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Claude Seban (Traducteur)
ISBN : 2234047609
Éditeur : Stock (05/03/1997)

Note moyenne : 3.37/5 (sur 146 notes)
Résumé :

Et si Zombi était le plus terrifiant des livres de Joyce Carol Oates ? Quentin, son héros ou plutôt son antihéros, raconte son histoire. Il ne se nomme que par ses initiales : " Q.P. ". Il a 31 ans et une honorable famille qui ne peut le croire vraiment coupable de l'agression sexuelle qu'il a commise sur un jeune garçon. Par prudence, il est mis sous surveillance médicale. En vérité, " Q.P. " kidnappe des jeunes gens et les lobotomise avec un pic à glace po... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (42) Voir plus Ajouter une critique
Woland
05 mai 2010
★★★★★
★★★★★
Zombie
Traduction : Claude Seban
Roman relativement court puisqu'il ne dépasse pas les cent-quatre-vingt-quatre pages en édition du Livre de Poche, "Zombi" possède le froid et l'impitoyable tranchant d'un couteau de boucher. Je ne dirai pas "scalpel" puisque Oates limite son intrigue au premier meurtre, demeuré impuni parce que non découvert, de son anti-héros, Q ... P ..., et que celui-ci, en dépit d'une préméditation que le lecteur découvre avec une horreur croissante, en est encore à tâtonner pas mal sur la voie du crime en série.
C'est donc un serial killer non pas néophyte mais encore en phase de "formation" que nous décrit la romancière. Les brouillards de son esprit et de son âme sont d'autant plus impénétrables que Q ... P ... est et restera notre seule "voix" de référence. Tient-il un journal ou ne s'agit-il que de ses pensées auxquelles Oates, par l'autorité de l'écrivain, nous donne accès sans autre forme de procès ? On ne le sait pas mais le résultat fascine autant qu'il angoisse.
Non sur l'instant - enfin, certainement pas pour celles et ceux qui s'intéressent au phénomène des tueurs en série et ont déjà lu des ouvrages, documentaires ou pas, sur le sujet - mais une fois le livre refermé et rangé. En effet, "Zombi" ne connaît pas l'espoir.
Q ... P ... n'est pas mauvais, au sens où l'entendent la plupart des religions et le commun des mortels, non, il est simplement fait comme ça : tel un enfant de six ans qui souhaite désespérément qu'on lui offre un jouet bien précis, notre anti-héros veut se procurer une sorte d'esclave lobotomisé qui lui obéirait sans états d'âme. Viscéralement incapable de songer à la douleur infligée par son délire aux uns et aux autres, il ne songe qu'au meilleur moyen d'obtenir ce qu'il désire. Non, répétons-le, il n'est pas mauvais : il n'a aucune notion du Bien, ni du Mal, c'est tout, et à peine celle de l'Interdit, un interdit qu'il ne comprend pas du tout et qu'il cherche simplement à contourner.
Pourtant, il est loin d'être idiot et sait très bien calculer et prévoir, mais toujours en fonction de ce que ces prévisions peuvent lui rapporter - ou lui éviter de fâcheux. Sinon, c'est le néant. Claquemuré dans un monde que les psys peinent à saisir, il avoue lui-même, avec une innocence étrange, ne pas avoir de rêves.
Sur son passé, Oates nous donne le minimum de détails : un père à la carrière de chercheur et d'universitaire exemplaire, une mère attentionnée, une soeur aînée brillante et une grand-mère aimante. "Un peu trop de femmes," entonnera certainement le choeur des psys. Sans aucun doute mais cela n'explique en rien l'abîme qui dort en Q ... P ...
Raffinement suprême, Oates pousse le sadisme envers son lecteur jusqu'à lui instiller goutte à goutte la certitude que, au-delà l'apaisement de ses désirs sexuels, Q ... P ... recherche en l'acte de tuer quelque chose qui nous dépasse tous, lui y compris, et dont il nous est impossible de nous faire une idée claire.
C'est en cela que "Zombi" est terrifiant, d'autant qu'il se termine sur la vision d'un Q ... P ... pour qui le meurtre va devenir une routine. En d'autres termes, le pire est à venir et Joyce Carol Oates vous laisse l'imaginer à loisir.
Du grand art. ;o)
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Kittiwake
17 juillet 2014
★★★★★
★★★★★
Même si les romans de Joyce Carol Oates ont toujours un côté sombre, il est rare d'être à ce point au coeur de la noirceur! Et comment y échapper quand le narrateur est un psychopathe éminemment dangereux, suffisamment intelligent pour élaborer des plans diaboliques et échapper ainsi à la justice. Si une imprudence a pu un jour le faire prendre et repérer par les autorités judiciaires, ce sera la dernière fois...
Malgré le raisonnement en boucle du jeune homme dont le but ultime est de pratiquer une lobotomie sur les sujets qu'il capture, pour en faire des zombis dévoués corps et âmes et acquiesçant à ses pulsions sexuelles, avec force répétition de scénarios de part puis de procédures expérimentales, le récit reste cependant scotchant, mais trop intense pour pouvoir le lire d'une traite : la nécessité de reprendre sa respiration est vitale.
Âmes sensibles s'abstenir : c'est tellement vraisemblable que c'en est encore plus terrifiant.
Je ne suis pas sûre d'avoir pu imaginer un seul instant que ce récit soit de Joyce Carol Oates si je n'en avais pas connu l'auteur avant lecture. J'aurais plus volontiers évoqué Stéphan King ou Jean-Christophe Grangé!
Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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canel
03 janvier 2015
★★★★★
