Existe-t-il une Histoire de Bretagne ? De loin, on n'imagine du passé que le mouvement lent d'une province maritime et rurale, bercée par le brouhaha des vagues et le rythme des saisons. Mais lorsqu'ons'en rapproche, on en perçoit immédiat... > voir plus
Une histoire bretano-centrée ..
Une histoire de la Bretagne pour le grand public ...
Ce texte est assez court et la Bretagne possède une longue histoire ...
Je trouve que c'est un bon résumé de cette tumultueuse histoire ..
Finalement c'est une solide initation pour le grand public ..
Les auteurs s'enfoncent courageusement et avec habileté dans les méandres des règnes des dynastes bretons et il parviennent à rendre tout cela vivant alors que c'est des questions qui sont complexes ..
Pour les periodes anciennes : j'ai regreté l'abscence de notes pointues et je regrette que le volume de l'ouvrage ne permet pas aux auteurs d'entrer dans les details pour des questions passionnantes comme les libertés paysannes ou les aspects celtiques de l'église de Bretagne avant la normalisation continentale ..
ou encore la féodalité bretonne qui est singuliere ainsi que l'importance de la petite noblesse ..
Pour répondre à un commentaire : les auteurs ne nient pas la celtisation tardive de la Bretagne ... au contraire ...
La celtisation de ce pays fût indiscutablement profonde si on se réfère aux pratiques funéraires et au trés solide sentiment de solidarité inter-celtique des populations d'Armorique ..
Par ailleurs la romanisation fût poussée comme partout ailleurs en gaule celtique mais pas plus ...
En celtique gauloise le celte disparut au 6eme siècle (seulement si j'en crois Grégoire de Tours histoire des Francs ...
Par ailleurs les auteurs clarifient les modalités de la " re-celtisation " par les insulaires ..
Je ferais le reproche suivant cependant : les auteurs n'insistent pas assez sur l'héritage gaulois qui est attesté pourtant par la linguistique et par les dynamiques de la toponymie ..
Ce texte est une bonne introduction au sujet et il possède l'incomparable mérite de poser la question sur de bonnes bases .. :
L'histoire de la Bretagne n'est pas l'histoire d'une région qui cherche à s'émanciper mais celle d'un état qui s'est efforcé d'être digéré le moins vite possible par une entité plus vaste ..
Ps : pour info je ne suis pas un nationaliste breton pour la bonne raison que je ne suis pas breton ... Des précisions concernant l'histoire ancienne et qui font suite à un débat sur ce commentaire ...
Concernant l'ouest de la France et le sud de la France les grandes densités de peuplement préceltiques et la vigueur des civilisations pré indoeuropéennes est indiscutable ..
Ceci est à mettre en rapport avec l'origine méditerranéenne de la néolithisation et donc de l'essor du peuplement post glaciaire de ces régions qui fut « précoce » ..
Les monuments mégalithiques de Bretagne en témoigne indiscutablement - mais aussi les redoutables fortifications de la Hague dans le nord-est du cotentin qui protègent un immense terroir ...
La néolithisation précoce par la méditerranée a sauvé les civilisations basques en leur apportant une solide assise démographique et. les populations du midi s'envolèrent littéralement du point de vue des effectifs et pour le grand ouest les vagues celtiques furent très importantes par contre à cause de la proximité du bassin parisien et du reflux celtique danubien et rhénan ..
Cependant pour ce qui est de la Bretagne disons que le fond du peuplement était non celtique dans de fortes proportions mais culturellement la population était indiscutablement de culture gauloise et celte dès avant la romanisation avec sans doutes possibles des particularismes antéceltiques - perso je pense qu'ils étaient religieux et ruraux principalement ainsi que en rapport avec des cultes agraires avec peut-être un peu d'apports linguistiques -
Très peu de choses vont dans le sens d'un legs linguistique préceltique en Armorique et même beaucoup moins que partout ailleurs dans l'hexagone ! ....
La toponymie témoigne pour toute la Bretagne de civilisation bretonne que dans des proportions assez importantes les populations gauloises étaient présentes dans des proportions très notables..
