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> Claude Seban (Traducteur)

ISBN : 2234047609
Éditeur : Stock (1997)


Note moyenne : 3.33/5 (sur 67 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :

Et si Zombi était le plus terrifiant des livres de Joyce Carol Oates ? Quentin, son héros ou plutôt son antihéros, raconte son histoire. Il ne se nomme que par ses initiales : " Q.P. ". Il a 31 ans et une honorable famille qui ne peut le croire vraiment coupable... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par Kittiwake, le 17 juillet 2014

    Kittiwake
    Même si les romans de Joyce Carol Oates ont toujours un côté sombre, il est rare d'être à ce point au cœur de la noirceur! Et comment y échapper quand le narrateur est un psychopathe éminemment dangereux, suffisamment intelligent pour élaborer des plans diaboliques et échapper ainsi à la justice. Si une imprudence a pu un jour le faire prendre et repérer par les autorités judiciaires, ce sera la dernière fois...
    Malgré le raisonnement en boucle du jeune homme dont le but ultime est de pratiquer une lobotomie sur les sujets qu'il capture, pour en faire des zombis dévoués corps et âmes et acquiesçant à ses pulsions sexuelles, avec force répétition de scénarios de part puis de procédures expérimentales, le récit reste cependant scotchant, mais trop intense pour pouvoir le lire d'une traite : la nécessité de reprendre sa respiration est vitale.
    Âmes sensibles s'abstenir : c'est tellement vraisemblable que c'en est encore plus terrifiant.
    Je ne suis pas sûre d'avoir pu imaginer un seul instant que ce récit soit de Joyce Carol Oates si je n'en avais pas connu l'auteur avant lecture. J'aurais plus volontiers évoqué Stéphan King ou Jean-Christophe Grangé!

    Lien : http://kittylamouette.blogspot.fr/2014/07/zombie.html
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    • Livres 4.00/5
    Par Woland, le 05 mai 2010

    Woland
    Zombie
    Traduction : Claude Seban
    Roman relativement court puisqu'il ne dépasse pas les cent-quatre-vingt-quatre pages en édition du Livre de Poche, "Zombi" possède le froid et l'impitoyable tranchant d'un couteau de boucher. Je ne dirai pas "scalpel" puisque Oates limite son intrigue au premier meurtre, demeuré impuni parce que non découvert, de son anti-héros, Q ... P ..., et que celui-ci, en dépit d'une préméditation que le lecteur découvre avec une horreur croissante, en est encore à tâtonner pas mal sur la voie du crime en série.
    C'est donc un serial killer non pas néophyte mais encore en phase de "formation" que nous décrit la romancière. Les brouillards de son esprit et de son âme sont d'autant plus impénétrables que Q ... P ... est et restera notre seule "voix" de référence. Tient-il un journal ou ne s'agit-il que de ses pensées auxquelles Oates, par l'autorité de l'écrivain, nous donne accès sans autre forme de procès ? On ne le sait pas mais le résultat fascine autant qu'il angoisse.
    Non sur l'instant - enfin, certainement pas pour celles et ceux qui s'intéressent au phénomène des tueurs en série et ont déjà lu des ouvrages, documentaires ou pas, sur le sujet - mais une fois le livre refermé et rangé. En effet, "Zombi" ne connaît pas l'espoir.
    Q ... P ... n'est pas mauvais, au sens où l'entendent la plupart des religions et le commun des mortels, non, il est simplement fait comme ça : tel un enfant de six ans qui souhaite désespérément qu'on lui offre un jouet bien précis, notre anti-héros veut se procurer une sorte d'esclave lobotomisé qui lui obéirait sans états d'âme. Viscéralement incapable de songer à la douleur infligée par son délire aux uns et aux autres, il ne songe qu'au meilleur moyen d'obtenir ce qu'il désire. Non, répétons-le, il n'est pas mauvais : il n'a aucune notion du Bien, ni du Mal, c'est tout, et à peine celle de l'Interdit, un interdit qu'il ne comprend pas du tout et qu'il cherche simplement à contourner.
    Pourtant, il est loin d'être idiot et sait très bien calculer et prévoir, mais toujours en fonction de ce que ces prévisions peuvent lui rapporter - ou lui éviter de fâcheux. Sinon, c'est le néant. Claquemuré dans un monde que les psys peinent à saisir, il avoue lui-même, avec une innocence étrange, ne pas avoir de rêves.
    Sur son passé, Oates nous donne le minimum de détails : un père à la carrière de chercheur et d'universitaire exemplaire, une mère attentionnée, une soeur aînée brillante et une grand-mère aimante. "Un peu trop de femmes," entonnera certainement le choeur des psys. Sans aucun doute mais cela n'explique en rien l'abîme qui dort en Q ... P ...
    Raffinement suprême, Oates pousse le sadisme envers son lecteur jusqu'à lui instiller goutte à goutte la certitude que, au-delà l'apaisement de ses désirs sexuels, Q ... P ... recherche en l'acte de tuer quelque chose qui nous dépasse tous, lui y compris, et dont il nous est impossible de nous faire une idée claire.
    C'est en cela que "Zombi" est terrifiant, d'autant qu'il se termine sur la vision d'un Q ... P ... pour qui le meurtre va devenir une routine. En d'autres termes, le pire est à venir et Joyce Carol Oates vous laisse l'imaginer à loisir.
    Du grand art. ;o)
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    • Livres 4.00/5
    Par Readingintherain, le 17 juin 2011

