Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures Inscription classique


> Lucienne Molitor (Traducteur)

ISBN : 2290349496
Éditeur : J'ai Lu (2005)


Note moyenne : 4.1/5 (sur 1527 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Jonathan Harker, jeune notaire, est envoyé en Transylvanie pour rencontrer un client, le Comte Dracula, nouveau propriétaire d'un domaine à Londres. A son arrivée, il découvre un pays mystérieux et menaçant, dont les habitants se signent au nom de Dracula.
Malgré... > voir plus
Ajouter une citation Ajouter une critique

> voir toutes (195)

Critiques, analyses et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 5.00/5
    Par gill, le 22 janvier 2013

    gill
    Oscar Wilde disait de cette œuvre qu'elle était, peut-être, le plus beau roman de tous les temps.
    Assurément, c'est le livre qui réussit à cristalliser en une expression durable le mythe fascinant du vampire, à en incarner l'archétype, à en construire la silhouette évocatrice et pittoresque.
    Bram Stoker, un écrivain irlandais, s'inspira, pour créer son personnage, du personnage de Vlad, fils de feu le prince Mircea, Voïvode des régions transalpines qui fut surnommé "Drakula" dès 1438 du fait de sa grande cruauté.
    Dracula est inséparable du pays qui l'a vu naître. le terme "Drakul", employé en Roumanie pour désigner les mauvais esprits, désigne aussi les vampires.
    L'âme de ces monstres ne quitte pas leur corps et, en attendant la délivrance de leur malédiction, ils vont, la nuit venue, sucer le sang des villageois.
    Ce roman est assez classique dans son récit. Jonathan Harker quitte son pays pour une destination lointaine qui se révèle cacher un terrible secret.
    Sa route est semée d'avertissements, de mauvais présages. - Quelques unes des plus belles pages sont celles, reprises en 1914 sous la forme d'une nouvelle intitulée "L'invité de Dracula", et qui initialement faisait partie du roman - Il devra, finalement, affronter le monstre.
    Mais le talent de Bram Stoker fait de cet ouvrage un chef d'œuvre de la littérature romantique et fantastique.
    Le livre, tombé dans l'oubli, remporte à nouveau, depuis de nombreuses années, un énorme succès, sûrement grâce au cinéma qui s'est emparé du mythe.
    En avril 1963, Jean Boullet organisa une belle exposition à la librairie "Mandragore" qui, entièrement consacrée à Dracula, comportait des couvertures de livres, de disques et d'illustrés, différentes éditions de l'œuvre, des extraits de journaux mais aussi de nombreux documents cinématographiques de tout premier ordre.
    Depuis, le public a su remonter à l'œuvre originale et le succès ne s'est jamais démenti.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 72         Page de la critique

    • Livres 4.00/5
    Par zaphod, le 17 novembre 2014

    zaphod
    Vous savez, il faut donner du sang. C'est bien de donner du sang. Ça peut sauver des vies. Et ça pourrait même être la vôtre, la vie à sauver.

    Et c'est génial, il y a des entreprises qui organisent des collectes de sang au boulot. C'est vraiment la preuve que notre société capitaliste n'est pas basée que sur le profit et l'exploitation effrénée des ressources, et que l'Humain est aussi important. Mon entreprise est comme ça et je suis fier de mon entreprise.

    Bien sûr, il faut s'inscrire à l'avance. Il y a des listes qui circulent.
    Evidemment, rien n'est obligatoire, et bon, si votre nom n'est pas sur la liste, ça ne veut pas nécessairement dire que vous êtes un monstre d'égoïsme qui ne pense qu'à profiter du système mais n'est jamais prêt à participer au moindre effort collectif, personne ne vous juge, vous savez, ça se joue entre vous et votre conscience.