Pour ce qui est de la phonétique surtout c'est le Gwened Morbihan et presque jusque Nantes qui conserve peut être la trace du gaulois du point de vue phonologique -mais peut être seulement car pas certain mais assez probable - ..
Le gaulois de Bretagne était probablement vivace mais très dialectalisé - et localement et ponctuellement conservatoire du paganisme - à cause des élites assez romanisées et d'une vie urbaine bien calée qui l'avaient certainement déjà grandement marginalisé ..
La Bretagne fut très désorganisée par les invasions germaniques et ses élites furent déstructurées et cela influât nécessairement sur les modalités de l'implantation insulaires .. Cette implantation fut pacifique et encouragée par les élites mais localement ils y eut des conflits notamment dans de rares contextes païens mais pas seulement ..
Par ailleurs le gaulois était une langue brittonique et de ce fait excessivement proche du breton au point que les échanges linguistiques entre ces deux langues serraient quasi indiscernables . le plus éloquent c'est les implantations de toponymes insulaires et la refondation des « pagus » sur de nouvelles bases politiques et territoriales -à l'est de la péninsule - Concernant l'héritage préceltique breton il est -et c'est très dommage- : indiscernable et les mégalithiques ne doivent pas cacher la foret celtique bretonne préromaine sourire ..
Le massif central et le nord des alpes ont c'est vrais une dynamique voisine de l'Armorique « montagnarde » faible densité et faiblesse de l'urbanité .Le celte semble s'être maintenu jusque le 7e siècle dans le massif central et alpes "nordiques" après avoir vraisemblablement connut des difficultés et donc avoir eu du mal à s'y installer - Pour les mêmes raisons il aura tendance à se maintenir plus tardivement dans ces régions ..
Je ne connais des langues d'oc que les textes des troubadours mais je trouves remarquable l'absence de diphtongues nasales du type : an ,in,on ,un et du u français qui est ou en oc : si je me souviens bien ...
Et cela ne cherchez pas ! c'est le fait d'une influence phonologique plus faible du celte en pays d'oc car cette particularité et singularité du français est un héritage celte ..
Pour le sud il faut tenir compte de la " provincia " qui fut romanisée plus en profondeur et de loin que le reste de la Gaule et ce à tous points de vue ..
PS : le peuplement apparentés aux basques était dominant jusque la Garonne et les habitants de pays obtinrent d'auguste la création de l'Aquitaine et ils affirmaient à cette occasion qu'ils n'avait rien de celte et de gaulois ..
Evitons les amalgames entre les origines « génétiques « des populations et leur culture cela n'a souvent rien à voir même si les analyses de ce type sont très profitables mais la langue et l'identité culturelle ne sont pas transmissibles par la génétique sourires .. no-centrée ..
Dans ce très beau manuel d'histoire de la Bretagne les deux auteurs analysent non seulement le récit des évènements survenus de la conquête romaine à nos jours, mais aussi les articulations et les implications de la civilisation bretonne avec son contexte. La dernière partie fait un état des lieux de la Bretagne d'aujourd'hui, "les agriculteurs à l'avant-garde", "l'évolution industrielle", "la banque bretonne", "évolution sociale et mouvements sociaux", "histoire de l'environnement", "histoire culturelle", "histoire religieuse", "le cadre politique" et "la Bretagne à l'aube du XXIème siècle" sont les chapitres qui la composent. Un très beau livre, complet et facile d'accès, qui est paru à Coop Breizh en 1995.
Portrait de la duchesse Anne
On nous la dépeint fort jolie, le teint frais, le front large, haut et uni, gracieusement auréolé de beaux cheveux châtain foncé. Ses grands yeux bleus, son nez bien fait, sa bouche petite et souriante, formaient un gracieux ensemble qui nous explique l'impression favorable de ses contemporains. Très femme par ce besoin d'obtenir à tout prix ce qu'elle s'était une fois mis dans la tête, y employant tour à tour le sourire et les larmes, tour à tour câline et trépignante et sachant, suivant les circonstances, se faire une arme de sa souplesse diplomatique et de son entêtement de bretonne...(extrait du chapitre XIX Anne de Bretagne - 1488/1514)