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> Colette Carrière (Traducteur)

ISBN : 2352942837
Éditeur : Bragelonne (2009)


Note moyenne : 4.45/5 (sur 110 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
J'ai libéré des princesses. J'ai incendié la ville de Trebon. J'ai suivi des pistes au clair de lune que personne n'oserait même évoquer. J'ai conversé avec des dieux, aimé des femmes et écrit des chansons qui font pleurer les ménestrels.
J'ai été exclu de l'Univ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par boudicca, le 08 avril 2012

    boudicca
    Premier tome de la trilogie « Chronique du tueur de roi » et premier roman de P. Rothfuss, ce livre est une véritable réussite. On y découvre le personnage de Kvothe, arcaniste légendaire qui nous propose un récit de sa vie et de ses aventures relatées en l'espace de trois jours (« Le nom du vent » correspondant à la première journée de narration). On est très vite happé par l'univers fascinant dépeint par l'auteur, tant par les paysages et villes évoqués que par l'originalité et la complexité du système de magie élaboré. Tout au long du roman on suit donc le parcours du tout jeune Kvothe qui nous fait découvrir le quotidien et les coutumes du peuple des Edema Ruh, les bas-fonds de la ville de Tarbean et enfin et surtout la fameuse Université de magie d'Imre.
    L'histoire est absolument passionnante à tel point qu'il devient difficile de lâcher ce pavé de près de 800 pages. Si à certains moments l'intrigue n'avance guère, le narrateur se concentrant sur le récit de ses études, ses amours ou sa musique, jamais l'intérêt du lecteur ne vacille tant la plume de l'auteur nous rend le personnage attachant (le roman m'a sur ce point beaucoup fait penser à Robin Hobb et à son célèbre personnage de Fitz). Certaines scènes sont véritablement bouleversantes (comme la performance musicale de Kvothe à l'Eolian) tout comme les personnages, tour à tour attachants, drôles, surprenants ou intrigants (la palme d'or revenant ici au déjanté Elodin, maitre nommeur). Vous l'aurez compris ce livre fut un véritable coup de coeur et j'attends avec beaucoup d'impatience de découvrir le second volume.
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    • Livres 5.00/5
    Par Lefso, le 23 avril 2011