    "C'est génial", a dit le chef, "sur les vingt membres de l'équipe, dix-sept sont déjà inscrits pour le don de sang. Je crois qu'on est bien parti pour être les meilleurs contributeurs de la zone". Parce que bien sûr, pour motiver les gens, rien de tel qu'un peu de compétition, on est quand-même un peu dans une société capitaliste, malgré notre profond engagement social. Et les trois collaborateurs qui ne sont pas sur la liste, ils ont probablement de bonnes raisons, c'est pas parce qu'ils ne participent pas à l'effort commun qu'ils n'ont pas l'esprit d'équipe, il faut surtout éviter de les stigmatiser et de les ostraciser.

    Moi, par exemple,si je n'étais pas sur la liste, c'est simplement, euh, que j'avais oublié, j'ai tellement de boulot, mais j'ai rapidement réparé cet oubli malencontreux.

    Le jour de la collecte, il y avait plusieurs grosses ambulances blanches de la Croix Rouge garées sur le parking, dont une sur mon emplacement réservé, mais c'est de bon coeur que j'ai marché un kilomètre sous la pluie et payé la contravention de stationnement interdit, c'est pour la bonne cause.
    Ils avaient transformé le réfectoire en sorte d'infirmerie de campagne. Ils avaient poussé les tables et les chaises de la cantine et installé une longue rangée de civières à roulettes, l'intimité n'était pas à l'ordre du jour, esprit d'équipe oblige.

    La première chose à faire, c'était de remplir un questionnaire.
    Rien de personnel, ce sont juste des questions pour vérifier que votre sang ne présente pas de risque particulier pour la salubrité publique, voici celles dont je crois me souvenir:
    - Avez-vous voyagé récemment en Sierra Leone ou au Liberia?
    - Avez-vous eu récemment des rapports sexuels non protégés avec un(e) nouveau/elle partenaire (ou plusieurs)?
    - Etes-vous homosexuel?
    - Prenez-vous des drogues par injection intraveineuse?
    - Souhaitez-vous la présence d'un prêtre en cas de complication grave?
    - Avez-vous récemment pratiqué la zoophilie avec des volailles en provenance d'Asie, ou dont vous avez des doutes sur la provenance.
    - Etes-vous à l'instant sous l'emprise de l'alcool ou d'autres drogues?
    - Avez-vous menti dans une ou plusieurs de vos réponses à ce questionnaire?

    Alors là, votre courage est mis rudement à l'épreuve, parce que vous sentez bien que si vous cochez la case zoophilie, vous allez probablement échapper à l'épreuve de l'aiguille dans le bras, et la tentation est grande. Mais si comme moi vous avez un peu de fierté personnelle, vous n'allez pas supporter l'idée de retraverser toute la salle sous le regard désapprobateur et suspicieux de collègues avec qui vous allez encore devoir partager la fontaine à eau dans les jours qui suivent.
    Donc non, je dois bien avouer qu'au niveau drogues dures et zoophilie, j'ai un casier vierge et blanc comme neige.

    Et donc on vous invite à prendre place sur une civière en vous demandant "c'est la première fois?", et je suppose que ça doit apparaître en grosses lettres lumineuses sur votre front, alors pourquoi le demander?
    Et là, si vous êtes de sexe mâle et que vous n'avez coché ni la case homosexuel ni la case zoophilie du questionnaire, vous vous posez la question de savoir que sont devenues toutes ces jolies infirmières en robe blanche et courte et décolletée qu'on voit sur les publicités pour écoles d'infirmières (que j'aime bien consulter même si je n'ai jamais voulu devenir infirmière), ou sur les mailings de récolte de fonds au bénéfice de la Croix Rouge (non contents de pomper ton sang, ils faut qu'ils essaient en même temps de pomper ton fric), ou sur les publicités pour hôpitaux (eh oui, maintenant, même les hostos font de la pub - radiographie, intraveineuse, et plus si affinité).
    Mais comme toujours, on se fait entuber ou intuber ou les deux, pas de jolies infirmières, mais des infirmiers gros et vieux et pas l'air gentil, et la blouse blanche pas très nette (ce sont des taches de sang?).

