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ISBN : 2253099694
Éditeur : Le Livre de Poche (2014)


Note moyenne : 3.28/5 (sur 94 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :

Et si Zombi était le plus terrifiant des livres de Joyce Carol Oates ? Quentin, son héros ou plutôt son antihéros, raconte son histoire. Il ne se nomme que par ses initiales : " Q.P. ". Il a 31 ans et une honorable famille qui ne peut le croire vraiment coupable... > Voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Woland, le 05 mai 2010

    Woland
    Zombie
    Traduction : Claude Seban
    Roman relativement court puisqu'il ne dépasse pas les cent-quatre-vingt-quatre pages en édition du Livre de Poche, "Zombi" possède le froid et l'impitoyable tranchant d'un couteau de boucher. Je ne dirai pas "scalpel" puisque Oates limite son intrigue au premier meurtre, demeuré impuni parce que non découvert, de son anti-héros, Q ... P ..., et que celui-ci, en dépit d'une préméditation que le lecteur découvre avec une horreur croissante, en est encore à tâtonner pas mal sur la voie du crime en série.
    C'est donc un serial killer non pas néophyte mais encore en phase de "formation" que nous décrit la romancière. Les brouillards de son esprit et de son âme sont d'autant plus impénétrables que Q ... P ... est et restera notre seule "voix" de référence. Tient-il un journal ou ne s'agit-il que de ses pensées auxquelles Oates, par l'autorité de l'écrivain, nous donne accès sans autre forme de procès ? On ne le sait pas mais le résultat fascine autant qu'il angoisse.
    Non sur l'instant - enfin, certainement pas pour celles et ceux qui s'intéressent au phénomène des tueurs en série et ont déjà lu des ouvrages, documentaires ou pas, sur le sujet - mais une fois le livre refermé et rangé. En effet, "Zombi" ne connaît pas l'espoir.
    Q ... P ... n'est pas mauvais, au sens où l'entendent la plupart des religions et le commun des mortels, non, il est simplement fait comme ça : tel un enfant de six ans qui souhaite désespérément qu'on lui offre un jouet bien précis, notre anti-héros veut se procurer une sorte d'esclave lobotomisé qui lui obéirait sans états d'âme. Viscéralement incapable de songer à la douleur infligée par son délire aux uns et aux autres, il ne songe qu'au meilleur moyen d'obtenir ce qu'il désire. Non, répétons-le, il n'est pas mauvais : il n'a aucune notion du Bien, ni du Mal, c'est tout, et à peine celle de l'Interdit, un interdit qu'il ne comprend pas du tout et qu'il cherche simplement à contourner.
    Pourtant, il est loin d'être idiot et sait très bien calculer et prévoir, mais toujours en fonction de ce que ces prévisions peuvent lui rapporter - ou lui éviter de fâcheux. Sinon, c'est le néant. Claquemuré dans un monde que les psys peinent à saisir, il avoue lui-même, avec une innocence étrange, ne pas avoir de rêves.
    Sur son passé, Oates nous donne le minimum de détails : un père à la carrière de chercheur et d'universitaire exemplaire, une mère attentionnée, une soeur aînée brillante et une grand-mère aimante. "Un peu trop de femmes," entonnera certainement le choeur des psys. Sans aucun doute mais cela n'explique en rien l'abîme qui dort en Q ... P ...
    Raffinement suprême, Oates pousse le sadisme envers son lecteur jusqu'à lui instiller goutte à goutte la certitude que, au-delà l'apaisement de ses désirs sexuels, Q ... P ... recherche en l'acte de tuer quelque chose qui nous dépasse tous, lui y compris, et dont il nous est impossible de nous faire une idée claire.
    C'est en cela que "Zombi" est terrifiant, d'autant qu'il se termine sur la vision d'un Q ... P ... pour qui le meurtre va devenir une routine. En d'autres termes, le pire est à venir et Joyce Carol Oates vous laisse l'imaginer à loisir.
    Du grand art. ;o)
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    • Livres 3.00/5
    Par Kittiwake, le 17 juillet 2014

