> Claude Seban (Traducteur)

ISBN : 9782848761695
Éditeur : Philippe Rey (2010)


Note moyenne : 3.92/5 (sur 63 notes) Ajouter à mes livres
S’emparant d’un fait-divers, un mystère jamais résolu, qui bouleversa l’Amérique – l’assassinat le soir de Noël 1996 de la petite JonBenet Ramsey, six ans et demi, célèbre mini-Miss vedette de concours de beauté –, Joyce Carol Oates reconstruit l’affaire qu’elle n’hésit... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Sharon, le 21 novembre 2011

    Sharon
    Joyce Carol Oates ne montre pas l'envers du rêve américain, elle le fait littéralement voler en éclats. Pour atteindre son but, elle détourne une forme convenue : le livre-confession autobiographique. Ce genre littéraire commercial fleurit aux Etats-Unis mais aussi en France (je n'ai pas de titres en tête, je ne lis pas ce genre de prose, je sais simplement qu'elle existe. Joyce Carol Oates donne l'illusion du réel en concentrant tous les codes du genre sur sept cents pages, en écrivant avec une maestria, une ironie douloureuse, une lucidité sans faille ce récit sordide.
    Elle s'est inspirée d'un fait divers tristement célèbre : l'assassinat non résolu d'une mini-miss JonBennet Ramsey. Des reportages, et même un téléfilm ont été consacrés à ce meurtre, montrant la manière dont les parents exploitaient leur fille, mais aussi insufflant l'idée que le frère aîné n'était pas étranger à sa mort. Un pédophile est passé aux avEux en 2006, mais les enquêteurs ont montré les incohérences de son témoignage. le dossier a été rouvert fin 2010. Voilà pour les faits "réels". Retournons maintenant au roman.
    Tout va pour le miEux dans le meilleur des mondes dans la famille Rampike. le père a un excellent travail, qui lui a permis d'acheter une maison dans un quartier chic. Sa femme ne travaille pas, comme il se doit, elle se consacre à l'éducation de son fils, Skyler, le "petit homme" de maman, puis d'Edna Louise, sa fille, un bébé qui passe son temps à pleurer. Leur but ultime, déjà ? Paraître, à tout prix. Personne ne fait attention à madame Rampike, qui essaie d'initier son fils au patinage artistique. Elle peine à entrer en relation avec les familles en vue, celles qui habitent dans des quartiers encore plus chic que le sien. le drame survient. Non, je ne parle pas du meurtre - pas déjà - je parle de la chute qui laissera Skyler handicapé, à la suite d'un accident à l'entraînement de gymnastique. Skyler perd dès lors presque tout intérêt aux yEux de son père, qui n'en fera jamais le grand champion dont il rêvait. Par contre, il pourra intenter un procès à son entraîneur et d'obtenir une somme d'argent substantielle - première dénonciation du système judiciaire américain - et reporter la responsabilité sur lui, et non sur sa volonté de paraître - déjà.