    Alors, je suis installé entre deux collègues, celui de la civière de gauche me parle d'un match de foot, celui de la civière de droite du contrat pour le Sénégal (je peux donner du sang si j'ai travaillé sur le contrat pour le Sénégal?). Ils n'ont pas l'air stressé (comment ils font?). Civière gauche a déjà l'aiguille dans le bras (elle est bien longue!), et la poche au bout du tube presque remplie de sang. Mais qu'est-ce qu'il fout, l'infirmier, il prépare une autre poche? Mais combien ils en prennent? Il faut que je me souvienne: on a combien de sang dans le corps? du calme (que je me dis), fais confiance aux professionnels, ils savent ce qu'ils font.

    Puis vient mon tour pour l'aiguille, et finalement, ça ne fait pas très mal, il suffit d'éviter de penser qu'on a une longue aiguille qui pénètre le bras et s'enfonce dans une veine. Surtout ne pas penser que j'ai une aiguille dans une veine, ne pas penser que j'ai une aiguille dans une veine. Si seulement c'était une infirmière comme dans les brochures, je pourrais penser à autre chose qu'à l'aiguille dans ma veine.

    Je me demande si c'est bientôt fini. Allez, je regarde? Oui, je regarde.
    Et je m'aperçois que ma pochette n'est même pas remplie au quart, alors que civière gauche est en train de terminer de remplir sa deuxième poche, avec l'air fatigué, mais satisfait du devoir accompli, mais aussi empreint de modestie, les vrais héros ne se vantent pas de leurs exploits, l'important est qu'ils puissent se regarder dans la glace le matin, et le monde peut bien continuer à tourner dans l'insouciance.

    C'est pas normal. J'ai peut-être une chute de tension, plus de pression dans les veines, le sang qui ne circule plus. J'appelle l'infirmier.
    - Dites, c'est normal que ma pochette ne se remplisse pas?
    - Oui, ça arrive parfois (il tripote un peu l'aiguille - j'aime pas ça - quelques gouttes tombent dans la pochette). Ça devrait aller maintenant (il me donne une balle en mousse). Si ça ne démarre pas, jouez à écraser cette balle, ça va activer l'écoulement.
    J'écrase la balle tant que je peux, ça fait un peu mal, mais ça ne coule toujours pas. Civière droite a déjà terminé aussi. En fait, il n'y a plus grand monde dans la salle.

    L'infirmier revient. Il voit ma poche presque vide. Il a l'air mécontent.
    - Vous avez écrasé la balle comme je vous l'avais dit?
    - Mais oui.
    - Ecoutez, monsieur, faites un petit effort, regardez, presque tous vos collègues ont terminé.
    - Mais je ne vois pas ce que je peux faire de plus. C'est quand-même pas de ma faute.
    - Relevez-vous un peu, pour voir?
    Et là, je m'assieds, puis ma vue se brouille, je deviens aveugle, et j'entends l'infirmier dire "appelle le médecin, on en a un qui nous fait une syncope", puis plus rien.

    Quand je me suis réveillé, toutes les civières avaient disparu, sauf la mienne.
    L'infirmier s'est approché. La première chose qu'il m'a dite:
    - C'est malin, vous n'avez même pas produit une demi pochette. Il faut au moins qu'une pochette soit à moitié remplie pour pouvoir l'utiliser. On va devoir jeter la vôtre.
    Il a appelé le médecin, qui a pris ma tension et a prononcé son diagnostic:
    - C'est bon. Donnez-lui un coca.
    Puis il est parti.
    L'infirmier m'a aidé à marcher jusqu'à une chaise, puis il est parti lui aussi en poussant sa civière.