    Lefso
    J'ai reculé longtemps devant ce livre ... Plusieurs fois tentée, son nombre de page me faisait peur. Et maintenant une fois lues, on se demande pourquoi il n'y a pas plus de pages, pourquoi l'auteur nous laisse sans plus rien à lire de sa part ...
    Je pense que c'est le premier livre de fantasy que je lis dans lequel l'action ne se déroule qu'autour du personnage central. Ce livre est, pour moi, un gros coup de cœur et ceci pour diverses raisons, la principale étant la plume de l'auteur, car il faut le dire, sans celle-ci, ce livre ne serait qu'une très bonne histoire de fantasy...
    L'auteur donc est un poète, un musicien, un amoureux des mots qui les enchaîne avec grâce et volupté. L'auteur aurait pu écrire ce livre sur une portée de musique. En lisant ce livre, on a l'impression d'être aux côtés de Kvothe, de subir avec lui ses années de souffrance, de solitude, de participer avec lui à ses aventures. Et pourtant, on a aussi l'impression d'être dans un bon fauteuil capitonné au coin du feu ... Peut-être est-ce la façon dont le livre est bâti : deux récits à deux époques distinctes... En tous les cas, la plume de l'auteur donne de l'ampleur au récit, quand bien même les mots en eux-mêmes sont simples. Et pourtant ... Quelle envolée !!! Les mots de l'auteur rendent, à mon sens, l'histoire hypnotique : de l'action, juste ce qu'il faut, des personnages charismatiques, un héros très doué aux multiples erreurs et des méchants mystérieux qui aiment rester dans l'ombre.
    Les mots de l'auteur nous transportent, non pas dans un film car l'action n'est pas assez rapide et le lecteur n'aurait pas le temps de s'investir, mais plutôt à l'abri d'un théâtre où le lecteur prend le temps de connaître les personnages, les tenants et aboutissants de l'histoire, prend le temps d'écouter la musique qui y est jouée et prend le temps de regarder (non pas de voir) ce personnage central qu'est Kvothe.
    Avant la lecture, la construction de la trilogie m'a quelque peu interpellée : je me suis demandé comment on pouvait écrire 800 pages sur une seule même journée. En effet, le tome 1 est aussi intitulé : 1ère journée... Après avoir lu quelques pages (un peu moins de 100, je crois) on comprend le pourquoi du comment et personnellement j'ai beaucoup aimé cette construction avec les intermèdes et les apports qu'elle peut apporter au récit. (j'essaie d'en dire le moins possible afin que cela reste une belle découverte)
    Cette histoire n'est que peu dévoilée par le synopsis. Elle raconte les pérégrinations de Kvothe, qu'il soit au top, ou au plus bas ... On pleure avec lui, on aime avec lui, on risque sa vie avec lui et ceci sans même réfléchir !!! En fait, on le fait pendant 800 pages et à force, on est fort à propos de son histoire, de ses racines ainsi que de ses sentiments, de son caractère, de ses impulsions, ce qui fait qu'on a vraiment l'impression de vivre, si ce n'est pas sa vie, de vivre juste à ses côtés. L'histoire se déroule lentement, amoureusement dirai-je et si cela ne conviendrait pas dans certains livres, ici, c'est exactement ce qu'il faut.
    Les personnages ... Ahhhh... Ils sont ... comment dire... Ils sont parfaits, mais sans l'être trop non plus. Peut-être justement parce que leurs défauts sont parfaits. ^^ Impossible à décrire en fait, il vous faudra le lire !!!
    Prenons l'exemple de Kvothe. Certes il est grand, certes il est beau, certes il est fort, certes il est intelligent, mais tout cela ne compte pas quand la richesse du cœur est là. Et elle est là, rendue merveilleusement par l'auteur, bons ou mauvais, ses sentiments sont multiples, ce qui rend le récit très intéressant !
    Les autres personnages sont légions et on ne peut que s'y attacher, car Kvothe s'y attache, sauf bien sûr, quelques uns qui restent insensibles à son charme, sinon cela ne serait pas marrant.
    La magie contenue dans cette trilogie est indubitablement nouvelle, au moins pour moi. C'est une magie scientifique pour la plupart. Tout le monde peut en effet apprendre à allumer un feu, à construire des murs, à nommer des choses... Bien sûr, ça marche mieux quand on est doué mais la magie est ouverte à tous.


    Lien : http://lefso.blogspot.com/2011/04/chronique-du-tueur-de-roi-tome-1-l..
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    • Livres 5.00/5
    Par Edlothia, le 27 mars 2013

