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> Lucienne Molitor (Traducteur)

ISBN : 2290349496
Éditeur : J'ai Lu (2005)


Note moyenne : 4.15/5 (sur 412 notes) Ajouter à mes livres
Comment Vlad III, prince de Valachie, dont le goût immodéré pour le supplice du pal lui valu le sobriquet de "Tepes" (l'Empaleur), est-il devenu, sous la plume de Bram Stoker, le comte Dracula ?

Comment un seigneur de la guerre mort au combat, en 1476, co... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par LiliGalipette, le 11 décembre 2011

    LiliGalipette
    Tout le monde connaît le pitch ! Jonathan Harker, un jeune Anglais, invité par le comte Dracula en Transylvanie, est témoin de choses étranges et effrayantes. le terrible seigneur se rend ensuite à Londres et fait de Lucy, une adorable jeune fille, sa proie et son esclave. Après la mort de la douce créature, une troupe d'hommes valeureux, mené par le professeur van Helsing, part à la chasse au monstre jusqu'en Transylvanie, essayant ainsi de sauver Mina, l'épouse de Jonathan Harker. Ce roman est le creuset et la source de toutes les représentations fantasmées des vampires et de leur univers : le mythe du sang comme liquide vital par excellence, l'aspect sensuel et écœurant de la succion, le pouvoir protecteur de l'ail et des objets bénis, etc. etc.
    Voilà pour le fond, je m'intéresse surtout à la forme. le roman est constitué des différents journaux des protagonistes : ceux de Jonathan et Mina Harker, celui du Docteur Seward, celui de Lucy Westenra et celui de son fiancé, Arthur Holmwood. Il y a également des lettres et télégrammes échangés entre les personnages. D'un écrit à l'autre, le lecteur découvre d'abord les différents personnages et les liens qui les unissent. Au-delà des portraits des personnages se dessine en creux celui du héros, celui que tous traquent, le fameux Dracula. Alors qu'il est le personnage éponyme du roman, aucune de ses pensées intimes n'est dévoilée. Dracula est hermétique, mais il s'insinue partout. L'artifice littéraire que constitue la rédaction de journaux est prétexte au dévoilement de toutes les intimités. le lecteur, comme Dracula, devient un profanateur et un violeur absolu qui ne connaît pas les limites de la pudeur.
    À mesure que la quête avance et que la chasse au monstre est lancée, les protagonistes lisent les écrits des uns et des autres afin de constituer une somme de connaissances sur Dracula. Mais l'effet secondaire est une nouvelle destruction des barrières de l'intimité. Que le lecteur sache tout des personnages, c'est le principe même de la lecture, mais que les personnages deviennent transparents les uns aux autres, c'est pousser la volonté de savoir et la perversité de la curiosité à un paroxysme certain. « Chacun connaît à présent les secrets des autres et nul ne s'en porte plus mal. » (p. 313) Finalement, le roman de Bram Stoker crée une seule intimité et une seule conscience. le groupe qui s'oppose à Dracula est une entité multiple, mais dont la pensée est unique et n'a qu'un seul but, détruire le vilain pas beau.
    Le roman s'agrémente de quelques articles de journaux (l'anglais traduit mieux la différence entre newspapers et diary) qui décrivent d'étranges phénomènes, comme une tempête sur Londres ou l'apparition d'une très belle dame aux abords d'un cimetière. L'intrusion d'une réalité supposément objective ne sert en réalité qu'à nourrir les écritures subjectives des personnages qui, même s'ils prétendent faire acte de réflexion, se laissent constamment déborder par leurs émotions et leurs craintes.
    Le plus moins prolixe d'entre eux est van Helsing, mais ses propos sont toujours fidèlement rapportés par les autres protagonistes. À l'instar de Dracula, c'est parce qu'il produit peu de contenu écrit qu'il semble vraiment puissant. van Helsing et Dracula ne s'incarnent pas dans l'écriture, mais dans l'action. le professeur flamand est le seul réel adversaire du comte : les autres ne sont que des sous-fifres, certes dévoués et courageux, mais constamment sceptiques et sujets à des accès d'émotion. van Helsing est « un philosophe, métaphysicien, un des hommes de science les plus avancés de cette époque, un de ces rares hommes qui, en dépit de son monstrueux savoir, ait gardé un esprit ouvert. Ajoutez à cela des nerfs d'acier, un tempérament que rien ne vient briser, une résolution indomptable, une maîtrise de soi, une tolérance sans pareille et, enfin, un cœur d'or. » (p. 155) Bref, il a tous les traits du héros sotériologique.
    Reste Mina Harker, la deuxième victime féminine de Dracula. Dotée de toutes les qualités qu'une femme peut espérer, elle surpasse la valeur de son sexe : « Cette merveilleuse madame Mina ! Elle a le cerveau d'un homme, d'un homme supérieurement intelligent, […] mais le cœur d'une femme. » (p. 312) Bram Stoker ne cesse d'accumuler les poncifs au sujet de Mina et des talents des femmes. Passé cette écœurante misogynie, il faut reconnaître que Mina se pose en négatif du comte : bien que contaminée et attirée par le chant macabre du vampire, elle reste animée d'une âme pure. Mais en se livrant comme elle le fait au travers de son journal, elle ne peut prétendre au statut fascinant qu'occupe Dracula. Elle reste désespérément humaine et, à mon sens, désespérément insipide.
    Un dernier point sur l'opposition entre l'Occident industriel et rationnel et l'Orient mystérieux et effrayant. Quand Jonathan Harker arrive en Transylvanie, il incarne l'homme moderne issu d'un monde de sciences et s'oppose immédiatement au comte Dracula qui ne vit que par les traditions et le folklore des siècles passés. C'est bien un choc des cultures et des époques qui s'opère. Quand Dracula rejoint l'Angleterre, ce choc se matérialise par la terrible tempête qui s'abat sur le port anglais. le rationnel recule un peu et perd pied devant tant de puissance occulte. « Vous savez déjà combien l'étrange, ici, peut s'imposer à vous. » (p. 39) Mais les manifestations étranges ne suffisent pas à convaincre. Dracula, c'est aussi un roman de la croyance et du doute. Seul van Helsing est pétri de certitudes, il est le prophète qui ouvre la voie et les esprits de ses compagnons. « Pensez ce que vous voulez. Ne craignez même pas de considérer l'impossible. » (p. 177), leur dit-il, ou encore « Vous ne croyez pas qu'il existe des forces que vous ne pouvez comprendre – ce qui n'exclut pas leur existence ? » (p. 255) En cela, c'est aussi au lecteur qu'il s'adresse. van Helsing est l'avatar de l'auteur : dès le début, il détient le sens et le savoir et, même s'il use de précautions pour le diffuser, il n'a de cesse de vouloir convaincre son auditoire. Une fois que cela est fait, la chasse au monstre n'est plus qu'une formalité. Plus que détruire l'ignominie, il s'agit avant tout d'y croire.
    Bon, et après tout ça, est-ce que ce roman m'a plu ? Je dirais que j'ai surtout pris plaisir à lire l'histoire d'un vampire qui soit un vrai méchant et non un adolescent blafard au régime sans protéine. La bit-lit, très peu pour moi, sauf celle où le vampire met du cœur à l'ouvrage !
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    Critique de qualité ? (25 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par valeriane, le 08 février 2012

