution indomptable, une maîtrise de soi, une tolérance sans pareille et, enfin, un cœur d'or. » (p. 155) Bref, il a tous les traits du héros sotériologique.
    Reste Mina Harker, la deuxième victime féminine de Dracula. Dotée de toutes les qualités qu'une femme peut espérer, elle surpasse la valeur de son sexe : « Cette merveilleuse madame Mina ! Elle a le cerveau d'un homme, d'un homme supérieurement intelligent, […] mais le cœur d'une femme. » (p. 312) Bram Stoker ne cesse d'accumuler les poncifs au sujet de Mina et des talents des femmes. Passé cette écœurante misogynie, il faut reconnaître que Mina se pose en négatif du comte : bien que contaminée et attirée par le chant macabre du vampire, elle reste animée d'une âme pure. Mais en se livrant comme elle le fait au travers de son journal, elle ne peut prétendre au statut fascinant qu'occupe Dracula. Elle reste désespérément humaine et, à mon sens, désespérément insipide.
    Un dernier point sur l'opposition entre l'Occident industriel et rationnel et l'Orient mystérieux et effrayant. Quand Jonathan Harker arrive en Transylvanie, il incarne l'homme moderne issu d'un monde de sciences et s'oppose immédiatement au comte Dracula qui ne vit que par les traditions et le folklore des siècles passés. C'est bien un choc des cultures et des époques qui s'opère. Quand Dracula rejoint l'Angleterre, ce choc se matérialise par la terrible tempête qui s'abat sur le port anglais. le rationnel recule un peu et perd pied devant tant de puissance occulte. « Vous savez déjà combien l'étrange, ici, peut s'imposer à vous. » (p. 39) Mais les manifestations étranges ne suffisent pas à convaincre. Dracula, c'est aussi un roman de la croyance et du doute. Seul van Helsing est pétri de certitudes, il est le prophète qui ouvre la voie et les esprits de ses compagnons. « Pensez ce que vous voulez. Ne craignez même pas de considérer l'impossible. » (p. 177), leur dit-il, ou encore « Vous ne croyez pas qu'il existe des forces que vous ne pouvez comprendre – ce qui n'exclut pas leur existence ? » (p. 255) En cela, c'est aussi au lecteur qu'il s'adresse. van Helsing est l'avatar de l'auteur : dès le début, il détient le sens et le savoir et, même s'il use de précautions pour le diffuser, il n'a de cesse de vouloir convaincre son auditoire. Une fois que cela est fait, la chasse au monstre n'est plus qu'une formalité. Plus que détruire l'ignominie, il s'agit avant tout d'y croire.
    Bon, et après tout ça, est-ce que ce roman m'a plu ? Je dirais que j'ai surtout pris plaisir à lire l'histoire d'un vampire qui soit un vrai méchant et non un adolescent blafard au régime sans protéine. La bit-lit, très peu pour moi, sauf celle où le vampire met du cœur à l'ouvrage !
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    • Livres 5.00/5
    Par gill, le 22 janvier 2013

    gill
    Oscar Wilde disait de cette œuvre qu'elle était, peut-être, le plus beau roman de tous les temps.
    Assurément, c'est le livre qui réussit à cristalliser en une expression durable le mythe fascinant du vampire, à en incarner l'archétype, à en construire la silhouette évocatrice et pittoresque.
    Bram Stoker, un écrivain irlandais, s'inspira, pour créer son personnage, du personnage de Vlad, fils de feu le prince Mircea, Voïvode des régions transalpines qui fut surnommé "Drakula" dès 1438 du fait de sa grande cruauté.
    Dracula est inséparable du pays qui l'a vu naître. le terme "Drakul", employé en Roumanie pour désigner les mauvais esprits, désigne aussi les vampires.
    L'âme de ces monstres ne quitte pas leur corps et, en attendant la délivrance de leur malédiction, ils vont, la nuit venue, sucer le sang des villageois.
    Ce roman est assez classique dans son récit. Jonathan Harker quitte son pays pour une destination lointaine qui se révèle cacher un terrible secret.
    Sa route est semée d'avertissements, de mauvais présages. - Quelques unes des plus belles pages sont celles, reprises en 1914 sous la forme d'une nouvelle intitulée "L'invité de Dracula", et qui initialement faisait partie du roman - Il devra, finalement, affronter le monstre.
    Mais le talent de Bram Stoker fait de cet ouvrage un chef d'œuvre de la littérature romantique et fantastique.
    Le livre, tombé dans l'oubli, remporte à nouveau, depuis de nombreuses années, un énorme succès, sûrement grâce au cinéma qui s'est emparé du mythe.
    En avril 1963, Jean Boullet organisa une belle exposition à la librairie "Mandragore" qui, entièrement consacrée à Dracula, comportait des couvertures de livres, de disques et d'illustrés, différentes éditions de l'œuvre, des extraits de journaux mais aussi de nombreux documents cinématographiques de tout premier ordre.
    Depuis, le public a su remonter à l'œuvre originale et le succès ne s'est jamais démenti.
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    • Livres 5.00/5
    Par LydiaB, le 18 avril 2010