    Edlothia
    Je viens à peine de tourner la dernière page et je sens que ma chronique va être difficile à rédiger. Je suis là, plantée devant mon écran à essayer de réfléchir aux mots qui rendront suffisamment justice à cette histoire qui est loin de se terminer et au final je sais déjà que ce que j'écrirai ne parviendra pas vraiment à transmettre la richesse du monde imaginé par Rothfuss.
    C'est un monde que je pourrais rapproché de notre Moyen-Age si je dois en décrire l'ambiance, les croyances, superstitions qui y ont cours. Un chouia plus moderne par certains aspects peut-être, mais pas beaucoup plus. Je suis entrée dans le livre immédiatement grâce à cette atmosphère feutrée, un peu pesante et toute empreinte de mystère, de tension.
    On est amené à rencontrer Kote un aubergiste propriétaire de son établissent, la "Pierre Levée", qui écoute ses rares habitués se raconter des histoires à propos d'un des plus grands héros légendaires ; Taborlin le Grand - un homme sachant le Nom de toutes choses - et ses mésaventures avec les Chandrians, un groupe d'êtres malfaisants si insaisissables que l'on ne sait finallement que peu de choses d'eux hormis leur appellations. Tout ce petit monde est en train de parlementer ferme autour de ces légendes lorsqu'ils sont interrompus par un de leur amis qui fait irruption dans l'auberge dans un triste état avec pour tout bagage des blessures et la créature morte qui l'a attaqué. C'est vraiment à partir de ce moment là que l'on commence à entrevoir que Kote, notre simple aubergiste, est peut-être plus que ce qu'il laisse paraitre.
    Un peu plus avancé dans le récit, ça va se confirmer. Nous obtiendrons des informations le concernant au compte-goutte jusqu'à ce qu'un nouveau personnage apparaisse et que Kote passe un marché avec lui : trois jours pour sa véritable histoire. Dés lors nous sommes propulsés dans le passé de Kvothe, raconté par lui-même. Et quelle histoire ! On y aborde des sujet divers ; la pauvreté, la prostitution la drogue, la mendicité, les croyances, l'amour, l'amitié, les rivalités, la magie... Je me suis parfois retrouvée dans un état d'excitation extrême à sautiller comme une dingue parcequ'il se passait quelque-chose de bien pour notre héros, ou alors à redouter de poursuivre ma lecture parceque je flippais des prochains évènements à venir. J'ai adoré voyager auprès de Kvothe, rencontrer toutes ces personnes qu'il côtoie un jour où l'autre, suivre son apprentissage de la vie - parfois très dur - découvrir toutes ces légendes attenantes au monde dans lequel j'ai été projetée. Je ne me suis pas ennuyée une seconde au cours de ma lecture. Et j'ai vraiment aimé que l'on revienne de temps à autre à l'auberge pour quelques interludes bienfaitrices avec Kote, Bast (son apprenti plein de surprises) et notre invité ; sans qui nous n'aurions pas eu le réel récit du légendaire Kvothe.
    Pour un premier roman, c'est ahurissant de richesse. On sent le vécu des personnages mais aussi de l'univers lui-même, de son histoire. C'est comme-ci ce monde avait une existence tangible, bel et bien réelle. Je ne saurais comment le dire autrement ; lorsque j'étais dans ma lecture je croyais à chaque ligne, chaque mot, chaque fait comme si je faisais partie intégrante du récit, comme si j'y assistais personnellement. C'est d'ailleurs en majeure partie grâce à ça que je me suis autant attaché à Kvothe et quelques autres personnalités que j'ai rencontré au fil des pages.
    J'ai "La Peur du Sage" (les deux volumes) dans ma PAL et si je m'écoutais je me jetterais dessus immédiatement, mais je crains de les lire avec trop de gourmandise pour ensuite me retrouver à court. Je vais patienter un peu... du moins autant que je le pourrais...
    Et ma foi j'avais bien raison ; ma chronique n'est absolument pas représentative de la délectation avec laquelle j'ai lu "Le Nom du Vent".


    Lien : http://bibliothia.blogspot.fr/2013/03/chronique-du-tueur-de-roi-1-le..
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    • Livres 5.00/5
    Par MarieC, le 21 janvier 2013