    L'image est ce qui compte plus que tout. Paraître, toujours. le jugement moral n'est pas écrit noir sur blanc, non, il est là, dans le ton employé par Skyler, dans ses remarques persiflantes. Bientôt, Edna Louise ne sera plus, elle sera Bliss, et tant pis si ce choix déplaît à madame Rampike mère dont elle porte le prénom, ce choix ne l'avait pas amadoué, pourquoi le conserver ? Bliss entre sur cette scène qu'est la patinoire, et tous les regards convergent vers cette enfant de quatre ans qui patine si bien. Cette enfant aura très vite les mêmes costumes qu'une patineuse adulte (les descriptions, précises, sont autant d'invites pour un certain public masculin), elle sera maquillée, non pour aguicher, non parce qu'elle n'est pas très jolie mais parce que c'est nécessaire, ses chevEux seront teints, bref, Edna Louise est complètement dépossédée de son identité première, afin de plaire, pas seulement au jury, mais surtout à ses propres parents, passés maître, surtout la mère, dans le chantage affectif et religiEux.
    Bigote, madame Rampike ? Sans doute, elle qui prie si souvent, et se reproche de ne pas avoir prié assez en cas de défaite. Elle s'est forgée une foi à son image, je l'imagine fort bien en championne de la casuistique, elle qui déforme chaque précepte pour l'utiliser à son avantage. le pire, bien sûr, est qu'elle n'en a aucunement conscience, tout comme son mari n'a aucunement conscience que sa culture n'est que de la cuistrerie, qui en serait presque risible n'étaient son attachement viscérale à ses principes, aussi déformés qu'un reflet dans un palais des glaces.
    Risibles, oui, ils le seraient si la tragédie n'était au milieu du chemin. Ils le seraient par le décalage flagrant entre leurs paroles et leurs actes. Ils sont surtout abjects, et tout une industrie avec Eux. Pas besoin de dénoncer, il suffit juste pour Skyler d'annoncer le nombre de maladies mentales qui lui ont été diagnostiquées, le nombre de médicaments que lui et sa soeur ont été contraints de prendre, pour soigner les sus-dites maladies ou pour augmenter les performances sportives, pour rendre plus dociles aussi. La moindre rébellion est aussitôt étiquetée et soignée, à la plus grande joie des industries pharmaceutiques. Il lui suffit aussi de révéler ce qui a été fait des images de sa soeur, et des batailles autour de ce "droit à l'image", chèrement remportée par la famille éplorée. Il suffit de montrer sa mère, devenue écrivain (!) afin de raconter la véritable histoire de sa fille puis de montrer comment elle avait surmonté sa douleur.
    Pour jouer le jeu de la vérité, Joyce Carol Oates montre Skyler en train de s'interroger. Sur la justesse de ses souvenirs ou de sa reconstitution. Sur son droit à raconter tel ou tel fait. Etre multiple, le Skyler lecteur sourit presque du Skyler écrivain, encore sous le coup de ses névroses, tout comme celui-ci se détache du Skyler souffrant qui est pourtant le personnage de base de ce récit - lui et Bliss, indéfectiblement liés. Paradoxe ultime ou pirouette finale, Skyler choisit de ne pas révéler la vérité sur le meurtre de sa soeur, tout en le montrant à lire dans le récit. Skyler ne peut pas dire quelque chose qu'il n'a pas fait.
    Tous les sujets peuvent être traités en littérature. Il faut juste avoir la puissante écriture de Joyce Carol Oates pour en tirer un ouvrage destabilisant, dérangeant, et parfaitement réussi.
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    Critique de qualité ? (22 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Woland, le 15 février 2011