    valeriane
    Dans le rayon, je vide ma PAL débordante, je voulais profiter du challenge Halloween pour me plonger dans le Dracula de Bram Stoker. Acquis il y a déjà plus de 10 ans (oui, oui, c'est honteux), parce qu'évoqué au cours de Littérature de masse, je me demande bien pourquoi il est resté si longtemps en attente. Effectivement, il avait l'air épais et dense (l'édition Pocket est écrite en assez petit caractère), et c'est peut-être ce qui m'encourageait à chaque fois le repousser.Mais là, je n'en puis plus! Au diable les pseudo-vampires (dois-je encore les nommer... cet affreux Edward Cullen! Argh mais qu'est-ce qu'elles lui trouvent!!), je voulais remonter aux origines de la vampirisation. Bon oui, je sais, il y avait le vampire de John Polidori avant (dont je n'exclus pas la lecture).Vlad-Denis L.- L'empaleur*Ce cher Abraham "Bram" Stoker, auteur irlandais de son état, décédé à Londres en 1912 à l'âge de 64 ans, a publié son désormais hypra célèbre Dracula en 1897.Inspiré d'un personnage du XVème siècle, Vlad l'Empaleur, prince de Valachie (quelque part vers la Transylvanie, la Roumanie, La hongrie, par là-bas, mais à une époque de "fort fort lointain"), Dracula est un damné, un non-mort, voire un type hyper puissant qui fait hypra peur pendant la nuit!Être des ténèbres, Dracula se nourrit exclusivement de sang. La nuit, il mord ses victimes pour aspirer la vie qui est en elles, et ainsi prendre des forces.Le roman de Bram Stokerest écrit sous la forme d'un roman épistolaire. On fait tout d'abord la connaissance de Jonathan, qui se rend chez le Comte Dracula pour concrétiser la vente d'une maison à Londres. Celui-ci écrit son journal, et parle de sa fiancée, Mina.De l'autre côté de la Manche, Mina séjourne avec son amie Lucy. Elle décide de se mettre également à l'écriture, tenir son journal, narrer ses activités.A côté de ça, Seward, docteur dans un hopital psychiatrique et prétendant de Lucy, consigne également ses mémoires et rapports médicaux grâce à son "enregistreur" (désolée, j'ai oublié le nom exact de l'appareil... pas très sérieux ça) ;-)Ce petit point de départ va devenir vite la base du roman, quand les protagonistes vont se servir des écrits des uns et des autres afin de venir à bout de leur ennemi commun. (Histoire de dépêtrer un peu tout ça).Ajoutons à cela les nombreux voyages en bâteau, en train, en carriole, en cheval, etc... ; en plus du transfert de flux, de sang, ce roman est une métaphore de la communication. (On est plongé dedans jusqu'au cou).Pocket, Novembre 1992, 573 pagesJ'ai vraiment apprécié ce roman. Tout d'abord, le récit est vraiment bien ficelé. L'intrigue donne des frissons, mais également attise le besoin de continuer à lire (un peu comme le besoin de se nourrir de sang pour un vampire). En fait, je me suis laissée vampirisée par le livre de Bram Stoker!J'ai adoré le style adopté. le fait de passer d'une voix à une autre donne une réelle dynamique au récit. On ne s'enlise jamais.Le ton est tantôt mondain et "prude" quand il sort de la plume de Mina. C'est assez drôle de se plonger dans un manière de penser ou d'agir (notamment envers son fiancé, son attente du mariage) qui paraît tellement éloigné de la sienne (la mienne je veux dire). Tantôt les descriptions sont assez glauques, gluantes et assez bîîck. Merci pour le frisson. Malgré le côté "c'est-pas-très-propre-tout-ça", ces descriptions sont vraiment magnifiques.Bram Stoker dresse un tableau vraiment réaliste à travers ses pages.J'en suis encore à me demander comment est-ce que j'ai pu attendre si longtemps avant de me plonger dans cette oeuvre. C'est vrai qu'à première vue, ça peut paraître rébarbatif (écriture plutôt serrée et dense sur les pages, pas un maigre volume; en ce qui concerne mon édition), mais une fois passé le pas de la couverture, impossible de laisser tomber le bouquin.Un gros coup de coeur pour cette lecture, que je ne saurais que conseiller à tout fan de fantastique.C'est sûr et certain, à côté de ça, les pseudos vampires de qui-je-sais (oui, oui, celle-là que son prénom commence par Stef et son nom par Mey.) peuvent rentrer dans leur tombe!Ma note : 5 étoiles.Une lecture qui entre dans mes challenges "God Save th livre" et "Kill Pal".
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    Critique de qualité ? (9 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Woland, le 05 mai 2010