★★★★★
Quentin, trente et un ans, serial killer, prédateur sexuel. Condamné jusqu'alors pour "simple" délit sexuel sur mineur, seulement deux ans avec sursis parce que papa, universitaire émérite, a des appuis et de l'argent.
Quel est l'intérêt de lire un tel ouvrage ? Je me le demande. C'est noir, sanglant, glauque, désespéré, désespérant. Il reste la plume de Joyce Carol Oates, la narration insolite et agaçante, celle d'un homme immature et dérangé, avec des esperluettes pour écrire les "et", des majuscules à foison, des croquis.
Il serait temps que je passe à autre chose avec cette auteur de talent, que j'ose enfin me lancer dans la lecture de ses pavés. Y met-elle également en scène des hommes violents qui dominent et détruisent femmes et/ou enfants ? L'horreur y est peut-être moins concentrée...
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KrisPy
04 mai 2015
★★★★★
★★★★★
Joyce Carol Oates, écrivaine prolixe et étonnante, féministe avant l'heure, avant-gardiste méconnue, signe ici un roman court et choc.
Les pensées de Q. homme presque ordinaire, sont toxiques. Il rêve de n'avoir rien que pour lui un "zombi" créé par ses soins...
Livre à ne pas mettre entre toutes les mains. On n'en ressort pas indemne, le malaise est là, et on prend conscience que la folie prend souvent un visage dérangeant qui nous fait détourner le regard alors qu'on devrait la regarder bien en face afin de pouvoir la surveiller.
A lire par tous ceux qui sont fascinés par les serial killers...
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henrimesquida
27 mars 2017
★★★★★
★★★★★
Salut je m'appelle Quentin, ce que je fais dans la vie? En fait je suis un psychopathe, pédophile, serial killer, bah ça rapporte pas beaucoup vous savez, je suis bien obligé de tondre la pelouse de ma grand mère pour mettre un peu de beurre dans les épinards. Ma préférence? Les petits garçons, ouais c'est cool quand ils sont jeunes, pas forcément mineurs mais en dessous de 20 ans c'est mieux.
En gros c'est ce que je viens de lire.
Et l'immixtion dans son cerveau est assez intéressante dans sa construction.
On se retrouve dans la caboche du bonhomme que pour les moments très très très chiants: il tond la pelouse, il appelle son avocat, il bouffe au domac ou on se dit que finalement il est normal et il va revenir sur le chemin de la rédemption.
Et les plus "pervers": il raconte ses pulsions sexuelles très souvent pathétiques, qui nous font dire que BORDEL IL EST MALADE.
Pendant les premières pages je pensais qu'il était limité sur le plan intellectuel, j'ai mis beaucoup de temps avant de comprendre qu'il avait un sérieux problème. J'ai réalisé la chose seulement quand il a commencé a raconter ses délires un peu chelou avec sa camionnette & qu'il récupère des auto-stoppeur.
Et c'est en refermant le bouquin et avec sa dernière tentative de ZOMBI (les vrais savent) que j'ai compris qu'en réalité les moments très très très chiants ne sont pas anodins. Ces moments là font partis de son cheminement, de sa préméditation pour sa prochaine horreur.
Donc si on pense que Q...P... pervers sexuel a une vie parfaitement normal parce qu'il tond la pelouse de sa grand mère c'est faux. Puisque chacun de ses mouvements, sont dictés par ses pulsions et sa "maladie". Et c'est pour ça que l'on voit deux sortes "d'actions" les moments chiants qui font appels à des actes calculés pour assouvir son instinct et les moments brouillons/pervers/degueulasse qui montre à quel point le mec est complètement malade.
MAIS
Je suis assez déçue de ne pas avoir été "attachée" au tueur. Je veux dire en ce sens qu'il aurait été extrêmement pertinent/fou/malsain/aboutissementdulivre d'essayer de tourner la chose de sorte à ce que le lecteur ne souhaite pas que QP soit démasqué. Après tout on vit sa vie de son point de vue, on pourrait avoir une sorte de processus d'identification "ouais mais moi aussi j'ai déjà tondu la pelouse et c'est une telle galère qu'il mérite pas la taule". Mais de ce côté le livre ne répond pas à mes attentes, en même temps je pense que c'est Mission Impossible.
De même déçue de ne pas avoir eu plus d'opinion de la part de la famille, c'était une piste pas mal, puisqu'elle semble tout à fait normal alors comment un tueur peut-il émerger d'une famille si banale? Et puis elle se doute qu'un truc ne va pas mais pas trop non plus, bref' je l'aurai aimé plus engagé.
C'était cool presque effrayant (après tout des malade y'en a à chaque coin de rue..) mais pas de quoi non plus crier au chef d'oeuvre. Si vous trouvez ça trop hard lisez du Dennis Cooper...
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Citations & extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
WolandWoland05 mai 2010
[...] ... Mais les étudiants me sont interdits. Après cet incident stupide qui, par chance pour Q ... P ..., s'est bien terminé. Il faisait sombre derrière la résidence universitaire & le gosse était ivre & plié en deux en train de vomir & de hoqueter & quand il s'est redressé en m'entendant, le démonte-pneu s'est abattu au-dessus de son oreille & l'a envoyé par terre avant qu'il ait réalisé m'avoir vu & donc ça allait. Je portais mon blouson de toile à capuchon & il n'y avait pas de témoin mais j'ai quand même paniqué & je me suis sauvé, ce que je ne ferais jamais maintenant que j'ai plus d'expérience. Mais ça allait. La leçon a servi.