    Readingintherain
    J'aime beaucoup Oates, comme je le disais dans le billet à propos de la fille du fossoyeur. J'aime la manière dont elle décrit les États-Unis, la proximité qu'elle parvient à créer entre ses personnages et ses lecteurs. Pourtant, ici, j'ai été vraiment mal à l'aise tout au long du roman. Dans Zombi, le narrateur est un meurtrier en série visiblement psychotique, obsédé par l'idée de créer un Zombi qui le vénèrerait et lui obéirait en tout. Certains passages sont à la limite de l'insoutenable. Je sais bien, avec la télé et les séries on devrait être habitués à ce type de scènes, mais je n'ai pas la télé et j'ai du mal à lire une description froide et clinique d'une lobotomie au pic à glace sans avoir envie de vomir, ou de tomber dans les pommes, voire les deux à la fois. du coup, entre frissons et hauts-le-cœur je ne suis pas réellement certaine d'avoir apprécié ce roman à sa juste valeur. J'aime toujours autant l'écriture d'Oates, son côté précis et empathique, mais j'ai eu du mal à supporter la violence de Quentin. Il y a dans ce personnage un côté erratique, ni froid ni précis ni même organisé, qui me fait encore plus frémir que Dexter, par exemple. Il ne fait que suivre des pulsions, sexuelles la majorité du temps, voit toute autre personne comme un ennemi, hait le monde entier … et au final ça donne un univers probablement trop sombre et désespéré pour moi.
    Sauf que, en fait, j'ai quand même apprécié ma lecture. Je crois que c'est ce qui me donne le plus de frissons. Moi, qui me considère comme psychologiquement plutôt normale (enfin, non, mais bon, vous voyez ce que je veux dire, je suis passablement tarée mais j'ai peu de pulsions meurtrières, et en tout cas il ne me viendrait pas à l'idée de les mettre réellement en œuvre) j'ai apprécié de lire l'histoire d'un malade mental pervers qui viole et torture de jeunes hommes (voire garçons) pour satisfaire son ego. Est-ce que c'est ce qu'a voulu Oates ? Est-ce qu'elle a profondément désiré semer le doute dans l'esprit de ses lecteurs quant à leur santé mentale ? Si c'est le cas, c'est réussi ET C'EST PAS BIEN GENTIL ! En même temps, cette illustration de la présence de la folie tout autour de nous est réussie et, même si je ne la conseille pas aux âmes sensibles, elle mérite une lecture. Caché dans un coin, peut-être.