    Woland
    II - Les années ont passé mais les soupçons sont toujours là. Décédée en juin 2006, officiellement d'un cancer des ovaires, Patsy Ramsey a emporté ce qu'elle savait dans la tombe. La fortune et les relations de son mari avaient permis, dès le début, d'empêcher toute implication officielle du couple dans le meurtre de l'enfant. Désir de conserver la face, bien légitime de la part d'innocents ? ou bien volonté de se préserver, en dépit de l'acte accompli ? Au-delà des interrogations de la police et des pressions qu'elle semble avoir subie, ne chose est certaine : si les Ramsey n'ont pas assassiné leur fille, ils ont cherché en tous cas à dissimuler des faits, indices ou autres, et à retarder la découverte du petit cadavre. Pour quelles raisons ?
    Aux USA, l'Affaire JonBenét Ramsey est considérée par une bonne part de l'opinion publique et par certains intellectuels comme similaire à l'Affaire O. J. Simpson, de triste mémoire. Ce qui revient à dire que, aux USA, la justice est à dEux vitesses : une justice pour le commun des mortels, en général privé d'argent et de relations, une autre pour cEux qui possèdent argent et entregent. Joyce Carol Oates ne l'envoie pas dire dans nombre de ses interviews sur son nouveau livre, "Petite Soeur Mon Amour", dans lequel, avec le prodigiEux talent qu'on lui connaît et qu'on a déjà vu si souvent à l'oeuvre, elle reprend l'Affaire JonBenét Ramsey en tentant d'en donner une explication vraisemblable.
    Avec Oates, la critique sociale et culturelle n'est jamais loin. La romancière déchire ici à belles dents la manie américaine du "paraître à tous prix" et cette volonté de compétition et de réussite à tous crins qui, plus encore à notre époque, est devenue le leitmotiv de nos amis d'Outre-Atlantique. Qu'elle ait transposé le drame de la petite JonBenét (Bliss dans le roman) de l'univers des Mini-miss à celui du patinage artistique, ne change rien à son côté sordide et glauque. Parents fortunés et avides de réussite, Bix et Betsey Rampike cherchent en fait à revivre, par l'intermédiaire de Skyler (leur fils aîné) et de sa Petite Soeur, Edna-Louise, rebaptisée Bliss par sa mère dès qu'elle commence à se faire remarquer sur la glace, ce qu'Eux-mêmes n'ont pu, voulu ou su accomplir : l'un rêve d'une carrière de champion olympique pour son fils, puis, quand celui-ci se blesse - uniquement par la faute de son géniteur d'ailleurs - se détourne de l'enfant et le laisse tomber, comme on le ferait d'une chaussette trouée ; pendant ce temps, l'autre s'aperçoit qu'Edna-Louise ne patine pas trop mal et, du coup, déploie son propre rêve de gloire ...
    Dans son réquisitoire, Oates réserve également une place de choix aux laboratoires pharmaceutiques, aux psychologues et aux psychiatres qui, aux USA, se spécialisent dans le traitement des angoisses enfantines. Elle en dresse un portrait tout bonnement hallucinant. Pas une seule fatigue, pas un seul désir enfantin qui ne soit immédiatement taxé de névrose, de TOC, de TED, etc, etc ... et traité à grand renfort d'anti-dépresseurs et d'anxyolitiques. Quand on sait que l'Europe - pourquoi ? on se le demande - a tendance à imiter les Etats-Unis en matière d'éducation, on ne peut que frémir et cauchemarder devant cette avalanche de drogues imposées, dans la plus stricte légalité, à des êtres si jeunes. Si les parents américains obéissent vraiment les yEux fermés au premier psy venu qui leur assure que leur enfant souffre de névrose, il ne faut plus s'étonner de voir le pays parcouru de tragédies comme la tuerie de Columbine ...
    La ferveur religieuse très particulière des Américains - Betsey Rampike est présentée comme une fanatique qui assaisonne Jésus à toutes les sauces - et le comportement des medias sont tout aussi implacablement mis sur la sellette dans ce qui restera, selon nous, l'un des meilleurs livres de son auteur.
    Oui, "Petite Soeur Mon Amour" est un roman à lire absolument, une réussite d'une rare maîtrise, aussi puissant et détonant que "Blonde" - et c'est de plus une très belle chanson funèbre, dédiée aux mânes perdus d'une petite fille à qui le désir des adultes déroba sa courte vie avant de la détruire définitivement. Délibérément, froidement - avec autant d'indifférence que si l'on écrasait une mouche.
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    Critique de qualité ? (9 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par MachaLoubrun, le 24 mai 2012