    Je me sentais mal et très faible, incapable de marcher. le coca passait mal.
    Un collègue a fini par arriver dans la cantine.
    - Alors Zaph, ça a été le don de sang?
    - Non.
    - C'est vrai que t'es tout pâle. Tu devrais rentrer chez toi. J'ai un cousin qui...
    - Surtout, ne me dis pas ce qui est arrivé à ton cousin. Je ne me sens pas capable de marcher jusqu'à ma voiture. Je sais même plus où je l'ai garée.
    - Tu veux que je te ramène chez toi?
    - Ce serait sympa.

    J'ai pas tenu jusqu'à la maison. J'ai vomi dans sa voiture.
    Et vu la quantité, il faut croire que je suis bien meilleur pour produire du vomi que du sang. Je suis quand-même bon à quelque chose, finalement. Malheureusement pour moi, j'ai jamais vu personne organiser des collectes de vomi.
    Puis j'étais tellement faible que j'ai du rester au lit pendant 48 heures. Manque de bol, c'était un vendredi.

    Justement, cette semaine, j'ai reçu une gentille lettre de la Croix Rouge m'invitant à participer à une collecte de sang près de chez moi. Je suis dans leurs fichiers de donneurs, maintenant!
    Je leur ai moi aussi fait une réponse gentille:
    "Chère Croix Rouge, bien sûr, je viendrai avec plaisir. Mais rassurez-moi; la semaine dernière, dans le cadre d'un voyage organisé, je suis allé au Libéria pratiquer la zoophilie sur des canards laqués homosexuels nourris au hashish, et je ne suis pas certains que mon canard n'a pas eu d'autres partenaires. J'espère que ça ne pose pas de problème?"

    Je ne sais pas ce qu'ils m'ont fait exactement, ces vampires de la Croix Rouge, mais comparé à eux, le Dracula de Bram Stoker, je trouve que c'est un vampire en peluche.

    Mais surtout, le message important: pensez à donner votre sang! Ça peut sauver des vies.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          4 31         Page de la critique

