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ISBN : 275480191X
Éditeur : Futuropolis (2009)


Note moyenne : 3.84/5 (sur 50 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Fin des années 30, en Grèce. La dictature militaire s’installe et les libertés fondent comme neige au soleil. L’esprit frondeur de Stavros, amateur de jolies filles, de hachisch, (et vendeur occasionnel) a du mal à se plier aux lois en vigueur. Il retrouve son ami Marko... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Thyuig, le 27 avril 2012

    Thyuig
    Rébétiko est une splendeur. Un rêve de bande-dessinée sensible qui fait le point sur un endroit de l'histoire assez connue, la diaspora Turque dans la Grêce du Général Métaxas. le rébéte est ce Turque chrétien orthodoxe éxilé en Grêce et qui survit dans les milieux urbains interlopes. Pas vraiment brigand mais plutôt trafiquant, vivant de petits coups, et surtout, dans le cas qui nous intéresse et donc dans le livre de Prudhomme, le rébéte est un fantastique musicien. Il chante le blues des Balkans, une musique du quotidien qu'il accompagne de son bouzouki et dont les couplets reflétent les amours et les emmerdes de ces petits magouilleurs, amateurs de raki et de kiff.
    Rébétiko raconte ainsi cinq hommes, cinq musiciens doués dont le talent se gorge d'orgies infinies et mémorables. La finesse de Prudhomme consiste à livrer brute la rudesse de ses personnages : ils sont sanguins et bagareurs, coureurs et noceurs, bringueurs et évidemment mauvais-coucheurs, mais Diable ! Ils sont vivants ! Et leur musique ? On jurerait l'entendre à mesure que l'on tourne les pages. Ce livre-là est une splendeur.
    Prudhomme a réellement soigné son desin, ses couleurs et son découpage. Il n'hésite pas à faire durer la danse de l'ivrogne solidaire, montre les relations amour-amitié qui relient tous ces hommes. La musique est là, dans l'image. Et les émotions se submerger le lecteur lorsque l'image s'anime brutalement au détour d'un plongeon d'une barque ou au macabre scintillement de la lame d'un couteau. le kiffe, l'alcool, la musique, les hommes... Quel beau livre.
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  • Par moustafette, le 15 janvier 2012

    moustafette
    Automne 1936, Markos Vamvakaris sort de la prison de Singrou après six mois passés à l'ombre; on le prévient qu'à l'extérieur, la vie a bien changé. Depuis le 4 Août, le premier ministre et général Métaxas a instauré la loi martiale et se promet de nettoyer le pays de toute forme de décadence. Outre les communistes, parmi les boucs-émissaires se trouvent en bonne place les Rebétes, ces marginaux asociaux proche du Milieu, libertaires avant l'heure et insoumis, qui depuis la fin du XIXe siècle passent leur temps à tirer sur le narghilé dans les Tékes (fumeries clandestines) tout en improvisant des chants sur des airs de violon et de oud. En 1922, les Rebétes sont rejoints par de nombreux Grecs d'Asie Mineure, contraints de quitter la Turquie où ils résidaient depuis plusieurs générations. Installés dans les bidonvilles aux abords des grandes villes, ils viennent grossir le sous-prolétariat déjà existant et vivant d'expédients condamnables. Ces mangkes apportent avec eux leur orientalité et introduisent le bouzouki (sorte de mandoline), le baglama (version miniature facilement dissimulable en prison), la guitare. Les chansons sont souvent des chroniques de la vie du Téke, elles vantent la camaraderie et les frasques des uns et des autres, l'îvresse du haschich ou de l'alcool qui font oublier les amours déçues, la mort, la misère des bas-fonds ou la liberté confisquée, et bien sûr l'exil.
    Nulle surprise donc à ce que les Rebétes deviennent la bête noire de Métaxas qui tente alors de tourner le pays vers l'Occident. Les instruments de musiques traditionnels sont brisés (d'où aussi le baglama qui se dissimule sous la veste facilement), la possession de narghilés est interdite, la consommation de haschich fortement réprimée et les Tékes sont fermés. La censure aidant, le Rebétiko est épuré de toute sa composante subversive.
    David Prudhomme retrace l'apogée du Rebétiko, chant des prisons et des fumeries, devenu cette composante culturelle grecque incontournable. On la retrouvera plus tard, bien dénaturée hélas, dans les tavernes touristiques d'Athènes.
    Quoi qu'il en soit, moi qui ne lis jamais de BD, j'ai adoré celle-ci. On y retrouve les grands noms du Rebétiko qui ont inspiré l'auteur. Il s'en échappe toute une ambiance rebelle et insouciante, presqu'adolescente, qui rend ces mauvais garçons très sympathiques... le graphisme à prédominance couleur tabac restitue bien l'aspect sombre et clandestin des Tékes, mais on ne rechigne pas aux quelques échappées ensoleillées à l'ombre des figuiers. le style est plutôt réaliste et m'a rappelé le film Rebétiko de Kostas Ferris dont voici un extrait. J'ai choisi cette séquence pour la très belle chanson, au rythme lanscinant et envôutant, interprétée par la femme " Καίγομαι, καίγομαι "qui vous parlera peut-être peu mais touchera sans doute celles et ceux qui connaissent la Grèce. C'est aussi une façon de ne pas oublier les Rebétisses, ces femmes d'avant garde qui tentaient d'assumer une liberté des plus difficiles à conquérir dans cette société machiste et très religieuse. Une des plus célèbres fut Roza Eskenazy.