    LydiaB
    La structure du roman est originale. On suit l'histoire à travers différents journaux, celui de Jonathan Harker, du docteur Seward ou de Mina Murray, journal de bord du Déméter... ou encore à travers des échanges épistolaires. Il y a donc plusieurs narrateurs et le lecteur, de ce fait, partage les sentiments de chaque personnage.
    Le style, ensuite est intéressant: Stoker laisse sans cesse planer le mystère. Ainsi, au début du journal de Jonathan, on apprend que ce dernier connaît le Comte Dracula mais ne sait pas et surtout ne trouve pas son château. Il reçoit une lettre de son futur hôte et lorsqu'il demande des détails à l'aubergiste, ce dernier est très embarrassé et fait mine de ne pas comprendre l'allemand. D'entrée de jeu, le champ lexical négatif peut nous mettre sur la voie: « régions des plus sauvages ; cauchemars ; terribles crues; violents ; barbares etc... » Pourquoi le personnage n'arrive t-il pas à dormir ? Pourquoi l'aubergiste fait-il le signe de croix et affirme t-il ne rien savoir ? Qu'est-ce que cette fameuse nuit de la Saint-Georges ?
    Harker ne tient pas compte de tout ceci. Il trouve même l'épouvante de la femme de l'aubergiste ridicule. Cependant, il accepte quand même le crucifix et le chapelet qu'elle lui offre. le fait-il par simple politesse ou commence t-il à craindre quelque chose ?
    A partir de ce moment là, le vocabulaire s'amplifie. On trouve ainsi des termes tels que : « adieu ; Satan ; Enfer ; Sorcière ; Loup-Garou ; Vampire ». Des motifs deviennent récurrents: le signe de croix ; les chapelles ; la couleur rouge ; la couleur noire. le paysage lui-même devient mystérieux avec les collines escarpées, les crevasses dans les rochers, le brouillard... Tout commence à s'agiter: les chiens hurlent, les chevaux se cabrent, Harker a l'impression de refaire le même chemin. On sent le passage de la peur à la terreur, sans compter les phénomènes étranges, comme le conducteur de la calèche disparaissant et réapparaissant soudain.
    Le lecteur ressent le malaise de Jonathan, et bien que l'on connaisse l'histoire, on serait presque tenté de croire que le personnage va s'en sortir ou rebrousser chemin. Les différents motifs, les différents champs lexicaux reviennent tout au long du texte.
    Ce qui m'a également intéressée, c'est le personnage de Dracula. Je l'ai trouvé « humain » , du moins, au début: il met la table, range la chambre de son invité, lui propose de voir sa bibliothèque... On a même l'impression qu'il défend Jonathan, qu'il ne lui veut aucun mal. Ainsi, le comte prend sur lui pour ne pas lui sauter à la gorge lorsque Jonathan se coupe en se rasant. de même, il intervient violemment lorsque ce dernier est attaqué par les femmes vampires. Cependant, ce n'est vraiment qu'une impression car on comprend très vite que c'est pour en faire sa proie. Dracula se révèle être un esprit machiavélique. J'en veux pour preuve les lettres qu'il fait écrire à Jonathan, celles qu'il va envoyer pour que personne ne s'inquiète du silence de Jonathan. Là encore, ce dernier sait qu'il signe « son arrêt de mort ».