    • Livres 4.00/5
    Par LiliGalipette, le 11 décembre 2011

    LiliGalipette
    Tout le monde connaît le pitch ! Jonathan Harker, un jeune Anglais, invité par le comte Dracula en Transylvanie, est témoin de choses étranges et effrayantes. le terrible seigneur se rend ensuite à Londres et fait de Lucy, une adorable jeune fille, sa proie et son esclave. Après la mort de la douce créature, une troupe d'hommes valeureux, mené par le professeur van Helsing, part à la chasse au monstre jusqu'en Transylvanie, essayant ainsi de sauver Mina, l'épouse de Jonathan Harker. Ce roman est le creuset et la source de toutes les représentations fantasmées des vampires et de leur univers : le mythe du sang comme liquide vital par excellence, l'aspect sensuel et écœurant de la succion, le pouvoir protecteur de l'ail et des objets bénis, etc. etc.
    Voilà pour le fond, je m'intéresse surtout à la forme. le roman est constitué des différents journaux des protagonistes : ceux de Jonathan et Mina Harker, celui du Docteur Seward, celui de Lucy Westenra et celui de son fiancé, Arthur Holmwood. Il y a également des lettres et télégrammes échangés entre les personnages. D'un écrit à l'autre, le lecteur découvre d'abord les différents personnages et les liens qui les unissent. Au-delà des portraits des personnages se dessine en creux celui du héros, celui que tous traquent, le fameux Dracula. Alors qu'il est le personnage éponyme du roman, aucune de ses pensées intimes n'est dévoilée. Dracula est hermétique, mais il s'insinue partout. L'artifice littéraire que constitue la rédaction de journaux est prétexte au dévoilement de toutes les intimités. le lecteur, comme Dracula, devient un profanateur et un violeur absolu qui ne connaît pas les limites de la pudeur.
    À mesure que la quête avance et que la chasse au monstre est lancée, les protagonistes lisent les écrits des uns et des autres afin de constituer une somme de connaissances sur Dracula. Mais l'effet secondaire est une nouvelle destruction des barrières de l'intimité. Que le lecteur sache tout des personnages, c'est le principe même de la lecture, mais que les personnages deviennent transparents les uns aux autres, c'est pousser la volonté de savoir et la perversité de la curiosité à un paroxysme certain. « Chacun connaît à présent les secrets des autres et nul ne s'en porte plus mal. » (p. 313) Finalement, le roman de Bram Stoker crée une seule intimité et une seule conscience. le groupe qui s'oppose à Dracula est une entité multiple, mais dont la pensée est unique et n'a qu'un seul but, détruire le vilain pas beau.
    Le roman s'agrémente de quelques articles de journaux (l'anglais traduit mieux la différence entre newspapers et diary) qui décrivent d'étranges phénomènes, comme une tempête sur Londres ou l'apparition d'une très belle dame aux abords d'un cimetière. L'intrusion d'une réalité supposément objective ne sert en réalité qu'à nourrir les écritures subjectives des personnages qui, même s'ils prétendent faire acte de réflexion, se laissent constamment déborder par leurs émotions et leurs craintes.
    Le plus moins prolixe d'entre eux est van Helsing, mais ses propos sont toujours fidèlement rapportés par les autres protagonistes. À l'instar de Dracula, c'est parce qu'il produit peu de contenu écrit qu'il semble vraiment puissant. van Helsing et Dracula ne s'incarnent pas dans l'écriture, mais dans l'action. le professeur flamand est le seul réel adversaire du comte : les autres ne sont que des sous-fifres, certes dévoués et courageux, mais constamment sceptiques et sujets à des accès d'émotion. van Helsing est « un philosophe, métaphysicien, un des hommes de science les plus avancés de cette époque, un de ces rares hommes qui, en dépit de son monstrueux savoir, ait gardé un esprit ouvert. Ajoutez à cela des nerfs d'acier, un tempérament que rien ne vient briser, une résolution indomptable, une maîtrise de soi, une tolérance sans pareille et, enfin, un cœur d'or. » (p. 155) Bref, il a tous les traits du héros sotériologique.
    Reste Mina Harker, la deuxième victime féminine de Dracula. Dotée de toutes les qualités qu'une femme peut espérer, elle surpasse la valeur de son sexe : « Cette merveilleuse madame Mina ! Elle a le cerveau d'un homme, d'un homme supérieurement intelligent, […] mais le cœur d'une femme. » (p. 312) Bram Stoker ne cesse d'accumuler les poncifs au sujet de Mina et des talents des femmes. Passé cette écœurante misogynie, il faut reconnaître que Mina se pose en négatif du comte : bien que contaminée et attirée par le chant macabre du vampire, elle reste animée d'une âme pure. Mais en se livrant comme elle le fait au travers de son journal, elle ne peut prétendre au statut fascinant qu'occupe Dracula. Elle reste désespérément humaine et, à mon sens, désespérément insipide.
    Un dernier point sur l'opposition entre l'Occident industriel et rationnel et l'Orient mystérieux et effrayant. Quand Jonathan Harker arrive en Transylvanie, il incarne l'homme moderne issu d'un monde de sciences et s'oppose immédiatement au comte Dracula qui ne vit que par les traditions et le folklore des siècles passés. C'est bien un choc des cultures et des époques qui s'opère. Quand Dracula rejoint l'Angleterre, ce choc se matérialise par la terrible tempête qui s'abat sur le port anglais. le rationnel recule un peu et perd pied devant tant de puissance occulte. « Vous savez déjà combien l'étrange, ici, peut s'imposer à vous. » (p. 39) Mais les manifestations étranges ne suffisent pas à convaincre. Dracula, c'est aussi un roman de la croyance et du doute. Seul van Helsing est pétri de certitudes, il est le prophète qui ouvre la voie et les esprits de ses compagnons. « Pensez ce que vous voulez. Ne craignez même pas de considérer l'impossible. » (p. 177), leur dit-il, ou encore « Vous ne croyez pas qu'il existe des forces que vous ne pouvez comprendre – ce qui n'exclut pas leur existence ? » (p. 255) En cela, c'est aussi au lecteur qu'il s'adresse. van Helsing est l'avatar de l'auteur : dès le début, il détient le sens et le savoir et, même s'il use de précautions pour le diffuser, il n'a de cesse de vouloir convaincre son auditoire. Une fois que cela est fait, la chasse au monstre n'est plus qu'une formalité. Plus que détruire l'ignominie, il s'agit avant tout d'y croire.
    Bon, et après tout ça, est-ce que ce roman m'a plu ? Je dirais que j'ai surtout pris plaisir à lire l'histoire d'un vampire qui soit un vrai méchant et non un adolescent blafard au régime sans protéine. La bit-lit, très peu pour moi, sauf celle où le vampire met du cœur à l'ouvrage !
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 41         Page de la critique