    MarieC
    Difficile d'ajouter une nouvelle critique pour ce livre, qui en compte déjà une trentaine, d'autant plus que je n'ai pas grand chose à apporter à l'opinon quasi-unanime de ceux qui n'ont pas attendu la parution du deuxième tome pour commencer la série. le Nom du vent est un très bon opus de fantasy, dont il me tarde de lire la suite. Non pas qu'il sorte de manière flagrante des standards du genre : ce premier volume raconte l'histoire d'un adolescent, brillant et curieux, dont on devine, aux quelques allers et retours avec le présent, qu'il est amené à jouer un rôle fondamental pour sauver son monde de quelque force malfaisante... Mais sur cette trame ultra-classique, l'auteur sait construire une histoire riche en rebondissement, jouer d'une écriture fluide et d'une structure soignée pour nous faire haleter aux aventures d'un héros décidément bien sypathique et crédible. A titre personnel, j'ai beaucoup apprécié l'université labyrinthique et la bibliothèque étouffante et interdite ! A noter aussi, le héros ne reçoit aucune aide extérieure, il se fait "tout seul", à grand renforts d'expédients financiers et de journées de travail surchargées. Une lecture à recommander.
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    • Livres 5.00/5
    Par frankgth, le 22 novembre 2011

    frankgth
    Si l'on présente ce livre comme l'histoire d'un jeune aubergiste sans histoire qui raconte sa vie à un scribe de passage, on aura du mal à faire comprendre l'attraction qu'il peut provoquer sur son lecteur. Mais ce serait omettre que ce tenancier anonyme fut dans une autre vie, et malgré son jeune âge, une véritable légende dont on raconte les histoires de manière plus ou moins fidèle jusque dans sa propre auberge.
    Premier tome de ce qui devrait être une trilogie, "Le nom du vent" nous raconte l'enfance, parfois heureuse, parfois dramatique, mais toujours passionnante du jeune Kvothe. Centré sur un personnage unique, dans un univers très bien pensé, légèrement fantastique, et avec une large part faite à sa psychologie, ce roman m'a beaucoup fait penser à l'assassin royal, et comme c'est là aussi très bien écrit, ça ne peut que plaire aux fans de Robin Hobb, et aussi sans doute à bien d'autres.
    Au final donc un grand roman dont le seul défaut actuellement et de ne pas encore avoir de suite publiée tant j'attends la deuxième journée avec impatience !
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Citations et extraits

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  • Par Acr0, le 18 septembre 2009

    Mon nom est Kvothe, ce qui se prononce presque comme « Quoth ». Les noms sont importants, car ils en disent long sur une personne. J'ai moi-même eu bien plus de noms qu'on a le droit d'en porter.

    Les Adems m'appellent Maedre. Ce qui, selon la façon dont on le prononce, peut vouloir dire « La Flamme », « Le Tonnerre » ou « L'Arbre fendu ».

    « La Flamme », c'est évident à peine m'a-t-on aperçu. Mes cheveux sont d'un roux flamboyant. Si j'étais né quelques siècles plus tôt, on m'aurait sans doute pris pour un démon et brûlé vif. Je les coupe court, mais ils sont d'une nature rebelle. Dès que je les laisse pousser, ils se hérissent et on dirait que j'ai pris feu.

    « Le Tonnerre », je l'attribue à ma voix de baryton et au fait que j'ai arpenté les tréteaux des théâtres dès mon plus jeune âge.

    Je n'ai jamais trouvé que « L'Arbre fendu » soit très significatif. Bien que, avec le recul, j'imagine que l'on pourrait considérer ce surnom comme en partie prophétique.

    Mon premier mentor m'appelait E'lir, parce que j'étais malin et que je le savais. Ma première véritable maîtresse m'appelait Dulator parce qu'elle en aimait la sonorité. J'ai aussi porté le nom de Shadicar, de Doigts légers et de Six Cordes. On m'a aussi appelé Kvothe, Celui qui ne saigne pas, Kvothe l'Arcaniste, Kvothe le Tueur de Roi. Tous ces noms-là, je les ai gagnés. Je les ai mérités et j'ai payé pour chacun d'entre eux.

