Enquête policière et fresque historique.
Un roman policier d'un autre genre que celui auquel je suis habituée. Ici, c'est une immersion totale au XVIIIème siècle.
C'est avec un très grand plaisir que j'ai retrouvé Nicolas le Floch dans ce troisième tome et chaque fois je trouve l'histoire et l'intrigue encore mieux que la précédente. J'adore.
L'enquête de Nicolas le Floch nous plonge très bien dans ce XVIIIème siècle si particulier, d'une part par l'univers choisi, et d'autre part grâce au style adopté par l'auteur, qui s'inspire de celui des auteurs du XVIIIe. Mais même si l'on rencontre des notes explicatives pour certains termes spécifiques, il est parfois difficile de s'accrocher car le style reste assez lourd.
L'enquête est bien menée, prenante et plaisant à lire, mais seulement à partir de la moitié du roman, où des évènements étranges et inexplicables s'enchaînent ; le dénouement, sans réelle surprise, se fait un peu trop attendre et le roman s'essouffle.
L'auteur ne nous déçoit pas dans ce nouvel opus : on retrouve tout ce qui nous fait aimer Nicolas le Floch : la précision des descriptions historiques, les enquêtes cachant des complots politiques, des personnages attachants imaginaires, des recontres avec des personnages historiques... et l'intrépidité de Nicolas! La progression historique fait que Nicolas ne tourne pas en rond: l'auteur le fait mûrir, l'améliore, le change, le transforme en adulte... et le rend de plus en plus efficace, avisé et de moins en moins naïf. Il devient peu à peu un fin limier et prend de l'ampleur.
Nicolas se crispait à la vue du scalpel entamant les chairs. C’était à chaque fois la même chose : difficile au début, on tirait désespérément sur sa pipe ou on prisait avec frénésie, et puis, le métier l’emportait peu à peu sur l’horreur du spectacle. La curiosité raffermissait une volonté pressée d’aboutir, d’éclairer, de comprendre les zones obscures d’une affaire. Ce corps n’était plus un être qui avait vécu, mais le but d’un travail précis, obstiné, délicat, avec ses bruits étranges et ses couleurs que le stylet ou la sonde découvrait soudain. Un monde inconnu de mécanique animale apparaissait, offrant, comme boucherie à l’étal, le théâtre intérieur d’une vie avant que la corruption des chairs ne vînt tout emporter.
Le ciel s’était encore obscurci et les premières étoiles brillaient. Le spectacle qui se déroulait sous leurs yeux les laissa sans voix. Au loin, vers Suresnes, les dernières lueurs du couchant baignaient l’horizon de lignes pourpres, dessinant la découpe des hauteurs entourant la capitale comme une soie chinoise. La Seine scintillait, reflétant les lumières de la ville. Ils furent saisis par le nombre de spectateurs rassemblés sur la place Louis-XV. Un espace avait été réservé autour du monument central, submergé à chaque instant par les poussées de la multitude. Çà et là des vides correspondaient à des tranchées non encore rempierrées. Nicolas, que n’abandonnait jamais le soucis du détail révélateur, nota avec inquiétude qu’une cohue confuse de voitures et de chevaux continuait à grossie sur le quai des Tuileries et sur ses abords.
Tout crime, je le sais d'expérience, est une machine complexe à trois ou quatre centres de mouvements. N'écartez rien, mais restez simple et ouvert à l'évidence. [...] Démontez vos suspects comme vous le feriez d'une pendule ; la pièce qui manque se retrouvera naturellement.
Nicolas se crispait à la vue du scalpel entamant les chairs. C’était à chaque fois la même chose : difficile au début, on tirait désespérément sur sa pipe ou on prisait avec frénésie, et puis, le métier l’emportait peu à peu sur l’horreur du spectacle. La curiosité raffermissait une volonté pressée d’aboutir, d’éclairer, de comprendre les zones obscures d’une affaire. Ce corps n’était plus un être qui avait vécu, mais le but d’un travail précis, obstiné, délicat, avec ses bruits étranges et ses couleurs que le stylet ou la sonde découvrait soudain. Un monde inconnu de mécanique animale apparaissait, offrant, comme boucherie à l’étal, le théâtre intérieur d’une vie avant que la corruption des chairs ne vînt tout emporter.
Nicolas se crispait à la vue du scalpel entamant les chairs. C’était à chaque fois la même chose : difficile au début, on tirait désespérément sur sa pipe ou on prisait avec frénésie, et puis, le métier l’emportait peu à peu sur l’horreur du spectacle. La curiosité raffermissait une volonté pressée d’aboutir, d’éclairer, de comprendre les zones obscures d’une affaire. Ce corps n’était plus un être qui avait vécu, mais le but d’un travail précis, obstiné, délicat, avec ses bruits étranges et ses couleurs que le stylet ou la sonde découvrait soudain. Un monde inconnu de mécanique animale apparaissait, offrant, comme boucherie à l’étal, le théâtre intérieur d’une vie avant que la corruption des chairs ne vînt tout emporter.