    • Livres 3.00/5
    Par Gwen21, le 20 mai 2013

    Gwen21
    Je n'ai jamais été particulièrement attirée par la thématique des vampires mais disons que dans ma quête de connaissance des classiques de la littérature internationale, je ne voyais pas d'un mauvais oeil le fait de clouer Dracula à mon tableau de chasse.
    Quitte à lire une histoire de vampire, autant commencer par le commencement, non ? Alors, ça y est, c'est fait.
    Le style de Bram Stoker est très "XIXème siècle" (comprendra qui voudra, cette expression ne signifiant pas grand chose mais étant évocatrice), très gothique (comprendre un bon compromis entre fantastique et noirceur) et assez marquant même si pour moi l'écriture traîne souvent en longueur, plombant le rythme à plus d'une occasion. En clair, le récit m'a paru beaucoup trop long. Sur les 500 pages que compte l'édition "J'ai lu" que j'ai eue entre les mains, j'en aurais volontiers retranché un tiers.
    Pourtant, ça commençait plutôt bien, avec le journal de Jonathan Harker, ce jeune avoué envoyé en Transylvanie chez l'un des clients de son étude, le mystérieux comte Dracula... Connaissant bien la Roumanie (l'ancienne grande Hongrie à cette époque), les Carpates, la Transylvanie, etc... j'ai beaucoup aimé me retrouver dans des paysages évocateurs. D'ailleurs, s'il y a une contrée d'Europe orientale qui peut se prêter à une atmosphère fantastique, c'est bien celle-ci ! A cet égard, je trouve que Bram Stoker aurait souvent pu davantage "forcer le trait". Toute la première partie du roman où Jonathan est l'hôte contraint du comte Dracula m'a vraiment tenue en haleine, j'ai frissonné, j'ai eu peur...
    Hélas, tel un soufflet au fromage qu'on laisse refroidir à sa sortie du four, le récit s'est progressivement "dégonflé", laissant peu à peu place à l'ennui. J'ai encore été réceptive jusqu'à la tragédie qui frappe Lucy mais ensuite, je n'ai plus ressenti de frayeur et je me suis lassée de la narration indirecte où l'action passe entièrement par le croisement des journaux et chroniques écrites par les différents protagonistes ; cela gâche, à mon sens, une grande part de la spontanéité de l'aventure car évidemment quand vous lisez un journal qui vous narre ce qui vient de se passer, vous savez que celui qui écrit ledit journal en a "réchappé" et s'il ne commence pas son récit par des "Oh, mon Dieu, oh, terrible Humanité, etc.", c'est que dans l'ensemble tout va bien, vous me suivez ?
    Saupoudrez là-dessus une misogynie condescendante très XIXème, à peine voilée par le pudique écran d'une romantique galanterie et des sentiments étrangement intenses étant donnée leur soudaineté (les protagonistes vont en effet devenir aussi unis que les doigts de la main en seulement quelques instants alors que peu d'entre eux ont un passé commun par lequel une réelle amitié peut s'enraciner en toute légitimité)... Ainsi, aussi singulier que cela puisse paraître, je n'ai pas du tout été touchée par le sort de Mina. Cette jeune personne qui est pourtant le pivot du roman et qui fait l'admiration de tous les protagonistes, pour laquelle se déchaînent passions et dévotions m'a complètement laissée de glace, voire m'a agacée. Partant de là, difficile de compatir et difficile de rendre le péril qui la menace crédible à mes yeux.
    Enfin, et c'est sans doute pour cette ultime raison que je n'ai pas été entièrement séduite par cette oeuvre (même si je ne peux pas affirmer dans le même temps ne pas avoir aimé), je n'ai pas honte de dire que je n'ai pas tout compris ! Par exemple, comment Jonathan réussit à s'évader du château du comte où il est tenu prisonnier, ou le rôle de Renfield, le patient du Dr Seward, ou encore le dernier chapitre (dommage, sans doute est-ce la clé du récit ?) qui sonne comme un prologue déguisé en épilogue. Enfin, j'avoue être passée à côté de la plupart des raisonnements du Pr van Helsing quant à ses théories sur les non-morts...
    Alors, oui, ce roman m'a partiellement captivée, non, ce roman ne m'a pas complètement bouleversée, oui, je pense que je l'oublierai assez rapidement, non, je ne regrette pas de l'avoir découvert et oui et non, ce récit est obscur, mystérieux et envoûtant (ça dépend des moments).
    Dracula illustre ni plus ni moins que l'éternelle lutte entre le Bien et le Mal, entre Dieu et le Diable et ce roman plante en profondeur le mythe d'une humanité partagée entre les mortels et les immortels. S'il a servi de terreau à tout un genre littéraire, c'est qu'il est riche en éléments fantastiques qui ravivent la soif de l'homme pour une nature humaine divinisée, moins terrestre, moins fugace, moins humble... sans pour autant se démarquer suffisamment de la superstition ce qui, à mon sens, lui nuit.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          3 45         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par LydiaB, le 18 avril 2010