    Mais j'ai grandi sous le nom de Kvothe. Mon père m'a dit une fois que ça signifiait « savoir ». Bien entendu, on m'a donné bien d'autres noms. La plupart étaient fort grossiers, mais ils n'étaient pas souvent usurpés.
    J'ai libéré des princesses retenues dans les tumulus de rois. J'ai incendié la ville de Trebon. J'ai passé une nuit en compagnie de Felurian et m'en suis sorti la vie sauve et en possession de tous mes esprits. J'ai été chassé de l'Université à un âge où la plupart n'y sont pas encore admis. J'ai suivi des pistes au clair de lune que personne n'osera
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  • Par Lefso, le 23 avril 2011

    La plus remarquable des facultés de notre esprit est sans doute sa capacité à faire face à la douleur. Selon la pensée classique, l'esprit est doté de quatre portes, que chacun franchit selon la nécessité qui l'y pousse.
    La première, c'est celle du sommeil. Le sommeil nous procure un abri loin du onde et de toutes ses souffrances. Le sommeil facilite la passage du temps, mettant à distance ce qui nous fait mal. Lorsqu'une personne est blessée, bien souvent, elle perd connaissance. De même, quelqu'un qui apprend une nouvelle bouleversante pourra s'évanouir. franchir cette première porte, c'est la façon dont l'esprit se protège de la douleur.
    La deuxième porte est celle de l'oubli. Il est des blessures trop profondes pour guérir, du moins pour s'en rétablir promptement. De surcroît, nombre de souvenirs sont tout simplement trop douloureux et on ne peut en espérer aucun apaisement. Le vieux dicton selon lequel "le temps guérit tous les maux" est faux. Le temps guérit la plupart des maux. Le reste est dissimulé derrière cette porte.
    La troisième porte est celle de la folie. Il y a des moments où 'esprit subit un tel choc qu'il se réfugie dans la démence. Bien qu'il semble difficile de pouvoir en tirer quelque bénéfice que ce soit, c'est pourtant le cas : il est des moments où la réalité n'est que souffrance et pour échapper à cette souffrance, l'esprit doit s'affranchir de la réalité.
    La dernière porte est celle de la mort. L'ultime recours. Rien ne peut nous atteindre une fois que nous sommes morts, du moins c'est ce que l'on nous a dit.
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  • Par Coeurdechene, le 26 septembre 2010

    Mon nom est Kvothe, ce qui se prononce presque comme « Quothe ». Les noms sont importants, car ils en disent long sur une personne. J'ai moi-même eu bien plus de noms qu'on a le droit d'en porter.
    Les Adems m'appellent Maedre. Ce qui, selon la façon dont on le prononce, peut vouloir dire « La Flamme », « Le Tonnerre » ou « L'Arbre fendu ».
    « La Flamme », c'est évident à peine m'a-t-on aperçu. Mes cheveux sont d'un roux flamboyant. Si j'étais né quelques siècles plus tôt, on m'aurait sans doute pris pour un démon et brûlé vif. Je les coupe court, mais ils sont d'une nature rebelle. Dès que je les laisse pousser, ils se hérissent et on dirait que j'ai pris feu.
    « Le Tonnerre », je l'attribue à ma voix de baryton et au fait que j'ai arpenté les tréteaux des théâtres dès mon plus jeune âge.
    Je n'ai jamais trouvé que « L'Arbre fendu » soit très significatif. Bien que, avec le recul, j'imagine que l'on pourrait considérer ce surnom comme en partie prophétique.
    Mon premier mentor m'appelait E'lir, parce que j'étais malin et que je le savais. Ma première véritable maîtresse m'appelait Dulator parce qu'elle en aimait la sonorité. J'ai aussi porté le nom de Shadicar, de Doigts légers et de Six Cordes. On m'a aussi appelé Kvothe, Celui qui ne saigne pas, Kvothe l'Arcaniste, Kvothe le Tueur de Roi. Tous ces noms-là, je les ai gagnés. Je les ai mérités et j'ai payé pour chacun d'entre eux.
    Mais j'ai grandi sous le nom de Kvothe. Mon père m'a dit une fois que ça signifiait « savoir ».
    Bien entendu, on m'a donné bien d'autres noms. La plupart étaient fort grossiers, mais ils n'étaient pas souvent usurpés.
    J'ai libéré des princesses retenues dans les tumulus de rois. J'ai incendié la ville de Trebon. J'ai passé une nuit en compagnie de Felurian et m'en suis sorti la vie sauve et en possession de tous mes esprits. J'ai été chassé de l'Université à un âge où la plupart n'y sont pas encore admis. J'ai suivi des pistes au clair de lune que personne n'oserait même évoquer en plein jour. J'ai conversé avec des dieux, aimé des femmes et écrit des chansons qui tirent les larmes au ménestrels.
    Vous avez sans doute entendu parler de moi.
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  • Par brigaldufenec, le 24 avril 2013