    Lien : http://www.readingintherain.com/2011/06/zombi-–-j-c-oates/
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    • Livres 4.00/5
    Par Charybde2, le 18 mars 2013

    Charybde2
    Quelques mois dans la tête d'un serial killer cherchant à obtenir un Zombi, parfait esclave sexuel.
    Publiée en 1995, cette exploration en "caméra subjective" et en monologue intérieur de quelques mois de la vie d'un serial killer, assortis de nombreux flashbacks, valut à Joyce Carol Oates le Bram Stoker Award cette année-là.
    Couvé par ses parents de moyenne bourgeoisie à Chicago et en particulier par son professeur d'université de père, Quentin, vivotant grâce au boulot de gardien d'une résidence, fourni par sa famille, a pour obsession depuis des années la réalisation d'un "Zombi", esclave sexuel qui serait à son entière disposition, en kidnappant une cible attractive et en opérant sur elle une lobotomie telle qu'expliquée dans un livre volé dans une bibliothèque, mais n'a pour l'instant connu que des "échecs"... Soumis à deux ans de prison avec sursis, de probation et de suivi judiciaro-psychiatrique pour s'être fait surprendre, avant le passage à l'acte sur l'une de ses cibles, sans que pour autant "l'ensemble de son œuvre" ne soit découvert, Quentin poursuit inlassablement son objectif...
    Sur ce thème parfois quelque peu rebattu, l'une des lectures les plus glaçantes, servie par le style précis et souple de la grande romancière américaine, loin des imitations plus ou moins frelatées, depuis le terrible "Un tueur sur la route" de James Ellroy.
    "Un spécimen de Zombi plus sûr serait quelqu'un d'extérieur à la ville. Un stoppeur, un vagabond ou un drogué (s'il est en bonne condition physique & pas maigre & esquinté ou malade du SIDA). Ou un type des HLM noires du centre-ville. Quelqu'un dont tout le monde se contrefout. Qui n'aurait jamais dû naître.
    Suis sorti de l'amphithéâtre alors que la voix continuait à ronronner & suis allé dans la bibliothèque psy me renseigner sur la LOBOTOMIE."
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    • Livres 3.00/5
    Par CyrielF, le 28 mai 2012

    CyrielF
    Zombi a été pour moi un de ces romans que l'on referme et sur lequel on bloque une dizaine de minutes en se demandant "pourquoi j'ai lu ça ?". Il m'a fallu quelques jours avant de réussir à organiser mes idées et remettre mon esprit à sa place avant d'écrire cette chronique, car l'histoire de Zombi entraîne à une séance de réflexion intense après lecture.
    Dès le début du roman, on entre dans les pensées de Quentin P., un trentenaire accusé d'agression sexuelle sur un mineur, qui s'en est sorti avec 2 ans de sursis en plaidant coupable. Pour ses parents, il est impossible que leur fils soit un criminel, et aux yeux de la société, Quentin reste un jeune homme bon sous tous rapports en dehors de sa petite "incartade". Seulement voilà, Quentin P. est un détraqué sexuel comme on en fait peu. Son but ultime : créer un "Zombi" qui le vénèrera et répondra à ses fantasmes les plus fous. Pour atteindre son objectif, Quentin enferme ses victimes dans son laboratoire de fortune et tente de les lobotomiser à l'aide d'un pic à glace, mais évidemment il rate son expérience à tous les coups et se retrouve avec des cadavres sur les bras dont il garde des reliques.
    Joyce Carol Oates nous place directement à l'intérieur de la tête de ce psycopathe et utilise donc un style d'écriture qui peut s'avérer dérangeant par moments. Les phrases sont très longues et rythmées, si bien que j'ai souvent du reprendre mon souffle afin de poursuivre ma lecture. le récit est souvent décousu : on alterne entre des tranches de vie très banales (du genre : "ma mère m'a téléphoné pour me prendre un rendez-vous chez le dentiste") et des passages très glauques des fantasmes sexuels et des expériences criminelles du personnage. Dans ce cas, le vocabulaire est cru et les descriptions n'épargnent aucun détail, ce qui peut parfois mettre le lecteur mal à l'aise. Si ce roman me laisse sur une expérience de lecture assez étrange, je ne peux qu'admirer la capacité de Joyce Carol Oates à retranscrire parfaitement les pensées d'un homme mentalement déranger et la cruauté sans scrupule dont il peut faire preuve. Au niveau technique, je pense que c'est un très bon roman, toutefois je suis restée un peu sur ma faim. A la lecture de la quatrième de couverture, je m'attendais plus à un thriller assez dur, et je m'attendais à plus d'horreur, alors que finalement, les quelques passages glauques ne m'ont pas suffi à susciter en moi le sentiment auquel je m'attendais.