    Kittiwake
    Même si les romans de Joyce Carol Oates ont toujours un côté sombre, il est rare d'être à ce point au coeur de la noirceur! Et comment y échapper quand le narrateur est un psychopathe éminemment dangereux, suffisamment intelligent pour élaborer des plans diaboliques et échapper ainsi à la justice. Si une imprudence a pu un jour le faire prendre et repérer par les autorités judiciaires, ce sera la dernière fois...
    Malgré le raisonnement en boucle du jeune homme dont le but ultime est de pratiquer une lobotomie sur les sujets qu'il capture, pour en faire des zombis dévoués corps et âmes et acquiesçant à ses pulsions sexuelles, avec force répétition de scénarios de part puis de procédures expérimentales, le récit reste cependant scotchant, mais trop intense pour pouvoir le lire d'une traite : la nécessité de reprendre sa respiration est vitale.
    Âmes sensibles s'abstenir : c'est tellement vraisemblable que c'en est encore plus terrifiant.
    Je ne suis pas sûre d'avoir pu imaginer un seul instant que ce récit soit de Joyce Carol Oates si je n'en avais pas connu l'auteur avant lecture. J'aurais plus volontiers évoqué Stéphan King ou Jean-Christophe Grangé!

    Lien : http://kittylamouette.blogspot.fr/2014/07/zombie.html
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    • Livres 3.00/5
    Par kris334, le 04 mai 2015

    kris334
    Joyce Carol Oates, écrivaine prolixe et étonnante, féministe avant l'heure, avant-gardiste méconnue, signe ici un roman court et choc.
    Les pensées de Q. homme presque ordinaire, sont toxiques. Il rêve de n'avoir rien que pour lui un "zombi" créé par ses soins...
    Livre à ne pas mettre entre toutes les mains. On n'en ressort pas indemne, le malaise est là, et on prend conscience que la folie prend souvent un visage dérangeant qui nous fait détourner le regard alors qu'on devrait la regarder bien en face afin de pouvoir la surveiller.
    A lire par tous ceux qui sont fascinés par les serial killers...
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    • Livres 3.00/5
    Par canel, le 03 janvier 2015

    canel
    Quentin, trente et un ans, serial killer, prédateur sexuel. Condamné jusqu'alors pour "simple" délit sexuel sur mineur, seulement deux ans avec sursis parce que papa, universitaire émérite, a des appuis et de l'argent.
    Quel est l'intérêt de lire un tel ouvrage ? Je me le demande. C'est noir, sanglant, glauque, désespéré, désespérant. Il reste la plume de Joyce Carol Oates, la narration insolite et agaçante, celle d'un homme immature et dérangé, avec des esperluettes pour écrire les "et", des majuscules à foison, des croquis.
    Il serait temps que je passe à autre chose avec cette auteur de talent, que j'ose enfin me lancer dans la lecture de ses pavés. Y met-elle également en scène des hommes violents qui dominent et détruisent femmes et/ou enfants ? L'horreur y est peut-être moins concentrée...
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    • Livres 4.00/5
    Par encoredunoir, le 09 avril 2015

    encoredunoir
    En s'inspirant très librement de Jeffrey Dahmer, auteur des meurtres de dix-sept jeunes hommes, Joyce Carol Oates met en scène Quentin P., fils d'une famille bourgeoise d'une petite ville du Michigan. Issu d'un milieu aisé, intelligent sans être surdoué mais effacé et peu sociable, Quentin est en période de probation après avoir été jugé coupable d'agression sexuelle envers un jeune mineur. Mais si malgré leur inquiétude à son sujet ses parents, sa soeur et sa grand-mère veulent croire à un moment d'égarement, Quentin n'a pas abandonné ses fantasmes. Au contraire, et c'est lui qui nous le raconte dans ce récit haché et halluciné à la première personne, il envisage de créer son propre zombi. Un esclave sexuel à demeure. Et pour cela il compte sur sa capacité à pratiquer artisanalement la lobotomie transorbitale.
    Figure dorénavant incontournable de l'imaginaire américain, au même titre que la Cadillac ou le Coca Cola, le tueur en série est aussi devenu la tarte à la crème des cinéastes et romanciers, pour le meilleur parfois, mais le plus souvent pour le pire. Côté littérature, on retiendra notamment le Dragon rouge de Thomas Harris et surtout Un tueur sur la route, de James Ellroy. Et, c'est heureux, c'est plutôt de ce dernier que se rapproche Joyce Carol Oates avec Zombi.
    En se glissant dans la tête du tueur, Oates se livre moins à une recherche de ce qui fait, qui forme, un tueur en série, qu'à une étude intime de son comportement avec ce que cela peut comporter de crudité et d'incohérence dans la pensée et le comportement. L'exercice est difficile, propre à tourner, s'il est mal maîtrisé, à l'inventaire horrifique et voyeuriste, mais l'auteur arrive à trouver un équilibre, à en dire et en montrer assez pour rendre son récit glaçant sans pour autant verser dans l'exhibition gore gratuite. Car s'il ne sait pas – et ne se demande même pas – pourquoi il agit ainsi, Quentin est bien conscient que ce qu'il fait est mal. Et, d'une certaine manière, sans renier ses fantasmes et ce qu'il est, il se voile la face, ne serait-ce que pour pouvoir faire bonne figure lorsqu'il doit se confronter aux autres ; ses parents, son agent de probation, son psychiatre, ou les locataires de l'immeuble de rapport familial dont il est le gardien.
    Cela donne un livre étrange, inconfortable et malsain, mais aussi fascinant – parce que, en fin de compte, on peine toujours à lutter contre nos tendances morbides et voyeuristes. Et surtout, c'est un bel exercice d'écriture de la part de Joyce Carol Oates.