    Woland
    Des éclairs qui annoncent le XXème siècle illuminent les personnages et tout particulièrement les femmes.
    Après le comte, pour beaucoup de lecteurs, le personnage principal restera Mina Murray, devenue par son mariage Mina Harker. Sous son apparence de jeune victorienne bien élevée, elle dissimule un caractère ferme et puissant. Dans le duo qu'elle forme avec Jonathan, puis dans le groupe d'hommes résolus à traquer Dracula, c'est elle, le pilier, le roc, le pivot. Pour compléter son portrait, Stoker laisse - avec discrétion - deviner en elle une sensualité réelle, attirée - et éveillée en partie - par son unique rapport avec le vampire.
    Le personnage de Lucy Westenra, la malheureuse jeune fille que Dracula vampirise dès son arrivée à Londres, est peut-être moins intelligente que son amie Mina. Mais son aura sexuelle, déjà perceptible avant qu'elle devienne la victime du comte, est presque insoutenable. A tel point qu'il ne serait pas déplacé de voir en ce personnage une projection des incroyables refoulements victoriens.
    Parmi les héros masculins, j'ai un faible pour van Helsing bien sûr, excentrique, excessif, profondément intelligent et dont on a parfois l'impression qu'il est tout aussi fasciné que nous par celui qu'il veut tuer, et pour Renfield, le dément qui tente en vain de protéger Mina. Les autres, eh ! bien, ils sont là pour donner la réplique. En outre, si Renfield ne fait pas mystère de son désir d'égaler "le Maître", il n'est pas exclu que van Elsing n'abrite pas en lui un désir similaire (Enfin, ce n'est que mon opinion. ;o) ) et qu'il tente donc de détruire aussi bien Dracula que ses propres fantasmes de surpuissance - sur tous les plans, y compris sexuel.
    Bref, si j'ai un conseil à vous donner, abandonnez toutes vos idées préconçues sur Dracula, l'homme, le vampire et le roman, idées qui, pour la plupart, viennent du traitement cinématographique infligé au mythe. Et plongez-vous dans ce gros volume où vous attend l'un des enfants les plus ténébreux et les plus séduisants de la littérature d'épouvante. Oui, invitez-vous chez Dracula : vous verrez, c'est un hôte inoubliable. (Fin de la critique)
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    Critique de qualité ? (20 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par alicejo, le 22 novembre 2011