    Lien : http://moustafette.canalblog.com/archives/2012/01/15/index.html
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    • Livres 4.00/5
    Par jovidalens, le 23 décembre 2012

    jovidalens
    Sous une dictature des années 30, cinq ou six misiciens et musicienne, se retrouvent dans des bars improbables pour jouer cette musique de derviches.
    Ils vivent...de quoi ?...on ne le sait pas trop. Ils "carburent" principalement au haschich, à l'alcool mais surtout au plaisir de jouer ensemble. Leur vie commence à la lumière des troquets qui les accueille pour se terminer sur une terrasse ensoleillée. Des rues du Pirée où ils se croisent, se cherchent à un sirtaki solitaire avec les cariatides du Parténon on les suit, jusque sous la nuit étoilée d'une fuite en barque. Que les pandores de la dictature les poursuivent, ils n'en ont cure ! Leur amitié est tissée de notes et du plaisir d'être écouté, de se noyer avec leurs auditeurs dans ces chants qui racontent leur vie commune. Des losers aux doigts d'or .
    Grande qualité du graphisme tant pour restituer cette Grèce inondée de soleil et l'ombre des tonnelles et celle des bouis-bouis. J'ai surtout apprècié la personnification non seulement par les traits des visages mais aussi par le mouvement des corps, et cette adresse pour nous faire entendre cette musique.
    Et puis, cette Grèce là est, elle aussi, éternelle. Et cette musique fait aussi partie de leur merveilleux patrimoine, plus difficile à mercantiliser !
    Rébétiko ? Je n'en avais jamais entendu ...Merci M. Prudhomme, maintenant, grâce à vous je vais l'écouter !
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    • Livres 4.00/5
    Par Hathaway, le 14 février 2013

    Hathaway
    1936, Athènes, au mois d'octobre. Markos doit sortir de prison aujourd'hui et ses amis viennent l'attendre devant la porte. Batis, Stavros et Artémis, tous musiciens, s'assoient près de la prison et commencent à jouer du bouzouki (leurs précieux instruments de musique). Mais les choses ont changé depuis que le dictateur nationaliste Métaxas a pris le pouvoir et qu'il a décidé que les "marginaux chantant devaient être matés". Il veut "laver la Grèce de l'influence turque", et les rébètes serviront d'exemples puisque leur musique est née d'un mélange entre les musiciens savants de Turquie et ceux du Pirée.
    Mais Markos et ses amis s'en moquent, tout ce qu'ils veulent c'est jouer leur musique, chanter et voir danser leur amis au rythme de leurs voix. Ils n'hésitent pas à provoquer les autorités, à se battre pour préserver leur raison de vivre. Un soir, alors qu'ils jouent au fond d'un bar, bravant les interdits, un Américain leur propose d'enregistrer un disque car aux Etats-Unis, le rébétiko fait fureur. Markos refuse tout net, il ne vendra pas sa voix "on n'est pas des enfants de choeur, c'est comme ça". Tous ne sont pas de cet avis, et si l'enregistrement proposé était la solution pour sortir de leur misère quotidienne?
    Le Rébétiko est une musique qui est née en Grèce, dans des quartiers plutôt mal famés, grâce aux mains des fumeurs de haschich dans les années 1920. Connu aussi sous le nom de blues grec, le rébétiko est la raison de vivre du groupe de musiciens que l'on découvre dans cette bande-dessinée. J'ai non seulement découvert cette musique et ses origines à travers cette histoire mais également un album de grande qualité. Les dessins, les jeux d'ombres et de lumières, les paroles qui dansent sur les pages, les traits nets, les visages aux yeux rouges des fumeurs, la rage, la douleur et la transe des danseurs et des musiciens.. C'est une totale immersion dans les bas-fonds d'Athènes que nous offre David Prudhomme en nous présentant le quotidien de ces hommes, fait de courses poursuites, de soirées en musique arrosées et enfumées, de jolies femmes et surtout d'amitié.
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    • Livres 5.00/5
    Par antoineperroud, le 22 janvier 2014

