ISBN : 208070303X
Éditeur : Flammarion (1999)


Note moyenne : 2.67/5 (sur 3 notes) Ajouter à mes livres

Le " milieu ", ses filles et ses souteneurs, la violence nue, les prisons et les boulevards au début du siècle. Dans ce monde où la misère écrase, où l'argent tue, Charles-Louis Philippe nous fait vivre une histoire d'amour fou e... > voir plus
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Critiques et avis(3)

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  • Par trust_me, le 27 mai 2012

    trust_me
    Bubu de Montparnasse, c'est un peu un ménage à trois. Il y a d'abord Berthe Méténier, 20 ans, fleuriste devenue fille publique après s'être mis à la colle avec Maurice Bélu, dit Bubu. Maurice « la choisit belle et vierge, puis il en fait son plaisir, puis il en fait son métier ». Maurice le souteneur, celui qui « prend les femmes dans sa main et les façonne ». le dernier personnage du trio, c'est Pierre Hardy, jeune provincial monté à Paris. Un micheton qui s'amourache de Berthe, cette « trotteuse » rencontré sur le boulevard Sébastopol.
    Quand Berthe attrape la vérole, elle finit à l'hôpital. Avec sa protégée sur la touche, les temps sont durs pour Maurice. Il monte un braquage mais les choses tournent mal et il est arrêté. Après l'hôpital, Berthe repart sur le trottoir, à son compte. Dans les moments difficiles, elle se tourne vers Pierre, ce bon ami toujours prêt à l'aider. Avec lui, elle peut envisager un semblant d'avenir. Mais la mise en liberté conditionnelle de Bubu va mettre à bas ses derniers espoirs. Son « homme », bien décidé à la reprendre, va se rendre chez Pierre et elle n'aura pas d'autre choix que de le suivre.
    Charles-Louis Philippe fait partie de ces grands écrivains français tombés dans l'oubli. Très modeste employé à la ville de Paris, de faible constitution, il mourra de la typhoïde à 35 ans. Admiré durant sa courte carrière par les plus grands noms de son époque, il fonda avec son ami André Gide la NRF en 1908. Bubu de Montparnasse date de 1901. le style est très naïf et les répétitions nombreuses. Charles-Louis Philippe est un enfant du peuple. Il décrit comme personne la gueuserie des faubourgs, ces petites gens que le grand monde exècre. Il montre un respect absolu pour ses personnages. Beaucoup de tendresse aussi, sans pour autant chercher à les idéaliser. Bubu est vaniteux et grande gueule. Berthe, dont le double jeu permanent est avant tout une question de survie, a tout de la figure tragique. Et pierre, lui, « n'a pas assez de courage pour mériter le bonheur ».
    Le Paris du début du XXième siècle est restitué sans fard. La violence, la pauvreté, les ravages de la syphilis, la condition des femmes publiques, rien n'est occulté. Berthe est un personnage féminin qui vous poursuivra longtemps. Cette oie blanche devenue prostituée par amour pour Maurice, va très vite comprendre que plus jamais elle ne pourra échapper à sa condition. Son homme la bat ? Elle l'accepte car « un homme est un gouvernement qui nous bat pour nous montrer qu'il est le maître, mais qui saurait nous défendre au moment du danger. » Et quand Maurice vient la rechercher en sortant de prison, c'est une sorte de lucidité qui prend le pas sur l'amertume : « Elle partait dans un monde ou la bienfaisance individuelle est sans force parce qu'il y a l'amour et l'argent, parce que ceux qui font mal sont implacables et parce que les filles publiques en sont marquées dès l'origine comme des bêtes passives que l'on mène au pré communal ».
    Ni populaire ni populiste, Bubu de Montparnasse est un roman du peuple, tout simplement. Et c'est déjà beaucoup.


    Lien : http://litterature-a-blog.blogspot.fr/2012/05/bubu-de-montparnasse.h..
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    • Livres 3.00/5
    Par Corboland78, le 26 mars 2012