    alicejo
    Une petite précision avant de commencer car je me doute qu'il doit y avoir un nombre incalculables d'éditions, j'ai pour ma part lu l'édition parue en poche chez Babel et traduite par Lucienne Molitor.
    Du mythe Dracula, je dois bien avouer que je n'y connaissais pas grand-chose si ce n'est les armes pour le combattre (ail-crucifix-pieu). Je ne suis pas une adepte de bit-lit et malgré l'insistance de certaines de mes petites cousines « gothiques », je n'ai pas cédé aux sirènes de Twilight.
    Bref, rien ne devait me pousser vers cette lecture si ce n'est la belle couverture de cette édition Babel mise en avant par les bibliothécaires de ma commune (dans le cadre d'une sélection de lecture de Toussaint) et, coïncidence, le choix de ce livre comme lecture commune de novembre sur Babelio.
    Et bien, contre toute attente, j'ai vraiment été emballée par ce roman. Je pense que l'une des raisons est que finalement, hormis dans les premières pages du roman, le personnage de Dracula n'apparait presque pas en tant que tel même si sa présence plane lourdement sur toutes les pages. Cependant, je trouve un peu dommage qu'on n'en sache pas un peu plus sur les origines de ce comte devenu un non-vivant.
    Le choix narratif aussi est judicieux. Il permet de ne pas être complètement dans l'action et de ce fait peut-être éviter le côté « gore » auquel je m'attendais et qui me rebute un peu dans les histoires de vampires. Ce qui est étonnant c'est que les deux personnages centraux de ce roman, le comte Dracula et celui qui le pourchasse le Dr van Helsing, restent finalement assez énigmatiques. N'ayant pas leur propre correspondance, on ne sait pas ce qu'ils peuvent vraiment ressentir et nous les découvrons uniquement par le prisme des autres protagonistes.
    Enfin, j'ai vraiment aimé le fait que ce roman n'est pas trop manichéen. Il n'y a pas une bande de gentils contre un horrible monstre. Bien que les personnages soient parfois un peu trop vertueux ,leurs sentiments envers Dracula sont assez ambivalents. Ils sont autant capables de réactions haineuses qu'empathiques. Mina surtout éprouve une certaine pitié pour Dracula, car elle-même est peut-être condamnée à rejoindre le monde des non-vivants et donc à se retrouver dans la même situation que le vampire.
    Peut-être aurai-je envie de voir l'adaptation de Copola, mais pas tout de suite. Je tiens à rester encore avec mes propres images et impressions. Par contre, la comédie Musicale de Kamel Ouali, j'y cours !! (euh, je crois que j'ai perdu un peu trop de sang dans cette lecture, je perds la raison...)
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    • Livres 2.00/5
    Par sylvaine, le 09 décembre 2011