    antoineperroud
    Le hasard fait parfois bien les choses. Après avoir fortuitement mis la main sur un ouvrage relatant l'histoire des rébètes, David Prudhomme (Ninon Secrète, La Marie en plastique) a été happé par le destin de ces musiciens turco-grecs. Rébétiko (la mauvaise herbe) est né !
    Athènes 1936. Les temps sont durs pour les rébètes. le nouveau pouvoir en place, mené par le dictateur fascisant Métaxas, a décidé de faire place nette. Ces musiciens, amateurs de haschisch et d'origine turque, sont les boucs émissaires idéaux pour commencer le grand nettoyage de la société. Cette journée d'octobre est peut-être la dernière pour avoir la chance d'entendre les chansons mélancoliques et acerbes de ces artistes hédonistes et, parfois, désespérés.
    Le récit se déroule sur une journée et une – longue – nuit. Dans ce court laps de temps, Prudhomme condense, résume et redistille l'esprit même de ce mouvement musical et poétique. le lecteur se retrouve réellement attablé avec les personnages. Au début, un peu surpris par tant de fougue et de violence, puis, peu à peu, ayant fait connaissance, il commence à prendre part aux festivités et finit par se retrouver à tourner sur la piste de danse. D'une gargote à une autre, en faisant bien attention de ne pas tomber sur une patrouille, il ne serait pas surprenant de croiser Corto Maltese et Raspoutine au détour d'une ruelle. L'immersion est totale.
    La réalisation est soignée, mais la lecture demande une attention soutenue tant le nombre de protagonistes et d'éléments narratifs est important. Heureusement, la construction est parfaitement maîtrisée. La mise en page est toujours très claire et, même dans les scènes compliquées comme les différentes bagarres (les rébètes ont le sang chaud et le coup-de-poing facile), la lecture est aisée. La mise en couleurs permet au dessinateur de retranscrire avec réalisme les contrastes de lumière du jour avançant. le soleil aveuglant, les ombres rafraîchissantes des venelles et la noirceur des bouges sont parfaitement rendus.
    Rébétiko est une œuvre majeure. Sur un sujet à première vue confidentiel, David Prudhomme réalise un album d'une grande intensité. À lire attentivement !
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Critiques presse (1)


  • Lecturejeune , le 17 février 2012
    Lecture Jeune, n°132 - décembre 2009 - Sur une journée qui s'étire jusqu'au petit matin, nous suivons les tribulations de Stavros, Batis, Artémis et les autres. Ensemble ils fument en terrasse (le narguilé ou d'autres substances), narguent la police, attendent leurs amis à la sortie de la prison, tombent amoureux, se battent... Le soir venu, ils se retrouvent dans les bars des quartiers mal famés d'Athènes et jouent du bouzouki. Ils chantent le Rébétiko, musique « comparable dans ses thèmes au tango, au fado » et que « l'on nomme parfois le blues grec ». Mais dans la Grèce des années 30, soumise à la dictature du général Métaxas, les rébètes, ces exilés de Turquie, subissent la répression et sont jugés « coupables d'unir orient et occident en un chant hypnotique ».
    David Prudhomme nous offre avec cet album de très beaux instants de vie, de grâce et de liberté. Nous cheminons aux cotés de personnages flamboyants, artistes et petites frappes, laissés-pour-compte à l'esprit libertaire qui brûlent l'existence et vivent pour la musique (ou survivent grâce à elle ?). Il rend à merveille les atmosphères et sensations de ces soirées, bars enfumés, relents d'alcool, ambiance survoltée, entre fête et mélancolie... La musique ici s'incarne : les postures et les mouvements des corps des danseurs, les plans serrés sur les visages des chanteurs et le flot bleu des paroles... Un des plus belles lectures de cette année dont les sujets et l'ambiance séduiront, c'est certain, de jeunes lecteurs. Hélène Sagnet

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Citations et extraits

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  • Par milado, le 24 septembre 2012