    LydiaB
    La structure du roman est originale. On suit l'histoire à travers différents journaux, celui de Jonathan Harker, du docteur Seward ou de Mina Murray, journal de bord du Déméter... ou encore à travers des échanges épistolaires. Il y a donc plusieurs narrateurs et le lecteur, de ce fait, partage les sentiments de chaque personnage.
    Le style, ensuite est intéressant: Stoker laisse sans cesse planer le mystère. Ainsi, au début du journal de Jonathan, on apprend que ce dernier connaît le Comte Dracula mais ne sait pas et surtout ne trouve pas son château. Il reçoit une lettre de son futur hôte et lorsqu'il demande des détails à l'aubergiste, ce dernier est très embarrassé et fait mine de ne pas comprendre l'allemand. D'entrée de jeu, le champ lexical négatif peut nous mettre sur la voie: « régions des plus sauvages ; cauchemars ; terribles crues; violents ; barbares etc... » Pourquoi le personnage n'arrive t-il pas à dormir ? Pourquoi l'aubergiste fait-il le signe de croix et affirme t-il ne rien savoir ? Qu'est-ce que cette fameuse nuit de la Saint-Georges ?
    Harker ne tient pas compte de tout ceci. Il trouve même l'épouvante de la femme de l'aubergiste ridicule. Cependant, il accepte quand même le crucifix et le chapelet qu'elle lui offre. le fait-il par simple politesse ou commence t-il à craindre quelque chose ?
    A partir de ce moment là, le vocabulaire s'amplifie. On trouve ainsi des termes tels que : « adieu ; Satan ; Enfer ; Sorcière ; Loup-Garou ; Vampire ». Des motifs deviennent récurrents: le signe de croix ; les chapelles ; la couleur rouge ; la couleur noire. le paysage lui-même devient mystérieux avec les collines escarpées, les crevasses dans les rochers, le brouillard... Tout commence à s'agiter: les chiens hurlent, les chevaux se cabrent, Harker a l'impression de refaire le même chemin. On sent le passage de la peur à la terreur, sans compter les phénomènes étranges, comme le conducteur de la calèche disparaissant et réapparaissant soudain.
    Le lecteur ressent le malaise de Jonathan, et bien que l'on connaisse l'histoire, on serait presque tenté de croire que le personnage va s'en sortir ou rebrousser chemin. Les différents motifs, les différents champs lexicaux reviennent tout au long du texte.
    Ce qui m'a également intéressée, c'est le personnage de Dracula. Je l'ai trouvé « humain » , du moins, au début: il met la table, range la chambre de son invité, lui propose de voir sa bibliothèque... On a même l'impression qu'il défend Jonathan, qu'il ne lui veut aucun mal. Ainsi, le comte prend sur lui pour ne pas lui sauter à la gorge lorsque Jonathan se coupe en se rasant. de même, il intervient violemment lorsque ce dernier est attaqué par les femmes vampires. Cependant, ce n'est vraiment qu'une impression car on comprend très vite que c'est pour en faire sa proie. Dracula se révèle être un esprit machiavélique. J'en veux pour preuve les lettres qu'il fait écrire à Jonathan, celles qu'il va envoyer pour que personne ne s'inquiète du silence de Jonathan. Là encore, ce dernier sait qu'il signe « son arrêt de mort ».