    sylvaine
    A ma grande surprise ,je me suis laissée happer par cette histoire de Dracula !Après un début fastidieux le roman prend un rythme plaisant , les personnages entrent en scène ,surtout le Pr van Herling ...L'écriture , très 19ème siècle est parfois un peu "poussive" mais on se laisse embrigader dans la chasse à Dracula .
    Dire que je garderais un souvenir extraordinaire de ma lecture serait mentir mais cette ambiance , ces personnages qui nous apparaissent comme sortis d'un autre monde (bonjour ,l'image de la femme de l'époque"soit belle et tais toi") cette bondieuserie à tout va ce climat limite réalité /fantastique m'ont finalement davantage plu que déplu.
    Je crois sincèrement qu'un décalage de géneration et d'âge important ne nous permet d'avoir le même ressenti que des plus jeunes vis a vis de ces histoires vampiresques.
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    Critique de qualité ? (21 votes positifs)

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Citations et extraits

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  • Par Lalynx, le 30 janvier 2012

    (journal de Mina Harker)
    Quelque grande que fusse mes espérances, elles ne furent point trompées car là-bas, sur ce banc que nous aimions, la lumière argentée éclairait une silhouette de neige à moitiée étendue. le nuage suivant arriva trop vite pour que je pusse voir tout ce que je désirais - l'obsucrité revint presque tout de suite. pourtant, il me sembla qu'une sombre silhouette se tenait derrière Lucy et se penchait sur elle.
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  • Par Woland, le 05 mai 2010

    [...] ... Journal de Mina Murray

    Whitby, 24 juillet - Lucy, plus jolie et plus charmante que jamais, est venue me chercher à la descente du train, et nous nous sommes rendues aussitôt à l'hôtel du Crescent où elle et sa mère ont leurs appartements. C'est un endroit ravissant. Une petite rivière, l'Esk, coule au travers d'une vallée profonde qui s'élargit peu à peu aux abords du port. Un grand viaduc passe au-dessus, supporté par de hauts piliers ; quand on regarde entre ceux-ci, le paysage apparaît plus étendu qu'il ne l'est en réalité. La vallée est très belle, d'un vert magnifique, et les collines sont si escarpées que lorsque vous vous trouvez au sommet de l'une ou de l'autre, c'est à peine si vous apercevez le creux au fond duquel serpente le cours d'eau, à moins que vous ne vous teniez au bord du précipice. Les maisons de la vieille ville sont toutes coiffées de toits rouges, et semblent grimper les unes sur les autres, comme on le voit sur les gravures qui représentent Nuremberg. A peine à-t-on quitté la ville, on arrive aux ruines de l'ancienne abbaye de Whitby qui fut mise à sac par les Danois et où se situe une partie de "Marimon", la scène entre autres où la jeune fille est emmurée vive. Ce sont des ruines immenses, qui vous donnent un réel sentiment de grandeur, et pittoresques par plus d'un aspect. Une légende veut que parfois ... une dame en blanc apparaisse à l'une des fenêtres. Entre ces ruines et la ville, s'élève le clocher de l'église paroissiale, laquelle est entourée d'un vaste cimetière. A mon avis, c'est le plus bel endroit de Whitby : on a de là une vue magnifique sur le port et sur la baie d'où un promontoire s'avance dans la mer. Dans le port, ce promontoire devient si abrupt que les bords se sont éboulés et que certaines tombes - car le cimetière se prolonge jusque là - ont été détruites. Des allées plantées d'arbres traversent le cimetière, et des bancs invitent les promeneurs à s'asseoir des heures entières tout en contemplant le paysage et en s'abandonnant aux caresses de la brise marine. Moi-même, je viens souvent m'y installer pour travailler. En fait, je suis assise en ce moment sur un de ces bancs et j'écris, mon cahier sur les genoux, non sans écouter cependant la conversation de trois vieillards près de moi qui, sans doute, n'ont rien à faire de toute la journée que se réunir ici pour parler de la pluie et du beau temps.