    MachaLoubrun
    Inspiré d'un meurtre jamais résolu, l'assassinat de la jeune Jobénet Ramsey', ce fascinant thriller psychologique offre un regard intime et dérangeant sur une famille américaine, à travers les yeux du jeune frère de la victime.
    Lire la prose cynique d'un adolescent névrosé, mal dans sa peau et sa famille peut vite lasser mais Joyce Carol Oates laisse le lecteur abasourdi par l'histoire de « Petite sœur, mon amour » et ébloui par son talent d'écrivain.
    Trainé depuis l'assassinat de Bliss, dans de riches établissements médicalisés, Skyler n'a des nouvelles de sa mère que par le biais des médias.
    Agé de dix-neuf ans, délaissé par ses parents, drogué par des médecins sans scrupules, il affronte seul ses vieux démons et vit rongé par la culpabilité.

    « SKYLER AIDE MOI SKYLER JE SUIS SI SEULE ICI SKYLER
    J'ai si peur J'ai si mal Skyler
    Tu ne vas pas me laisser dans cet endroit horrible, dis Skyler
    Cette voix dans la tête »
    Bliss transformée en poupée patineuse dès son plus jeune âge était devenue une icône pour les médias tandis qu'elle s'étiolait derrière le vernis de la famille américaine parfaite.
    Les parents Rampike ont en effet une soif de réussite et de reconnaissance sociale telle qu'ils vont pour cela instrumentaliser leurs enfants jusqu'à l'écœurement le plus total du lecteur, les médias, la religion, la médication à outrance, la désocialisation progressive de leurs enfants, tout est bon pour servir leurs projets.
    Mais qui a tué la jeune Bliss, âgée de six ans ? Un détraqué sexuel, ses parents ou Skyler lui-même ? La police semble incapable de faire son travail correctement.
    C'est un portrait au vitriol de la société américaine qui glace le sang parce qu'il parle de l'horreur ordinaire.
    Ce récit psychanalytique surprend jusqu'à la fin par sa justesse et sa profondeur tout en ménageant un suspens qui tient en haleine jusqu'à la dernière page.
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Sando, le 15 décembre 2011

    Sando
    A 19 ans, Skyler Rampike revient sur un crime sordide qui a bouleversé l'Amérique à la fin des années 90 et fait la une des tabloïds: celui de sa petite sœur Bliss, 6ans, assassinée dans le domicile familial. Une histoire macabre particulièrement médiatisée en raison de la popularité de Bliss, jeune patineuse prodige ayant accumulé les trophées depuis l'âge de 4ans et de l'absence de coupable.
    Skyler nous livre l'histoire de sa famille, telle qu'il l'a vécue du haut de ses 10 ans. Fils d'une mère dépressive et d'un père inconstant, il a du mal à trouver sa place dans cette famille où tout tourne autour de sa sœur plus jeune et plus talentueuse que lui. En dépit de ses capacités intellectuelles élevées, il est celui que l'on délaisse, que l'on oublie. Et pourtant, même si la jalousie n'est jamais très loin, c'est avant tout beaucoup de tendresse et d'admiration que le jeune garçon ressent pour sa petite sœur. C'est de cet amour sincère que va naître sa frustration, conséquence directe de son incapacité à protéger l'innocente fillette face au monde cruel et impitoyable de la compétition. Skyler souffre de voir Bliss broyée par la pression et tiraillée entre ses propres craintes et son envie de plaire à ses parents. Mais le meurtre de Bliss va venir bouleverser le fragile équilibre de cette famille américaine complètement névrosée.
    Joyce Carol Oates nous livre ici un roman passionnant et inquiétant. Malgré le caractère fictif de « Petite sœur, mon amour », on n'est jamais très loin du fait divers, réel celui-ci, qui a bouleversé la famille Ramsey et avec elle l'Amérique tout entière. J.C. Oates réécrit l'histoire et s'approprie ce drame jusqu'à trouver le coupable qui a manqué à la justice américaine. Mais cette dénonciation du meurtrier n'est pas le but premier du roman, loin de là. A travers cette famille américaine lambda, l'auteur dénonce remarquablement les dérives de la société américaine. L'univers de la compétition, où l'on fait travailler des enfants dès le plus jeune âge de manière intensive, est pointé du doigt. On sent toute l'absurdité et la démesure qui se cachent derrière les tenues affriolantes et le maquillage outrancier dont sont parées des jeunes filles non pubères. Elle critique également les travers de l'automédication et l'abus des médicaments censés guérir tous les maux. de même, avec le personnage de Betsey Rampike, Oates décrit toutes les déviances occasionnées par le fanatisme crédule et aveugle de certains américains.
    « Petite sœur, mon amour » est le premier roman que je lis de Oates et j'ai réellement adoré. L'écriture est intelligente, percutante et rend le sujet abordé particulièrement passionnant ! La forme même de l'écriture, qui n'est pas linéaire, est particulièrement originale. En effet, la lecture est entrecoupée de courts chapitres, de réflexions personnelles du narrateur, de flash-back et parfois d'une typographie manuscrite. du coup, on ne se lasse jamais et il y a même une certaine forme d'impatience créée par l'attente d'une nouvelle surprise stylistique. L'auteur fait preuve d'un réel talent pour rendre ses personnages vivants et crédibles. Elle dépeint à merveille une société complètement superficielle et impitoyable, dans laquelle une mère est prête à sacrifier la jeunesse de son enfant pour réussir socialement. En bref, un roman très réussi, qui donne à réfléchir.
    Je tiens par ailleurs à remercier Livraddict et les éditions Points pour s'être associés et m'avoir permis de faire cette belle découverte !
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Woland, le 15 février 2011