    Toute cette tension, ces différents caractères, le style au service de l'histoire fait que j'ai vraiment apprécié ce livre. La seule chose que je pourrais reprocher à ce texte, c'est, de temps en temps, le style précieux qui alourdit l'œuvre. Mais bon, c'est vraiment pour trouver un point négatif !!!


    Lien : http://www.lydiabonnaventure.com/litt%C3%A9rature-du-xixe-si%C3%A8cl..
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    • Livres 5.00/5
    Par Woland, le 05 mai 2010

    Woland
    Des éclairs qui annoncent le XXème siècle illuminent les personnages et tout particulièrement les femmes.
    Après le comte, pour beaucoup de lecteurs, le personnage principal restera Mina Murray, devenue par son mariage Mina Harker. Sous son apparence de jeune victorienne bien élevée, elle dissimule un caractère ferme et puissant. Dans le duo qu'elle forme avec Jonathan, puis dans le groupe d'hommes résolus à traquer Dracula, c'est elle, le pilier, le roc, le pivot. Pour compléter son portrait, Stoker laisse - avec discrétion - deviner en elle une sensualité réelle, attirée - et éveillée en partie - par son unique rapport avec le vampire.
    Le personnage de Lucy Westenra, la malheureuse jeune fille que Dracula vampirise dès son arrivée à Londres, est peut-être moins intelligente que son amie Mina. Mais son aura sexuelle, déjà perceptible avant qu'elle devienne la victime du comte, est presque insoutenable. A tel point qu'il ne serait pas déplacé de voir en ce personnage une projection des incroyables refoulements victoriens.
    Parmi les héros masculins, j'ai un faible pour van Helsing bien sûr, excentrique, excessif, profondément intelligent et dont on a parfois l'impression qu'il est tout aussi fasciné que nous par celui qu'il veut tuer, et pour Renfield, le dément qui tente en vain de protéger Mina. Les autres, eh ! bien, ils sont là pour donner la réplique. En outre, si Renfield ne fait pas mystère de son désir d'égaler "le Maître", il n'est pas exclu que van Elsing n'abrite pas en lui un désir similaire (Enfin, ce n'est que mon opinion. ;o) ) et qu'il tente donc de détruire aussi bien Dracula que ses propres fantasmes de surpuissance - sur tous les plans, y compris sexuel.
    Bref, si j'ai un conseil à vous donner, abandonnez toutes vos idées préconçues sur Dracula, l'homme, le vampire et le roman, idées qui, pour la plupart, viennent du traitement cinématographique infligé au mythe. Et plongez-vous dans ce gros volume où vous attend l'un des enfants les plus ténébreux et les plus séduisants de la littérature d'épouvante. Oui, invitez-vous chez Dracula : vous verrez, c'est un hôte inoubliable. (Fin de la critique)
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    • Livres 3.00/5
    Par Missbouquin, le 11 mars 2013