    Lien : http://tetedelitote.canalblog.com/archives/2012/05/28/24344666.html
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Citations et extraits

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  • Par Woland, le 05 mai 2010

    [...] ... Mais les étudiants me sont interdits. Après cet incident stupide qui, par chance pour Q ... P ..., s'est bien terminé. Il faisait sombre derrière la résidence universitaire & le gosse était ivre & plié en deux en train de vomir & de hoqueter & quand il s'est redressé en m'entendant, le démonte-pneu s'est abattu au-dessus de son oreille & l'a envoyé par terre avant qu'il ait réalisé m'avoir vu & donc ça allait. Je portais mon blouson de toile à capuchon & il n'y avait pas de témoin mais j'ai quand même paniqué & je me suis sauvé, ce que je ne ferais jamais maintenant que j'ai plus d'expérience. Mais ça allait. La leçon a servi.

    & à Ypsilanti, il y a longtemps si longtemps que je ne m'en souviens pas vraiment j'étais arrivé à la même conclusion je crois. Car le fait est que la disparition d'un étudiant serait immédiatement remarquée (à l'exception des étudiants étrangers qui sont vraiment loin de chez eux). Leur famille se soucie d'eux. & ils ont une famille.

    Un spécimen de ZOMBI plus sûr serait quelqu'un d'extérieur à la ville. Un stoppeur, un vagabond ou un drogué (s'il est en bonne condition physique & pas maigre & esquinté ou malade du SIDA). Ou un type des HLM noires du centre-ville. Quelqu'un dont tout le monde se contrefout. Quelqu'un qui n'aurait jamais dû naître.

    Suis sorti de l'amphithéâtre alors que la voix continuait à ronronner & suis allé dans la bibliothèque psy me renseigner sur la LOBOTOMIE. ... [...]
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  • Par Woland, le 05 mai 2010

    [...] ... Un vrai ZOMBI serait à moi pour toujours. Il obéirait à tous les ordres & les caprices. En disant "Oui, maître" & "Non, maître." Il s'agenouillerait devant moi les yeux levés vers moi en disant : "Je t'aime, maître. Il n'y a que toi, maître."

    & c'est ce qui se passerait, & c'est ce qui serait. Parce qu'un vrai ZOMBI ne pourrait pas dire quelque chose qui n'est pas, seulement quelque chose qui est. Ses yeux seraient ouverts & transparents mais il n'y aurait rien à l'intérieur qui voie. & rien derrière qui pense. Rien qui juge.

    & il n'y aurait pas non plus de terreur dans les yeux de mon ZOMBI. Pas de souvenirs. Car sans souvenir il n'y a pas de terreur. ... [...]
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  • Par FRANGA, le 08 mai 2012

    Un peu d’écoeurement dans l’air, à force de senteurs sur terre…

    Une anthologie de la poésie anglaise oubliée par quelqu’un & je l’ai feuilletée dans le club des étudiants, pas celui de l’IUT mais celui de l’Université où je passe quelquefois en début de soirée & ces mots d’un poème de « Gerald Manley Hopkins » m’ont sauté au visage & résonné comme la cloche du conservatoire de musique.
    Parce que maintenant c’est le printemps, le mois d’avril & la première année de mise à l’épreuve de Q…P… est terminée.
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  • Par Yuko, le 03 avril 2013

    Un vrai ZOMBI serait à moi pour toujours. Il obéirait à tous les ordres & les caprices. En disant "oui, maître" & "Non, maître". Il s'agenouillerait devant moi les yeux levés vers moi en disant : "je t'aime, maître. Il n'y a que toi, maître.

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  • Par Penelope, le 05 décembre 2007

    Sur mon pare-chocs il y a un autocollant, JE FREINE POUR LES ANIMAUX. J'ai pensé que c'était une bonne idée d'avoir un autocollant.

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