    Woland
    I - My Sister My Love
    Traduction : Claude Seban

    Peu connue en France, l'affaire JonBenét Ramsey, qui fit les gros titres de la presse américaine à la fin des années quatre-vingt-dix, demeure encore à ce jour non résolue, et ce en dépit des aveux du pédophile John Mark Karr, en 2006, aveux qu'il fut très facile aux enquêteurs de démonter en raison, notamment, des imprécisions et des contradictions qu'ils recelaient. Rappelons brièvement les faits :
    Le 25 décembre 1996, la petite JonBenét Ramsey, âgée de six ans et quatre mois, est battue à mort, étranglée et violée. On ne retrouvera son Corps, dans la chaufferie de la demeure familiale, que huit heures après la déclaration de sa disparition, faite par ses parents, John et Patricia Ramsey, le lendemain, 26 décembre. Les Ramsey avaient fait état d'une très étrange demande de rançon rédigée par écrit et retrouvée par la mère sur un meuble dans le hall. Aucune trace d'effraction n'est relevée et, à l'extérieur, dans la neige fraîche, il n'y a pas de traces de pas. Dans la cave cependant, la vitre d'un soupirail est brisée : la chose avait été constatée depuis longtemps et les Ramsey songeaient à faire venir un réparateur.
    Dès le début, les parents vont être suspectés ainsi que leur jeune fils de neuf ans, le frère aîné de JonBenét. Tous appartiennent à la haute bourgeoisie de Boulder, dans l'Etat du Colorado. le père est cadre supérieur dans une grosse boîte industrielle et possède son jet privé. Il était toujours (ou presque) en voyages d'affaires et menait, semble-t-il, joyeuse vie avec des maîtresses occasionnelles. le couple Ramsey se lézardait, la chose est indubitable. Et les enfants étaient pris dans le maelström. Pour compenser (??) l'échec de sa vie d'épouse, Patricia - Patsy pour les intimes - avait fait de sa toute petite fille une "mini-Miss" qui, maquillée et habillée en conséquence, écumait les podiums de la région et y remportait de nombreux titres : car la petite JonBenét était très jolie. Ce qui n'empêchait pas l'enfant qu'elle était encore et avant tout d'être toujours incontinente la nuit, ce qui avait le don de révulser sa mère ...
    Sur le Net, abondent les sites offrant des photographies de l'enfant-miss - dont on peut penser que certaines ont tout pour réjouir les pédophiles. Pratiquement tous sont anglophones et certaines images pourront choquer les internautes. (A suivre ...)
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Critiques presse (2)


  • Lexpress , le 28 novembre 2011
    Un conte de fées qui se transforme en murder party, voilà la trame de ce roman magistral où l'on pénètre dans les coulisses d'une famille détruite par sa propre vanité
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • Telerama , le 16 novembre 2011
    Son écriture épouse la personnalité du narrateur, névrotique et désespéré, victime d'une société manipulatrice et de parents infantiles et vaniteux.
    Lire la critique sur le site : Telerama

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Citations et extraits

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  • Par vlg0901, le 19 mai 2012

    Je suis peut-être sacrément hostile, une boîte à pétrir purulente d'hostilité purulo-bouillonnantes, mais je ne voulais pas l'exprimer; et si j'ai blessé quelques lecteurs chichiteux entre deux âges, pardon !
    *Méfie-toi, Skyler ! Il y a en toi un démon qui ne demande qu'à se déchaîner !*
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  • Par Woland, le 15 février 2011

    [...] ... Papa veillait aussi à passer des moments de qualité avec Skyler. Oh ! oui !