    Missbouquin
    Tout le monde connaît Dracula bien sûr ! Depuis la fin du XIXe siècle avec la publication du roman de Stoker, les romans, films, jeux vidéos, bande-dessinées ont pullulé autour de cette figure qui a contribué à populariser LE VAMPIRE. Mais êtes-vous sûrs de connaître le vrai Dracula, l'originel ?
    Bram Stoker n'a pourtant pas tout inventé : tout au long du XIXe siècle, plusieurs romans ont été publié sur ce thème, particulièrement avec la mode du roman gothique en Angleterre au début du siècle. Citons entre autres The Vampire de Polidori (1819), Carmilla de le Fanu (1871) ou même le Château des Carpates de Jules Verne (1892).
    Rajoutons que son texte n'est pas extraordinaire : si la construction est originale, puisque c'est un roman épistolaire composé de différents textes écrits par tous les protagonistes (sauf Dracula lui-même), le style peut parfois être lourd, et l'histoire avance très lentement.
    Alors pourquoi ce succès ?
    Tout tient en fait – et ce n'est pas étonnant – par le personnage du comte Dracula lui-même. Inspiré par la figure de Vlad l'Empaleur, héros roumain, dont le père s'appelait Dracul, dragon en roumain, Stoker est allé chercher loin dans le folklore roumain. Au-delà d'un monstre atroce et pervers, Dracula est surtout un être damné, un non-mort, dont les personnages n'arriveront jamais à connaître toutes les facettes. Ironiquement, van Helsing – un des héros, et l'adversaire principal de van Helsing – va lui-même chercher des informations sur Dracula dans les livres, plongeant dans le folklore et essayant tour à tour les armes qui ont été préconisées contre un tel monstre.
    « This vampire which is among us is of himself so strong in person as twenty men; he is of cunning more than mortal, for his cunning be the growth of ages; he have still the aids of necromancy », etc etc.
    Pourtant, l'ambiguïté du roman tient surtout en l'opposition entre un être fantastique tel que Dracula, et le monde moderne de l'Angleterre du XIXe, sortant victorieuse de deux révolutions industrielles où l'on croise la machine à écrire, le train, le télégraphe.etc. Et parallèlement, les personnages utilisent le crucifix, l'eau bénite, la rose, l'ail pour combattre LE VAMPIRE
    « We have to identified the box, we shall place a branch of the wild rose on it. This we shall fasten, for when it is there none can emerge; so at least says the superstition. And to superstition must we trust at the first; il was man's faith in the early, and it have its root in faith still. »
    Deux notes sur le contexte : il faut remarquer que Stoker a placé l'action dans sa propre époque, et non pas comme une histoire venant du passé. Et puis qu'il l'a publié en pleine terreur de Jack l'Eventreur qui sévissait à Londres à cette époque …
    On trouve bien d'autres choses dans ce texte, que je ne peux détailler ici : l'importance de la science; la folie qui rôde; la parole, etc.
    Dans tous les cas, c'est bien ce Dracula qui a fondé le mythe moderne du vampire. Stoker a d'ailleurs inventé des particularités qui resteront jusqu'aux textes d'aujourd'hui : le pieu pour le tuer; la possibilité de se transformer en chauve souris; l'impossibilité de supporter la lumière du jour; l'absence de reflet du monstre dans un miroir. Et c'est bien son Dracula qui a inspiré les centaines d'œuvres littéraires, cinématographiques, et autres, dont Twilight n'est que le dernier et pâle avatar au sein d'une longue série.
    Au-delà de toutes ces réflexions intéressantes, je ne peux pas dire que ce texte m'ait passionné. En réalité, il était bien trop long, sentiment qui a été aggravé par le fait que je l'ai lu en anglais. A raison de 30 pages par jour dans le RER, je me suis rapidement lassée, même si mon intérêt a été ranimé à plusieurs reprises. de plus, le style m'a particulièrement énervé. Je ne parle pas de l'anglais toujours un peu lourd de la fin du XIXe, mais plutôt des reprises multiples de certaines phrases et expressions. Bref à de nombreux moments, j'avais plus envie d'être du côté de Dracula que du côté des héros qui s'en donnent à cœur joie avec leurs « poor Lucy », « poor Mina », « oh qu'elle était gentille », « oh qu'il était bon », « oh que je vous aime ami John. » Au bout de 400 pages en anglais, je n'avais qu'une envie : en finir le plus rapidement possible.
    Je suis néanmoins contente d'avoir pu retourner à la source de ce mythe important, malgré cette déception, et je ne peux que vous encourager à en faire de même, mais en français …

    Lien : http://missbouquinaix.wordpress.com/2013/03/02/quand-je-rencontre-le..
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Citations et extraits

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  • Par Gwen21, le 13 mai 2013

    [le narrateur s'adresse à un ami qui vient de perdre un être cher]
    Je le consolai de mon mieux. Les paroles, en de telles circonstances, sont inutiles. Une poignée de main, ou une main fortement appuyée sur l'épaule de l'ami dans l'affliction, ou encore un sanglot se mêlant aux siens, ce sont là des expressions de sympathie que le cœur reconnaît tout de suite.