    Corboland78
    Charles-Louis Philippe, né à Cérilly (Allier) le 4 août 1874 et mort à Paris le 21 décembre 1909, est un poète et romancier français. Après son baccalauréat, Charles-Louis Philippe prépare sans succès les concours d'entrée à l'École Polytechnique et à l'École Centrale, puis monte à Paris et entre dans l'administration. Désormais à l'abri du besoin il mène une vie modeste dans son petit appartement de l'île Saint-Louis. Il publiera à compte d'auteur Quatre histoires de pauvre amour (1897), puis La Bonne Madeleine et La Pauvre Marie (1898) et La Mère et l'enfant (1900). Une aventure avec une jeune prostituée lui donne l'idée de ce roman, Bubu de Montparnasse (1901), qui est très bien reçu par la critique. Avec Marie Donadieu en 1904 et Croquignole en 1906 il manque de peu le Goncourt et c'est de cette époque que date le début de la querelle autour des prix littéraires, à propos de l'influence des maisons d'édition dans les jurys.
    Berthe, apprentie fleuriste va au bal avec ses sœurs. Elle y rencontre Maurice, ébéniste, qui se montre le plus galant des cavaliers et de rendez-vous en rendez-vous, devient son amant, puis son « homme », car Maurice dit « Bubu de Montparnasse » est un marlou qui va faire travailler sa femme pour lui. « Il avait compris que les travailleurs qui peinent et qui souffrent sont des dupes ». Bubu et ses amis passent leurs soirées avec des filles publiques, un univers nouveau et joyeux semble-t-il que Berthe adopte et pour lequel elle accepte presque naturellement, par amour pour Bubu de devenir tapin.
    Le boulevard Sébastopol est son territoire, elle l'arpente pour gagner l'argent du ménage, payer la chambre d'hôtel et les loisirs de Bubu. Elle rentre rapporter ses sous, se coucher près de son homme, et, comme celui-ci sait qu'il faut tenir sa femme, qu'il faut l'éduquer par l'autorité et la force, il la corrige pour son bien, « Elle sentit ce que contient l'expression « mon homme ». Un gouvernement qui nous bat pour nous montrer qu'il est le maître, mais qui saurait nous défendre au moment du danger ».
    Un soir elle rencontre un client, Pierre, un jeune employé qui bûche encore ses diplômes et qui, trop timide et provincial, erre sur les boulevards à regarder les autres. « Qu'importe ! Disait la foule. Tu es seul et tu t'ennuies. Nous avons des femmes et nous rions. » Comme il est faible, il tombe amoureux de Berthe, devient un client régulier, un ami, presque un amant quand elle tente un moment de sortir du caniveau alors que Bubu est en prison.
    Quand Berthe est déclarée syphilitique, tout bascule. Elle est à l'hôpital et Bubu n'a plus de ressources, alors il se lance dans un cambriolage qui le conduit en prison. La vérole réorganise la vie du boulevard, les uns et les autres réfléchissent et prennent leurs distances. Bubu s'en sortira parce qu'il a l'habitude de la rue et la science du mal, il viendra reprendre sa Berthe chez Pierre, une scène mémorable où Bubu et son ami Jules, en grands seigneurs maniant politesse et savoir vivre, embarquent la femme au saut du lit au nez et à la barbe de Pierre qui ne trouve aucun mot ou force pour s'opposer. Pierre se rend alors compte alors que ce monde n'est pas le sien, qu'il est lâche et pas assez fort pour conserver et sauver Berthe. le livre s'achève sur ce constat amer d'impuissance.
    L'auteur se défend d'avoir écrit un roman autobiographique, néanmoins il l'a élaboré à partir d'un fait réel, sa rencontre avec Maria, une jeune prostituée qui chopera la syphilis. A cet aspect personnel, Philippe ajoutera une enquête poussée sur les milieux de la prostitution à laquelle il mariera une approche sociale et une dimension psychologique. On peut faire valoir qu'en ce début de XX siècle, la tentative de rachat de la petite putain tombée dans le caniveau est un sujet littéraire souvent abordé ou du moins est-ce un milieu que d'autres aussi ont décrit (Francis Carco), néanmoins ce Bubu de Montparnasse est un roman court mais puissant, inoubliable.
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  • Par lilicrapota, le 17 mars 2012

    lilicrapota
    argh!
    on me l'a offert, j'ai voulu le lire, histoire de connaître un peu les auteurs "locaux", celui-là étant de Cérilly, pas très loin donc... j'ai tenu 3 pages...!
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Citations et extraits

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  • Par Corboland78, le 26 mars 2012

    Louis Buisson habitait au cinquième étage, quai du Louvre, une petite chambre carrée. On y voyait un lit de fer avec quatre boules de cuivre, une bibliothèque en bois léger, une commode- toilette, une table recouverte d’un tapis rouge, une chaise et deux « fauteuils arméniens » qui avaient coûté douze francs au bazar de l’Hôtel de Ville. Un tapis de linoléum recouvrait le plancher, deux affiches et quelques gravures ornaient les murs. C’était la vie bien rangée d’un garçon qui fait sa chambre lui-même et la revêt simplement, à l’image de son esprit. La fenêtre ouvrait sur un grand bras de fleuve, à côté du Pont-Neuf et de son petit square où l’air, la lumière et l’eau formaient un spectacle mobile et rafraîchissant. Sommes-nous à Paris ? Nous sommes en haut des airs, dans un pays d’eau, mais dont l’air gronde comme des voitures qui roulent.
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