    Il regardait avec lui les émissions de sport du week-end bien que Skyler énervât son papa parce qu'il s'agitait, se tortillait et n'avait jamais l'air de comprendre ce qui se passait sur le terrain ; il l'emmenait à ses rendez-vous de kinésithérapie [à cette époque, Skyler a déjà été victime du malheureux accident qui le laissera affligé d'une boiterie] ou chez le chirurgien orthopédiste pédiatrique ; dans les bureaux cossus des avocats Kruk, Burr, Krampf et Rosenblatt où, bredouillant et bafouillant d'une façon exaspérante, son fils fit une déposition dont le rusé Morris Kruk tirerait artistement la pièce-maîtresse de l'action en dommages-intérêts de six millions de dollars intenté par Bix Rampike contre le "Gold Metal Gym et Fitness Club" et son (ex-)employé, Vassili Andréïevitch Volokhomski. ( 1 ) En revenant du cabinet de Kruk, un jour de grand vent, papa se confia à Skyler comme sur une impulsion : gros plan sur Big Dabe Bix se confiant avec chaleur à Fiston Skyler l'avorton, attaché à côté de lui sur le siège passager de la Jeep Crusher : "Vu de ma fenêtre, Sky, on n'apprend jamais trop jeune les règles de combat sur le terrain de jeu. Tu as quel âge ... neuf ans ? dix ? ... huit seulement ? - les yeux chaleureux de papa se troublèrent un instant, puis s'éclaircirent - quoi qu'il en soit, il n'est pas trop tôt pour que nous nous mettions autour d'une table , et peut-être maman aussi, avec le "coach en stratégie de carrière" de ton école huppée, pour voir un peu où tu en es, ce HPI ou je ne sais quoi, la "voie rapide." Maman me dit : "Skyler n'a pas l'air d'aimer l'école", "les professeurs de Skyler trouvent qu'il n'est pas à la hauteur de son potentiel", "la jambe de Skyler n'a pas l'air de guérir comme il faudrait", "Skyler n'a pas l'air d'avoir beaucoup d'amis" ... Je ne vais pas donner crédit à ces angoisses maternelles névrotiques en te demandant tout cru si elles sont fondées, fils, je vais supposer que maman exagère, qu'elle dramatise comme ça lui arrive parfois. La ligne de touche, la voilà : "Demain, ta nouvelle vie commence et pas question de merder." Mettons que tu veuilles suivre ton père dans le monde compétitif de l'entreprise, ou que tu préfères tracer ta propre route dans le droit ou la médecine ou la biotechnologie pharmaceutique ... il va te falloir la meilleure éducation dans ces domaines, et un solide réseau de contacts pour t'aplanir le chemin. Ta génération, mon vieux ! ... Vous allez devoir être plus malins que vos parents. Homo homin lupus, comme disait mon père. Tu sais ce que ça veut dire ? "Le loup est l'ami de l'homme", en grec. Traduction : il faut être assez homme pour exploiter le loup, le sang de loup qui court dans tes veines "civilisées", fils ..." A cet instant dramatique, au grand soulagement de Skyler, papa fut interrompu par la sonnerie du téléphone de voiture. ...