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  • Par Gwen21, le 08 mai 2013

    [...] elle essaya de me rassurer, et j'avoue qu'elle y réussit dans une certaine mesure, car si la sympathie de nos amis ne change évidemment rien aux faits tels qu'ils sont, elle nous les rend tout de même plus supportables.

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  • Par Gwen21, le 07 mai 2013

    Un homme - et ils sont tous pareils - aime que les femmes, et surtout la sienne, soient sincères ; mais les femmes, je le crains, ne sont pas toujours aussi franches qu'elles devraient l'être.

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  • Par Gwen21, le 04 mai 2013

    Il me semble que plus on va vers l'est, plus les trains ont du retard.

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  • Par Woland, le 05 mai 2010

    [...] ... Journal de Mina Murray

    Whitby, 24 juillet - Lucy, plus jolie et plus charmante que jamais, est venue me chercher à la descente du train, et nous nous sommes rendues aussitôt à l'hôtel du Crescent où elle et sa mère ont leurs appartements. C'est un endroit ravissant. Une petite rivière, l'Esk, coule au travers d'une vallée profonde qui s'élargit peu à peu aux abords du port. Un grand viaduc passe au-dessus, supporté par de hauts piliers ; quand on regarde entre ceux-ci, le paysage apparaît plus étendu qu'il ne l'est en réalité. La vallée est très belle, d'un vert magnifique, et les collines sont si escarpées que lorsque vous vous trouvez au sommet de l'une ou de l'autre, c'est à peine si vous apercevez le creux au fond duquel serpente le cours d'eau, à moins que vous ne vous teniez au bord du précipice. Les maisons de la vieille ville sont toutes coiffées de toits rouges, et semblent grimper les unes sur les autres, comme on le voit sur les gravures qui représentent Nuremberg. A peine à-t-on quitté la ville, on arrive aux ruines de l'ancienne abbaye de Whitby qui fut mise à sac par les Danois et où se situe une partie de "Marimon", la scène entre autres où la jeune fille est emmurée vive. Ce sont des ruines immenses, qui vous donnent un réel sentiment de grandeur, et pittoresques par plus d'un aspect. Une légende veut que parfois ... une dame en blanc apparaisse à l'une des fenêtres. Entre ces ruines et la ville, s'élève le clocher de l'église paroissiale, laquelle est entourée d'un vaste cimetière. A mon avis, c'est le plus bel endroit de Whitby : on a de là une vue magnifique sur le port et sur la baie d'où un promontoire s'avance dans la mer. Dans le port, ce promontoire devient si abrupt que les bords se sont éboulés et que certaines tombes - car le cimetière se prolonge jusque là - ont été détruites. Des allées plantées d'arbres traversent le cimetière, et des bancs invitent les promeneurs à s'asseoir des heures entières tout en contemplant le paysage et en s'abandonnant aux caresses de la brise marine. Moi-même, je viens souvent m'y installer pour travailler. En fait, je suis assise en ce moment sur un de ces bancs et j'écris, mon cahier sur les genoux, non sans écouter cependant la conversation de trois vieillards près de moi qui, sans doute, n'ont rien à faire de toute la journée que se réunir ici pour parler de la pluie et du beau temps.

    A mes pieds, c'est le port et, au-delà, un long mur de granit qui s'enfonce dans la mer et finalement dessine une courbe au milieu de laquelle se dresse un phare. Le paysage est admirable à marée haute mais, quand la mer se retire, on ne voit plus en fait d'eau, que l'Esk qui coule entre les bancs de sable en contournant çà et là un rocher. Plus loin que le port, mais de ce côté-ci, s'élève, sur la longueur d'environ un demi-mille, un haut banc de roches qui part de derrière le phare ; au bout, se trouve une bouée munie d'une cloche qui sonne lugubrement par gros temps. Une légende locale veut que, lorsqu'un bateau est perdu, les marins entendent cette cloche jusque en haute mer ... Il faut que je demande à ce vieillard qui vient vers moi si cela est vrai ...[...]
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