    Une corde s'était cassée. Elle a claqué très haut sur le manche m'accrochant le dos de la main au passage pour y laisser une fine trace sanglante.
    Je suis resté hébété. Elle n'aurait pas dû casser. Pas une seule des cordes de mon luth n'était usée à ce point. Pourtant cela s'était produit et, lorsque les derniers échos de la musique se sont tus, j'ai senti le public commencer à s'agiter. Les auditeurs émergeaient du rêve éveillé que j'avais tissé pour eux avec les fils de ma chanson.
    Dans le silence, je l'ai senti s'effilocher, tirant le public d'un songe inachevé et détruisant tous mes efforts. Alors que pendant ce temps, ce qui brûlait en moi, c'était la chanson. La chanson!
    Sans savoir ce que je faisais, j'ai reposé mes doigts sur les cordes et je suis descendu en moi-même. J'y ai retrouvé le temps où les coussinets de mes doigts étaient endurcis par un cal et où ma musique m'était aussi naturelle que ma respiration. Je suis revenu à l'époque où j'avais tiré d'un luth à six cordes le bruit du Vent qui fait virevolter une feuille.
    Je me suis remis à jouer. Lentement, tout d'abord, puis avec une vélocité plus grande au fur et à mesure que mes doigts se souvenaient. J'ai réuni les brins effilochés de ma chanson pour leur faire reprendre la place qu'ils avaient occupée un instant plus tôt. Ce n'était pas parfait .....mais j'étais parvenu à faire passer l'émotion et j'ai senti le public se détendre, soupirer et retomber doucement sous l'influence du sortilège que j'avais créé à son intention.
    J'ai cessé de penser au public. Une minute plus tard, je l'avais complètement oublié. Mes mains dansaient, couraient et se fondaient avec les cordes tandis que je luttais pour que les deux voix de mon luth continuent à chanter avec la mienne. Puis j'ai oublié mes doigts, alors même que mes yeux étaient rivés dessus. J'ai tout oublié, obnubilé par l'idée de mener ma chanson jusqu'à son terme.
    Le refrain est arrivé et Aloine a repris la parole. Pour moi, ce n'était pas un être humain ni même une voix, c'était seulement une partie de la chanson qui jaillissait de moi tel un flot de lave brûlant.
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  • Par urusezel, le 30 octobre 2012

    _Imagine un garçon de six ans qui n'a guère de plomb dans la cervelle. Quel mal peut-il faire ?
    J'ai hésité un instant, ignorant quel genre de réponse il attendait de moi, avant d'opter pour la franchise :
    _Pas grand_chose.
    _Imagine à présent qu'il a vingt ans, sans être plus raisonnable pour autant. A quel point est-il dangereux ?
    J'ai décidé de m'en tenir à ce qui me semblait évident.
    _Il ne l'est pas beaucoup, mais plus qu'avant.
    _Et si tu lui confies une épée ?
    J'ai subitement saisi où il voulait en venir et j'ai fermé les yeux.
    _Il l'est bien davantage. Je comprends, Ben. Le pouvoir en soi, ce n'est pas mal, et la bêtise est en général inoffensive. C'est le pouvoir et la bêtise conjugués qui sont dangereux.
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