    Toute cette tension, ces différents caractères, le style au service de l'histoire fait que j'ai vraiment apprécié ce livre. La seule chose que je pourrais reprocher à ce texte, c'est, de temps en temps, le style précieux qui alourdit l'œuvre. Mais bon, c'est vraiment pour trouver un point négatif !!!


    Lien : http://www.lydiabonnaventure.com/litt%C3%A9rature-du-xixe-si%C3%A8cl..
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 46         Page de la critique

> voir toutes (121)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par Bellisa55, le 15 novembre 2014

    Pour qu'un homme comprenne à quel point le matin peut être doux à son coeur et à ses yeux, il faut que la nuit lui ait été cruelle.

    Commenter     J’apprécie          2 13         Page de la citation

  • Par zaphod, le 13 novembre 2014

    "Tell me, and I shall do it. My life is hers, and I would give the last drop of blood in my body for her." The Professor has a strongly humorous side, and I could from old knowledge detect a trace of its origin in his answer. "My young sir, I do not ask so much as that, not the last!"

    Commenter     J’apprécie          0 6         Page de la citation

  • Par Pavlik, le 07 novembre 2014

    Minuit. Long entretien avec le comte. Je lui ai posé quelques questions sur l'histoire de la Transylvanie, et il s'est merveilleusement enflammé sur le sujet. Quand il parle des événements et des personnages, surtout quand il évoque une bataille, on jurerait qu'il a assisté à tout, de ses propres yeux.

    Commenter     J’apprécie          0 18         Page de la citation

  • Par Pavlik, le 06 novembre 2014

    Heureusement que nous avons compris et sa force et le danger qu'il représentait ! [...] En tout cas, à présent, il est hors d'état de nuire. Un expert ne pourrait se débarrasser de la camisole de force qu'on lui a enfilée. De plus, nous l'avons enchaîné à la paroi de la cellule spéciale. Il pousse parfois des cris épouvantables mais les silences qui suivent sont encore plus effrayants car nous savons qu'à chaque seconde, alors, il médite ses meurtres, ses vengeances.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 17         Page de la citation

  • Par Xian_Moriarty, le 10 novembre 2014

    La mode est une crasse !

    Commenter     J’apprécie          0 1         Page de la citation

> voir toutes (31)

Videos de Bram Stoker

>Ajouter une vidéo
Vidéo de Bram Stoker

"Dracula" Livre vidéo. Non sous-titré. Non traduit.








Sur Amazon
à partir de :
5,45 € (neuf)
15,00 € (occasion)

   

Faire découvrir Dracula par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (3427)

> voir plus

Quiz