& à Ypsilanti, il y a longtemps si longtemps que je ne m'en souviens pas vraiment j'étais arrivé à la même conclusion je crois. Car le fait est que la disparition d'un étudiant serait immédiatement remarquée (à l'exception des étudiants étrangers qui sont vraiment loin de chez eux). Leur famille se soucie d'eux. & ils ont une famille.

Un spécimen de ZOMBI plus sûr serait quelqu'un d'extérieur à la ville. Un stoppeur, un vagabond ou un drogué (s'il est en bonne condition physique & pas maigre & esquinté ou malade du SIDA). Ou un type des HLM noires du centre-ville. Quelqu'un dont tout le monde se contrefout. Quelqu'un qui n'aurait jamais dû naître.

Suis sorti de l'amphithéâtre alors que la voix continuait à ronronner & suis allé dans la bibliothèque psy me renseigner sur la LOBOTOMIE. ... [...]
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WolandWoland05 mai 2010
[...] ... Un vrai ZOMBI serait à moi pour toujours. Il obéirait à tous les ordres & les caprices. En disant "Oui, maître" & "Non, maître." Il s'agenouillerait devant moi les yeux levés vers moi en disant : "Je t'aime, maître. Il n'y a que toi, maître."

& c'est ce qui se passerait, & c'est ce qui serait. Parce qu'un vrai ZOMBI ne pourrait pas dire quelque chose qui n'est pas, seulement quelque chose qui est. Ses yeux seraient ouverts & transparents mais il n'y aurait rien à l'intérieur qui voie. & rien derrière qui pense. Rien qui juge.

& il n'y aurait pas non plus de terreur dans les yeux de mon ZOMBI. Pas de souvenirs. Car sans souvenir il n'y a pas de terreur. ... [...]
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ReservoirDogReservoirDog29 août 2015
(p. 147, Q... P... ayant repéré un potentiel Zombi qu'il nomme Écureuil) :

"Mes yeux nerveux baissés sur mon assiette où je mange les morceaux de poulet frit spéciaux & les frites spéciales & la coleslaw maison d'H.D mais en suivant du coin de l’œil ÉCUREUIL qui débarrasse les tables des plats sales etc. Des gouttes de transpiration luisantes sur sa lèvre supérieure.

Si seulement tu me regardais. Si seulement tu souriais. Juste une fois!

Mais comme Barry il ne me voit pas. Comme Bruce, il ne me voit pas. & il y a trois jeunes filles en short & dos nu & rideaux coulissants de cheveux brillants dans un des box. & elles taquinent Écureuil qui est leur ami. & il rougit tout gêné dans son tablier sale. Oui mais en aimant ça... aucun doute. MON ZOMBI se pavanant comme un petit coq orgueilleux devant de pareilles connasses!'
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FRANGAFRANGA08 mai 2012
Un peu d’écoeurement dans l’air, à force de senteurs sur terre…

Une anthologie de la poésie anglaise oubliée par quelqu’un & je l’ai feuilletée dans le club des étudiants, pas celui de l’IUT mais celui de l’Université où je passe quelquefois en début de soirée & ces mots d’un poème de « Gerald Manley Hopkins » m’ont sauté au visage & résonné comme la cloche du conservatoire de musique.
Parce que maintenant c’est le printemps, le mois d’avril & la première année de mise à l’épreuve de Q…P… est terminée.
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zazimuthzazimuth26 février 2017
& j'ai compris alors que je pouvais habiter un VISAGE INCONNU. Inconnu DANS LE MONDE ENTIER. Je pouvais vivre dans le monde COMME QUELQU'UN D'AUTRE. Je pouvais éveiller PITIE, CONFIANCE, SYMPATHIE, ETONNEMENT & CRAINTE avec ce visage. Je pouvais VOUS MANGER LE COEUR & trouduc vous ne vous en apercevriez même pas. (p.62)
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Filigranes.tv, Marie NDiaye présente Blonde de Joyce Carol Oats, Lgf
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