    Quelques fumeurs de haschich ont rencontré la mort,
    lui demandent si aux enfers les gars s'amusent encore.
    Dis, la mort, c'est comment, la vie au fond de la nuit ?
    Y a du fric dans l'hadès ? On y boit du raki ?
    Y'a des chansons ? Du bouzouki ? Des fêtes ?
    Des coups fumants ? des coins sympas pour les rébètes ?
    Dis-nous, y'a des poupées chez toi, des bonnes frangines
    qui prennent leur pied, soufflant le hash par les narines ?
    Dis-nous , la mort, soit bonne : les clodos, pauvres mecs,
    ils picolent aux enfers, ou sont au régime sec ?
    Ceux qui arrivent chez toi dans la plus noire déprime,
    ils guérissent, dans l'hadès, ou plongent au fond de l'abîme ?
    Prends cette poignée de kif, du fort, du parfumé :
    c'est pour nos potes en bas, qu'ils puissent un peu fumer.
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  • Par moustafette, le 15 janvier 2012

    Je me suis adapté à tout. Ils nous ont adoptés. Maintenant, chaque nuit, je remâche nos mots à ces âmes bien nées qui aiment sentir par procuration le piment que nous, les Rébètes, on avalait par poignées. Nos brûlures étaient bien réelles. Il n'en reste qu'une écume, une mélancolie, des assiettes cassées... Nous étions des petits poulpes des bas-fonds. A la bile bien noire. Ils ne pouvaient pas nous aimer quand nous étions vivants, dans nos eaux sombres. Une fois sortis de notre jus, nous sommes devenus comestibles. (extrait de la fin, propos d'un des personnages vieillissant qui se souvient de cette époque alors qu'il joue et chante dans une taverne d'Athènes)
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  • Par Noctenbule, le 09 juin 2013

    Tu sais qui est le général Métaxas? Il a décrété la loi martiale à la suite des grandes grèves communistes du 4 août. Il a pris le pouvoir, fait de ce pays une dictature. C'est un fasciste, tu sais, un de ces hommes qui apprécient ce qu'est en train de faire Hitler en Allemagne, Mussolini en Italie, Franco en Espagne...
    Métaxas condamne un amollissement moral de notre société, supposée décadente... Sa propagande désigne les coupables de cette prétendues immoralité... et l'impute à cette part d'Orient qui habite en nous. Il dit qu'il va laver la grève de toutes influence turque. (...) Mais, tu le sais bien, rébète, vous servirez de symboles. Oui, vous êtes ses premières cibles. Boucs émissaires idéaux. Personne ne vous regrettera... Vous, et vos trafics. Vous, la voix des exilés de Turquie... Coupables d'unir Orient et Occident en un chant hypnotique. Vous vous appelez vous-mêmes des derviches!
    Votre musique résonne comme l'écho de la grande catastrophe de 1922. C'est insupportable aux fascistes! que cette défaite enfante... un chant! Ils veulent régler le solde de cet échec alors ils commencent par en effacer la voix.
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  • Par Noctenbule, le 09 juin 2013

    Tu sais qui est le général Métaxas? Il a décrété la loi martiale à la suite des grandes grèves communistes du 4 août. Il a pris le pouvoir, fait de ce pays une dictature. C'est un fasciste, tu sais, un de ces hommes qui apprécient ce qu'est en train de faire Hitler en Allemagne, Mussolini en Italie, Franco en Espagne...
    Métaxas condamne un amollissement moral de notre société, supposée décadente... Sa propagande désigne les coupables de cette prétendues immoralité... et l'impute à cette part d'Orient qui habite en nous. Il dit qu'il va laver la grève de toutes influence turque. (...) Mais, tu le sais bien, rébète, vous servirez de symboles. Oui, vous êtes ses premières cibles. Boucs émissaires idéaux. Personne ne vous regrettera... Vous, et vos trafics. Vous, la voix des exilés de Turquie... Coupables d'unir Orient et Occident en un chant hypnotique. Vous vous appelez vous-mêmes des derviches!
    Votre musique résonne comme l'écho de la grande catastrophe de 1922. C'est insupportable aux fascistes! que cette défaite enfante... un chant! Ils veulent régler le solde de cet échec alors ils commencent par en effacer la voix.
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  • Par milado, le 24 septembre 2012

    ( on leur a proposé d'enregistrer un disque )...

    C'est les légumes qu'on vend
    qui peut vendre des notes ? On ne vend pas le vent ! ...
    il disparaît !

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