    Lien : http://www.encoredunoir.com/2015/04/zombi-de-joyce-carol-oates.html
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Citations et extraits

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  • Par Woland, le 05 mai 2010

    [...] ... Mais les étudiants me sont interdits. Après cet incident stupide qui, par chance pour Q ... P ..., s'est bien terminé. Il faisait sombre derrière la résidence universitaire & le gosse était ivre & plié en deux en train de vomir & de hoqueter & quand il s'est redressé en m'entendant, le démonte-pneu s'est abattu au-dessus de son oreille & l'a envoyé par terre avant qu'il ait réalisé m'avoir vu & donc ça allait. Je portais mon blouson de toile à capuchon & il n'y avait pas de témoin mais j'ai quand même paniqué & je me suis sauvé, ce que je ne ferais jamais maintenant que j'ai plus d'expérience. Mais ça allait. La leçon a servi.

    & à Ypsilanti, il y a longtemps si longtemps que je ne m'en souviens pas vraiment j'étais arrivé à la même conclusion je crois. Car le fait est que la disparition d'un étudiant serait immédiatement remarquée (à l'exception des étudiants étrangers qui sont vraiment loin de chez eux). Leur famille se soucie d'eux. & ils ont une famille.

    Un spécimen de ZOMBI plus sûr serait quelqu'un d'extérieur à la ville. Un stoppeur, un vagabond ou un drogué (s'il est en bonne condition physique & pas maigre & esquinté ou malade du SIDA). Ou un type des HLM noires du centre-ville. Quelqu'un dont tout le monde se contrefout. Quelqu'un qui n'aurait jamais dû naître.

    Suis sorti de l'amphithéâtre alors que la voix continuait à ronronner & suis allé dans la bibliothèque psy me renseigner sur la LOBOTOMIE. ... [...]
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  • Par Woland, le 05 mai 2010

    [...] ... Un vrai ZOMBI serait à moi pour toujours. Il obéirait à tous les ordres & les caprices. En disant "Oui, maître" & "Non, maître." Il s'agenouillerait devant moi les yeux levés vers moi en disant : "Je t'aime, maître. Il n'y a que toi, maître."

    & c'est ce qui se passerait, & c'est ce qui serait. Parce qu'un vrai ZOMBI ne pourrait pas dire quelque chose qui n'est pas, seulement quelque chose qui est. Ses yeux seraient ouverts & transparents mais il n'y aurait rien à l'intérieur qui voie. & rien derrière qui pense. Rien qui juge.

    & il n'y aurait pas non plus de terreur dans les yeux de mon ZOMBI. Pas de souvenirs. Car sans souvenir il n'y a pas de terreur. ... [...]
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  • Par FRANGA, le 08 mai 2012

    Un peu d’écoeurement dans l’air, à force de senteurs sur terre…

    Une anthologie de la poésie anglaise oubliée par quelqu’un & je l’ai feuilletée dans le club des étudiants, pas celui de l’IUT mais celui de l’Université où je passe quelquefois en début de soirée & ces mots d’un poème de « Gerald Manley Hopkins » m’ont sauté au visage & résonné comme la cloche du conservatoire de musique.
    Parce que maintenant c’est le printemps, le mois d’avril & la première année de mise à l’épreuve de Q…P… est terminée.
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  • Par Yuko, le 03 avril 2013

    Un vrai ZOMBI serait à moi pour toujours. Il obéirait à tous les ordres & les caprices. En disant "oui, maître" & "Non, maître". Il s'agenouillerait devant moi les yeux levés vers moi en disant : "je t'aime, maître. Il n'y a que toi, maître.

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  • Par Penelope, le 05 décembre 2007

    Sur mon pare-chocs il y a un autocollant, JE FREINE POUR LES ANIMAUX. J'ai pensé que c'était une bonne idée d'avoir un autocollant.

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