    A mes pieds, c'est le port et, au-delà, un long mur de granit qui s'enfonce dans la mer et finalement dessine une courbe au milieu de laquelle se dresse un phare. Le paysage est admirable à marée haute mais, quand la mer se retire, on ne voit plus en fait d'eau, que l'Esk qui coule entre les bancs de sable en contournant çà et là un rocher. Plus loin que le port, mais de ce côté-ci, s'élève, sur la longueur d'environ un demi-mille, un haut banc de roches qui part de derrière le phare ; au bout, se trouve une bouée munie d'une cloche qui sonne lugubrement par gros temps. Une légende locale veut que, lorsqu'un bateau est perdu, les marins entendent cette cloche jusque en haute mer ... Il faut que je demande à ce vieillard qui vient vers moi si cela est vrai ...[...]
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  • Par Woland, le 05 mai 2010

    [...] ... Journal de bord du "Demeter" - De Varna à Whitby

    Le 16 [juillet] au matin, le second vint me dire que l'un des hommes, Petrofsky, manquait. Chose inexplicable. Il a pris le quart à babord à huit heures, hier soir, puis a été relevé par Abramoff ; mais on ne l'a pas vu qui allait se coucher. Les autres étaient plus abattus que jamais ; à les entendre, ils redoutaient depuis quelque temps une disparition de cette sorte mais, quand on les questionnait, ils persistaient à répondre seulement qu'il y avait quelque chose à bord. Le second finalement s'est fâché ; il redoutait une mutinerie.

    Le 17 juillet, hier, Olgaren, un matelot, est venu me trouver et m'a confié avec effroi qu'il pensait qu'un homme étranger à l'équipage se trouvait à bord. Il m'a raconté que, pendant son quart, alors qu'il s'abritait du gros temps derrière le rouf, il avait aperçu un homme grand et mince, qui ne ressemblait à aucun des nôtres, apparaître sur le pont, se diriger vers la proue et disparaître ; il voulut le suivre mais, quand il arriva à l'avant, il ne vit personne et toutes les écoutilles étaient fermées. Il était encore en proie à une panique quasi superstitieuse et je crains que cette panique ne gagne tout l'équipage. Pour les rassurer tous, aujourd'hui, je vais entièrement fouiller le bateau. ... [...]
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  • Par Skarn-sha, le 25 mai 2011

    Son visage donnait une impression de force, avec son nez fin mais aquilin, des narines particulièrement larges, un front haut et bombé, des cheveux qui se clairsemaient aux tempes, mais, ailleurs, épais et abondants. Les sourcils, massifs, se rejoignaient presque à l’arête du nez et paraissaient boucler tant ils étaient denses. La bouche, pour autant que je pusse l’entrevoir, sous l’épaisse moustache, présentait quelque chose de cruel, sans doute en raison des dents éclatantes et particulièrement pointues. Elles avançaient au-dessus des lèvres elles-mêmes dont le rouge vif soulignait une vitalité étonnante chez un homme de cet âge. Les oreilles étaient pâles et se terminaient en pointes. Le menton paraissait large et dur et les joues, malgré leur maigreur, donnaient toujours une impression d’énergie. L’impression générale était celle d’une extraordinaire pâleur. J’avais déjà remarqué le revers de ses mains qu’il avait posées sur ses genoux et, dans la lueur des flammes, elles m’avaient paru longues et fines. Pourtant, à présent que je les voyais de près, je les découvrais grossières, larges, doigts épais. Étrange constatation, aussi, je remarquais des poils au milieu des paumes. Les ongles étaient longs et fins, presque trop pointus. Un moment donné, le comte se pencha vers moi et ses mains me frôlèrent. Je ne pus retenir un frisson. Peut-être devais-je en imputer la cause à son haleine fétide, mais une terrible nausée s’empara de moi, que je ne pus cacher. Le comte s’aperçut de mon dégoût, car il recula. Avec un sourire effrayant, qui découvrit davantage ses dents proéminentes, il retourna s’asseoir à côté de la cheminée
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  • Par Couperine, le 18 avril 2010

    Poussé par une sorte de fascination, j’approchai de ce mausolée qui se dressait là, seul, assez étrangement ; je le contournai et je lus, sur la porte de style dorique, cette inscription en allemand :

    COMTESSE DOLINGEN DE GRATZ
    STYRIE
    ELLE A CHERCHÉ ET TROUVÉ LA MORT
    1801.

    Au-dessus du tombeau, apparemment fiché dans le marbre – le monument funéraire était composé de plusieurs blocs de marbre – on voyait un long pieu en fer. Revenu de l’autre côté, je déchiffrai ces mots, gravés en caractères russes :

    LES MORTS VONT VITE

    Tout cela était si insolite et mystérieux que je fus près de m’évanouir. Je commençais à regretter de n’avoir pas suivi le conseil de Johann. Une idée effrayante me vint alors à l’esprit. C’était la nuit de Walpurgis ! Walpurgis Nacht !
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