    ( 1 ) : cette action pour préjudice personnel, très contestée par les avocats du Gold Medal Gym & Fitness Club", serait finalement réglée à l'amiable contre versement d'une somme non divulguée - de 350 000 à 1 000 000 de dollars, selon certaines rumeurs - dont le mineur Skyler, le plus mineur des mineurs, "affligé d'un handicap permanent, ne verrait jamais un sou. (Vous pensez que papa Bix la mit de côté pour les futures études de Skyler dans une université de l'Ivy League ? C'est gentil de votre part.) Peu après, le Gold Medal Gym & Fitness Club disparut de notre centre [commercial] et de la mémoire locale. [...]
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  • Par Woland, le 15 février 2011

    [...] ... voilà que, brusquement, Betsey Rampike était là, interviewée par l'enthousiaste et plantureuse Zelda Zachiarias qui animait tous les après-midis de la semaine ur CBS un talk-show féminin enlevé, "Parole de Femmes", souvent moqué et raillé par les adolescents de [l'Institution.] Skyler éprouva un sentiment de panique en regardant sa mère : plus jeune et plus "rayonnante" que dans son souvenir, les cheveux visiblement éclaircis, et une peau rose/"fraîche" qui semblait molle comme une pâte à pain, qui aurait gardé l'empreinte de votre doigt si vous l'y aviez enfoncée. Betsey portait un ensemble-pantalon fuchsia avec un décolleté en V plongeant qui découvrait la naissance poudrée de ses seins imposants, et quantité de bagues, de bracelets et de colliers cliquetants, conçus, comme le révéla une Zelda Zachiarias admirative, par Betsey elle-même pour "lutter contre son chagrin" après la disparition tragique de sa fille, trois ans et huit mois plus tôt. Souriant bravement, se tamponnant les yeux et bégayant d'une façon qui touchait au coeur le public du studio, Betsey répondait aux questions pénétrantes de l'animatrice sur la mort de sa fille de six ans, et sur les efforts de sa famille pour surmonter le drame et continuer à vivre ; Skyler grimaça en entendant le nom de sa soeur répété si souvent, y compris par Zelda Zachiarias, qui parlait de Bliss aussi familièrement que si elle l'avait connue.

    (...) - " ... des mémoires audacieux, braves, courageux et véritablement édifiants, Betsey. J'en ai offert des exemplaires à tous mes amis et parents, et maintenant je vais leur offrir ces charmants bijoux "Touche Céleste", j'adore les croix d'"émeraudes", et ces bracelets cliquetants si ludiques, si ados !" Profondément émue, Betsey tendit ses beaux bras pour montrer ses bracelets, qui avaient toutes les couleurs de l'arc-en-ciel, et Zelda Zachiarias, avec toute la générosité maternelle / mammalienne de la meilleure amie que vous ayez jamais eue, éleva bien haut le nouveau livre de Betsey, avec sa couverture arc-en-ciel et ses lettres d'or en relief : "Prie pour Maman : Le Pélerinage d'une Mère, Du Chagrin à la Joie" par Betsey Rampike. ... [...]
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  • Par alicejo, le 13 octobre 2011

    Beaucoup de vos téléspectateurs ont peut être vécu des expériences similaires, Zelda - un traumatisme dans la famille, et la "dynamique masculine " se désintègre, alors que la "dynamique féminine" se renforce par nécessité. Dans notre cas, c'est notre fils perturbé qui nous a conduits au "point de bascule". Notre mariage de quinze ans qui aurait pu résister au traumatisme de la perte de Bliss a finalement volé en éclats à cause du "masochisme œdipien" post-traumatique de notre fils..."
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  • Par MarianneDesroziers, le 13 novembre 2010

    Il conduisit. Sur l'I-95. Les mains crispées sur le volant de la vieille Dodge cabossée. Il conduisit sur la voie droite dans le grondement de tonnerre dela Turnpike. Il conduisit sans dépasser la limitation de vitesse, doublé dans un nuage railleur de vapeurs toxiques par des dix-huit roues. Il conduisit ! Bravement, en serrant les dents. Droit derrière le volant comme le conducteur d'un véhicule militaire chargé d'explosifs. Mais il condusit san peur ! Il conduisit avec détermination et avec concentration. Il conduisit dans la lumière éclatante d'une journée d'hiver et de vent d'un mois et d'une année qu'il n'aurait pu nommer.
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